Cossio [Vasatos
Cossio ou Cossinm (cf. p. 171 et p. 172 les textes de Ptolémée et d'Ausone), chef-lieu des Basâtes, dont il prit le nom au m' siècle, n'a
(i, Cf. DE Valois, Notitia. p. 131 (Gassencuil); — Alteserua, Rer. Ajuit.. éd. dû 1777, p. 28 (Casseneuil) ; — Abgenton, ap. Société d'asriaiUure d'Age», I. VIII, p. 137 (Cusoull); — M\aEN, id., p. IW (Cassouil); — Bo\:do:< DzS\itiT\Mxs3, AntiQuités du dép. deLot.et-Oaroinie,p. 7* el s. (Caisseuil), ou so Irouvonl menlionnôes toutes les opinions anlérieures ; — B.\nRi;iiE, Hist. rclig. du âiocise d'Agen. t. 1, p. 165 (Cassenouil), etc.
BA.ZADAIS. ISl
livré ni ruines ni inscriptions importantes. La ville a dà cependant, 954-957 comme on peut en juger par le siège de 414 (cf. p. 173) renfermer une muraille d'importance, élevée sans doute, comme celle de Bordeaux, vei's l'an 300, et cette muraille, comme tous les remparts gallo-romains construits alors, a dû être bâtie à l'aide de débris de monuments, d'autels et de tombeaux. Muraille et débris ont disparu, et ce qu'où montre du rempart romain est insignifiant et suspect. « Rien de ce > qu'ont construit les Romains ne reste debout» (Drouyn, Gui. mil., II, p. 205). Bazas a dû également être une ville de premier ordre (voyez les textes cités p. 173), au moins jusque vers le milieu du v' siècle. De sa splendeur, il ne reste rien. On ne saurait imaginer dans toute la Gaule du sud-ouest un si complet effondrement du passé de toute une ville. Les antiquités de Bazas se réduisent à deux gTOUpes :
1. — Les débris cités (et défigurés) par le chroniqueur Dupuy qui écrivait à la fin du xvi^ siècle, et dont le Tituhs Vazatensiiim n'a cessé d'être pillé jusqu'à nos jours par les différents historiens de Bazas, O'Reilly et des Moulins. La bonne foi de Dupuy mérite confiance, sinon sa science.
2. — Puis viennent les monnaies mérovingiennes de Bazas, connues dans le xix° siècle. — Nous disons « mérovingiennes » seulement, car il est impossible d'attribuer à Cossio, comme on le faisait autrefois, les monnaies gauloises au nom de COSII {Eev. num., t. IV, 1839, p. 401).
Toutefois il est difficile de douter que l'avenir ne réserve à l'archéologie bazadaise d'étranges surprises. Le sous-sol de la ville, comme celui de Bordeaux, renferme un nombre infini de débris antiques. « On ne bâtit pas une maison », disait il y a trente ans M. Drouyn, et cela demeure entièrement vrai aujourd'hui, « sans trouver dans les fonda- » tiens des briques à rebords, des monnaies, des tessons de vases » {G^d. mil., II, p. 205). Que l'on surveille toutes les fouilles et on retrouvera peu à peu les traces de l'antique splendeur de Bazas.
Gruminito cos \???'] 954
Restituée hypothétiquemeat d'après le texte de Dcpuv. — Fragment d'iascription sur pierre trouvée à Bazas à la fln du xvi^ siècle. — Voici ce que racoate a ce sujet la Chronique de Ba^as de Dupuy [fln du xvi' siècle] :
In cinea urhi vicina conspiciuntur ruinae veéeris aedlficii, quas dun fodit vlncae
182 INSCIIIPTIONS ROMAINES DE BOIÎDEAUX.
î>54 doniinus, repcril defossum lapidein, in quo scripia Icgebantur noniina
consulum: ut GRVMINITI, sub cuj'us consulatu ceptuin fiierat acdificiuin illud, qucia quia translatus est Burdiijalani, in acdcs domini Raymundi, scnatoris Burdegalcnsis, vidcve aut salieni agnosccre non licuit. — Le monument fit partie du musée de Florimond de Raymond, rue du Temple; cf. t. I, n° 3, hist.
Bibl. — DuPOY, Titulus Va~alcnsiwn, p. 5 {Arch. hist., t. XV). — D'après lui: O'Reilly, Essai sur Ba~as, p. 2G; Ducoobxeal', Guienne historique, I, ii, p. 194.
Je ne donne cette insci-ijition quo par acquit de conscience.
55 La même Chronique de Bazas signale un sarcophage clirétien à
monogramme X, semblable à ceux de Bordeaux (p. 23) :
Dum nuper fodcrctur terra in cinieterio Bcatae Mariae de Mercadilh, rcpertum murmor candidissimuni in quo sculpta erant prima rclif/ionis christianac clenienta, quae a Constantino et reliquis iniperatoribus in Labaro pingebantur %^, longitudinis quinque peduni, latitudinis duoruni peduni.
Bibl. — Dui'UY, Titulus Vazatensium, p. 6 {Arcli. hist., t. XV). — D'après lui: O'Reilly, Essai sur Bazas, p. 26 [en ajoutant, comme se trouvant sous le monogramme, l'inscription SIGNO VIXCES, cf. nos Inscriptions fausses, W p.]; — des Moulins, Quelques faits {Bull. mon. de ISlG), p. 10 [imitant O'Reilly]; — Cibot, Histoire de Saint- Seurin, p. 157 et 198.
II devait y avoir là, aux abords de Notre-Dame-de-Mercadil, un cimetière chrétien à l'époque mérovingienne, analogue à ceux de Saint- Seurin et de Saint-André de Bordeaux (nos p. 19 et 33).
Un second cimetière de ce genre devait exister près de l'église Saint- Martial au faubourg de la Targue, oii « on a exhumé des sarcophages » qui paraissent appartenir aux premiers temps du christianisme » (Drouyn, Gui. mil., II, p. 205); cf. Ducourneau, t. I, ii« p., p. 194.
tîtVASATI W EIVE. I IV' >Î<BEREJVYNDY«1M
Tête très barbare à gauche. I Croix ancrée accostée de deux globules.
D'après l'original et un moulage (Cabinet des Médailles).
Var. — Je suppose que le dernier E ou C carré du droit a été mis par erreur par le graveur du coin au lieu et place d'un T.|
Bibl. — Chaudrug de Crazanxes, Revue numismatic/uej 1838, p. 250 et pi. IX, n° 2. 956
= CoNBRonsE, Monétaires mérooingicns (Monnaies nationales), pi. 47, n" 12; cf. Décaméron, p. 40, n" 835. = Loubens, Histoire de Gascogne, t. I, p. 65. — Inde, O'Reilly, Essai sur Ba^as, p. 25. = Caktier : 1» Rev. nuniism., t. V, p. 220, n" 137; 2° Tables, p. 207, n» 1139 et p. 214. = Guillemot, p. 36, u» 9a6. = Barthélémy, Manuel, p. 32, 11° 958. = Ponton d'Amécourt, Essai, p. 175, n° 1139. = Taillebois, Rochcrchcs sur la numismatique de la Nooenipopulanie (2« partie) (Bulletin de la Société de Borda), p. 28.
La monnaie yat-alemvndvs citée par M. Taillebois d'après Conbrouse n'est certainement pas de Bazas.
*YAW AT...
Tête à droite.
^ ^.MOH Hi 957
Croix ancrée sur deux degrés.
D'après ua moulage (Cabinet des Médailles).
Descr. — La légende est moins lisible que celle de la précédente mo:maie, mais le dessin est moins barbare.
Hure. 958
Avec ses belles mosaïques (par malheur si peu connues et si mal entretenues), avec ses innombrables débris de toute sorte, avec sa superbe position d'oppidum, Hure nous apparaît sur-le-champ comme une ville ou une station gallo-romaine de première importance et l'on ne s'étonne que d'une seule chose, c'est que l'endroit ait livré si peu de monuments gravés.
Faut-il la regarder, avec tous ceux qui ont jusqu'ici parlé de l'une et de l'autre localité, comme cet Usstilhtm, Vesiiihim ou UsuMum, que les Itinéraires mentionnent, après Gérons, sur la route de Bordeaux à Agen (à XX lieues, 45 kil. de Cérons, d'après l'Itinéraire Antonin, page 220 de l'édition Parthey et Pinder et la 2''aUe de Peiitinger: la distance réelle est environ de 32 kil., XXI milles romains, XIV lieues gauloises)? Il y a, pour le faire, une très lointaine analogie dans les noms, la présence de ruines importantes, le voisinage de la route romaine. Mais c'est tout. Il y a, contre cette attribution, les cliiffres donnés par les Itinéraires, malheureusement d'accord entre eux et diflficiles à concilier avec la position de Hure (cf. plus loin,
958 Voies romaines). Il y a bien rinscription au nom d' UssuMmn ; mais,
comme ou le verra plus loin, on ne peut en tirer le moindre argument. Cf. sur Hure . Jouannet, Statistiqve, I, p. 228 ; l'itulus Vazatensium, p. 12.
D'après l'original (collection de PuifTerrat).
Hauteur des lettres : 0,017. — Sur un fragment de brique épaisse de 0,03.
959 Squirs (viens?)
C'est l'ancien nom de La Rtlole. Voyez la charte de Gombaud (977):
.... Notum vero erat omnilus ibidem ex antiqiio monasterio institutionis Regidam Jlomisse et idcirco cum antiquitus idem locus dictus fuerit Squirs modérais temporihis Régula.... Donamus igitur.... Monasteriian nostnim vocaoulo Squirs qiiod fundatum est in pai'tihis Yasconie in j^ago Alîiardensi super ripam Garone J'mminis....
Gai EAN, Histoire de La R(ûle, y. 3lj.
Le plus ancien document relatif au monastère de La Réole est la bulle de 839 :
.... Ecclcsia... opud Vascones que dicitur Régula in Vasatensihns.
Cai-tulaire de la RMe {Archives hiito.iqties, 1. V, p. IbSL
Ce nom de Squirs parait fort ancien et d'origine gauloise. Voyez, sur les origines et les monuments de La Réole, Grivaud de La Vincelle, t. II, p. 98; Dupin, lYotice sur La Réole (1839, La Réole. in-8''), ji. 130 et s.; Lapouyade, Essai de statistique arcliéologi'pie, La Réole
(1846, Bordeaux, in-8'', extrait des Acies de l'Académie), p. 13; Bladé, 959 Notice sur la vicomte de Bezauma (1878, Bordeaux, iii-8°), p. 20.
Les documents du x° et du xi^ siècle nous fournissent un grand nombre de noms de localités aux environs de La Réole. Notons en particulier les noms de Mosa et Mosella que Cliarlemagne, selon Aimoin, aurait donnés aux ruisseaux qui se nomment aujourd'hui le Charros et le Pinpin (F^Ï« AUonis, § 20, Migne, t. CXXXIX, col. 409 ; cf. Bladé, Vicomte de Bezaume, p. 20 ; Archives Mstoriqiies, t. V).
cco
D'après le Courrier de Bordeaux. — Marque de potier.
Le Courrier do Bordeaux du 29 décembre 18-10, n" 1139, dit qu'on trouva à La Réole, au pied du coteau de « Castel-d'Aillard » [sic: il faut dire Castelgaillard, cf. le plau de Delaguette, 1757 : rien ne prouve que l'endroit se soit appelé castrum Atliardeiisej voyez le texte où il est question du pagus AlUardensis, à la page 184], un dépôt funéraire et dans ce dépôt « deux pat'eres, l'une d'argile fine rouge, recouverte d'un beau vernis, d'une forme élégante et portant la marque de fabrique CCO, estampée en relief.» DucouRNEAU, ea reproduisant cette note dans la Guiennc historique et monumentale, t. I, ii« p., p. 264, imprime par négligence CCD.
Voyez, sur cette marque, notre tome 1", page 512 et s., n°^ 490-493, et tome H, page 194,
Gironde. 96o
Le bourg de Gironde doit être aussi ancien et doit avoir la même origine que son voisin Casseuil ou Cassinogiliim (cf. p. 179) : il y a eu là, aux temps mérovingiens et carolingiens, une villa considérable, dont les ruines sont peut-être celles que l'on connaît sous le nom de « château des Quatre-Fils-Aymon », et qui était sans doute une dépendance de la célèbre villa impériale de Cassinogilum. Cette rive bazadaise de la Garonne, avec Squirs, Gironde, Casseuil, a dû traverser, du vil" au ix° siècle, une période unique de splendeur et de prospérité, tandis que la rive bordelaise, avec Sainte-Croix, Loupiac, Rions, plus célèbre du iv° au vi^, semble avoir été alors délaissée (cf. p. 146).
Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'on ait trouvé à Gironde une bague des temps mérovingiens, et, semble-t-il, de la fin du vii^ siècle.
INSOR., T. II. 24
960 <^ue ce soit, comme le veut M. Cli. Grellet-Balguerie, la bague de sainte Gulfetrude, abbesse de Nivelle et fille de l'usurpateur Grimoald, c'est ce que je me garderai bien d'affirmer ni même de supposer.
GvLFETRYD
D'après une empreinte communiquée par M. Ch. GnELLET-BALGrERiE (collection du baron J. Pichon).
Sur le chaton d'une bague en or « trouvée dans un tombeiu dans les ruines du sanctuaire de l'église de construction roniano-mérovingienne [sic] de Sainte- rétronille de Gironde » (communication de Ch. Guellet-Baloueuie).
Bibl. — Bal [Ch. Grellet-Balguei\ie1, Les deux églises, planche VI, n° 3 (dessin).
Lugassoii.
Je suppose que l'ancien nom de Lugasson a été Lugasso ou Lugaso comme Tiiriasso ou Turiaso (cf. t. I, p. 86). Le radical du nom rappelle la langue celtique ; la terminaison fait songer aux noms ibériques ou aquitaniques. — Quant aux ruines de Lugasson, elles sont toutes romaines : elles sont concentrées dans le quartier appelé aujourd'hui Ey murasses; voyez, là-dessus, Drouyn, Vanètcs girondines, I, p. 393-395.
Calqué sur l'original (collection Jullian).
Graffito tracé sur uue couche de mortier servant de revêtement a une brique épaisse
de 0,029. Le grafjpto a été fait avant que le mortier n'ait été séclié. Nous n'avons 961
qu'un fragment de la brique.
L'objet a été trouvé à l'endroit appelé Ey murasses et m'a été donné par M. Drouyn.
Of(ficina?f) Maxim{i ou îhî].
PujOlS. 962
Pujols n'a fourni d'autre antiquité qu'un sarcophage chrétien ; ce qui peut faire supposer, à la rigueur, qu'il provient d'ailleurs et que les seigneurs du lieu l'ont transporté du célèbre cimetière bordelais de Saint-Seurin (cf. p. 23). Je ne le crois pas cependant. Sur Pujols, voyez les excellentes Variétés girondines de Drouyn, t. II, p. 229 et s.
L'ég-lise de Pujols renferme un sarcophage des temps mérovingiens :
Descr. — Sur la face antérieure de la caisse, au centre, le X dans une couronne, sans A ni w; à gauche et à droite, des strigiles. — Strigiles sur les faces latérales. = Sur le couvercle, des imbrications.
Hist. — Ce sarcophage semble avoir toujours été à Pujols, d'abord dans la chapelle des seigneurs, puis dans l'église près de la porte de la chapelle, enfin près du chœur, où il est maintenant. — Il est attribué à tort au département de la Dordogne dans le Congrès archéologique de 1858. — Au temps de Jouannet, le couvercle, brisé, servait de marche dans le cimetière : il est maintenant en place.
BibL — JocANNET, statistique, t. II, i, p. 58. = Commission des monuments historiques, 1845-G, p. 12. — Inde, Dicf. d^épigraphie, t. I, col. 154. = Congrès archéologique de 1858 (Périgueux), p. 54 (dessin). = Cirot de La Ville, Histoire de Saint-Seurin, p. 157. = Drouyn : 1° Guienne militaire, I, p. 126; 2° Variétés girondines, t. II, p. 239 (dessin du même). =Le Blant, Sarcophages chrétiens, n° 106, p. 90.
La simplicité et la nature de l'ornementation, consistant uniquement en strigiles et en imbrications, permettent de regarder ce sarcophage comme un des plus anciens, peut-être même comme le plus ancien de la série girondine (cf. p. 25).