‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 5 sur 156 · SIGNIFICAT Q Y A N D O · texte numérisé non relu

SIGNIFICAT Q Y A N D O

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6 ÎNSCniPTIONS IIOMAINES DE BORDEAUX.

S47'i«. (lu xii" siècle; même, pour avoir à Bordeaux une série importante d'inscriptions, il faut aller jusqu'aux épitaphes en lettres gothiques du xm" siècle (^).

C'est à l'an 300 que nous commençons. Il n'y a en eflFet aucune inscription chrétienne qui puisse être reportée à coup sûr avant cette date. Il va sans dire que la question de l'évangélisation de Bordeaux n'est point en jeu ici : il pouvait et il devait y avoir des chrétiens dans notre ville dès le m* siècle; mais nous ne possédons aucun monument gravé qui se réfère au premier âge de la foi chrétienne.

Les plus anciennes inscriptions chrétiennes trouvées à Bordeaux sont en effet, — jusqu'à de nouvelles découvertes, — les graffiti tracés sur les poteries romaines que nous avons publiés dans notre premier volume (p. 580) : nous avons plus d'une raison^ sinon toutes les raisons, de voir dans ces X et ces "^ qu'on a remarqués sur les débris sortis des ruines de maisons romaines, des symboles de christianisme. Mais ces graffiti sont vraisemblablement contemporains de la destruction de ces maisons, c'est-à-dire qu'ils datent de la fin du iii'= siècle, des abords de l'an 300 (cf. I, p. 581). Nous ne les donnerons pas ici à nouveau.

On a essayé de faire remonter beaucoup plus haut l'apparition d'inscriptions chrétiennes dans notre ville. O'Reilly, dans son Histoire de Bordeaux (I, I, p. 632), et M. Cirot de La Ville, dans son Histoire de Saint-Seurin (p. 70) semblent attribuer à saint Martial la dédicace due à Martialis (notre n" 4). II n'y a pas à s'arrêter à cette hypothèse : M. Callen en a déjà fait bonne justice dans son Eglise métropolitaine (II, p 80), rappelant avec raison que cette dédicace est précisément une inscription archaïque, la plus ancienne de notre collection épigraphique. — Deux épitaphes, l'une, datée de 258 (n° 61), l'autre, gravée sans doute au plus tard sous Septime Sévère (n° 92), ont pu être regardées comme chrétiennes : la première, à cause de ses formules et de sa rédaction, qui semblent inspirées des croyances nouvelles; l'autre, à cause des symboles qui l'accompagnent et qui étaient chers aux chrétiens, palmes, couronnes, dauphins. Il y a sans doute des présomptions en faveur du christianisme des défunts dont ces deux épitaphes nous donnent le nom. Mais ces présomptions ne sont pas assez fortes, comme il a été dit en son lieu et place, pour nous auto-

(*) Voyez les principalea dans l'ffjitoiVe <?« iSa««/-Sn/nii, tic CmoT i>k La V11.1.1:.

INSCRIPTIONS CSEETIENXES : AVANT-PUOPOS . 7

riseï' à placer ici ces deux inscriptions, que leur origine, leur nature, 847 i leur âge et leur caractère extérieur rattachent intimement au groupe des autres textes païens. — L'épitaplie de Divixta (n° 325) a longtemps passé pour chrétienne : on en interprétait les mots ancilla d, par <s.aiicila Dei ••>% il nous a paru préférable de les expliquer par «ancilla: dominus-!>. — Enfin, Sansas, dans un article qui fait partie des Actes de V Académie de 1866, voj-ait dans Vascia que présentent un si grand nombre de nos monuments « un indice de christianisme », et en concluait que dès le i^'' siècle on rencontre ici des épitaphes de chrétiens. L'Académie fit des réserves sur ces conclusions, réserves auxquelles nous ne pouvons que nous associer : nous irons plus loin même que ne le fit la docte Comnag-nie, en rejetant absolument, même à titre d'hypothèse, l'opinion de Sansas.

Jusqu'à nouvel ordre, il est donc permis de croire que c'est vers l'an 300 qu'il faut faire commencer l'épigraphie chrétienne de Bordeaux : c'est vers le même temps, en 314, que les textes écrits font mention, pour la première fois, de l'église chrétienne de Bordeaux.

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