PRO SAL IMP CAE MONM LV CAI VERICI FIL ET PARIS
Pro salute imperatoris
Caesaris Monumentum
L'abbé Texier en donne, en outre, un dessin, en lequel, dit-il, « on peut avoir toute confiance ». Ce dessin, meilleur que sa copie, n'est cependant pas tout à fait exact.
Dans son article sur le Musée épigraphique de Limoges, Florian Vallentin a reproduit en note la copie de l'abbé Texier, en se contentant de constater que « l'inscription a été mal transcrite ».
Descr. — Allou a fait remarquer un des premiers que la pierre « n'était probablement [pas entière ». Elle est en effet brisée du côté droit où la cassure a emporté la fin des lignes. Les caractères, suffisamment lisibles, ont 0m055 de hauteur. Lettres liées : 2e ligne, Net ï, Net T; 3e ligne, T et R.
Hist. — Cette inscription a toujours été indiquée « au bas de la première pile du pont [de Ghateau-Ponsat] du côté du midi et presque à fleur d'eau (Duroux) », où elle est encore.
Bibl. — Nadaud, Mémoires, pages disparues. — Legiios, Essais hist. sur Limoges, p. 51. — Beaumesnil, 4e cah., p. 9, et Ms Nivet- Fontaubert. — Duroux, Essai hist. sur la sénatorerie de Limoges, p. 266. — Allou, Description des monum. des différents âges, p. 312.
— Abbé Texier, Bec. des inscript, du Limousin, p. 101. — Abbé Lecler, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. XXI, 1872, p. 94.
— Florian Vallentin, Bull. épig. de la Gaule, t. II, 1882, p. 9.
Pro sal(ute) imp[eratoris) Cae[s(aris) nostri? J moni-
men(tum) Lucan[us ], Verici fil(ius), et patri
Le nom de l'empereur n'était vraisemblablement pas exprimé dans ce texte dont je renonce à comprendre le sens. La première ligne est dédicatoire ; on s'y adresse à une divinité capable de préserver l'empereur, et les deux lignes suivantes semblent être funéraires. Le mot monumentum signifie toujours, en effet, un monument propre à perpétuer la mémoire d'une chose ou d'une personne et le plus souvent un monument sépulcral.
Vericus est à rapprocher de Veriucus (C. I. L.,XII, 1770). Ce mot paraît d'essence gauloise; cependant il se pourrait qu'il fallût le considérer comme un dérivé de Vents.
ÉVAUX.
D'après l'original, conservé au musée de Guéret. Var. — Bosvieux :
VIMEVRO FIRMI LIB. IVAV. V. S. L. M.
Fillioux :
VIM CVRO. FIRMI LIB. IVAHU V. S. L. M.
G. Gallier :
VIM CVRO. FIRMI LIB. IVAHV V. S. L. M
Et plus tard, avec M. de Cessac
VIM. CVRO. FIRMI LIB. IVAV.
Mowat :
VIMPVRO- FIRMI LIB-
IVAV
Descr. — Cette patère, dont le dessin ci-dessus ne reproduit que le manche en vraie grandeur, a Om. 19 de longueur totale et Om.07 de profondeur. Ce manche, percé d'un tréfeuille et fortement rétréci en son milieu, a 0 m. 09 de long et 0 m. 04 de large à ses extrémités.
Le rebord extérieur du vase est orné d'un filet; le fond extérieur présente en relief plusieurs cercles concentriques. L'inscription a été placée, de part et d'autre de la marque du fabricant estampée en relief, à l'aide dïm poinçon sur la partie lisse du manche. Les lettres, qui ne sont pas sans présenter une certaine analogie avec celles du vase votif découvert à Poitiers par le R. P. Camille de la Croix, ont une hauteur moyenne de 0,006 millim. et semblent être dues à quelque ouvrier inexpérimenté. Je serais assez tenté do croire qu'elles ont été gravées par le dévot lui-même. Les i sont fortement pattes surtout à leur base. L'ensemble des caractères dénote une assez basse époque. Le poinçon du fabricant n'ayant porté que d'un seul côté, le bas des lettres de la marque /// stepaprod n'est pas suffisamment venu.
Hist. — La patère dont je viens de parier était la mieux conservée de trois objets du même genre découverts vers 1855 (et non vers 1840, comme l'a dit Florian Vallentin), dans les anciens thermes d'Évaux, aménagés pour un nouvel usage. Pendant assez longtemps, de 1831 jusqu'à 1847, les fouilles d'Évaux, faites pour préparer les fondations du nouvel établissement thermal et pour le dégagement de ses abords, ne furent soumises à aucune direction scientifique. Le Conseil général de la Creuse, ayant appris qu'il avait été rencontré des substructions romaines, subventionna les travaux, en spécifiant que les objets antiques qui pourraient être découverts seraient transportés à Gaéret. Malheureusement celte clause ne fut jamais bien remplie, et le musée de Guéret ne reçut guère que les objets dont personne n'avait été soucieux de faire l'acquisition (1).
« Les choses en étaient là, dit Fillioux, lorsque, en 1856, nous apprîmes indirectement qu'on venait de trouver un très beau mascaron de bronze et d'extraire du curage de l'un des anciens puits trois coupes du même métal. Aussitôt nous nous empressâmes de réclamer le dépôt de ces objets, mais ce fut en vain; on opposa à notre demande que le Conseil générai ayant cessé de subventionner les travaux, ces objets appartenaient aux actionnaires de la Société des
(1) De nombreuses médailles ont été découvertes à Évaux pendant les travaux du nouvel hôtel des bains. Il y en avait en or, en argent, en bronze et en potin; mais naturellement, dit Fillioux, celles qui ont été envoyées au musée de Guéret sont toutes en bronze et dans un assez mauvais état de conservation. Les séries découvertes paraissent se continuer sans grande interruption, depuis Claude jusqu'à Constance Chlore. [Cf. à ce sujet Fillioux, les Thermes d'Évaux, dans le Bull, des Se. nat. de la Creuse, t. IV, 2e bail., 1873, p. 203.)
bains. Cependant M. RifFat, d'Évaux, qui était, nous' ne savons à quel titre, détenteur de ces objets, consentit à les envoyer à l'archiviste du département [alors Bosvieux], qui, à son tour, nous permit de les faire dessiner. M. RifFat, dit plus loin Fillioux, ayant autorisé un de nos confrères [de la Société des sciences naturelles de la Creuse] à disposer à son gré de la patère, ce dernier en a naturellement disposé en sa propre faveur, mais à aucun prix il ne consentirait à la voir sortir du pays. » (Mém. de la Soc. des se. nat. de la Creuse, t. IV, 2a bull., 1873, pp. 195 et 205.) Après avoir eu plusieurs posesseurs, et être entrée dans la collection de M. Dugenest , imprimeur à Guéret, la patère d'Évaux a fini par en sortir après la mort de celui-ci ; depuis quelques années, ses héritiers l'ont cédée au musée de Guéret pour la somme de 300 francs.
Bibl. — Bosvieux, Les bains romains d'Évaux, dans Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. V, 1854, p. 254. — Fillioux, Lettre à M. Duchalais, dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. II, 1er bull., 1855, p. 41. — Fillioux, Les thermes d'Évaux, dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. IV, 2e bull., 1873, p. 203. — Fillioux, Rev. des Soc. sav., 1869, p. 342. —P. deCessac, Congrès archéol. de France, t. XXX, 1866 (Limoges), p. 66. — - Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1881, pp. 40 et 129, reproduit presque sans changements dans Soc. des se. nat. de la Creuse, t. V, 2e bull., 1383, p. 137. — W. Stockes, Revue celtique, 1881, p. 118. — Gaidoz, Revue celtique, 1881, p. 155. —R. Mowat, Bulletin monum., 1882, p. 261. — G. Callier, Essai sur É vaux. Chateauroux, 1880, in-8, p. 7. — R. Mowat, Notice épigr. de diverses antiquités gallo-romaines. Paris, 1887, in-8, pp. 112 et 117. — A Nicaise, Bullet. des antiquaires de France, 1883, p. 152. — R. Mowat, ^'Marques de bronziers sur des objets apportés ou trouvés en France. Paris, 1883, in-8, p. 5. (Extr. du Bull, épig., t. III, 1883, p. 263.) — Jean de Gessac, Note sur le nom de la ville d'Évaux (dans Revue celtique, t. VI, n° 2, 1884. Tiré à part). — Hùbner, Exempla scripturae epigraphicae latinae, n° 933, (propose la lecture : Vimpuro, Firmi lib(ertus), Suav{?...)...
Vimpuro, Firmi Ub[ertu&) , I(v)vavu; v(otum) s(olvit) l(ibcns) m(erito).
A Iuvavus; Vimpuro, affranchi de Firmus, avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.
DE LA CITÉ DES LEMOVfCES {g
Ainsi que l'a reconnu Florian Vallentin, le nom du dédicanl avait été mal lu pendant fort longtemps. C'est ainsi que M. deCessac, Fillioux et Bosvieux ont proposé l'interprétation Vim(ius) Curo, qui ne saurait en aucune façon convenir, ou celle: Virmeuro Firfni libertus Ivau votum solvit libenter manu, qui ne convient pas davantage. Ivau et Vimpuro appartiennent à l'onomastique gauloise. Le premier mot surtout ne peut être que le datif masculin singulier du nom qui désignait le génie des eaux de l'ancienne Évaux (1). Ce qui tendrait à confirmer cette hypothèse serait surtout la forme de l'ustensile sur lequel la dédicace a été gravée.
Le culte des sources était en grand honneur, non seulement chez les Gaulois, mais encore chez les Romains et les Grecs. « Nous adorons les fleuves à leur source, dit Sénèque, et nous élevons des autels aux endroits où les eaux viennent à la i surface du sol (2). » Tacite rapporte même, dans ses Annales, que Néron s'étant baigné dans la fontaine Marcia dont les eaux étaient conduites à Rome, le peuple considéra cet acte comme un sacrilège. Il ajoute qu'une maladie qui vint à la suite fut considérée par tout le monde comme une manifestation évidente de la colère céleste (3).
En se façonnant à la civilisation romaine, les Gaulois se firent vite aux habitudes de leurs vainqueurs, mais si les établissements thermaux de leur sol acquirent surtout de l'importance postérieurement à la conquête, il demeure à peu près acquis que la plupart d'entre eux étaient déjà très fréquentés à l'époque d'autonomie. A défaut de preuves
(1) Les Gaulois terminaient en u le datif des mots de la seconde et de la quatrième déclinaison que le latin provincial traitait de même. Iuvavus appartient à la seconde déclinaison.
(2) Lettre XLL
(3) Livre XIV, chap. 22.
certaines, nous avons au moins de très fortes présomptions, et celle d'un nom purement gaulois donné à la divinité d'une source peut être comptée parmi les meilleures. Or, à É vaux, nous rencontrons luvavus, à Bourbonne-les-Bains, Borvo, à Bagnères-de-Luchon, Ilixo, à Bagnères-de-Bigorre, Agho, etc. Toutefois, il semblerait assez résulter des découvertes d'inscriptions qui ont été faites, que les Romains ne se contentèrent pas toujours des divinités gauloises. En de très nombreux endroits, ils s'appliquèrent à leur adjoindre des nymphes tutélaires dont le nom leur était peut-être plus familier. D'après une tradition qui ne repose sur aucune donnée sérieuse, ce serait à Duratius que reviendrait l'honneur de la création des thermes d'Évaux. Ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'il a été découvert de très nombreuses maçonneries anciennes et que plusieurs puits de l'époque romaine sont encore utilisés de nos jours. En nettoyant les bassins qui servent à recueillir le trop-plein de ces puits, on a rencontré quelques médailles romaines ; toutes sont aux effigies de Vespasien, de Trajan, d'Hadrien, d'Antonin le Pieux ou de Septime-Sévère, ce qui laisserait supposer que les bains d'Evaux furent plus particulièrementfréquen tés sous les Antonins et les Flaviens. Dans le département du Gard, aux Fumades, toutes les monnaies qui ont été découvertes vontdemême de VespasienàJuliaDomna, femme de Septime- Sévère (1). Cette particularité, dont je me garderai bien de tirer des conclusions trop absolues, me paraît mériter tout au moins d'être signalée.
En un autre endroit des fouilles d'Évaux, on a rencontré deux tuyaux qui durent servir à la conduite des eaux ; l'un
(I) Â limer, Reo, éplgr. du Midi de la France, t. I, p. 53.
DE LA CITÉ DES LEMOVICES 21 était en plomb, ce qui n'est pas rare, l'autre était en bronze, ce qui l'est assurément beaucoup plus (1).
M. Mowat a fait remarquer le premier que le mot Ivau rappelle le nom d'une ancienne ville du Norique, Iuvavum, aujourd'hui Salzburg, dont les formes ablatives, plus ou moins contractées, se trouvent dans le tome III du Corpus sous les numéros 4461, 5746 et 5556, ou sont données par la table dePeutinger. La forme la plus complète est ivvavo, et M. Mowat a pensé que le nom gravé surlapatèred'Évaux pourrait bien se lire I(u)vau pour, I(u)vao, ce qui conduirait au nominatif Iuvaum, ou même I(u)vav(u) pour I(u)vav(6), ce qui donnerait Iuvavum.
Il est en effet bien certain que la suppression du V, entre deux voyelles, dont l'une est un V, se rencontre assez couramment en épigraphie, et l'opinion de M, Mowat, en outre de la très grande autorité qui s'attache au nom même de ce savant, a de plus pour elle l'ethnique ivvauvenses fourni par le Corpus, III, 5589, pour le nom de la petite ville qui est devenue Salzburg.
Pour mon propre compte, c'est à la seconde opinion de M. Mowat que je crois devoir m'arrêter de préférence. Comme Salzburg, Évaux se serait appelée Iuvavum, et comme elle, peut-être, aurait eu pour divinité topique Iuvavus. Dans le Gard, près d'Uzès, le hameau de Bézuc, autrefois Budenicum, était placé sous la protection d'un dieu Mars Budenicus (2); Nîmes avait pour divinité Nemausus, et il me serait bien facile de citer encore d'autres exemples de la particularité que je suppose ici.
(1) Sur ces détails, Cf. Ossian Henry, Analyse chimique de Veau minérale des sources d'Évaux. Paris, 1844, in-8.
(2) Cf. Allmer, Revue épigr. du Midi de la France, 1. 1, p. 133.
Évaux d'ailleurs, si Ton ne s'en tient qu'aux règles normales de la formation des noms de lieux, ne peut pas provenir d'un prétendu Evaunum. M. Mowat a fait remarquer que cette forme eût produit Évon, comme Orolaunum a produit Arlon, comme Catalaunis, Ghâlons, ou comme Ieauna, Yonne. V Evaunensis viens de Grégoire de Tours paraît donc devoir être corrigé en Evauvensis.
Florian Vallentin a proposé de lire Ivaos.
Dans le Bulletin des Antiquaires de France, M. A. Nicaise a finalement traduit :
« Vimpuro, affranchi de Firmus, d: 'Évaux, s'est acquitté avec reconnaissance de son vœu. »
Ivan deviendrait alors un ethnique, mais cette hypothèse ne paraît pas devoir être acceptée.
A côté du nom de divinité Iuvavus et du nom gaulois Vimpuro, dont la forme est nouvelle, bien qu'on puisse la rapprocher de celles Vimpurilla (1) et Vimpurlla (2), qui sont connues, la patère d'Evaux offre encore cette particularité de fournir une marque d'aerarius :
STEPAPROD
Cette marque a été bien lue par la plupart des éditeurs de l'inscription votive d' Évaux, mais elle n'a pas toujours été comprise de même, surtout par Fillioux, qui lui trouvait « une forme lombarde » et ne voyait en elle qu'un seul mot.
Florian Vallentin en donnait du moins une interprétation rationnelle en proposant de lire :
S(exti) T.... Epap[h]rod(iti)
(1) Bull. Ant. F., 1883, p. 152.
(2) Lejay, Inscript, de la Côte-d'Or, p. 139.
et admettant, ce qui ne paraît pas improbable, que cet aerarius était cle condition libre et possédait ses tria nomina.
Mais l'explication la plus plausible est encore celle qui a été fournie par M. Mowat et acceptée depuis par M. Hiicher (1). Dans son travail sur les Marques de bronziers apposées sur objets antiques trouvés ou apportés en France, M. Mowat suppose que le T de la marque d'Évaux a été fautivement lu pour un I.
L'état de détérioration de cette estampille, dit-il, permet de supposer qu'il lui manque quelques lettres au commencement, soit qu'elles aient disparu par l'usure, soit qu'elles n'aient jamais été imprimées sur le métal, par suite d'une frappe défectueuse. Or on ne connaît pas moins de cinq patèrcs et truellae de bronze, provenant de Pompéi et présentant les estampilles (2) :
/// ANSI-EPAPHRODl///, L - ANSI- EPHAPRODITI (sic) ,
/// ANSI EPAPHRODI /// {sic).
Il devient maintenant visible que l'estampille de la patère d'Évaux n'est qu'une variante de celle de Pompéi ; la faute porte toujours sur le H que le graveur du poinçon supprime ou déplace à tort et à travers (3) .
M. Mowat s'arrête, en conséquence, à la lecture :
/// SIEPAPROD
[An]si(i) Epaprod(iti), pour Epaphroditi.
Je le repète, cette interprétation est des plus vraisemblables ; elle n'a contre elle, — ce qui est beaucoup , jele veux bien , — que la présence indubitable d'un T, obligeant à lire stepaprod ; mais il est parfaitement possible, d'autre part, que ce T provienne d'une erreur de gravure ou résulte simplement d'une trop grande extension donnée au trait horizontal de la
(1) Exempta scripturae, p. 324.
(2) C. I. L., X, 8071 (28 a. 28 b, 28 c, 28 et). ,
(3) Mowat, Marques de bronziers sur objets antiques. Vienne. 1884, în-S, p. 4. (lîxlr. du Bull, épigr.)
partie supérieure d'un I. La lecture proposée par M. Mowat a même d'autant plus de chance d'être la bonne qu'on s'accorde à reconnaître qu'il existait à Pompéi et à Herculanum des fabriques de statuettes et d'objets en bronze destinés à l'exportation. Cela résulte de la diffusion de certaines marques à la fois rencontrées en Italie, en Gaule, en Bretagne, et jusques dans les pays Scandinaves (1).
Une marque de fabrique du musée de Nîmes, que A. de Longpérier lisait ansi et batavi (2) — et que M. Aurès a donnée d'abord sous la forme anstepha ^atvs (3), mais a corrigée plus tard en ansiepha//// (4), — est peut-être encore relative au bronzier pompéien Ansius Epaphroditus. Elle se lit aussi sur une patère dont le trou de suspension est trilobé comme à Évaux.
C'est encore cette marque qu'il faut reconnaître sur deux estampilles, l'une découverte en 1790 à Dumfries (Ecosse) et perdue depuis, l'autre en 1863, à Colchester, et conservée de nos jours au British Muséum. Elles ont été lues toutes
deux ANSIEPHARR (5).
Un autre bronzier de la gens Ansia est encore connu par la marque de ses produits. Celui-ci se nommait L. Ansius Diodorus ; une de ses patères s'est rencontrée à Pompéi (6), une autre clans les Vosges ; cette dernière est au musée d'Épinal (7).
(1) Mowat, V Atelier du statuaire Myrismus. Paris, 1888, in-8, p. 3. (Extr. de la Rev. archéol.)
(2) Catal. général de f expos, de 1867 , Histoire du travail. Paris, 1867, in-8, p. 60.
(3) Marques de fabrique du musée de Nimes données en fac-similés . Mîmes, 1876, in-8, p. 90 et pl. XXII, n» 222.
(4) Mowat, Marques de bronziers, p. 3, note 2. La seconde lecture de M. Aurès laisserait supposer, — ce qui confirmerait l'interprétation proposée par M. Mowat pour la marque de la patère dÉvaux, — que l'I de la marque de Nîmes doit avoir le trait horizontal supérieur très accentué.
(5) Archœologia, XI, p. 105, pl. VIII et XXXIX, 2e série, p. 500, pl. 24, fig. 2.
(7) R. Mowat, Marques de bronziers, p. 3.
Les patères votives avec inscriptions sont assez communes. Parmi les plus célèbres, il convient de citer surtout celles de Dijon et de Fteims présentant, sur leur manche, deux dédicaces qui ont été fort souvent rapportées (I), et celles du trésor d'argenterie de Bernay (2).
5 GOUZOUGIVAT.