‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 6 sur 129 · MO/// ///LIS/// /VIRIL · texte numérisé non relu

MO/// ///LIS/// /VIRIL

Ma copie, confirmée par deux estampages communiqués par M. Sauzet, instituteur à Gouzougnat.

Var. — Florian Yallentin :

m ARTI a ELIVS

V iri lis

Descr.— Cette inscription, qui n'est pas complète, est gravée sur une pierre sans ornements, retaillée du côté gauche, et ayant en son état actuel 0 m. 60 de haut, 0 m. 32 de large et 0 m. 33 d'épaisseur. Les lettres, grossièrement tracées et déjà très difficiles à lire, surtout vers la fin des lignes qu'il est matériellement impossible de discerner, tendent à s'effacer de plus en plus. Elles ont 0 m. 08 de haut. Quelques amorces de lettres, encore visibles au-dessus de la première ligne, font supposer que l'inscription comprenait au moins cinq lignes.

Kist. — Cette pierre a été signalée par Florian Yallentin qui l'a-

(1) Dict. arch. de la Gaule, inscript, gaul. n° 6; — Mowat, Bull. Ant. F., 1879, p. 139.

(2) R. Mowat, Notice épigr. de diverses antiquités, pp. 1C3 et suiv.

vait découverte à Gouzougnat, au mois de septembre 1880. Elle était alors, comme de nos jours, engagée dans le mur extérieur de l'église, à l'angle droit de la porte d'entrée, à environ 1 m. 60 au-dessus du sol.

Bibl. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1881, p. 37, reproduit presque sans changements dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. V, 2e fasc, 1883, p. 140.

Florian Vallentin a lu ce texte :

[M\arti A]elius [V]iri[lis ? v(otum)] s{olvit) l[ibens) m(erito).

Cette interprétation n'est pas exacte. Avec la meilleure volonté du monde, il n'est pas possible de lire autre chose, à la première ligne, que ce que je crois y avoir moi-même trouvé. Cette opinion est d'ailleurs celle de M. Sauzet, instituteur à Gouzougnat, qui a bien voulu se livrer sur ma demande à une très minutieuse vérification de l'inscription.

« ... Quant aux lettres arïi, m'écrit-il, elles n'existent pas sur la pierre; je puis l'affirmer sans crainte d'être démenti. »

La seconde ligne ne comprend pas davantage le fragment de mot ELIVS. Je lis très distinctement, sur l'estampage, les trois lettres LIS précédées d'une partie gravée de forme indéfinie qui n'est sûrement pas la partie supérieure d'un E. La troisième ligne a été bien transcrite par Florian Vallentin. Je distingue assez confusément en outre, après le second I, une barre verticale et un trait horizontal qui pourraient appartenir à un L. A la quatrième ligne, l'estampage donne un S très nettement, mais je ne vois aucune trace de PL et de l'M, et je pourrais presque affirmer que la pierre ne les porte pas. De cet S qui paraît précédé et suivi d'un point, on peut inférer peut-être que le texte est une dédicace votive, mais rien n'est moins certain, et il se pourrait qu'il fallût lire tout simplement :

D{iis) m(anibus) et me[mo[riae] ]Us [V]iril[is ; vi(v)us

sibi po]s(iiit).

ri

Aux dieux Mânes et à la mémoire de... Virilis qui, de son vivant, s'est fait construire lui-même (ce tombeau).

En l'état actuel du fragment, il est complètement impossible de se prononcer.

6 MOUTIER D'AHUN

D'après l'original, confirmé par un estampage.

Descr. — Autel carré avec base et couronnement. La base est en partie enterrée dans le sol; elle a 0 m. 56 de large et 0 m. 48 de haut.

Hist. — Cette pierre sert de bénitier à l'église du Moutier-d'Ahun.

Bibl. — Florian Vallentin, Bull. épig. de la Gaule, t. I, 1881, p. 132, reproduit dans Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. V, 2ebull., 1883, p. 141.

v(otum)] s(olvit) [l(ibensj] m{erito).

avec reconnaissance et en accomplissement d'un

D'après l'original, confirmé par un estampage.

Var. — Grûter et Nadaud; ce dernier copié textuellement par l'abbé Legros :

nvminibvs a v g - fanvm plvtonis andecamvle nses de svo posver-

Duroux écrit à la dernière ligne posvere; Allou en fait autant et n'indique pas les points séparatifs de la lre ligne; Orelli reproduit la copie de Nadaud ; l'abbé Texier n'indique pas les points séparatifs et remplace le V d'AYG par un U; Maurice Ardant met un point après chaque mot, même à la fin des lignes. M. Deloche cite le texte en cinq lignes, comme l'avaient fait avant lui Grûter et l'abbé Nadaud, mais il écrit à la dernière ligne posve. L'abbé Lecler n'indique pas les points séparatifs. M. A. Joanne ne divise pas les lignes.

Descr. — La pierre qui porte l'inscription votive de Rançon est un granit caillouteux mélangé de mica. Elle a 0 m. 50 de long sur 0 m. 40 de large et 0 m. 20 d'épaisseur. Les lettres, un peu serrées, sont nettement gravées et ont environ 0 m. 06 de hauteur. Le lapicide, manquant de place, a lié les deux lettres E et R qui terminent le groupe posver.

« La conservation de cette pierre, a dit l'abbé Texier, laisse beaucoup à désirer ; le temps, en usant sa surface, l'a hérissée d'aspérités qui ont rendu notre travail de copiste un peu hésitant et incertain ».

Cette description du savant abbé n'est pas entièrement exacte. Ainsi que je viens de le dire, toutes les lettres se distinguent encore très nettement.

Hist. — - L'autel votif de Rançon doit avoir été découvert vers la fin du xvie siècle (et non pas au xvme, comme l'a dit Allou, d'après Nadaud et Legros). Un habitant du pays, nommé Maillard, en prit une copie qu'il adressa à Scaliger ; celui-ci la fit parvenir à Grûter et on la trouve dans le recueil de ce savant, avec la mention : « In vico Rançon, in Lemovicibus(l).» Grûter ne fournit pas d'autre expli-

(1) On sait que Scaliger mourut en 1609.

cation complémentaire, mais il y a tout lieu de croire que la pierre se trouvait alors à l'ouest du bourg, au lieu dit le Puy-Martin, « sur une élévation coupée à pic du côté de l'eau, où se voient, à fleur du sol, les restes d'une construction, ou, comme on dit dans le pays, d'un château considérable » (7'exier). Ces ruines du Puy- Martin, qui dépendaient de la commune de Blanzac, furent longtemps exploitées comme carrière, on en retira les matériaux qui servirent à bâtir la maison de MM. Bonnin de Grandmont, et c'est alors que l'autel fut encastré au-dessus du portail de cette habitation, où on le voit encore. En 1811, la maison de MM. de Grandmont étaithabitée par M. Jourdannaud, qui l'avait acquise au moment de l'émigration. Elle est aujourd'hui la propriété de M. Dubrac des Forges.

Bibl. — Gruter, p. 112, n° G. — Nadaud, Mémoires pour servir à l'histoire du Limousin, t. I, p. 172. — Legros, Essais historiques sur Limoges, pp. 21, 37 et 42. — Beaumesnil, 4e cah., p. 3.— Dom Martenne, Religion des Gaulois, t. I, p. 321 . — Bannier, Mythologie, t. V, p. 483. — D'Anville, Notice de l'ancienne Gaule, p. 66. — Dom Bouquet, Historiens de France, t. I, p. 130. — Duroux, Essai hist. sur la sénatorerie deIJmoges,p. 265. — Joullietton, Histoire de la Marche et du pays de Combraille, t. II, p. 48. — Allou, Descript. des mon. des différents âges, p. 313.— Orelli, Inscript, latin, selectar. ampliss. coll., t. I, p. 331, n° 1804. — Abbé Texier, Les inscriptions du Limousin, pp. 2 et 99. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. et historique du Limousin, t. III, p. 131. — Maximin Deloche, Études sur la géogr. hist. de la Gaule, p. 128. — Abbé Lecler, Bull, de la Soc. historique et archéoi. du Limousin, t. XXI, 1872, p. 112, et t. XXXI, 1883, p. 372. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 8. — Adolphe JoANm,Géo graphie de la Haute-Vienne. Paris, 1884, in-8% p. 54, et France, de la Loire à la Garonne. Paris, 1875, in-12, p. 325-1

Nnminibus Aug(ustorum); fanum Plutonis; Andecamulenses de suoposu[er(unt)].

Aux divinités des Augustes. Temple de Pluton. Les Andecamulenses ont construit (ce monument) à leurs frais.

En l'an de Rome 747, Auguste, qui était devenu souverain pontife depuis cinq ans, fit un acte d'une grande portée

politique, bien qu'il ne fût, en apparence, que la résurrection d'un vieil usage populaire, à peu près abandonné, qui consistait à fêter, à certaines époques de l'année, les dieux Lares des carrefours. En rajeunissant l'ancien culte, Auguste décréta que le Génie de l'Empereur prendrait place désormais à côté des deux divinités Lares d'autrefois, et il prescrivit, à cette occasion, que les laraires de Rome seraient visités deux fois par an et couronnés de fleurs au printemps et en été (i).

C'était, sous une forme déguisée, l'institution du culte de l'Empereur comme religion d'État.

Bien qu'elle n'eût été faite que pour Rome, la mesure nouvelle ne tarda pas à s'étendre à toutes les parties de l'Empire romain. En Gaule surtout, il y avait une foule de divinités locales dont il était impossible de supprimer complètement le culte sans s'exposer à quelque effervescence populaire. Auguste les conserva, mais il ne les autorisa qu'à titre de divinités Lares, ce qui les plaçait, par cela même, sous la dépendance du Génie de l'Empereur, considéré comme Lare suprême.

En souvenir de leur association, les Lares romains avaient reçu le nom de Lares Augustes; les divinités étrangères reçurent le même qualificatif lorsqu'elles furentadmises au rang de Lares publics, et c'est de cette époque que datent la fréquence de l'adjectif Auguste à la suite du nom de beaucoup de divinités, et la mention tout aussi commune numini Augusti ou numinibus Augustorum que nous trouvons ici (2).

(1) Compilâtes Lares ornari bis anno insiituit (Augustus), vernis floribus el ,-eslivis (Suétone, !Ang.,3l). — Cf. également Ovide, Fastes, V, 120, et Pline, Hist. nat, XXI, 3.

(2) « Nwnen dicunt esse imperium. » (Varro, De lingua lalina, Vil, 5.)

Avec la réforme d'Auguste, le culte des anciens dieux de l'Olympe reçut une atteinte dont il ne se releva jamais. Après l'année 727, les Lares publics furent seuls obligatoirement adorés ; aucune peine ne fut plus édictée contre ceux qui refusaient de sacrifier à d'autres divinités, et c'est ainsi que le paganisme se condamnait lui-même à disparaître fatalement le jour où la force du scepticisme serait assez puissante pour lutter avec avantage contre l'ancienne autorité sans limite des empereurs.

Gomment s'étonner d'ailleurs que les Romains eux-mêmes se soient déshabitués de prendre au sérieux le culte impérial! Pouvaient-ils y croire longtemps lorsqu'ils voyaient cette bouffonnerie d'un Caligula s'offrant aux adorations du public sous un accoutrement de circonstance, en faisant au besoin luire des éclairs de lycopode et gronder un tonnerre d'airain?

On raconte qu'un savetier gaulois se permit un jour de narguer ce Galigula-Jupiter en lui riant au nez, et qu'il poussa même l'irrévérence jusqu'à le qualifier de grand fou. 11 y a, je crois, tout un enseignement dans cet acte irrespectueux.

Aux premiers siècles de notre ère, le terrain se trouvait d'ailleurs merveilleusement préparé pour la substitution de la religion chrétienne au paganisme. Le matérialisme dont elles commençaient à douter ne pouvait guère satisfaire les masses de plus en plus appauvries que l'espérance d'une vie future ne soutenait pas, et c'est à ce moment précis où le découragement s'emparait de toutes les âmes, que le christianisme s'offrait comme une protestation violente contre les principes mêmes sur lesquels reposait tout l'ordre social.

Les premiers empereurs n'eurent pas besoin de faire des

lois contre les chrétiens, puisque les chrétiens eux-mêmes s'étaient mis en dehors de toutes les lois. L'introduction d'un culte non reconnu, la détention de livres sacrés, le refus de sacrifier au Génie de l'P]mpereur, les réunions illicites, constituaient tout autant de crimes que la loi romaine punissait de mort. Et quelque terribles que nous paraissent aujourd'hui les souffrances de nos pères, si nous les envisageons froidement, les persécutions ne sont en réalité que l'exécution pure et simple des lois. N'ordonnaient-elles pas, ces lois, que les citoyens romains sacrilèges ou coupables de lèse-majesté, devraient avoir la tête tranchée, et que les autres seraient crucifiés ou jetés aux bêtes? Ne disaient-elles pas aussi que tous ceux qui s'adonneraient à des pratiques de magie seraient brûlés vifs?

« On peut se résoudre à croire difficilement, dit M. Allraer, que des princes tels que Trajan, Hadrien, Marc-Aurèle, Septime-Sévère, Déce, Aurélien, Dioclétien, aient été poussés par un esprit de pure animosité contre les chrétiens, et par un parti-pris de cruauté. Gardiens et défenseurs de la société, ils ont eu le devoir de la tenir garantie contre les attaques d'une religion qui en sapait directement les fondements. Mais ce qu'ils n'ont pas aperçu, c'est que précisément, ce qui était mauvais et monstrueusement mauvais, c'était, non pas cette religion, légalement criminelle et légalement poursuivie, mais cet ordre social lui-même si vigilamment gardé et défendu, dans lequel pour un homme libre on comptait des milliers d'esclaves, pour un riche des milliers de déshérités, pour un petit nombre d'oppresseurs tout puissants, d'innombrables opprimés sans défense; dans lequel il y avait deux justices avec des pénalités entièrement différentes, l'une pour les privilégiés, l'autre pour les non-privilégiés, et, est-il besoin de le dire, l'une humaine, indulgente jusqu'à l'injustice, l'autre dure, impitoyable jusqu'à l'atrocité (1). )>

Mais si le christianisme eut beaucoup à souffrir avant de

(1) Allmer, Musée de Lyon, t. II, p. 212.

quitter les catacombes pour planter ses étendards victorieux sur le palais des empereurs, sa revanche ne manqua pas de se ressentir des douloureuses époques de son histoire, et les édits qu'il fit rendre par les princes chrétiens furent autrement terribles et sûrement beaucoup plus efficaces que ne l'avaient jamais été ceux des Césars. Celui que Chateaubriand a nommé le Luther païen, le prince que d'autres ont essayé de flétrir du surnom d'Apostat, s'épuisa en vains efforts pour réformer l'idolâtrie sur le modèle de la discipline chrétienne. Le paganisme avait fait son temps, et la société romaine était entrée dans une nouvelle voie. L'empereur Constantin, qui n'avait cependant pas les qualités de Julien, nous apparaît après quinze siècles comme le héros de la plus grande révolution qui se soit jamais produite, parce qu'il suivit un courant qu'il lui eût été difficile, disons mieux, tout à fait impossible de remonter.

Avec Julien, les collèges de prêtres dissous purent se reconstituer un instant, les temples s'ouvrirent, non plus au grand jour, comme autrefois, mais timidement, car les rôles avaient été changés en moins de cent ans et les persécuteurs étaient devenus à leur tour des victimes.

Le cri de défaite poussé sur le champ de bataille asiatique, où le jeune empereur se donna la mort, est aussi celui du paganisme expirant. Vingt-deux ans à peine après que Julien n'était plus, un édit de Théodose était ainsi conçu :

« Ne quis mortalium ità faciendi sacrificii sumat audaciam, ut inspectione jecoris, entorumque praesagio vanae spem promissions accipiat, vel (quod est détenus) futura sub execrabili consultatione cognoscat; acerbioris etenim imminebit supplicii cmciatus ci qui contra vetitum praesentium vel futurarum rerum explorare tentaver it veritatem. »

Les collèges tentèrent vainement de résister; ils ne firent

que rendre leur ruine plus absolue, et le paganisme officiel s'éteignit dans le sang, après avoir vu confisquer toutes ses richesses au profit de la religion qui l'avait remplacé (1). Les seuls édifices païens que la ruine épargna furent ceux que l'Église s'appropria pour les besoins de son culte. Encore ces édifices durent-ils être bouleversés complètement, puisqu'il importait de les purifier de toute souillure et d'effacer lous les souvenirs qui les rattachaient au passé.

Disparu comme religion d'État, persécuté par tous ceux qui avaient eu jadis mission de le défendre, le culte des dieux ne survécut que peu de temps à sa déchéance. Grégoire de Tours nous dit bien, dans la vie de saint Simplice, que les habitants d'Arles, de Nîmes, de Lyon et d'Autun, étaient encore attachés de son temps au culte de la déesse Gybèle, mais ce n'étaient plus là que les dernières lueurs de la religion païenne qui se mourait.

L'inscription de Rançon est à rapprocher d'une inscription de Nevers, qui aurait été découverte en 1492 (2). Dans celle-ci qui est ainsi conçue :

ANDE CAMV LOSTOVTI SSICNOS IEVRV

Andecamulos ne peut être qu'un nom d'homme. Les deux mots Andecamulos Toutissicnos doivent y signifier : Andecamulus Toutissi(i) films, puisqu'il est à peu près admis que les terminaisons cnos ou genos indiquaient la filiation.

(1) De paganis sacrificiis et templis, 1. 5.

(2) Dictionn. archéol. de la Gaule, inscript, gauloise, n* 9.

L'ethnique Àndecamulenses n'a pas été accepté par tous les savants qui se sont occupés de l'inscription de Rançon. L'abbé Lecler, en particulier, ne peut croire « que le nom de ce bourg puisse en provenir)), et partant de cette remarque que le dieu Mars des Gaulois s'est appelé Camulus, « il en conclut avec l'abbé Nadaud qu' Andecamulenses déri- « vant d'Ande, en latin « ante », en avant et par extension « vainqueur, et de « Camulus », dieu de la guerre, ne peut « que signifier guerriers vainqueurs. »

« ... On peut supposer, avec une grande vraisemblance, a dit d'autre part M. Deloche, que cette ville ou bourgade [de Rançon] portait le nom <X Andecamulum dont se seraient formés, par corruption et par contraction, suivant une loi générale qui régit le langage géographique, Andecum, Ancum, Bancum, par l'antéposition de l'R euphonique, puis Rancom, Ranconum et Ranconium.

« Le nom d1 Andecamulum, ajoute ce savant, se compose : 1° du radical préfixe And, qui se trouve dans un certain nombre de noms de peuples ou de lieux de la Gaule, tels que Andes, Audi, ou Andecari, Anderitum, etc. (1); 2° de Camulus, qui est le nom de la divinité qui présidait à la guerre chez les Celtes, du Mars gaulois (2). »

De Camulus dérivent d'ailleurs les noms de deux villes de Bretagne : Camulodunum et Camulossesa , et plusieurs noms gaulois, dont Camulogène (fils de Camulus) est sans doute le plus connu (3).

Comme les Grecs, les Gaulois avaient plusieurs noms

(1) [On pourrait ajouter encore Andematunnum (Langres).]

(2) Deloche, Études sur la géographie historique de la Gaule. Paris, 1864, in-4°, p. 128. — Cf. également Alfred Maury, Mém, antiq. de France, t. IX, 1849, pp. 21 et suiv.

(3) César, Bell. Gall., 57, 72. — Une casserole d'argent, trouvée près de Douvres et conservée au musée du Louvre, porte une inscription dont M. Héron de Yillefosse a donné la copie que voici :

NVM AVGVS-DEO Uarti ROMVLVS CAMVLO GENI FIL POSVIT

(Bull. Ant. F., 1888, p. 129.)

d'hommes composés dont le premier terme était un nom de divinité et dont le second était genus « fils de » . On peut citer : Renogenos, fils du Rhin, Totatigenos (1), « fils de Teutatès»,etc, qui sont à comparer à 'EpjAo-^évYjç, « fils de Mercure », ZYjvo-YévYjç « fils de Jupiter », etc.

Les limites des pagi sont en général fort peu connues ; mais si les divisions territoriales de cette nature échappent le plus souvent aux investigations, il paraît assez vraisemblable d'admettre cependant, ainsi que Ta reconnu M. Deloche, que le pagus des Andecamulenses comprenait la vicairie de Peyrilhac [de Padriliaco) tout entière, et la partie sud de la vicairie de Peyrat (Pariacensis) ; la partie nord était du pays de Magnazeix.

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