CERNES, ENTRE-DEUX-MERS ET BENAUGES
que la marée commence à se faire sentir (à Castets), et c'est là que la 943 et s. Garonne prend sa direction dernière. Nous avons vu que Paulin de Noie s'embarquait également près de Langon (cf. p. 142) :
Et post Mec portum AUngonis tau piger calcas, ac si tiU mmc esset
ad limitem DanuUmwi contra incursaces ilassagetas proficiscendum
Eccejam Leontius meus facile primiis Aguitanonmi, ecce jam parum inferior parente PauUnus, ad locum quem supra dixi [Langon], ^er Garumnae Jhienta rejîuentia, non modo tili cum classe, verum etiam cum flumine occurrent.
Sidoine Apollinaihe, letlre i Trigelias, Bpistolae, 8, 12 [8, 2, éd. Baret].
Ce Léonce (le Pontius Leontius de Bourg, sans aucun doute) et son fils Paulin devaient posséder des propriétés près de Lang-on, propriétés qui se confondent peut-être avec celles du frère de Paulin de Noie (cf. p. 142) et le Praemiacum de l'évêque Léonce II (p. 140) : nous connaîtrions ainsi le nom de leurs différents possesseurs durant deux siècles.
Langon n'a livré que des antiquités insignifiantes (Jouannet, Statistique, II, I, p. 108)^ dont la principale est la mosaïque trouvée sur l'emplacement du couvent des Capucins (cimetière actuel, Commission des monuments liistoriqiœs, 1849-1850, p. 19).
Si l'on ajoute à ces localités les deux que nous font connaître les Itinéraires, Sirio (Cérons) et Stomates (La Brède), que nous retrouverons à propos des routes romaines (i), on aura toutes celles que
(') Nous écartons le Vernemetis où Léonce II éleva une basilique à saint Vincent (Venantii Fortunati Carmina,\, 9), quoique dom Devienne le place prés de Bordeaux (Hist.de Bord., 'î'éA.,\..\, p. xxv),etqueCAiLA accepte l'emplacemeut de Sainte-Crois (cf. p. 39, Magasin encyclopédique de 1806, t. II, p. 157; Bull, polym., t. V, p. 39|. Baurein le cherche dans les paroisses de Barsac ou de Preignar (III, p. 133 et 160). Vinet, Discours, 2« éd., § OG, indiquait Veyrines, mais sous toutes réserves. Broweb, Notae, p. 13, songeait également à une lucalilé bordelaise. Vernemetis me paraît devoir être identiflé avec le NerMtum où saint Vincent souffrit le martyre (cf. Acta Sanctonim, juin, II, p. 166), par conséquent doit être recherché hors du diocèse de Bordeaux. Où? II faut le demander à nos savants voisins de l'Agenais (cf. Argenton, Essais, extraits de Labeunie, dans les Travaux de la Société SAgen, t. VIII, p. 135 ; Boudon de S.aint-Amans, .Antiquités du dép. de Lot-et-Oaronne, p. 101 et s.; Magen, dans les Travauw de la Société d'Agriculture d'Agert, t. VIII, p. 150 et s., 1861, p. 280 el s.; Barrère, Histoire du diocèse d'Agen, I. I, p. 60; Longnon, La Baule au VI' siècle, p. S50; Caubéran, Saint Léonce, p. 199). — La basilique de saint Vincent ultra Cfarumnam (Venantii Fortun.ati Carmina, 2, 8) qui s'élevait à l'endroit où le saint reposait et que Léonce décora pieusement doit être également cherchée dans l'Agenais (Boudo.n de Saint-.\mans et M.agen, l. c; Longnon, p. 550). — C'est hors du diocèse de Bordeaux que je placerai de même le Primvliacum de Sulpice Sévère (Paulin, Epist., 31, 32; cf. t. I, p. 87), peut-être en Agenais (Barrère, t. I, p. lU; Argenton-Labrunie, p. 135; Le Blant, Inscriptions, t. II, n" 594). — Jacobs (ZJe Oallia ai Anonyme Ravennate descripta, 185S, in-18, p. 47) place hypothéliqu ement ie Landinonim de l'Anonyme de Ravenne {^ 41) à Landiras. Cela parait bien impossible, l'Anonyme ayant voulu dans ce paragraphe désigner, semble-t-il, les douze cités de la Novempopulauie. Il est vrai qu'il faut, pour les reconnaître, faire au texte de terribles corrections : mais l'Anonyme de Ravenne ne peut être supporté, je crois, qu'à cette condition. — Expillt (Dict., I, p. 220), place à Sauçais les Succasses de Pline (4, 108) ; Baurein (III, p. 33) a montré ce qu'il y avait de peu fondé dans celle attribution.
943ri>. les anciens ont mentionnées dans rarchiprètré de Cernés. Que cette rive de la Garonne fût, de Bègles à Langon, admirablement peuplée et cultivée à l'époque gallo-romaine, c'est ce que montrent les textes auxquels nous "venons de renvo^'er, les noms des localités actuelles qui tous sont ceux de villas gallo-romaines (Villenave, Cadaujac, Martillac, Castres, Virelade [ViNa Ma], Vodcnsac, Barsac,Preignac), et les ruines ou les débris que l'on a trouvés dans tous ces bourgs sans exception, notamment les fameux sarcophages de Saint-Médard-d'Eyrans.
Par malheur aucun de ces débris ne présente la moindre inscription. L'inscription trouvée, dit-on, à Centujean de Bègles (cf. notre n° 37), a dû, à cause du voisinage de Bordeaux, être attribuée à cette dernière ville; celle de la Croix-de-Hins a disparu (cf. n" 943).
La rive droite n'était ni plus ni moins peuplée, elle a fourni cependant un assez grand nombre de textes gravés.