E X ACTOR- O PER BASILICAE^MAR
5 MORARl'ET'LAPI
Copie dessinée de M. Allmer, revue par M.Albin Michel, de l'Académie du Gard.
L/E & le T de ET, l'N & l'E, l'A & TV de NEMAVS, à la première ligne, l'A & le premier V de FLAVIVS, l'H & l'E de HERM, à la seconde, liés en monogrammes. La dernière ligne ainsi ponctuée : DARI-V-S.
Ménard, 5, p. 217. — Mém. de l'Acad. des inscr. & belles-lettres, 14, p. 106. — Muratori, 2045, 5.
— Séguier, msc. i3 8o2, 4, p. 3; 5, p. 3j. —
Dumège, Hist. de Languedoc, p. 632, n. i . — Orelli, 4220. — Herzog, n. 228. — E. Germer-Durand, Notes épi graphiques, [864, p. i3. — Allmer, Rev. fyigr., p. 197.
Iovi & Nemauso T. Flavius Hermès, exactor operis basilicae marmorarii & lapidarii , votum solvit.
« A Jupiter & à Ncmausus, Titus Flavius Her- « mes, surveillant de l'œuvre de la basilique pour « les travaux de marbre & de pierre, en accom- « plissement de son vœu ».
Les noms de Titus Flavius apportent la présomption très-vraisemblable d'un affranchissement obtenu de quelqu'un des princes de la famille de Vespasien. D'un autre côté, la mention d'une somptueuse basilique se construisant sous le contrôle d'un agent inférieur de l'administration publique chargé de la surveillance, si ce n'est même de la conduite, des travaux de marbre & de pierre, fait involontairement penser au passage du biographe d'Hadrien, où il est dit que ce prince, traversant la Gaule à son retour de l'île de Bretagne, rit élever « à Nimes, en l'honneur de « Plotine, une basilique d'une admirable magni- « licence » (Spartien, Hadr., 12) : Per idem tempus in honorent Plotinae basilicam apud Nemausum opère mirabili extruxit ; post haec Hispanias petiit <? Tarracone hiemavit.
En présence des mots opère mirabili, il n'est pas permis de douter que le marbre n'entrât dans
cette construction pour une part considérable. Or, les carrières de marbre étaient, au temps de l'Empire, assimilées aux mines & constituaient un revenu important du fisc. Pour ces carrières, de même que pour la plupart des mines, l'exploitation directe par l'empereur au moyen de ses agents avait de bonne heure remplacé le vieil & défectueux système de l'affermage. Titus Flavius était un de ces agents de l'administration impériale des mines & carrières. La construction de l'édifice étant certainement aux frais de l'empereur, il fallait bien qu'un représentant de ses intérêts eût mission de veiller à ce que le marbre apporté des carrières impériales ne fût pas détourné pour d'autres usages, & de constater la quantité de pierre fournie à l'œuvre par les carrières de Nimes & d'en vérifier la qualité. Telles sont les attributions qui semblent découler naturellement du titre d'exactor operis basilicae marmorarii S- lapidarii.
C'est peut-être après l'achèvement de la basilique que Flavius Hermès aura voulu offrir à Jupiter & au dieu qui personnifiait la cité de Nimes un témoignage de sa reconnaissance pour être parvenu, grâce à leur faveur, à conduire à bonne fin la magnifique entreprise confiée à sa direction ou au moins à sa surveillance.
En prévision de l'objection possible que nous eussions dû plutôt lire : exactor operum basilicae, & traduire les mots marmorii & lapidarii par « les marbriers & les tailleurs de pierre », nous
ferons observer qu'il serait invraisemblable qu'un agent impérial, chargé de la surveillance d'une importante construction, se fût concerté avec les ouvriers employés à cette œuvre, marbriers, sculpteurs & tailleurs de pierre, sans doute tous esclaves, pour former en commun avec eux un vœu qu'ils auraient ensuite accompli tous en commun. Si par hasard il en eût été ainsi, le texte, sous peine d'être incompris, aurait dû être rédigé de manière à ne pas laisser de doute sur un cas si exceptionnel, & l'on y lirait ou le mot operum en entier, ou les mots votum solvunt sans abréviation. Il faut remarquer de plus que operum basilicae : « les travaux de la basilique », serait du latin d'épigraphie du moyen âge, non d'épigraphie antique. Il faut certainement lire operis & faire rapporter à ce mot les adjectifs au génitif singulier marmorii & lapidarii.
INSCRIPTIONS RELATIVES MX PONCTIONS RELIGIEUSES
Statue en l'honneur d'un Nimois, chevalier romain, flamine de la Narbonnaise, patron de la cité des Voconces.
Nîmes. — Grande pierre quadrangulaire, provenant d'un piédestal de statue; extraite, au dix-huitième siècle, des ruines du bassin romain voisin de la Fontaine. L'inscription, très-fruste du côté gauche, est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, om 98 ; largeur, om70.
M^FlL-VOLT
A E M I L 1 A N O - E a ji'VBLICVM'HABE* 5 FLAM-PROVINC
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vocontior-patroHO
Copie dessinée de M. Allmer, revue par M.Albin Michel, de l'Académie du Gard.
CHAP. III. — INSCRIPTIONS PUBLIQUES. 2o3
Le T & PI de HABENTI, à la quatrième ligne, l'I & l'R de VIR, à la septième, liés en monogrammes. La restitution de la dernière ligne empruntée à l'inscription du numéro suivant.
Séguier, msc. i'3 8o2, 4, p. 34; donne, à la ligne 7 : mg ITTI vir (l'i & Tr liés); à la ligne 10 : corp. — Millin, Voyages, 4, p. 233. — Pelet, Essai sur le Nymphée, i852, p. 23. — Herzog, n. 108. — E. Germer-Durand, Découv. archéoî., 1873, p. 21. — Allmer, Rev. épigr. du Midi de la Fr., p. 1 36.
Séguier, ligne 7 :/AG ITTI vR; ligne 10 : CORP.
M. Cominio, Marci filio, Voltinia, Acmiliano, equum publicum habenti, Jlamini provinciae Narbonensis, Jlamini coloniae Augustae Nemausensium, quattuorviro ab aerario, pontifici, praefecto
vigilum £■ armorum, res publica Vocontiorum
patrono.
« A Marcus Cominius Aemiiianus, fils de Mar- « eus (Cominius); de la tribu Voltinia, chevalier « equo publico, fiamine de la province Narbon- « naise, fiamine de la colonie Auguste de Nimes, « quattuorvir trésorier, pontife, préfet des vigiles
« & des armes, la cité des Yoconces à son
« patron ».
L'empereur érigé en divinité comme Lare suprême de l'Empire romain, son culte substitué à l'ancien culte des dieux & rendu seul obligatoire, furent une des conceptions le plus habile-
nient ourdies de la profonde & savante politique dWuguste. Desservi au foyer domestique par le père de famille, sur les places dans les villes, aux carrefours des chemins dans les campagnes par les sévirs augustaux, au chef-lieu de la cité par le flamme municipal, le culte du dieu Auguste avait aussi son organisation par provinces. Entre autres attributions de son ministère, le flamine provincial avait celle de célébrer, au cheflieu & au nom de la Province, avec le concours des représentants des cités délégués exprès chaque année, les fêtes à la fois religieuses & politiques qui avaient lieu au mois d'août en l'honneur de l'empereur-dieu associé à la déesse Rome. Pour la Gaule conquise par César, ne composant d'abord qu'une Province, bientôt après divisée en trois, mais n'en continuant pas moins, malgré cette division, à former sous le rapport religieux une seule circonscription, le siège était à Lyon, où se voyait, au confluent de la Saône & du Rhône, le fameux autel élevé en l'an 12 avant l'ère chrétienne (Dion, 64, 32) par les soixante ou soixante-quatre cités des très Galliae en commun, & qu'aucun autre n'égalait ni en célébrité ni en magnificence. Pour la Narbonnaise, la capitale religieuse était Narbonne.
Élective & annuelle, la dignité de flamen ou sacerdos proviticiae ne se conférait ordinairement qu'à des personnages ayant au moins rempli, dans quelqu'une des cités de la Province, les honneurs les plus élevés de la carrière municipale. Comi-
nius Aemilianus avait non-seulement atteint, à Nimes, dans l'ordre civil & dans Tordre religieux, les plus hauts degrés de la hiérarchie, il était de plus chevalier romain & même de la chevalerie d'élite dite cquo publico, comme sont, du reste, tous les n'animes provinciaux de la Narbonnaise que font connaître les inscriptions de Nimes jusqu'à présent découvertes.
C'est très-certainement à l'occasion de sa promotion à la dignité de flamine de la Narbonnaise, que la cité des Voconces, dont il était patron, lui a élevé à Nimes, sa patrie, la statue que portait le piédestal décoré de l'inscription qui nous est parvenue. Cette même cité des Voconces lui a ensuite dressé une seconde- statue, à l'occasion d'une autre fonction publique obtenue postérieurement au flamonium provincial; c'est celle dont l'inscription fait l'objet du numéro suivant.
Autre statue en l'honneur du même personnage, curateur de la colonie d'Aix.
Nîmes. — Pierre quadrangulaire avec base & couronnement, qui doit avoir été le piédestal d'une statue; autrefois, c'est-à-dire avant 1792, au socle de la croix de la place des Carmes; ensuite employée dans la construction d'un puit.->, dans un jardin donnant sur le quai Roussi & appartenant en dernier lieu à M. Boyer, avoué à Nimes. L'inscription, aujourd'hui presque entièrement effacée du côté droit, était enfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, im48; largeur, om74. Hauteur de la partie encadrée, o"68 ; largeur, om6o.
M y c O M I N I O MrFlLrVOLT
AEMILIANO-EQ.-P
HABEN TI-CVRATo
5 RI "AO.V.ENSI" CoioNiae
daTo^ab'Imp^ja mm / / a
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patrono
Copie dessinée de M. Allmer.
Sèguier, msc. i38o*2, 38. — E. Germer-Durand, Décoav. archéol., 1873. — Allmer, Rev. épigr. du Midi de la Fr., p. 1^7.
M. Cominio, Marci filio, Voltinia, Aemiliano, equum publicum habenti, curatori Aquensi coloniae
dato ob imperaîorc , flamini provinciae Nar-
bonensis, flamini Augustali coloniae Nemausensium, quattiiorviro ab aerario, pontiflei, praefecto vigilum respublica Vocontiorum indulgentissimo patrono.
« A Marcus Cominius Aemilianus, fils de Mar- « eus (Cominius); de la tribu Voltinia, chevalier « equo publico, curateur donné à la colonie d'Aix
a par l'empereur , flamme de la province
« Narbonnaise, flamme augustal de la colonie de « Nimes, quattuorvir trésorier, pontife, préfet des « vigiles, la cité des Yoconces à son bienfaisant « patron ».
Cette inscription ajoute à toutes les fonctions de Cominius énumérées dans l'inscription précédente une fonction nouvelle, par laquelle elle débute : celle de curateur de la colonie d'Aix, par conséquent obtenue postérieurement au flamonium de la Narbonnaise & à l'érection de la première statue. C'était aussi une fonction publique. On en attribue l'institution à Trajan, se proposant de placer par ce moyen l'administration financière des cités sous la tutelle de l'Etat & de mettre un frein aux dépenses inconsidérées par
lesquelles beaucoup d'entre elles se précipitaient vers la ruine. Souvent c'était à la demande d'une cité, dont les finances étaient en désarroi, qu'un curateur lui était accordé. Il semble, d'après les termes de l'inscription, que Cominius n'ait été donné à Aix comme curateur que sur le désir Je cette colonie. Le nom de l'empereur de qui il tenait sa nomination a disparu, à l'exception des deux premières lettres : la première incertaine, la seconde un A; ce qui pourrait peut-être faire penser à Hadrien. D'abord extraordinaire, la fonction de curator civitatis ou rei publicae se donnait à des sénateurs, anciens préteurs ou anciens questeurs; mais le plus souvent, comme c'est ici le cas, à des chevaliers. Plusieurs cités étaient quelquefois réunies sous les attributions d'un seul curateur.
L'élévation de Cominius à l'importante fonction de curateur de cité fut pour les Voconces une nouvelle occasion de donner à leur patron une preuve de leur pieux & constant attachement; ils s'empressèrent de lui dresser à Nimes, sa patrie, une seconde statue. Déjà, ils lui en avaient dressé une à l'occasion de son élévation au flamonium de la Narbonnaise. Voyez le numéro précédent.
Statue en l'honneur d'un Nimois, chevalier romain, flamine de la Narbonnaise, patron de la cite d'Api.
Piédestal avec base & couronnement, encore pourvu, sur la face supérieure île l'abaque en tonne de de chanfreiné qui le termine par en haut, des trous de scellement de la statue qu'il portait dans l'antiquité; trouvé en juillet i8y5 en trois fragments, près de la Fontaine, en face du Temple de Diane, dans les substructions d'un portique dirigé du nord au sud, à l'endroit même où s'élève aujourd'hui la statue du poète Reboul. Inscription enfermée dans un encadrement mouluré. — Hauteur, 1 ni 9 3 ; largeur, o'"70. Hauteur de la partie encadrée, om 72 ; largeur, o,n5ô.
Q." SOI LLIO -T'F I I.
VOL*VA L E R I A N O EQ.V V M * P - HABE rt
0 M NIB'HONÔRfe
1) O M I»ET» PROV XC F LA M Ô N » F Y N CTO CVRATO R 1 • C A BELL A V E N N 1 Ê N S - 1 O R O
1 VLIF.NS- ATT I N S I S
Copie dessinée de M. Allmer.
2lo COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE DE NI
Accents sur le second A de VALERIANO, à la seconde ligne; sur le second O de HONORIB, à la quatrième; sur l'O de FLAMON & sur TV de FVNC TO, à la sixième; sur l'V & sur l'O de CVRATORI, à la septième: sur le second E de AVENNIENS, à la huitième; sur TV de IVLIENS & sur les deux E de APTENSES, à la neuvième; sur le premier O de PATRONO, à la dernière. — Ligatures aux 3% 4e & 5e lignes.
Q. Soillio, Titi filio, Voltinia, Valeriano, equum publicum habenti, omnibus honoribus domi & provinciale flamonio functo, curatori Cabelliensium, Avenniensium, Forojuliensium ; Aptenses patrono.
« A Quintus Soillius Yalerianus, fils de Titus « (Soillius); de la tribu Voltinia, chevalier romain « equo publico, parvenu à tous les honneurs de « sa cité & au rlamonium de la province, curateur « des cités de Cavaillon, d'Avignon & de Fréjus; « la cité d'Apt à son patron ».
De même que Cominius (nos g5 & 96), Soillius Valerianus était de Nimes, était chevalier romain equo publico & avait obtenu, dans sa cité, les premiers honneurs municipaux. Devenu, après le rlamonium de la Narbonnaise, curateur de cité, il réunissait sous sa curatelle les trois cités, peu éloignées les unes des autres, de Cabellio, à ■ Avennio & de Forum Julii, actuellement Cavaillon, Avignon & Fréjus.
Les plus anciens exemples de la fonction de curateur de cité ne remontant qu'au règne de Trajan, l'inscription de Soillius ne peut être que d'une époque postérieure à ce règne.
Statue en V honneur d'un Nimois, chevalier romain, flamine de la Narbonnaise, patron de la cité de Fréjus.
Grande pierre quadrangulaire incomplète en haut & en bas, paraissant avoir fait partie d'un piédestal de statue; au seizième siècle, engagée dans le mur d'un jardin appartenant à l'antiquaire Poldo d'Albenas, adjacent à l'hôtellerie dite « de la Tour-Magne », hors la porte de la Madeleine; ensuite recueillie parSéguier & jointe à sa collection. L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, om 80; largeur, om68. Largeur de la partie encadrée, om6o.