DEDICACE DE BASILIQUE
Foi'tunat écrivit une pièce sur uue basilique dédiée à saint Martin 84ï par Leontius II, évêque de Bordeaux (cf. n° 849). On peut hésiter à penser que ces vers aient jamais été gravés ni même aient été destinés à former ime dédicace. Toutefois, M. Le Blant les ayant admis dans son recueil, il est utile de donner ici ce texte, précieux pour Thistoire de de notre ville.
De basilica s. Martini.
Qui cupit aeterna sociari in sede beatis,
Hos sibi participes per pia vota facit, '
Nec patitur differre diu quod oportet agendo,
Cum bona qitae dederit haec sua lucra putet. s Condidit ergo arvis delubra Leontius aima,
Talibus officiis intret ut ipse polos.
Martini meritis et nomine fulta coruscant,
Qiiem certum est terris signa dédisse poli, Qiii leprae maculas medicata per oscula purgans 10 Pacis ab amplexu morbida bella tulit.
Haec tamen ingénia sunt aedificata perito,
Qiio nihil egregiae gloria tandis eget.
Additur ad spécimen locus ipse quod eminet arvis
Elatoque juge colle tumente patet; 13 Altius educto sub se tenet oninia dorso.
Et qiiacumque petit, deliciosa videt.
A longe adreniens oculo vicinus habetur,
Jungitur aspectu dissociante loco.
Qiio fessus rapitur visu invitante viator : 50 Si pede defecerit, lumine tractus adit.
Qiiae Placidina sacris ornavit culmina velis,
Certantesque simul hic facit, illa colit.
Texte emprunté à l'édition de Léo (Berlin, 1881; Monuincnta Gcrnianiae, auctores antiquissimi, tome IV) et établi à l'aide de onze manuscrits.
mscR., T. ir. 2
847 Var. — 1^' vers: sociare dans les manuscrits A [Bibl, nat., latin 14144] et G [S' Gall,
196]; sociare se dans le ms. R. [Bibl. \a.tiC3.ne, Reginaa 329]. — 3": agendum, ms. C [Bibl. nat., lat. 8312]. — 9^: lyprae et porgans, ms. M. [Milan, Ambrosienae, C 74 sup.], — 10«: amplrxsu, ms. C. — 12=: nil, mss. M, R, F [Barberini, XIV 94], G et V [Vaticane, latin 552]. Tous les mss. donnent egregius; egregiae est une correction proposée en note par LEO. — 16«: vident, mss. M, R et F. — 17«: Brower, Luchi et Le Blant impriment a longe oeniens. — 20«: limine donné en correction par le ms. C. — 22«: certantque, ms. V; Brower, Luchi et Le Blant donnent atque sinml ccrtant. Bibl. — Ven.^ntii Fortunati Carmina. 1, 6.
Cf., sur cette pièce, Baronius, Annales, t. VII, p. 556 (avec les notes de Pagi, t. X, p. 252), à l'année 566; — Brower, éd. de Fortunat, p. 6 des notes; — Luchi, édition de Fortunat, réimpression de Migne, Patr. lat., t. LXXXVIII, c. 68; — Le Bl.vnt, n° 587, t. II, p. 380; — CiROT DE La Ville, //îs<. de Saint-Seurin,p. 105; — Longnon, Géographie de la Gaule, p. 546; — C-A-UDÉran, 5. Léonce, p. 173; — Braquehaye, 5oc. arc/;,., t. IX, p. 10.
La basilique élevée par Leontius II, évêque de Bordeaux, eu l'honneur de saint Martin, est sans doute la même que celle dont parle Grégoire de Tours, et qui se trouvait dans la ville ou dans ses environs immédiats. Grégoire raconte qu'un prêtre de Bordeaux nommé Lupus, atteint de la fièvre, alla prier le saint le jour de sa fête dans la basilique qui lui était consacrée, et que le saint le guérit miraculeusement (*).
Où était située cette basilique? Selon toutes les probabilités, comme l'ont dit MM. Cirot de La Ville et Braquehaye, elle n'est autre que celle que Guillaume VII donna en 1072 à l'abbaye de Maillczais et que la charte de donation désigne ainsi : BasiUcam sancti Martini, quac sita est in Meduadlio civitatis Buriigalensis ac heati Severini canonicac. Dans un acte de 1243, il est question du viens ou du lurgus Sancti Martini qui dépendait de l'église (^). Elle avait rang de prieuré au xiv^ siècle, et c'est sous le nom de prieuré ou de chapelle de « Saint- Martin du Mont-Judaïque» qu'elle est mentionnée jusqu'au dix-huitième siècle (cf. Baurein, II, p. 188, et Drouyn, Bordeaux vers H50, p. 349). Elle fut détruite en 1853 lors de l'étabUssement du réservoir Saint- Martin {Commission des monuments Mstorigues, 1853-1854, p. 50) ; mais
(•) Rapprochement bizarre! en se rendant à la basilique, Lupus rencontra un juif: or l'église de Saint- Martin se trouvait précisément sur la colline qui s'appela depuis le mont Juda'i^ue. Esl-ce Que dès loQtiijuiié les Juifs auraient été groupés dans ce quarlier? Lupus Bufûfgalcnsis urbis presbiter quoiam tempore graviter a quartano typo texaiatur, ita eut, accfdentt feire, n'que cibvm nequt potitm stunere posstt. Inttrea adcenit festiritxs sancti Martini anttstitis. At ilk, cekbratas cum relique clero vigilias, mane praeeeditomnes et adbasilicam sancti festinat. Dum autem properat, obvivm hafiiit Judatum, etc. (De virlutibits s. Martini, 3, 50, éd. lvRUSc:i.)
{'l La Curie, Histoire de l'abbaye de Mailletais, p. 23 et Î18; Archives historiques <fc la Oirondt, 1. 111, de la p. H a la p. 5j.