‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 9 sur 261 · CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC

la sculpture du cippe de Nimes complète, sur des points fort importants, les données de l'écrivain latin. Celui-ci ne parle pas du calathus décoré de rieurs & de perles qui surmonte la tête du dieu... Le bas du corps de notre Jupiter Heliopolitanus est, comme celui de beaucoup de divinités asiatiques, serré dans une gaine étroite. Des compartiments, dont chacun renferme une rieur radiée, décorent cette gaîne, que garnissent, à son extrémité inférieure, deux rangées de longues franges, dont celles de dessous ressemblent presque à des serpents. Enfin, derrière les pieds du dieu, on voit un animal sur lequel il est probable qu'il se tenait debout ».

Cette partie du bas-relief est fort mutilée; M. Fr. Lenormant croit y voir un lion & s'en étonne, attendu que « c'est sur un taureau qu'étaient posés le dieu d'Hierapolis & le Jupiter Dolichenus, que les Romains assimilent quelquefois au Jupiter Heliopolitanus1 ». D'autres voient, dans cet animal, un taureau, d'autres même un éléphant; c'est assez dire que la pierre est trop dégradée, en cet endroit, pour qu'on puisse se prononcer.

« Aucun monument ne permettait jusqu'ici de contrôler les renseignements de Macrobe sur le

1 Orelli. n. 1234; Seidl, Ueber den Dolichenus-Cult, dans les Sit\ungsberichte der K. K. Akad. d. Wissensch. de Vienne, 1854, pp. 4-90, 233-26o; Froehner, Les Musées de France, pp. 27-37.

type plastique du dieu d'Héliopolis de Gélésyrie; les monnaies mêmes de cette ville n'en donnent pas la figure. Le cippe de Nimes nous fournit ainsi une représentation jusqu'à présent unique. Les documents épigraphiques attestent la diffusion du culte de Jupiter Optimus Maximus Heliopolitanus dans tout le monde romain, depuis le second siècle de l'ère chrétienne'. Ce dieu avait en particulier un sanctuaire important à Pouzzoles2; un des collegia qui le desservaient se montre à nous, dans les inscriptions, formé par les Berytenses qui Puteolis consistunt, de même que c'est un homme de Béryte qui adresse au même dieu la dédicace de Nimes. Le voisinage d'Héliopolis & de Béryte, villes situées toutes deux dans la province de Phénicie, explique cette circonstance ».

J.-Fr. Séguier, Notes volantes, 4, p. 3 (i3 8o2, Bibl. de Nimes); Ménard, Hist. de Nismes, t. 7, p. 218; Orelli-Henzen, 1245, 1; J.-F.-A. Perrot, Hist. des Ant. de Nismes (6e édit. i836), p. n3; Hist. de Lang., édit. Dumège, p. 632, n. 2; A. Pelet, Catal. du Musée de Nimes, (édit. i863), p. 140; Herzog, Append. epigr., n. 240; Fr. Lenormant, Galette Archéol., 1876, p. 78 & pi. XXI.

Séguier, VOTVM. — Ménard, FIL, TIBERINVS, VO- TVM • SOLVi\ - Pelet, VOTVM. - F. Lenormant, HELIOPOLtAN.

« Marini, Atti de' fratelli Arvali, t. 2, p. 541; Preller, Roemhche MythoL, p. 720.

2 Mommsen, Inscr. regn. Neap., n0s 2475, 2476 & 2488.

Ménard nous apprend que « cette pierre avait été trouvée, en 1739, dans le bassin même de la Fontaine, près des gradins demi-circulaires bâtis sur ses bords. Les caractères en sont assez bons, mais rongés par le sable & par les eaux ». Déposée à l'Hôtel-de-Ville en 1755, elle est conservée aujourd'hui dans la coll. épigr. de la Ville. — Hauteur, om82; largeur, o™42.

IOVI- -E 'NEMAVS T'FWIVS'ffiRM EXACTOR - OPER BASILICAE-MAR 5 MORARl'ET'LAPI

DARl' V- S

Iovi 3 Nemaus{o) T(itus) Flavius Henn(es), exactor oper(um) basilicae, marmorarii & lapidarii v(otum) s(olvunt).

« Titus Flavius Hermès, surveillant des travaux de la Basilique, les sculpteurs sur marbre & les tailleurs de pierre accomplissent le vœu qu'ils avaient fait à Jupiter & à Nemausus ».

Si l'on compare ce texte & cette lecture, dont nous garantissons l'exactitude après avoir fait une

COLLECTION Ll'ICR Al'HIQUE DE NIMES.

étude attentive de l'original, avec ce qu'ont publié, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres, le président Bon & La Bastie, on reconnaîtra que ces honorables académiciens eurent tort d'accepter comme « fort exactes » les copies qui leur furent remises par deux membres de la So:iété royale de Londres, MM. Smart Lerhieullier & Charles Frédéric, qui, « passant par Nimes, virent toutes les inscriptions qu'on avoit nouvellement déterrées, avec des yeux plus familiarisés avec ces sortes de monuments que ceux des savans du pays ». Ces « savans du pays», c'étaient Ménard & l'abbé de Caveirac. Sans doute le texte de Ménard est inexact en plusieurs points ; mais en somme il ne l'est pas plus que celui des académiciens londoniens & parisiens, qui prétendent que « l'inscription doit être lue : Jovi & Nemauso Titulus Hermès, exactor operum reipublicae, marmorarius S- lapidarius , votum solvit ; tandis qu'au contraire l'inscription nous apprend que le vœu fait à Jupiter & à Nemausus l'avait été : i° par T. Flavius (& non Bivius ni Titulus) Hermès, surveillant des travaux de la Basilique (& non des ouvrages publics), & 2° par les marmorarii & les lapidarii employés sous ses ordres à cette construction.

Quel pouvait avoir été l'objet de ce vœu, sinon de demander aux deux divinités auxquelles il était adressé — au maître des dieux, Jupiter, & à la divinité spéciale & topique, Nemausus, — de préserver de tout accident, pendant la durée des tra-

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