‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 86 sur 261 · INSCRIPTIONS MILITAIRES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS MILITAIRES

Kpitaphe rappelant un soldat d'une cohorte prétorienne.

Gippe avec base & couronnement trouvé, en 1 807, dans les ruines du monastère de Saint- Baudile, derrière la colline dite « des Moulins-à- Vent » , aujourd'hui promenade du Mont-Duplan, & déposé alors à la Porte d'Auguste. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, imi5; largeur, om 53. Hauteur & largeur de la partie encadrée, om42.

T'IVliI-prIscI prIsCvS'FirmIvs Gallican vs

5 MIL-COH'VIIWRAET

F ILio

Copie dessinée de M. Allmer.

Les mots COH VIII PRAET, à la cinquième ligne, oblitérés par l'usure de la pierre, mais certains.

Diis Manibus T. Iulii Prisci; Priscus Firmius Gallicanus, miles cohortis VIII praetoriae, filio.

« Aux dieux Mânes de Titus Julius Priscus ; « Priscus Firmius Gallicanus, soldat de la hui- « tième cohorte prétorienne, à son fils ».

Nous empruntons au Manuel d'antiquités romaines de Marquardt [Handbuch, 5, pp. 460-464) les notions qui suivent relativement aux prétoriens.

Auguste avait crée neuf cohortes prétoriennes; trois d'entre elles tenaient garnison en divers quartiers de Rome cv veillaient à la sûreté du palais; les autres étaient réparties en Italie, principalement dans les endroits où l'empereur avait des résidences. C'est seulement sous Tibère, & à l'instigation de Séjan, qu'elles furent toutes réunies à Rome, & cette concentration leur donna une telle force que bientôt elles purent selon leur caprice faire ou défaire les empereurs. Vitellius porta leur nombre à seize, mais Yespasien le réduisit, comme précédemment, à neuf; puis ce même prince ou quelqu'un de ses proches successeurs le lixa à dix, & ce nombre se maintint définitivement ainsi jusqu'à la tin du troisième siècle, ou plus vraisemblablement jusqu'au temps de Constantin, époque à laquelle les cohortes prétoriennes cessèrent d'exister. Toutes ces cohortes étaient de celles dites niilliariae equitatae, c'est-à-dire qu'à chacune des dix centuries dont se composait la cohorte était adjointe une turme de cavalerie. Chaque cohorte était sous le commandement d'un tribun, <Sc toutes ensemble sous le commandement supérieur du préfet du prêtai re.

Avant Septime Sévère, tes prétoriens se recrutaient exclusivement tic volontaires nés en Italie & dans quelques provinces complètement romanisées, qui étaient, d'après Dion ^74, 2), l'Espagne, la Macédoine & le Norique, & ils avaient, en raison de cette origine, la prétention de représenter l'armée nationale romaine, par opposition aux légions barbares. Septime Sévère inaugura un nouvel ordre de choses. Venu à Rome, en iq3, à la tête des légions de Pannonie, il licencia ignominieusement tout le praetorium , qui , par le meurtre de Pertinaw la vente du trône à Julien, ensuite abandonné sans défense, venait de combler la mesure des excès, & il forma de nouvelles cohortes prétoriennes, composées de soldats pris dans Tannée parmi ceux qu'un long temps de service & une conduite sans reproche désignaient plus particulièrement à l'avancement. Ainsi fut substituée à une troupe indisciplinée & ne répondant plus au but de son institution, une garde d'hommes sûrs, recommandés par d'honorables précédents, en même temps que cette réforme ouvrait aux légionnaires une encourageante perspective ; car elle leur offrait l'espoir de pouvoir entrer dans un corps d'élite, qui, non-seulement tenait par son rang la première place dans l'armée, mais encore jouissait des avantages d'un temps de service plus court & d'une solde plus élevée.

Pour les soldats des légions, le temps de service était de vingt ans; il était de seize ans seulement pour les prétoriens. La solde annuelle, depuis

Jules César jusqu'à Domitien, était de 3 600 as pour les soldats légionnaires, soit 225 deniers ; celle des prétoriens était nommément du double, soit 7200 as, mais avec le privilège maintenu en leur faveur d'être payés, non pas comme les légionnaires au taux courant de seize as au denier, mais à l'ancien taux, aboli depuis l'an 5S 7 , av. J.-C. 217, de dix as au denier; ce qui, en réalité, portait la solde à 720 deniers par an. Domitien ayant élevé à 3oo deniers la solde des légionnaires, celle des prétoriens aura sans doute bénéficié dans la même proportion.

L'irrégularité des noms, accusée par le prénom insolite Priscus, nous permet d'attribuer cette inscription à une époque non antérieure à Septime Sévère.

Kpitaphc d'un soldat de l'armée de Germanie Supérieure.

Stèle cintrée découverte, en 1 87 1 , au Cours- Neuf. Un encadrement de moulures renferme l'inscription , excepté la première ligne, placée dans le tympan demi-circulaire bordé de moulures de la partie supérieure. La partie inférieure, destinée à pénétrer dans la terre, est simplement dégrossie. — Hauteur, \m^b\ moins la culasse. omo,5; largeur, on' 58. Hauteur des deux encadrements superposés, o,n5o; largeur, 0*49.

MILES'EXER'GR-SVP

ANNOR-XXX-

mer-Durand.

Le point après M, à la première ligne, ligure par une très-grande feuille cordiforme. Des lettres d'apparence moderne : HFVICT, suivent, à la fin de la dernière ligne, le chiffre XXX.

E. Germer-Durand, Découv. archéol., i8y3, p. 3o.

Diis Manibus. C. Iulius Successus, miles exercitus Germaniae Superioris, annorum XXX.

« Aux dieux Mânes. Caius Julius Successus, « soldat de l'armée de Germanie Supérieure, « mort à Tâge de trente ans ».

L'armée préposée à la défense de la Germanie Supérieure n'a pas été en tout temps, pendant le cours des trois premiers siècles, composée des mêmes légions ni d'un même nombre de légions. Elle comprenait, à la mort d'Auguste, quatre légions; au commencement du règne de Vespasien, elle se trouva momentanément élevée à cinq, mais bientôt réduite de nouveau à quatre, puis ensuite à trois sous Trajan, & ensuite à deux seulement à partir de Marc-Aurèle. Les quatre légions de la première de ces époques étaient la // Augusta, la XIII Gemina, la XIIII Gemina & la XVI Gallica; trois desquelles, ayant été envoyées par Claude, la IIe & la XIIII0 en Bretagne, & la XVIe dans la Germanie Inférieure, furent remplacées par la //// Macedonica, tirée d'Espagne pour la conquête de la Bretagne, la XXI Rapax, venue de la basse Germanie, & la XXII Primigenia, nouvellement créée. — Sous Vespasien, le départ de la XIII0, retirée dès la fin du règne de Néron, & de la 1111°, refondue sous le nom de 1111e Flavia & transférée en Pannonie, réduisit à deux le nombre des légions, mais l'arrivée de trois nouvelles l' éleva jusqu'à cinq : la VIII Augusta, qui, avant les guerres de Vitellius, était en Pannonie, la XI Claudia, amenée de Dalniatie, la XIIII, revenue de Bretagne, où elle avait gagné les surnoms de Martia Victrix, la XXI,

qui, étant allée faire la guerre d'Italie, était de retour, & la XXII. — Elles étaient de nouveau réduites à quatre sous Domitien, par l'extinction de la XXIe. — Elles n'étaient plus que trois sous Trajan, par suite de l'envoi de la XIIIIe dans la Pannonie, & deux seulement sous Marc-Aurèle, après le départ de la XIe pour la Mésie Supérieure. — Les deux légions restantes étaient, en conséquence, la VIII A u g usta & la XXII Primigenia, qui s'y retrouvent encore au temps de Sévère Alexandre.

Les quartiers de ces différentes légions étaient, pour la IIe, la 1111% la XIIIIe, la XVIe & la XXIIe, Moguntiacum, Mayence; pour la XIe & la XXIe, Vindonissa, Windish, au confluent de la Reuss & de l'Aar, dans le canton d'Argovie; & pour la VIIIe, un lieu où sa présence occasionna la formation d'un village du nom de Kanabae, qui, accru avec le temps, devint la ville d'Argentoratum, Strasbourg. A ces légions était adjointe une force considérable de troupes auxiliaires, alae & cohortes, dont la liste serait difficile à établir d'une manière exacte.

A cause de sa facture assez mauvaise, l'épitaphe de Julius Successus doit n'être pas antérieure au deuxième siècle; l'absence de la mention de la tribu la ferait même descendre au troisième.

Remarquer l'abréviation incorrecte GR.

Statue en l'honneur d'un tribun des légions IIIe & XIIII*.

Fragment d'une mince plaque de marbre, qui a dû décorer la face antérieure d'un piédestal de statue; extrait des fouilles faites à la Fontaine en 1740; inscrit sur ses deux faces en sens inverse l'une de l'autre, un accident ou une circonstance quelconque ayant sans doute amené la nécessité de refaire l'inscription. — Hauteur, om3'2; largeur, ora20. Hauteur des lettres, omo5 & 04.

Face n° 1

p r a efe cfo-FABRV?w omnibus • HON Ô Ri bu s in • co l on i Â^SVÂ^FVncî o / r ib'leg'Xi iii-in-germania et -le g-iii.au g-in-af ri c a d d

Face ii" 2

p r a ef c c t o -fa b r u m o m n i h u s . h o n o r i b u s

t r i b • / e g • X 1 1 1 1"I N » G e r m a n i a et -le g 'i ii'Ci V G » I H •r\¥ r ic a d D

Copies de M. Fr. Germer-Durand.

Accents sur TA de ....RATO, sur le second O de HOSORibus, sur FA de coloniA, de SVA & de AFrica. Les lettres A SVA de la face n° 2 incomplètes en haut; TF de AFrica réduite à sa haste verticale.

Ménard, 7, p. 277. — Msc. de l'Académie de Nimes. — Vincens & Baumes, Topogr., p. 674. — Pelet, Essai sur le Nymphée, p. 47 ; ne donne que la face n° 2.

Honorato (?), praefecto fabrum, omnibus

honoribus in colonia sua functo, tribune legionis XIII I in Germania & legionis III in Africa. — Decreto decurionum.

« A Honoratus (r), préfet des ouvriers,

« parvenu dans sa colonie à tous les honneurs a municipaux, tribun de la légion XIIIle résidant

« en Germanie, & de la IIIe résidant en Afrique, « (cette statue a été élevée) par décret des décu- « rions ».

Le personnage rappelé par ce fragment détaché d'un piédestal de statue, avait peut-être le surnom d'Honoratus.

La première fonction inscrite après ses noms est celle de praefectus fabrum. C'est une fonction qui revient souvent sur les inscriptions de Vienne & de Ni mes, où elle se montre ordinairement associée à des fonctions municipales & au tribunat fictif. Au dernier siècle de la République, explique M. Marquardt dans son Manuel d'antiquités, chaque armée était pourvue d'un corps d'ouvriers spéciaux : armuriers, forgerons, charpentiers, qui non-seulement étaient chargés de tenir en état le matériel ordinaire, mais encore de pouvoir, au besoin, fabriquer des machines pour l'attaque & la défense des places, jeter des ponts, creuser des mines & exécuter tous les engins de guerre que les progrès de la mécanique permettaient d'employer. Le commandant de ce corps avait le titre de praefectus fabrum, « préfet des ouvriers ». Il ne dépendait d'aucune légion, mais était immédiatement sous les ordres du général en chef, de qui d'ailleurs il tenait sa nomination & dont il ajoutait ordinairement le nom à son titre. (N'oyez Borghesi, Œuvr., 5, p. 206.) Ses fonctions n'avaient donc pas plus de durée que celles du général lui-même, mais il pouvait arriver que celui-ci, étant prorogé dans son com-

23o COLLECTION EPIGKAPHIQUE DE NIMES.

mandement, lui prorogeait aussi le sien par une nomination nouvelle qui s'indiquait dans le titre. Les inscriptions (ont connaître des praefecti fabrum II, III, III I, V Si même VI, c'est-à-dire bis, ter, &c. C'était un poste qui conférait le rang de chevalier, mais se donnait le plus souvent à des officiers ayant déjà rempli le grade équestre de préfet d'une cohorte auxiliaire ou de tribun légionnaire; souvent aussi le tribunat ne venait qu'après la prcfectura fabrum (Ibid. Voyez Marquardt, Handbuch, 5, p. 468). — Indépendamment de ces officiers du génie spécialement attachés au service des armées, on rencontre, pendant la première moitié de la période impériale, dans des provinces du sénat, conséquemment dépourvues de garnison, la Narbonnaise par exemple, de fréquentes mentions de praefecti fabrum dont les fonctions doivent avoir été purement civiles, sauf que peut-être les ouvriers qu'ils employaient sous leurs ordres à l'exécution des travaux publics, particulièrement des grandes routes, auraient été organisés militairement. Les nombreuses réitérations d'emploi qui se remarquent dans ces mentions semblent indiquer que ces préfets étaient à la nomination des proconsuls gouverneurs de ces provinces, dont la dignité n'était qu'annuelle; si on les supposait détachés, avec le corps d'ouvriers qu'ils commandaient, de quelqu'une des provinces impériales voisines, où résidaient des légions & dont les légats gouverneurs gardaient habituellement leurs fonctions de trois à cinq ans, il serait

plus difficile de s'expliquer de si nombreuses prorogations d'emploi. La praefectura fabrum disparaît entièrement à partir de Septime Sévère.

L'inscription attribue ensuite à notre personnage le tribunat légionnaire, mais séparé de la préfecture par tout le parcours des honneurs de la carrière municipale, & exercé dans deux levions différentes : la XIIll0, qui résidait alors en Germanie, & la III*, cantonnée en Afrique. C'est en Afrique, en effet, que la légion 111% appelée Augusîa, était en garnison. On l'y trouve à la tin du règne d'Auguste, & elle y est toujours restée. Elle y avait ses quartiers à Lambèse. Au contraire, la XIII Ie, qui d'abord n'avait que le nom de Oemina, n'a pas continuellement habité la Germanie. Elle était, au commencement du règne de Tibère, dans la Germanie Supérieure, à Mayence. L'empereur Claude l'emmena en Bretagne, où, ayant été laissée jusque vers la tin du règne de Néron, elle gagna, dans la guerre contre la reine Boadicee, les surnoms de Martia Victrix. Elle en tut retirée pour aller en Orient, &, après avoir séjourné momentanément en Pannonie, être venue en Italie pour la seconde guerre civile, avoir été renvoyée en Dalmatie par Vitellius, elle y revint pour peu de temps. Bientôt après, au début du règne de \ espasien, elle quitta la Bretagne pour toujours & s'établit de nouveau dans la Germanie Supérieure & dans son ancien cantonnement de Mayence; elle y demeura jusqu'au temps de Trajan. Ce prince la transféra en Pannonie, où elle

resta définitivement. Ses quartiers y étaient en un lieu appelé Ad Flexum, près de Carnunte. ! tribunats de notre inscription se rapportent donc à Tune des deux époques où la légion XIIIIe a demeuré en Germanie, c'est-à-dire d'Auguste à Claude ou de Vespasien à Trajan.

Les tribuns étaient, au-dessous du légat légionnaire, les commandants de la légion pour tout ce qui concernait le service administratif & disciplinaire. On admet comme probable, sans le savoir d'une manière certaine, qu'ils étaient encore, sous l'empire comme sous la république, au nombre de six par légion, & qu'ils remplissaient leurs fonctions à tour de rôle. Ils faisaient partie du conseil de guerre, étaient les représentants de la légion vis-à-vis du général; c'étaient eux aussi qui la conduisaient en marche & au combat. (Voyez Marquardt, Handbuch, 5, p. 445.)

C'est une statue que les Nimois avaient élevée à Fun de leurs compatriotes. Les mots in colonia sua ne permettent pas de douter que le personnage dont il s'agit ne fût de Nimes.

Statue en l'honneur d'un tribun de la légion VI Victrix.

Piédestal avec base & couronnement; trouvé, en 17^0,, dans les touilles faites à la Fontaine & déposé alors à l'Hôtel-de-Ville; plus tard, transféré à la Maison-Carrée. La base a été retaillée par devant à fleur du dé. — Hauteur, im25; lar-

C^ AEMILIO rCrF VOLTrPOS.TVMO

OMNIBVS'HONÔR'B IN*COLÛNIÀ-SVÂ 5 F V N C T O

TKIB-mIL'LEG-VI-VICK

Copie dessinée de M. Allmer.

Lettres de bonne forme. Accents sur le second O de HONORIB, à la troisième ligne; sur le second () & sur TA de COLONIA, à la quatrième, & sur LA de SVA; sur l'V de FVNCTO, à la cinquième. Le T & l'R de YICTR, à la sixième ligne, liés en un monogramme.

Académie des inscr. & belles-lettres, 14, p. 112.

— MURATORI, p. 20*2O, 6. — MÉNARD, 7, p. 2Cj8. —

Séguier, Notes volantes, i38o2, 4, pp. 3 & 23. — Perrot, Antiq. de Nimes, 1 8 3 6 , p. 1 38. — Herzog, n. 1 té.

C. Aemilio, Caii filio, Voltinia, Postumo, omnibus honoribus in colonia sua functo, tribuno militum legionis VI Victricis, decrcto decurionum.

« A Caius Aemilius Postumus, fils de Caius « (Aemilius); de la tribu Voltinia, parvenu dans « sa colonie à tous les honneurs municipaux, tri- « bun de la légion VIe Victrix ; (statue élevée) par « décret des décurions ».

M. Rénier explique, dans ses notes à la Recherche des antiquités de Lyon, de Spon (nouvelle édition, p. 1 3i), que, lorsque dans une inscription le tribunat légionnaire est mêlé à des fonctions municipales, sans être accompagné d'aucun autre grade militaire, c'est du tribunat semestriel qu'il s'agit. Ce grade, que Suétone {Claud., 25), appelle une milice fictive, militia imaginaria, « n'avait « d'autre objet que de donner à celui qui en était « revêtu le titre & les prérogatives de chevalier « romain ». L'institution des tribuns semestres remontait à Claude; c'étaient des officiers à la suite, qui, créés en sus du nombre des tribuns ordinaires, étaient exempts du service régulier & se tenaient à la disposition du général. Ils n'avaient, du reste, nullement en vue de se vouer à la carrière militaire; après une demi-année de service, contents du titre obtenu, ils rentraient dans la vie civile. (Marquardt, Handb., 5, p. 35y.)

M. Mommsen pense, d'après un passage de l'inscription de Thorigny, qu'ils recevaient la paie d'une année entière, c'est-à-dire HS • XX V n, vingt-cinq mille sesterces. (Voyez ibid., note 2.) Aemilius Postumus, qui a parcouru toute la hiérarchie des fonctions municipales & n'a eu d'autre grade militaire que le tribunat de la légion VIe Victrix, était sans doute un de ces protégés de l'empereur, qui, devenus chevaliers par un service fictif de six mois comme tribuns légionnaires, s'empressaient de retourner, au plus vite, au repos de la vie privée ou aux honneurs de la cité. La colonie de Nimes, sa patrie, a voulu couronner dignement sa carrière en lui accordant l'honneur d'une statue.

Epitaphe d'un tribun de la légion VI Victrix.

Grande pierre quadrangulaire trouvée, en i 823, près d'une maison située au nord & voisine des Arènes; richement décorée par devant d'une niche cintrée en forme de coquille, contenant, entre deux faisceaux, les bustes en ronde-bosse d'un homme & d'une femme, le mari & l'épouse, au-dessus de deux inscriptions renfermées dans un encadrement de moulures. De chaque côté du cintre de la niche, se voit la figure d'un dauphin. — Hauteur, imio; largeur, o"95. Hauteur de la partie encadrée, omi-]', longueur, om8o. Hauteur de la niche, ora6o.

Voyez l'épitaphe de l'épouse d'Adgennius, Licinia Fiavilla, ilaminique augustale, au chapitre des Inscriptio?is ?nunicipales.

M SEXrADGENNlI MACRa I-trib -leg-vi vict'ïtïivir-lvr-dic

po^Tif-praeF-Fabr

Copie dessinée de M. Allmer.

Un accent sur l'V de IVR, à la quatrième ligne. Le premier I & l'N de MACRIM, à la troisième, l'N & le T de PONTIF, à la cinquième, liés en monogrammes.

Perrot, Antiq. de Nimes, i836, p. 107. — Pelet. Catalogue, p. 62. — Herzog, n. i3o.

Dits Manibus Sex. Adgennii Macrini, tribuni legionis VI Victricis, quattuorviri jure dicundo, pontificis, praefecti fabntm.

« Aux dieux Mânes de Sextus Adgennius Macri- « nus, tribun de la légion VIe Victrix, quattuor- « vir juge, pontife, préfet des ouvriers ».

Sextus Adgennius, qui est parvenu aux plus hauts honneurs de la cité de Nimes, a été, comme Aemilius Postumus de l'inscription précédente, tribun de la légion VI" Victrix. Qu'il ait eu, comme lui, le tribunat fictif ou qu'il ait été tribun ordinaire, toujours a-t-il eu soin de se faire représenter, sur le tombeau préparé de son vivant pour lui-même & pour sa femme, revêtu de la cuirasse qui rappelait son grade, en même temps que des faisceaux, figurés de chaque côté de la niche contenant les deux bustes, rappelaient ses fonctions de quattuorvir jure dicundo. Les faisceaux du côté droit, seuls conservés, se composent de trois baguettes terminées en haut par trois feuilles de laurier.

La préfecture des ouvriers, dont a été aussi pourvu notre personnage, assigne à son épitaphe une époque non postérieure à Septime Sévère.

Le nom d' Adgennius est certainement gaulois. Un Quintus Adginnius Martinus (Gruter, i3, i5), de la cite des Séquanes, a, sous Vespasien : M. Neratio Pansa cos (voyez Borghesi, Fastes), été prêtre à L'autel du contluent de la Saône & du Rhône.

238 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE IjK NIMES.

Epitaphe d'un soldat de la légion VII Gemina Félix.

Inscription qui se voyait, au dix-septième siècle, in horto Escuderii patroni fiscalis (Guir.), « dans le jardin de M. Escudier, avocat du roi », devenu, au dix-huitième siècle, celui de P. Malmont » (Baux). Dans un cadre surmonté d'un fronton triangulaire contenant : D * M , & orné d'acrotères très- simples. — Hauteur totale du cippe, im58; largeur, om6o. Hauteur du cadre, om33 ; largeur, om 5i.

VMIDlI 'AVITI - MlLIT

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