V DES ORIGINES A LA CONSTRUCTION DU REMPART, VERS L'AN
Les textes.
Le recueil que nous donnons serait incomplet, croyons -nous, s'il n'offrait l'ensemble des documents écrits ou gravés que l'antiquité nous a laissés sur la ville de Bordeaux. Aussi convient-il de transcrire ici tous les textes qui la concernent, aussi bien les passages des historiens et des géographes oii il est question d'elle que les inscriptions étrangères à notre pays oii son nom se trouve mentionné.
D'ailleurs, avant d'essayer de refaire l'histoire de notre cité au temps des Romains, il ne peut paraître inutile de constater que les anciens ne nous ont presque rien appris sur Bordeaux, et que les ruines et les vestiges de son passé seront encore les meilleurs et les plus fidèles témoins de ses premières destinées.
Le nom de Bordeaux et de la nation gauloise à laquelle il appartenait, les Bituriges Vivisques, apparaît pour la première fois dans la littérature avec la géographie de Strabon, c'est-à-dire sous les premières années du règne de l'empereur Tibère. Il est probable que les renseignements qu'il nous donne à ce propos sont contemporains du moment où il écrit ou des derniers temps du principat d'Auguste.
512 INSCRIPTIONS ROMAlNlvS D K liOUUKAUX.
Straboii se trouve être l'écrivain du haut empire qui uous parle à la fois le premier et le plus longuement de notre cité :
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aJTî'îr, r/î'. t'î i;j.7:spisv BsjpsîyaAa è'::fAe(sj.ev5v X'.;xv;Oa/,âT-:T, -:'.■/(, r,v zc.îuaiv aï Èy.êo7.al
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STnAuoN, r£ij)Yp»jixi, 4, 2, 1, édition Mi-'elleu dans la collccliuu Didol. llemarqucz 'loaxwv, pour le nom des Ki'rîic» ; il y a sans doute là uue laule de copiste, comme les iiiniiusoritsile Sirabon en offrent eu si grand uora- Iire. Muellor corrige eu 'Oidxwv, suivant leiemple de l'éditeur Kkameh.
La liste que Pline l'Ancien donne des cités de la Gaule et que nous avons déjà utilisée (p. 138, p. 171 et p. 189) est peut-être un document antérieur à celui que nous a oifert Strabon : car il semble bien qu'elle soit empruntée à une statistique remontant au plus tard au règne de l'empereur Auguste, et peut-être aux premières années de son gouvernement. D'ailleurs les Bituriges Vivisques n'y figurent que par leur nom :
Aquitanicae siint AviMlatri, Anagnntcs, Pictones, Santones lïbcri, Bituriges cognoininc Vivîscî, Apnlani imde nomen ])roviiiciac
Plinii Vatwalis historia, i. 19 (33), 108, éd. Sillig et J.\n. — Vi'riic» est la
leçon dos deux meilleurs manuscrits, celui do Tolède el celui de Klorenco (Riccardianus). Le nis. de Paris 6797 donne Vibisci; d'autres, moins impurlants, ont Ubisà et Ebusci. Los anciennes éditions, notamment i-ellcs de Dalechamp (1087) et de Hardolin (1085), imprimaient Bituriges liberi eognomine L'bisci, texte qui a été accepté dans lieaucoup d'éditions françaises, quoique rien ne mo paraisse justifier l'iulrusion du mot liberi.
C'est sous le règne de Domitien (sans doute vers 94) que Martial écrivit sur les Bordelais une sang-lante épigramme :
Hancvolo, gnae facilis, quae folliolata vagatur, Hanc volo, qime j/uero jam dédit ante meo,
Hanc volo, qîiani r éditait iotam dcnarius alter, Hanc volo, quac pariter sufficit mm tribus.
Poscentem mimmos et grandia verla sonantem Possidcat crassae mcntuta Burdigalae.
Martialis Epigrammata, 9, 32, édition l''niEW.AE.N-DEn, l. II, p. C7 (I68G1. — Crassac dans un ms., crassa et crassi ailleurs; Suràigala, dans 7 ms., Btirdigali, dans un seul. Les éditions courantes depuis les )ireniiéres (cf. celles de CALnERiNUs el de ScnnEVEi.ius), portent crassi Burdigali.