‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 95 sur 261 · SB · texte numérisé non relu

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CHAP. IV. INSCRIPTIONS MUNICIPALES. 3o5

plus laissé de copie. — Accents sur le premier A de HOLABELLAE à la première ligne, sur l'Ode ARMOR à la troisième, sur L'A de NEAPOLI, de CERTAMINE & de QVINQVENNALI à la quatrième, sur TA de LIBERALIYM à la seconde ligne du fragment de gauche de la partie inférieure, & sur l'V de NVMINI à l'avant-dernière.

MÉNARD, 7, p. 3oO. — SÉGUIER, I11SC. I 3 8o2, I,

pp. 2 & 7; 4, pp. i à 8; i3 8io, p. 20.— Hist. du Languedoc, éd. Dumège, p. 638. — Boeckh, C.I.Gr., 6786. — Donati, Inscr., p. 89. — Orelli, 2542 (partie latine). — Kellerman, Vig. rom., p. 33, n. 2D. — Herzog, n. 247. — • Wilmanns, 2202. — Notes E. Germer-Durand.

Tito Iulio, Titi filio, Voltinia, Dolabellae, quattuorviro ab aerario, pontifici, praefecto vigilum &

armorum , sacra synhodos Neapoli certaminc

quinquennali decrevit.

H'ï'tMTua T7J; Upas Oyv.s[X'.y.]fjç 'Aop-.avf,; auvàoou xwv [7:£p\ At6vuaov l-\ Vaa7:6XE(o; xài ~zo\ tov] AjTO/pa-copa kataapx Tpaiavbv [AjSoiavbv -soaatbv véov At6v[uaov \ )X'jtj.-tov xsy v.T(ov /.où Trj; upà; tjvooc/j] tojV Tjvayovutûv. 'Eicel AoXa6c'XXa [àvjfjO où (j.6vov Iv T7J Xaa-pofTaT^

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3o6 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUI Dl

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decrevit, Marco Gavio 6' /<3»o

sacrac synhodi pontificis liberalium colîegii

centonariorum Item numini synhodi po-

suerat. Quorum dedicatio

Locus datus decreto decurionum.

« A Titus Iulius Dolabella, de la tribu Voltinia, « rils de Titus; quattuorvir du trésor, pontife, « préfet des vigiles & des armes, le sacré synhode o de Naples, dans une réunion quinquennale, a « décrété ce qui suit :

« Décret de la sacrée confrérie thymélique « Adriennale instituée dans la ville de Naples à « l'honneur de Bacchus & à l'honneur de l'em- « pereur César Trajan Hadrien sébaste nouveau

« Bacchus Olympien Attendu que Dolabella

« est célèbre non-seulement dans sa splendide « province, mais qu'il l'est encore plus par la « noblesse de son origine, par l'intégrité de sa « vie, par sa renommée dont l'éclat s'étend à toute

« la terre, de la ville de Nimes Auguste

« (greffier de la sacrée confrérie thymélique « Adriennale), j'ai écrit & scellé (le présent) dé- « cret.

« Marcus Gavius & ien, , du sacré

« synhode

« Emplacement donné par décret des décu- « rions ».

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« Nous avons ainsi dans ces fragments l'énumération des fonctions remplies par Dolabella, l'indication d'honneurs à lui rendus par la confrérie thymélique de Naples dans une réunion quinquennale, honneurs qui ont été consignés dans les archives de cette confrérie, puisqu'il est dit à la tin que ce décret a été écrit (par le greffier de cette société) & scellé (du sceau de la confrérie)

'îYpa'ia xat ï<i'£fà.-;iaa..

« Notre T. Julius Dolabella était sans doute patron du collège des centonarii Nemausenses & de la confrérie ou synhode thymélique de Nimes, comme on le devine par la troisième partie de l'inscription.

« La quatrième partie de l'inscription semble indiquer que les décurions eux-mêmes ont voulu lui rendre des honneurs spéciaux, & en tout cas ils ont donné l'emplacement nécessaire à l'érection du monument.

« D'autres fragments d'inscription nous font connaître l'existence à Nimes d'une confrérie dionysiaque, & il se pourrait que celle-ci ait été associée à une confrérie analogue de Naples par l'intermédiaire de son patron T. Julius Dolabella, ou qu'elle ait même assisté avec succès à la reunion quinquennale dont il est ici question ».

Quelques mots peuvent être ajoutés utilement au commentaire de MM. E. & Fr. Germer-Durand.

Des associations d'acteurs & de musiciens existaient en Orient depuis une haute antiquité.

3o8 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE DE Ml

M. Caillemer leur a consacre, dans une excellente Etude sur le contrat de société à Athènes, un important chapitre.

« Une corporation qui s'intitulait : -.-. mivôv -.c, ittpl tôv ^i6wffov T§xviTûv, « société des artistes Diony- « siaques », était établie primitivement à Teos (Strabon, p. Ô43), &, plus tard, sous la pression d'événements divers, transporta son siège à Éphèse, puis à Myonnése & à Lebedos.

« La société, ayant atteint rapidement un haut degré de prospérité, se subdivisa en plusieurs comités, dont chacun desservait une partie du inonde civilisé. On trouve notamment le comité des artistes exploitant l'Italie & l'Hellespont, le comité de « Bacchus Commandant », le comité de Némée & de l'isthme de Corinthe, le comité d'Athènes, qui possédait un sanctuaire à Eleusis. Il y avait aussi des comités ambulants, ne desservant pas une région déterminée, mais allant çà & là donner des représentations. Les comités régionaux se subdivisaient eux-mêmes en sections attachées spécialement à certaines localités. Les comités ou les sections traitaient avec les villes ou les particuliers, & s'engageaient à donner les représentations scéniques qui étaient l'accompagnement obligé de certaines t'êtes. Un de ces traités contient l'engagement d'envoyer à la ville d'iasos, pour célébrer dans les temps déterminés les fêtes dionysiaques, deux joueurs de flûte, deux tragédiens, deux comédiens, un citharède & un cithariste, avec les gens attachés à leur service,

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pour former les chœur en l'honneur de Bacchus selon les anciens règlements.

Quelques membres de ces associations devenaient, par les honneurs & les privilèges qu'ils obtenaient des villes, de véritables personnages.

« Ces corporations d'artistes se retrouveront « plus tard à Rome, avec cette différence toute- « fois qu'elles jouissaient, en Grèce, d'une en- « tière liberté, d'une grande indépendance & « traitaient d'égal à égal avec les cités les plus « considérables, tandis qu'à Rome, placées sous « le patronage direct des empereurs, elles subi- « ront leur autorité & devront souvent s'incliner « devant les caprices de leur volonté toute-puis- « santé ».

M. Foucard, à qui les associations sceniques de la Grèce ont fourni le sujet d'une thèse des plus brillantes, les suit sous les empereurs romains & jusqu'à leur complète extinction au sixième siècle devant le triomphe définitif du christianisme.

Néron introduisit, le première Rome, des jeux quinquennaux à la manière grecque, composes de musique, d'exercices gymniques & de courses de chevaux. (Suétone, Nér.t 12.) Déjà avant lui, Caligula avait établi à Lyon des jeux « mêlés », dans lesquels avaient lieu des joutes d'éloquence grecque & latine, avec des conditions grotesques imposées aux vaincus [Caius, 20), & plus anciennement encore, sous Auguste & en son honneur, avaient été institués, à Nicopolis près d'Actium

3lo COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE l>f '

& à Naples, des jeux musicaux & gymniques {Aug., (>8), où l'on jouait des comédies grecques (Claud., 11). Domitien, à son tour, établit aussi à Rome, en l'honneur de Jupiter Capitolin, des jeux analogues à ceux de Néron, avec de., prix en plus grand nombre; on y luttait en prose & en poésie grecques & latines & on y entendait, non-seulement des citharèdes, mais aussi des citharistes jouant en chœur ou sans accompagnement. (Dom., 4.)

Mais c'est Hadrien qui fut le véritable régénérateur de la prospérité de l'art scénique grec <Sc le porta, par la faveur dont il le couvrit, à un magnifique degré d'épanouissement. Sous le patronage de ce prince, qui aimait la Grèce avec passion, la parcourut plusieurs fois, en visita la plupart des villes & n'en laissa peut-être aucune sans quelque marque de sa munificence, les sociétés d'artistes dont il s'agit se soudèrent en une corporation unique, intitulée sur notre inscription : « synode sacré thymélique Hadrianéen, « tenu à Naples, des artistes associés en l'honneur « de Bacchus & de l'empereur César Trajan Ha- « drien Auguste nouveau Bacchus ». Ainsi puissamment réorganisée, la corporation se répandit hors de la Grèce sur l'univers romain, sans siège régional ni provincial fixe, mais se transportant d'un lieu à un autre, partout où avaient lieu des jeux scéniques à la manière grecque. Beaucoup de villes en Grèce, en Asie, en Italie fondèrent de ces jeux, soit de ceux qui existaient déjà comme

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étaient les jeux Pythiens & les jeux Olympiques, soit de création nouvelle en l'honneur des empereurs; tels furent les jeux Augusteens, les jeux Césaréens, les jeux Trajanéens, les jeux Hadrianéens, Panhelléniens, Antinoéens, tkc, la plupart quinquennaux. La ville de Nimes eut-elle de ces jeux scéniques desservis par les artistes de l'association dionysiaque? La bienveillance généreuse d'Hadrien envers Nimes, & la circonstance qu'Antonin le Pieux était par sa famille paternelle originaire de la cité de Nimes rendent très-plausible cette suppositon, qui peut également s'appuyer d'une inscription nimoise mentionnant sans indication de lieu un archiereus synodi, c'est-à-dire alors du synode réuni à Nimes. La vraisemblance devient une certitude en présence d'un fragment de même provenance qui parle expressément d'un congres thymélique en NEMATCQ, mais des le temps de Trajan & sous son patronage. Ce fragment établit en outre, & d'une manière incontestable, que des jeux scéniques existaient déjà à Nimes avant leur remise en honneur par Hadrien, & peut-être depuis l'époque de la colonisation militaire de la cité, s'il est vrai que les colons mis à Nimes par Auguste aient été des marins grecs ayant contribué d'une manière toute particulière à la victoire navale d'Actium ou à celle d'Alexandrie.

An ton in le Pieux ne fut sans doute pas un protecteur moins bienfaisant que son prédécesseur, puisqu'on le voit glorifié comme lui du titre de

3 i 2. COLLECTION EPIGRAPHIQUE DE NIMES.

nouveau Bacchus. Une inscription d'Athènes, clans laquelle ce titre lui est décerné C. I. Gr.f débute ainsi : Decretum sacrac Hadrianiae Antoninae thymelicae peripolisticae magnat synodi eorum qui ex toto orbe terrarum circa Jiacchum & imperatorem Caesarcm T. Aclium Hadrianum Antoninum Augustum Pium novutn Bacchum sunt artificum. L'analyse de ce texte est des plus instructives. L'association est appelée « sacrée » à double raison, comme placée sous le patronage ancien de Bacchus & nouveau de l'empereur, en même temps que les noms d'« Hadrianéenne Antonine » proclament le patronage direct d'Antonin le Pieux; l'épithète « thymélique », c'est-à-dire musicale, spécifie son caractère & sert à la distinguer du synode xystique, qui était une association parallèle, également patronnée par l'empereur, également universelle, mais composée d'athlètes & en l'honneur d'Hercule. La fusion en un seul corps des divers collèges qui précédemment existaient isolés apparaît dans les mots eorum qui ex toto orbe terrarum sunt artificum, de même que l'organisation ambulante se manifeste clairement dans la qualification de « péripolistique ». Le complément <£ eorum synagonistarum, « & de leurs concurrents », qui se lit sur d'autres inscriptions, semble indiquer qu'il y avait concours ouvert à tous.

Nous ne savons pas, faute de renseignements positifs, si Marc-Aurèle & Commode continuèrent à la corporation dionysiaque la même faveur que

lui avaient accordée Hadrien & Antonin le Pieux; il y a lieu de le croire en voyant Caracalla, qui s'enorgueillissait d'imiter en tout Commode, recevoir encore d'elle le litre de nouveau Bacchus.

Dans la nouvelle organisation comme dans l'ancienne, la corporation prenait dans son sein les fonctionnaires chargés de remplir les divers emplois administratifs de la société; elle comptait parmi ses membres, & sans doute dans chacune des villes où se tenaient périodiquement des synodes, un prêtre à dignité annuelle. Le double patronage de Bacchus & de l'empereur introduisit deux nouvelles dignités religieuses supérieures à ce sacerdoce annuel : l'archisacerdoce de Bacchus & l'archisacerdoce de l'empereur, perpétuels l'un & l'autre & pouvant être cumules par la même personne. Une autre innovation plus tardive, mais bien autrement préjudiciable à l'indépendance du corps, fut la création d'un administrateur de ses deniers, logista, logista thymelae, à la nomination de l'empereur & choisi, non pas parmi les artistes sociétaires, mais parmi les grands personnages de l'ordre équestre, & prenant par cet emploi rang de procurateur.

Tous les jeux étaient des concours. Des récompenses étaient offertes aux vainqueurs & étaient de deux sortes : les unes, tenues de beaucoup pour les plus honorables, n'étaient simplement que des couronnes de feuillage, des palmes & des objets de peu de valeur; c'étaient celles qui se donnaient dans les anciens grands jeux de la

Grèce; les autres, infiniment moins estimées & propres aux jeux de moindre célébrité, consistaient en sommes d'argent. Une inscription, trouvée en Asie, nous fournit un curieux tableau des prix en argent décernés dans une représentation qui eut lieu sous le règne de Commode, à Aphrodisiade. On y voit que les prix les plus forts sont pour les acteurs & pour les musiciens. — Premier prix de tragédie, i 5oo deniers; second prix, 5oo; troisième prix, 55o. — Premier prix de comédie, i 5oo deniers; second prix, 5oo; troisième prix, 3oo. — Prix de flûte pythaulique, autrement dit de cornemuse, & de cithare jouant en solos, i ooo deniers; prix de flûte & de cithare d'accompagnement, i 5oo deniers. — Moindres de beaucoup sont les prix accessibles aux poètes & aux prosateurs. Pour un éloge ou un poème épique ou une tragédie nouvelle, ~jbo deniers seulement; pour une comédie nouvelle, 5oo deniers; pour une comédie vieille, 35o & i5o deniers. Bien entendu les prix variaient suivant l'importance du spectacle & la richesse de la fondation; on trouve sur une autre liste 2 5oo deniers pour le premier prix d'un acteur tragique, 8oo deniers pour le second prix & 400 pour le troisième prix.

Les vainqueurs acquéraient aussi des droits à des qualifications qui rappelaient leurs victoires & dont ils étaient très-tiers de se parer. On devenait hieronices , pleistonices , c'est-à-dire « vainqueur dans les jeux sacrés » ou « dans un grand nombre de jeux; Actionices, Capitolionices, Asio-

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nices, « vainqueur dans les jeux institués en mémoire de la bataille d'Actium, dans les jeux Capitolins, dans les jeux d'Asie »; periodonices, « vainqueur dans les quatre grands jeux de la Grèce », ou en détail : Olympionica } Pythionica, &c, « vainqueur dans les jeux Olympiques, Pythiens », &c La qualification de diapanton, « vainqueur au-dessus de tous les vainqueurs », celle d'incredibilis, « incroyable », étaient des distinctions honorifiques du plus haut degré ; mais l'épithète superlative, supérieure à toutes les autres, était celle de primus & solus omnis memoriae, « premier & seul de toute mémoire ». Lorsque Néron, vainqueur à tous les concours de la Grèce, — on sait qu'il faisait étrangler sur place ceux qui avaient l'imprudence de déployer une voix plus belle que la sienne, — rentra à Rome en triomphateur, précédé des écriteaux de ses victoires au nombre de plus de dix-huit cents, les sénateurs, rangés sur son chemin, le saluaient au passage par de douces acclamations : Vah ! Olympionica, Pythionica ! Vah ! Auguste ! Quam solus es periodonica ! quam solus es omnis memoriae !

Des distinctions plus relevées ou plus réelles n'étaient pas ménagées aux artistes qui parvenaient à exciter vivement, par un talent extraordinaire, l'enthousiasme du public. Ils obtenaient de la libéralité des villes des statues, des magistratures, des privilèges exceptionnels. Un citharède incredibilis, vainqueur périodonique, c'està-dire aux jeux Olympiens, Pythiens, Néméens &

3 l 6 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUl Dl

Isthmiens, couronné dans tous les jeux sacres, depuis le Capitole jusqu'à Antioche de Syrie, est gratifié du droit de cité à Philadelphie, à Nicomède & à Athènes. Un Yalerius Eglectus, vainqueur deux fois à Pise dans les jeux Olympique^, deux fois à Delphes dans les jeux Pythiens, trois fois à Argos dans les jeux Néméens, quatre fois dans les jeux Isthmiens, & en tout quatre-vingts fois dans des villes dont une longue liste nous fait parcourir, bien qu'incomplète, le monde entier depuis l'Italie jusqu'à la Syrie, est sénateur de Synope & citoyen d'Athènes, sénateur de Delphes, sénateur de Sardes, sénateur de Pergame, sénateur de Nicée, & citoyen & sénateur de quantité d'autres villes. Un vainqueur aux jeux de Jupiter Uranien de Sparte, aux jeux Pythiens & Actiaques & trois fois aux jeux d'Asie & de l'île de Crète & trois cent quarante fois dans les autres jeux quinquennaux ou triennaux, reçoit le droit de citoyen dans toute la Grèce, la Macédoine & la Thessalie. Un tragique, « premier & seul de toute mémoire » de tous ceux qui ont enseigné l'art de la déclamation, est sénateur de Sardes & sénateur de Delphes, & honoré d'une statue par la ville de Delphes & d'une statue par la ville d'Elaea. Un pantomime, temporis sui primus, reçoit de la colonie de Canusium l'honneur d'une statue. Un autre pantomime, sui temporis primus, & couronné, à Rome, comme « vainqueur audessus de tous les vainqueurs », par les empereurs Septime-Sévère & Caracalla, obtient de la cité de

Preneste l'honneur d'une statue. On voit par ces exemples & parce qui précède que les plus hauts prix de concours étaient des couronnes & des palmes, & que si des artistes obtenaient des récompenses plus élevées, des statues par exemple, ils le devaient à la munificence des villes qui les prenaient en affection & tenaient à les honorer d'une manière extraordinaire.

Les dernières lignes de L'inscription de Nimes sont précédées d'une très-grande lacune, à la suite de laquelle on reconnaît la constatation de l'intervention d'un scribe. Il résulte de la comparaison de plusieurs décrets synodaux semblables à celui de l'inscription que ces décrets sont toujours rédigés à peu près dans la même forme & qu'ils présentent ordinairement l'intervention de quatre magistrats ou fonctionnaires de la société : celui qui fait le rapport, celui qui recueille les avis, l'agonothète ou président du spectacle & un scribe. Vraisemblablement ii en était de môme dans notre inscription, & la lacune dont il s'agit devait contenir les noms & les titres professionnels & honorifiques de ces quatre personnages : le rapporteur, le collecteur des votes, le président & le greffier ou secrétaire.

Il est ensuite question de la dédicace d'une offrande à la divinité du synode. ITEM NVMINI

SYNODI POSVERAT QVORYM DEDlcatio ...

Cette divinité du synhode ne peut être que Bacchus identifié avec l'empereur, c'est-à-dire Hadrien « nouveau Bacchus ».

3 i 8 COLLECTION BPIGRAPHIQUE DE M

Quant au Nimois Julius Dolabella, en faveur tic qui a été pris le décret du congrès de Naples, soit comme vainqueur aux jeux, soit comme bienfaiteur, il avait non-seulement atteint, à Niines, aux plus hautes magistratures de la cité, mais il y avait eu aussi le commandement de la milice municipale, commandement qui ne s'y donnait qu'à ceux qui étaient parvenus au quattuorvirat.

Il peut très-bien se faire que les débris qui occupent la fin de la dix-septième ligne & le commencement de la dix-huitième appartiennent à la mention d'un consulat : MGAVIO [Squilla

Gallicano, T. Atilio Rufo FiYJIANO, CO[s ,

répondant alors à l'an 127. C'est précisément en 127 qu'Hadrien, après avoir passé l'hiver à Athènes, à la suite d'un voyage de plusieurs années employées à parcourir l'Orient, vint en Sicile, où il fit l'ascension de l'Etna, & de là prit le chemin de Rome en passant vraisemblablement par Naples.

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Fragment rappelant peut-être un quattuorvir.

Fragment présentant la partie intérieure droite d'un bloc quadrangulaire borde de moulures qui formaient encadrement autour de l'inscription ; trouvé en i863 à Nimes, à la maison Roux, place Bellecroix. — Hauteur & largeur, om37.

f III VIR

Copie dessinée de M. Allmer : les lettres numérales de /M VIR réduites par la cassure à leur extrémité inférieure.

Pelet, ms. i, p. 178. — E. Germer-Durand, dans Mém. de l'Académie du Gard, 1 863 -1864, p. 89. — Albin Michel, Nimes & ses rues, 1, p. 3oy.

, quattuorviro, & ... Pompeio, ...filio, Turono.

« quattuorvir, & à ... Pompeius Turonus,

« rils de (Pompeius) ».

On trouve concurremment les formes Turones & Turoni dans les Commentaires de César (fi. G., 2, 35; 7, 4, & 8, 46).

Au-dessous de l'inscription & en dehors de la moulure d'encadrement, se voient, gravés au trait sur une même ligne horizontale, cinq pilei ou bonnets d'affranchis. Il devait y avoir six: de ces bonnets avant la mutilation de la pierre.

Fragments rappelant peut-ctre un quattuorvir.

Fragment en deux parties recueilli, en 18G8, à Nimes, dans des déblais provenant de fouilles faites en 1742 au bassin romain de la Fontaine & transportés au bord du ruisseau appelé le Cadereau. — Hauteur & largeur, om 1 5.

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