‹ Inscriptions en vers du Musée d'AixChapitre 4 sur 12 · S II · texte numérisé non relu

S II

INSCRIPTION DE FELICISSIIIIJS.

Celle inscription, que nous croyons l’épilaphe de Sextus Julius Felicissimus, a été trouvée à Aix les premiers jours de janvier 1839 , dans l’enclos de l’ancien couvent des Minimes, occupé aujourd’hui par les Dames du Sl- Sacrement. Peu de jours après, elle fut transportée au Musée par les soins de l’administration municipale, à qui Mme la Supérieure s’élait empressée d’en faire l’offre généreuse sur le vœu que nous lui en avions exprimé, et d’après l’importance que nous paraissions y attacher.

Le hasard , comme il arrive presque toujours, en amena la découverte occasionnée par les travaux nécessaires à la plantation d’un bosquet. De nombreux débris d'architecture, tels que des chapiteaux, des fragments d’architraves , de sofites, de colonnes de marbre de diverses couleurs, etc. , qui ont du appartenir à quelque temple ou édifice important, furent aussi trouvés entassés pêle-mêle avec l’inscription. La plupart ont ôté donnés également et transférés au Musée.

On voit que ce quartier, et particulièrement cet enclos où s’élevait la cathédrale primitive, pourrait être exploré avec succès. De tout temps on y a trouvé de nombreux débris d’antiquités, et c’est aux environs que Peiresc avait reconnu les vestiges d’un amphithéâtre, ainsi désignés par un voyageur qui les avait remarqués en 1588 :

« Il y a, hors de la ville, quelques antiquités découvertes qui paraissent ; il semble que c’était le lieu où

l’on faisait combattre les bêtes, où l’on jouait jeux des anciens Romains; cela est fait en forme d’arc, comme celles de Languedoc . (Journal d’un voyage en Pro¬

vence et en Italie, fait en 1588 et 1589, publié en 183(5 dans la Revue rétrospective.)

Cette citation se trouvera justifiée par l’inscription elle-même, qui rappelle ces jeux, et qui peut-être n’avait pas été placée sans motif dans le voisinage de l’amphithéâtre.

Le cippe sépulcliral, sur lequel elleestgravée , est une pierre froide taillée en parallélogramme, d’une belle conservation, excepté dans sa partie inférieure, où un éclat de la pierre a fait disparaître quelques mots assez importants. Sa hauteur est d’un mètre; au-dessus est un trou destiné à recevoir un crampon de fer qui consolidait sans doute l’urne ou le buste placé sur le cippe. La face principale a 62 centimètres de largeur, et chaque côté 57. Excepté un léger encadrement, il n’y a d’autre figure que celle du Niveau parfaitement sculpté sur le côté gauche, et celle de VN scia sur le côté droit, qui offre en outre une seconde inscription de huit vers appartenant, selon nous, au même personnage que la première. Celle-ci , qui occupe presque toute la face principale, se compose de onze vers hexamètres , écrits à la suite les uns des autres, sans séparation , et formant quatorze lignes , suivies de quatre autres pour les noms propres , etc.

Ces lignes ne sont pas toujours parfaitement droites. Les lettres quoique pressées et parfois inégales, sont d’une assez belle forme et doivent appartenir au IIIe ou IVe siècle au plus tard. On peut en juger par le fac-similé que nous joignons ici, et qui nous a paru d’autant plus nécessaire,

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