‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 72 sur 129 · CITOYENS ROMAINS, AFFRANCHIS, ESCLAVES · texte numérisé non relu

CITOYENS ROMAINS, AFFRANCHIS, ESCLAVES

AHUi\.

PVBl/NARGSSf* OW*F

akh» xxxxm

Fac-similé d'un dessin de Beaumesnil.

Descr. et Hist. — « Urne de pierre qui n'est qu'un fragment, haute de 2 pieds 2 poulces sur 6 pieds de long, dans les débris, devant l'église neuve d'Ahun. Il paroît que ceux de la famille Narcisse ne vivoient pas long-temps, puisque l'inscription de Chantemile mentionne un Narcisse mort ia 39 ans1, et celui-cy [à| 44» (Beaumesnil).

Bibl. — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert.

Bien qu'elle ne soit connue que par un dessin de Beaumesnil, il se pourrait que cette inscription ne fût pas apocryphe et qu'on dût la lire :

D(iis) m(anibus) (et) m(emoriae) Publ(icii) Narcissi, Cn(aei) flflti), (vixit) ann(is) XXXXIIII.

Aux dieux Mânes et à la mémoire dePublicius Narcissus, fils de Gnaeus, mort à l'âge de 44 ans.

Il y a toutefois de très fortes présomptions pour que ce monument n'ait jamais existé.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer, en outre, que PVBL ne peut pas se traduire par Publius et qu'il ne saurait y avoir aucun degré de parenté entre le personnage dont il est ici question et celui dont l'épitaphe a été reproduite plus haut sous le n° 20.

Lorsque l'ancienne abbaye de Saint-Martial fut supprimée et vendue en 1790, la démolition de l'église collégiale, qui était la « gloire du Limousin » , commença presque sur-le-champ, par ordre d'un sieur Brousseaud, entrepreneur de constructions. Diverses inscriptions romaines furent alors découvertes dans les fondations du clocher et plusieurs d'entre elles, — « presque toutes », a dit Allou, qui n'en a mentionné que sept et n'a pas indiqué ce que devinrent les autres, — furent recueillies par M. Juge-Saint-Martin, et placées dans sa pépinière de la place des Arènes dont elles « ornèrent » les allées.

En 1808, leur existence fut signalée à Millin, qui les publia, pour la première fois, dans le Magasin encyclopédique du mois de mars.

Elles furent copiées vers 1835 par Mérimée, qui les fit paraître, sans aucun commentaire, dans ses Notes d'un voyage en Auvergne.

« Hors de Limoges, sur les bords de la Vienne, on voit, dit-il, quelques substructions antiques , trop informes pour qu'on s'y arrête. Auprès de la cathédrale, au milieu de la rue qui conduit au pont Saint-Étienne, un énorme cippe en granit avec une inscription illisible de vétusté, quelques tombeaux et inscriptions rassemblés et

conservés , ou plutôt pêle-mêle dans le jardin de la pépinière, voilà les seuls monuments antiques que j'aie observés à Limoges » (1).

Lors de la formation du musée céramique, à la mort de M. Dubouché, les inscriptions trouvées à Saint-Martial étaient encore en place dans l'ancienne pépinière de M. Juge, devenue la propriété de Mme Bardy. Sur la demande de l'abbé Texier, trois pierres au choix furent données à l'établissement qui venait d'être créé, et placées le long du mur de clôture où elles sont restées jusqu'à ces derniers temps. Les autres continuèrent à « orner » les allées dé la pépinière, et lorsque celle-ci fut vendue, vers 1850, à un entrepreneur, nommé Picat Léonard, le nouveau propriétaire ne trouva rien de mieux, pour en assurer la conservation, que d'en constituer les deux montants d'un portail. Malheureusement, le portail a été démoli, et les pierres à inscriptions, retaillées en vue de quelque nouvel usage, ont toutes disparu, sauf une que M. l'abbé Arbellot a pu faire transporter au musée.

Les trois cippes qui furent donnés à l'abbé Texier sont ceux que j'ai cités plus haut aux pages 50, 55 et 106.

Si le chiffre de sept donné par M. Allou était exact, quatre pierres seulement auraient dû se trouver dans la pépinière des Arènes après la donation des précédentes. Or il n'en fut rien, puisque l'abbé Texier en a fait connaître six sous les numéros 3, 4, 5, 6, 7 et 8 de son ouvrage; on doit donc en conclure que M. Juge en avait recueilli au moins neuf.

Quoi qu'il en soit, celles que l'on a connues et qui sont aujourd'hui complètement perdues sont au nombre de cinq.

(i) Mérimée, Notes d'un voyage en Auvergne. Paris, 1838, in-12, p. 27.

Je les donne dans l'ordre même où elles ont été citées par l'abbé Texier.

73 D. M. ETMEMOR

CANNITOGI MARI MAENIA PAVLINA CONIVNXSIBI ET SVIS VIVA POSVIT

Copie de l'abbé Texier, conforme à une copie manuscrite de M. le chanoine Arbellot.

Var. — Les copies de Duroux et de Mérimée portent à la troisième ligne MAEVIA. Chez Duroux, deux points séparatifs, sont placés, l'un après MAEVIA, l'autre après le mot GONIVNX. Mérimée met un point après POSVIT. Allou reproduit la copie de Duroux, mais en supprimant les points séparatifs des 4e et 5e lignes. Maurice Ardant met un point entre chaque mot et à la fin de toutes les lignes, sauf la quatrième. Sa copie a été empruntée encore à Duroux.

Descr. — « Cette pierre, de forme prismatique, a 2 pieds 10 pouces [delong?J sur 2 pieds 6 pouces [de large?] et deux pieds [d'épaisseur] » (Abbé Texier).

Bibl. — Millin, Magasin encyclopédique, mars 1808, p. 1. — Duroux, Essai historique sur la sénatorerie de Limoges, p. 272 (sans comment.). — Allou, Descript. des monuments des différents âges, observés dans le département de la Haute-Vienne, p. 86 (sans comm.). — Mérimée, Notes d'un voyage en Auvergne, p. 100. — Abbé Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 78 (sans comm.). — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. et hist. du Limousin, t. III, p. 127.

D(iis) m(anibus) et memor(iae) C(aii) {Anni[i) Togimari. Maenïa Paulina, eoniunx, sibi et suis, viva, posuit.

Aux Dieux mânes et à la mémoire de Caius AnniusTogi-

marus. Maenia Paulina, sa ^ femme, a fait construire (ce tombeau), de son vivant, pour elle-même et pour les siens.

Par l'expression suis, Maenia Paulina entendait parler, sans doute, de son mari et de ses enfants. Le tombeau de famille ne paraît pas s'être étendu à d'autres personnes.

Millin, et après lui l'abbé Texier, ont proposé de traduire :

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Cannitogus (son époux ou Marius), Mœnia Paulina, son épouse, a posé cette pierre, de son vivant, pour lui, pour elle et pour les siens.

Allou a donné, à peu de chose près, la même interprétation :

Aux Mânes, etc., de Cannitogus ; Mœvia Paulina, son épouse, a posé cette pierre, de son vivant, pour lui, pour elle et pour les siens.

Maurice Ardant a finalement proposé celle-ci dont la tournure n'est peut-être pas très heureuse :

Diis manibus et mémorise Cannitogimariti Mœvia Paulina conjunx sibi et suis viva posuit.

« En français : Maevia Paulina, son épouse, a élevé de son vivant (ce tombeau) aux dieux Mânes et à la mémoire de son époux Cannitogus pour elle-même et pour les siens ».

Le gentilice Annius n'est pas rare ; Maenius est de même un gentilice connu (1). Une inscription de Narbonne a donné la forme Menia (2). Togimarus est un nom gaulois qui peut entrer dans la nombreuse catégorie des noms celtiques terminés en marus ( = grand ?). Son radical se retrouve dans les noms bien connus : Togius, Togio, Togirix, etc.

Page 1