CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC
Découverte, en 1862, dans la commune de Nages-&-Solorgues, canton de Sommière, « dans les fondements d'un jambage de voûte » de la maison de M. Penot, cette base d'édicule ou de portions a o™82 de hauteur, sur o'"55 de largeur & om2D d'épaisseur. — M. Penot avait fait don de cette pierre au Musée de la Maison-Carrée, & jusqu'en 1879 elle est restée déposée, sous le n. 65, dans l'enceinte extérieure. — L'inscription, répétée sur les deux faces opposées de cette base, est tracée en beaux caractères & entourée d'une frise élégante.
NVMINI
VGVSToRVM
NVMINI
AGVSTôRVM
Niimini Augustôrum.
« A la divinité des Augustes ».
M. Pelet a pensé que « le style de ce petit monument, la forme des lettres de sa double inscription, la mention de plusieurs Augustes, à la divinité desquels il était consacré, devaient le faire
« rapporter à Marc-Aurèle & Lucius Verus, ces fils adoptifs d'un empereur originaire de la cité de' Nemausus », ou qui du moins se rattachait par sa famille au pays des Volces Arécomiques. — Nous adoptons volontiers cet avis, & nous ajouterons que le mot avgvstorvm, écrit tout au long, au lieu d'être exprimé par l'abréviation avgg, est encore une raison en faveur de cette attribution; car, suivant Borghesi (Œuvr. compl., t. i, p. 216), rappelant une observation de Marini (Frat. Arv., p. 84), « on n'a pas d'exemple certain de l'emploi de ce sigle antérieur à Marc-Aurèle & à Verus »'. Le règne simultané de Marc-Aurèle & de Verus répondant aux années 1 61-170 de notre ère, c'est entre ces deux dates qu'un Gallo-Romain d'un viens de la Vaunage aurait dressé, à la « divinité » des deux fils adoptifs d'Antonin, Tédicule dont la base nous est restée.
Les accents au-dessus de l'y & de l'o de chacune de ces inscriptions identiques sont d'une suprême élégance.
A. Pelet, Mém. de l'Acad. du Gard, année 1862, p. 204; Catal. du Musée de Nîmes (édit. i863), p. 69.
Pelet ne donne pas les accents.
1 Allmer, Inscr. antiq. de Vienne, f. 3, p, i3i.