V. SoL. M
Cette copie est celle qu'il a donnée dans sa première lettre à Duchalais. Dans une seconde lettre, adressée à Alexandre Dufaï, le conservateur du musée de Guéret a corrigé ainsi sa première lecture :
« ... Le retrait qui existe au commencement de la première ligne de l'inscription du cippe qui sert de bénitier dans l'église de Budelière, près Chambon, semblait indiquer la place d'une lettre; en effet, après un neltoyage de la pierre on a trouvé la lettre qui manquait. — Ainsi, il faut lire lepidinus au lieu de epidinus ; de plus retrancher le petit o placé entre s et l. »
Le mémoire lu par Filiioux à la Sorbonne est accompagné d'un dessin qui fournit la copie ci-après :
LEPIDINVS LEPIDIFILIVS POSVIT DE SVO V. S. L. M.
M. de Gessac a, de son côté, publié la copie suivante :
LEPIDINVS V, LEPIDI-FILIVS POSVIT-D E-S VO V « SSS L« M S
Les restitutions proposées par ces deux savants ne conviennent sûrement pas.
Descr. — Gippe sans ornements, très probablement incomplet. La pierre est un granit noirâtre de 0 m. 60 de haut sur 0 m. 64 de large et autant d'épaisseur. Lettres liées : lr0 ligne, l'A. et PN; à la 4° ligne, la partie inférieure du V a été enlevée par une cassure ; les points sont triangulaires.
Hist. — Cette inscription fut signalée à Fillioux par M. Niveau, avoué à Ghambon. La pierre était alors, comme aujourd'hui, dans l'église de Budelière où elle servait de bénitier. Elle provenait de l'ancienne église du Chatelet, convertie en grange.
Bibl. — Filloux, Lettre à M. Duchalais, dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. III, lerbull., 1854, p. 41, et Lettre à M. Alexandre Dufaï, ibid., 2ebull., 1855, p. 111. —Fillioux, Mémoire sur les vases funéraires de la Creuse, dans Lectures faites à la Sorbonne, en i 868, archéologie, p, 102, et pl. xm. — De Cessac Les divers modes de sépultures employés à Vépoque gallo-romaine sur le territoire actuel du département de la Creuse, Mémoire lu à la Sorbonne en 1869 et reproduit dans Bull, monum., 1873, p. 127 (tirage à part, p. 3), et Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. IV, 2cbull., 1873, p. 216. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1881, p. 131, reproduit dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. V, 2e bull., 1883, p. 141.
Lepidianus, Lepidi(i) filius, posuit de suo; v[otum)
s(olvit) l(ibens) rn(erito).
A. . . .; (Lepidius) Lepidianus, fils de Lepidius, a élevé cet autel à ses frais, avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.
On a d'autres exemples de la double formule posuit (ou de suo posuit), volum solvit libens merito, qu'il y a lieu de relever ici (1). L'idée votive se trouve jointe ainsi à l'idée de donation.
On peut remarquer que le dédicant avait reçu un cogno-
(1) C. I. L., t. Vil, n<" 560 et 1070. — Lejay, Inscript, de la Côte-d'Or, p. 132.
men, Lepidianus, dérivé du nom de son père, Lepidius. Ce cas était assez fréquent. D'une façon générale, le suffixe anus indique l'origine ou la descendance (1).
Florian Valientin a pensé que la pierre était complète. Il se pourrait en effet que le nom de la divinité n'eût pas été exprimé, surtout si les traces de crampon, encore visibles à la partie supérieure, remontent à la même époque que l'inscription ; mais il faudrait alors admettre que la statue du dieu, ou quelque vase votif, avaient été placés sur le monument (2).
M. de Cessac a cru que cet autel était un cippe, et il l'a rattaché à ce qu'il a appelé le premier type de sépulture, caractérisé par « un pilier creusé à son sommet d'une cavité dans laquelle étaient placées, sans urnes de verre ou de terre, les cendres après qu'elles avaient été recueillies du bûcher » .
Un autel découvert à Genon , dans le département de la Vienne, fait connaître que deux Lepida, — la mère et la fille peut-être, — ont accompli en commun un vœu à la Piété (3).
(1) Le mot Lepidi n'est pas, comme on l'a dit jusqu'ici, le génitif de Lepidus. Ce cognomen eût donné la forme dérivée Lepidinus et non pas celle Lepidianus. Lepidius est d'ailleurs un gentilice connu par d'autres inscriptions, dont quelquesunes de la Gaule. (Cf. C. I. L., XII, 1919, 2723 et 2270.)
(2) Une tablette votive de Fréjus ne porte pas non plus le nom de la divinité à laquelle se rapporte le vœu. (Cf. Héron de Villefosse et Thédenat, Inscript, rom. de Fréjus, p. 33.)
(3) Espérandieu, Épigraphie romaine du Poitou et de la Saintonge, p. 136.
D'après l'original, confirmé par un estampage pris par M. Boullaud, directeur de l'École communale de Château-Ponsat.
Var. — Beaumesnil : Duroux :
PRO S A L IMP ÇAE MONVM LV CAN VIR INI ET PARISV
Allou :