S IV
INSCRIPTION DE DEXTRIANUS.
Celte inscription, qui est l’épitaphe d’un jeune chrétien mort à 22 ans, a été découverte vers 1705 dans le quartier des Minimes, si fécond en débris antiques. Elle fut dès lors portéeehezM. de Saint-Vincens le père , qui la lit enchâsser dans son vestibule, d’où elle a passé , avec la précédente et tant d’autres, au Musée de la ville en I82J. Elle est gravée sur une dalle de marbre blanc, épaisse de 7 décimètres, dont la hauteur est de 52 centimètres et la largeur de 57. Les caractères en sont médiocrement beaux, mais très lisibles et bien conservés. La forme de quelques-uns semble devoir les faire rapporter au VIIIe ou IXe siècles, selon M. de Saint-Vincens. Peut-être est-elle un peu plus ancienne.
Elle est en prose mesurée plutôt qu’en vers, ou pour mieux dire elle est composée de centons, de fragments de vers pris ça et là. C’est ainsi que l’on y retrouve presque en entier le quatrième vers de l’épitaphe de Felicissimus , et plusieurs autres expressions qui semblent indiquer que l’auteur avait celle-ci sous les yeux. On n’est pas peu surpris d’y trouver encore, après un grand éloge de la bonté et de la foi du jeune chrétien , le souvenir tout à fait payen, et deux fois rappelé, de sa beauté. Il
ne lui manquait d’ailleurs ni la modestie, ni une pudeur pleine de grâces. Nec défait illi eligans (sic) cum verecundia pudor.
Brcve omne quod bonum est , est-il dit plus lias; pensée si bien développée depuis par Malherbe dans ses stances sur la mort de l’une de nos jeunes et belles compatriotes, ( Marguerite du Périer.)
Mais elle était du monde où les plus belles choses Ont le pire destin ,
El rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d’un matin.
Enfin remarquons encore, à cause du rapprochement qu’elle peut offrir avec la pensée pythagoricienne qui termine l’inscription du jeune Navigateur, l’expression obiil è sæeulo aslra pclens , que l’on trouve même sur des tombeaux payens depuis le second siècle, et principalement sur les tombeaux chrétiens. Cette expression, comme celle de migravil ad aslra, et autres semblables, dérive évidemment de la doctrine îles Néo-platoniciens qui prétendaient qu’après la mort, lésâmes pures étaient placées parmi les astres.
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