‹ Inscriptions en vers du Musée d'AixChapitre 10 sur 12 · INSCRIPTION DU JEUNE NAVIGATEUR · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DU JEUNE NAVIGATEUR

Cette inscription très-intéressante, dont rien n’indique l’origine, et que peut-être Peiresc avait recueillie aux environs d’Aix, fut abandonnée après sa mort dans une cave de la maison qu’il avait habitée, où M. de Sainl- V incens le père la retrouva vers 1780. Son importance l’a rendue l’objet des travaux de plusieurs savants hellénistes, tels que Visconli, d’Ansse de Villoison , Fréd.

M tinter, évêque (protestant) de Seelande , et Chardon de la Rochette. Ces deux derniers l’ont même publiée et commentée d’une manière spéciale; le premier dans un ouvrage imprimé à Copenhague en 1810, sous ce titre: Erklœrung einer grieehischen Inschrift, welehe auf die Samotracischcn Mgstcrien Beziehung liât. 11 croit y voir un initié aux mystères de Samothrace , à cause de la mention qui s’y trouve des jeunes dieux Amycléens, les Dioseures. Le second l’a expliquée d’abord dans le Magasin Encyclopédique , et plus tard dans ses Mélanges de critique et de philologie. Paris, 1812, 5 vol. in-8°, îom. 1, p. 121 . Les derniers vers, selon lui, prouvent évidemment que son auteur était pythagoricien ou néo-platonicien.

Quoiqu’il en soit, nous devons nous borner à en donner le texte exactement collationné sur l’original avec les heureuses levons et la traduction de Chardon de la Rochette. Ajoutons qu’elle a été publiée pour la première fois, mais très inexactement, par Jacob Spon dans ses Miscellanea eruditœ antiquitatis Lugd. 1685, in-fol", p. 573, réimprimés par le marquis Polcni, dans le t. IV, pag. 1595, des Supplémenta ad antiq. gr. et rom. Vendus, 1757 , 4 vol. in-fol°. Ensuite avec des corrections par 31. de Saint- Vincens fils , Aix , 1798, 2 pag. in-3° , et plus lard avec une gravure ou fac-similé, à la suite des diverses éditions de la Notice sur son père. On la trouve aussi dans 3ïillin , 3 oyage dans les départements du 31idi, tom. 2 , pag. 198, etc.

Nous la donnons ici telle que l’a heureusement et savamment restituée Chardon de la Rochette, et en séparant les vers pour en faciliter la lecture, qui est difficile sur l’original. Ils sont hexamètres, et au nombre de douze, formant dix-huit lignes. On la croit du second

siècle de noire ère, d’après la forme des lettres. Elle est sur une pierre froide ou commune, haute de 60 centimètres, large de 45, épaisse de 24. La première ligne seule est presque entièrement détruite.

(Mrj xa/vjoi'JL r.a.pipyvj) "c/yzGi (ziiy.o)cv , o$e~zx,

K ojpoi z ’yù) v.c/J.iw ae , @£w , oùvlzi Qvrybi ,

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II / ô)Xr,C(jiy Gurfip’ji'J , Ky'jy'Lxiziz i Szzîzcy ,

Il \u>Z'hp Y-où. ~Z~).é(ji'J T.O'JZZ'J y £V Y.'jU.X.'JLV Tl^GÔ^Yl'J.

E 'jGsëiY/ zpocpiw âè i.xypyj z6$e oriyx r.ir.x'jyai ISzÔgûv , xx'l yxy.cx.zoio , /.xi x/QzoZ r,ol r.évziz.

Txbzx yxp év ÇvsÎgij xyeilr/x GdcpxeZ iyouGiv.

Ev r)'h t eSyeiSiGi'j byyÿùptiÇ yz T.Ckovovj A 2*1 xi , twy ézép'/] y.h èr.i/Boybi r.zyopryxc ,

Il â ezip’s] xzipinai olv ai$spioi7t yopêvet.

H S axpxziriZ el S eiyi , ïx./wj Qeov riyeyovrix.

« Ne précipite point tes pas devant une tombe, ô voyageur; c’est un adolescent qui l’appelle. Cher à la divinité, je ne suis plus soumis à l’empire de la mort. Libre encore du joug de l’hymen , semblable par mon âge tendre, aux jeunes dieux Amycléens , sauveurs des nautoniers, et nautonier moi-même, je me plaisais à errer sur les Ilots. Mais dans ce tombeau , que je dois à la piété de mes parents , je suis délivré des maladies , du travail, des soucis et des angoisses ; car parmi les vivants, toutes ces misères sont l’apanage de notre enveloppe grossière. Les morts, au contraire, sont divisés en deux

classes, dont l’une retourne- errer sur la terre, tandis que l’autre va former des danses avec les corps célestes. C'est de cette dernière milice quejc fais partie, m’étant rangé sous les bannières de la divinité. »

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