INSCRIPTIONS RELATIVES A DES QUESTEURS
Sur les inscriptions de Nimes relatives à des questeurs, le titre de quaestor, comme déjà cela a cté remarqué pour le titre tVaedilis, est toujours suivi de l'un des compléments coloniae, ou coloniae Nemausensium, ou coloniae Augustae Nemausensium, évidemment pour le même motif, c'està-dire pour établir une distinction qui ne permette pas de confondre la questure municipale avec la questure publique. Une inscription ajoute à ce dernier complément les mots ab aerario; malheureusement, cette inscription est aujourd'hui perdue & ne peut par conséquent pas être vérifiée.
La questure était le degré intérieur de la hiérarchie des magistratures municipales & avait au-dessus d'elle l'édilité & le quattuorvirat. L'âge avant lequel il n'était pas permis d'y parvenir était, depuis Auguste, vingt-cinq ans, avec cette tolérance qu'il suffisait que la vingt-cinquième année fût atteinte.
L'inscription du questeur Caecilius Guttur (ciaprès, n. 141) paraît avoir été un piédestal de statue, mais d'une statue élevée par ses affranchis, quoique placée sur un lieu public.
Statue d'un questeur « de la colonie ».
Dé de piédestal sans autre ornement qu'un boudin en haut & en bas; trouvé en 1741, « au temple de la Fontaine » ( Mén.). — Hauteur, i">35 ; largeur, om72.
T-CAECILIO-T'F VOL- GVTTVRI Q'COL
anteros-hYllvs lIberti
mer-Durand : lettres de bonne forme; les branches de l'Y élevées au-dessus du niveau des autres lettres en courbes retombantes.
MÉNARD, 7, p. 284. — SÉGUIER, MsC., l3 8o2, 4,
p. g. — Perrot, Antiq., i836, p. 1 38. — Pelet, Catal., i863, n. 33. — Herzog, n. 143. — Wilmanns, 2 207.
T. Caecilio, T.filio, Voltinia, Gutturi, quaestori coloniae, Anteros, Hyllus, liberti.
« A Titus Caecilius Guttur, fils de Titus (Cae- « cilius); de la tribu Voltinia, questeur de la « colonie, Anteros & Hyllus, ses affranchis ».
M. Fr. Germer-Durand fait remarquer que la pierre sur laquelle cette inscription se lit, pareille de forme & de dimensions à plusieurs autres trouvées près de la Fontaine & qui sont indubitablement des piédestaux de statues, doit avoir été aussi un piédestal. La statue élevée à Caecilius Guttur par ses affranchis taisait partie d'une série de statues portées sur des piédestaux tous du même modèle, & abritées sous une galerie qui entourait la source de la Fontaine de Nimes & le bassin À sa suite. Il y a apparence que la construction de cette galerie pourrait être attribuée à l'empereur Hadrien ; c'est de là que provient une inscription mentionnant un archiereus synodi ; la pierre de cette inscription est un piédestal conforme au type dont il vient d'être parlé, & c'est Hadrien qui a remis en honneur les congrès scéniques appelés « synodes ».
35o COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE DE NIMES.
(Ci-dessus, n. 25.)
Autel au dieu Nemausus par un questeur « de la colonie ».
Autel légèrement pyramidal, incomplet en bas & couronné d'une haute attique sur une corniche formée d'un simple bourrelet sans moulures ; trouvé, en i852, dans les ruines d'une maison romaine, sur la colline à laquelle est adossé le Temple-de-Diane. — Hauteur, omi7; largeur en haut, omoq; en bas, omoo, 1/2.
secvxdInvs
Copie dessinée de M. Allmer & copie de M. Fr. Germer-Durand : lettres de très-bonne forme. Un accent sur PO de NEMAVSO.
Pelet, Catalogue , 1 863, p. 194. — Aurès & Michel, Essai de restit. de l'inscr. ant. des bains de la Fontaine, 1882, p. 59. — Notes E. Germer- Durand.
Nemauso Q. Crassius Secundinus, quaestor coloniae, [votum solvit libens merito).
« A Nemausus Quintus Crassius Secundinus, « questeur de la colonie (a élevé cet autel avec « reconnaissance en accomplissement de son « vœu) ».
CHAP. IV. INSCRIPTIONS MUNICIPALES. 35l
Kpitaphc d'un questeur « de la colonie ».
Fragment incomplet de tous côtés; trouvé, en avril 1866, aux Arènes. — Hauteur, om22; longueur, om <")(">.
m» LiciNio» vo;
aiTO *Q*CoL
Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : les premières lettres de la seconde ligne réduites à leur partie supérieure & peu certaines.
M. Licinio, Voltinia, ...to,quaestori coloniac,
« A Marcus Licinius , de la tribu Voltinia,
« questeur de la colonie, ».
Épitaphe d'un questeur « de la colonie de Nimes ».
Partie supérieure d'une stèle à fronton triangulaire bordé de moulures & accompagné d'antéfixes au sommet & aux angles. L'inscription, incomplète en bas à droite, était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, o'"52; largeur, om5o; hauteur de la partie encadrée, om24; largeur, ora4i.
OVALER'SATVRtfU
Q.'COL-ne??z T1TV
Copie dessinée de M. Allmer : l'R & l'I de VALERI, les deux N & le premier I de SATVR- NINI, à la deuxième ligne, liés en monogrammes.
Perrot, Antiquités de Nimes, p. 210. — Pelet, Catal., i863, p. 77.
Diis Manibus C. Valerii Saturnini , quaestoris coloniae Nemausensium,
« Aux dieux Mânes de Caius Valerius Saturni- « nus, questeur de la colonie de Nimes, ».
La quatrième ligne contenait le nom ou les noms de la personne qui a élevé le tombeau. Les restitutions possibles sont trop nombreuses pour qu'on puisse, avec quelque probabilité, donner la préférence à aucune.
Fragment d'épitaphe rappelant un questeur a de la colonie Augusta de Nimes »
Fragment présentant l'angle intérieur droit d'une table de marbre sans ornements; extrait, en i863,du mur d'une maison située place Bellecroix, appartenant à M. Roux. — Hauteur, omôo; largeur, on,4o; épaisseur, omo8.
d " M SEX'FIL
v o l t ■ i V LI AN I }-co/-aVG"NEM et u x O R I S
mer-Durand.
Albin Michel, Nimes & ses rues, 1877, 1, p. 807. — Notes E. Germer-Durand.
Lecture de M. Fr. Germer-Durand :
Diis Manibus , Sexti filii, Voltinia, Iuliani,
quaestoris coloniae Augustae Nemausensium , &
uxoris
« Aux dieux Mânes de Julianus, fils de Sex-
« tus ; de la tribu Voltinia, questeur de la
« colonie^! ugusta de Nimes, &de son épouse ».
3 "i 4 COLLECTION ÉPIC.RAPHIQUK F)E NIMES.
Fragment d'épitaphe l'appelant un questeur « de la colonie Au gust a de Ximes ».
Partie inférieure d'un cippe avec base; trouvée, en 1807, dans les ruines du monastère de Saint-Baudile, derrière la colline des Moulins-à- Vent (Pel.). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures orné de rinceaux. — Hauteur, ora65; largeur, omG?> ; largeur de la partie autrefois encadrée, ora42.
(i-COL'AVG'lEM V - F
Copie dessinée de M. Allmer : l'N & l'E de NEM liés en un monogramme.
Pelet, Porte-d'Auguste, msc, n. 5G.
, quaestôr coloniae Augustae Nemausensium,
vivus fecit.
« , questeur de la colonie Augusta de Ni-
« mes, a, de son vivant, fait ce tombeau ».
Fragments faisant mention des pontifes.
Fragments trouvés en 1742 près de la Fontaine, dans les ruines du bassin romain (Skg.), au nombre de trois, détachés d'une grande table oblongue terminée en haut par un chaperon tic mi -cylindrique & divisée sur sa face antérieure par des encadrements de moulures en plusieurs compartiments, réduits actuellement à deux, l'un & l'autre incomplets. Il ne reste du premier à gauche que l'angle supérieur droit, & du second que la partie supérieure à partir de l'angle gauche. Des trois fragments, deux, aujourd'hui brisés en quatre, se font suite de gauche à droite & appartiennent à la partie supérieure de la pierre; le troisième, bordé d'une moulure en bas (Ség.)j & perdu depuis sa découverte, aurait appartenu à la partie inférieure de cette même pierre, qui semble avoir formé, avec d'autres pierres pareilles, une sorte de cloison peu épaisse ne dépassant pas la hauteur d'un mur d'appui. — Hauteur du second fragment, le moins incomplet, o"'4o; longueur des deux premiers réunis, 2m3o;
épaisseur, on'i6" 1/2. Hauteur des lettres les plus grandes, o'" 1 2.
.VS • • • c l ÔDIVS 'I|mNIO|R 1
PONTIFICÊj
S - VARÉNVS '
HONOra/us
Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand pour les deux premiers fragments, aujourd'hui brisés en quatre : un accent sur l'O de t/ODIVS, sur l'E de VAREXYS & sur l'E de PONTIFICEs. — Dessin de Séguier pour le troisième fragment, aujourd'hui perdu.
Séguier, Msc. i3 8o2, 4, pp. 1 & 8, pour les trois fragments. — Ménard, 7, p. 400, pour le premier. — Pelet, Essai sur le Xymphée, p. 3o, pour les deux premiers. — E. Germer-Durand, Notes manuscrites.
us.
Pontifices : ... Clodius Iunior, ius Varenus,
Honoratus.
« us.
« Pontifes : ... Clodius Junior, ius Vare-
« nus, Honoratus ».
Il paraît s'agir d'une liste des pontffes de Nîmes, qui, si le mot Honoratus occupait réellement la place que nous lui assignons, auraient été au nombre de six, & dans tous les cas de plus
de trois, puisque la symétrie semble exiger au moins quatre noms. Toutefois, avant d'adopter cette conclusion, il ne sera pas inutile de rappeler ici les instructives dispositions que contiennent, relativement aux pontifes & aux augures municipaux, les chapitres 66 à 68 de la loi de fondation de la colonie de Genêt iv a Iuïia, de Tan q5 avant notre ère : — « Les pontifes formeront dans la < colonie dcGenetiva un collège pourvu des mêmes avantages que les collèges de pontifes les plus favorisés dans toute autre colonie. Ils seront pris parmi les colons. Les premiers seront créés par C. César ou par le magistrat charge par lui de la deductio de la colonie; les suivants seront élus dans les comices convoqués par les duumvirs ou par le préfet produumvir. Il v aura lieu à élection lorsque, par suite de décès OU de condamnation, le collège se trouvera réduit à moins de trois membres. Les pontifes, ainsi que leurs enfants, seront exempts du service militaire & de toute charge publique. Dans les fêtes religieuses de la colonie, dans les spectacles donnés au peuple par les magistrats, ils auront le droit de paraître vêtus de la robe prétexte. Dans les spectacles, ils prendront place parmi les décurions ».
Si donc les choses se sont passées dans la colonie de Nîmes comme dans la colonie dé Gcnetiva, & que le nombre de trois pontifes & de trois augures, certainement dérivé, d'après M. Mommsen [Ephent. épigr., 3, p. 00 , des trois anciennes tribus de Rome, doive être considéré comme
normal, il faut vraisemblablement ne rattacher au mot PONTIFICES de notre inscription que la colonne en partie conservée placée à sa gauche & primitivement composée sans doute de trois noms, puis supposer, pour parfaire la symétrie, une disposition parallèle présentant autrefois le mot augures accompagné de trois noms d'augures % en une colonne placée à la droite de ce mot.
Quant aux lettres ...VS, qui s'aperçoivent dans ce qui reste de l'angle droit d'un compartiment de moulures voisin à gauche de celui qui est occupé en partie par la liste des pontifes, c'est la tin d'un nom qui appartenait à une autre liste.
CHAP. IV. — INSCRIPTIONS MUNICIPALES. 35o
(Ci-dessus, n. 47.) Autel dédié par un pontife à la Victoire auguste.
Autel très-dégradé, dépourvu de sa base & de la majeure partie de son couronnement; trouvé en 1740, près de la Fontaine, « dans les ruines des anciens bains » (Mén.), c'est-à-dire du bassin romain. L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures, conservé en partie à gauche, à droite & en bas. — Hauteur, om 67; largeur, om63; hauteur de la partie encadrée, environ om36; largeur, om 5o.