‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 58 sur 156 · ROUTE DE PÉRIGUEUX · texte numérisé non relu

ROUTE DE PÉRIGUEUX

<& Purbiqalo.

î^arutrbo.

■fbiii. Ê^orttratf.

m. Calaraïirio.

Talih âe Ptutinçer, segmcnl I. a. Cf. éJ. Desjariuns, i . 39.

Var. — Cainao siir les cuivres de 1598, 1682 et 1728. Scheyb lit C//////////0; Mannert, CRINACCO; Desjardins, CklJIjU'UkO. — La lecture, toute nouvelle, que nous donnons ici. et sans aucune réserve, nous est fournie par notre savant et obligeant ami R. von ScHNEiDKR, qui a bien voulu examiner pour nous le ms. de Vienne et nous écrire au sujet de ce mot : Das Wort ist schr vcrblasst. Was die Desjardin' sche Ausgaho hietet, ist mit Ausnahnie des crsten und Ictitcn Budistabcn (C und O) ^ienilich icillkiirlich. Das D findet sien nicht an corleUter, sondern an viert-letster Stelle. Zwar hiell ich diesc Buchstahen anfangs fiirB, denn ^wischen sciner Hasic und der Ellipse haésich tUckiscIter Weise cin dunkler Fleck ausf/ebreilet. Von der Sciic anyesehen hal er sich abcr voUkonimen dcuilich als D erwiesen. Zimschen ihm und O stehen noei Buchstaben, in tcelchen ich mit Sicherhcit R und I »« erkennen glaubc. Ebenso sicher ist C am Anfange, das nur etwas gr-ôsser als die ûbrigen Buchstaben ist, loie auch in den Worten CiinTEHATE, Casinomago, etc. Die vier folgenden Buchstaben «« bestimmen, ist schr schwierig. Zicischen dein vermeintlichen L und deni ndchsten Buchstaben ist ein ungcioôhnlich breiter Zwischenrawn. Nach langer Beschàftigung mit der fraglichen Stelle hielt ich Calandrio oder CALONonio fur das wahrscheinlichste •» . — Dans une nouvelle lettre, M. von Schneider compléta ainsi sa lecture : Wie fest ich auch letithin in dem vicrtletzten Buchstaben ein D ^u erkennen vermeinte, so ûbcn^ettgte ich mich gestern doch, dass er cin B sei. Ich kehre demnach .sur urspriinglirhen Lesung zurûck. Ein klciner Fleck gibt dem Buchstaben nicht, icic ich sagte, das Ausschen eines B, sondern vielmehr umgekehrt, das eines D. Der Buchstaba vor demselbcn ist ein M. Einmal darauf aufmerksam gemacht ist es unmôglich, rfasM ju cerkennen. Ailes andre verhàlt sich so, wie ich sagte. Der crste Buchstabe ist C, jcdcnfalls kcin S. Somit ergibt sich die Lesung Calambrio, nicht Calandrio î/nrf Calendriû.

De Burdigala à Varatedo : distance omise.

Varatedo paraît être Vayres {Variae au xin* siècle) sur la rive gauche de laDordog-ue. De Vayres à Bordeaux, il y a au moins 20 kilomètres,

IX lieues; de Vayres à Contras, 22 kilomètres, X lieues: par suite, la distance de Bordeaux à Contras est bien d'au moins XIX lieues. Or la Table indique XVIII lieues de Vayres à Coutras, et omet la distance entre Bordeaux et Vayres : on peut donc supposer, ce qu'a fait d'Anville le premier, que le chiifre de XVIII que porte la Table est la distance entre Bordeaux et Coutras et la réunion des deux distances : VIII (Bordeaux- Vayres : inférieure de I lieue à la distance réelle) + X (Vayres-Coutras). M. Drouyn croit reconnaître la voie romaine au sud de Saint-Sulpice dans un chemin appelé autrefois « La Caussade » :

Elle « suivait à peu près le tracé de l'ancien chemin de Bordeaux à Libourne, qui travereait les paroisses de Montussan, Beychac, Caillau, où l'on trouve une portion de ce chemin portant le nom de La Caussade (Archives du château de Vayres), l'extrémité sud de la paroisse de Saint-Sulpice, où il y avait en 1368 et 1378 une localité portant aussi le même nom (Archives d'Anglades, collection de M. J. Delpit). Cette voie traversuit la Dordogne à Saint-Pardon, près de Vayres, où elle se bifurquait pour passer dans le bourg de Vayres, dans les paroisses d'Arveyres et de Cadarsac, où elle porte le nom de chemin de La Rvgue» (Drooyn, Entre-dcux-Mers).

Bibl. — D'Anville, p. C74 (Vayres). = Soui'frain, Essai sur la ville de Libourne, t. I, p. 43. = Walckenaer, t. 111, p. 98, donne pour Varatedo « passage de la rivière au port d'Ison ». = Jouannet, Statistique, I, p. 225 (Vayres), et II, n, p. 432. = Lapie, p. 233 (Vayres). = Drouyn : l" Guienne militaire, t. II, p. 429; 2° L'Entre-deux-Mers, dans les Actes de l'Académie, 1870, p. 329; 3° Soc. arch., t. II, p. 27. = Desjardins, Table dePeutinger, p. 39. = Longnon, p. 32 (Saint-Vincent-de-Paul).

II— m

De Varatedo à Corteratis: XVIII lieues [XXVII milles, 40kil.]. De Corteratis à Calambrio: XIX lieues [XXVIII milles j', 42 kil.].

Corteratis (cf. , sur cette terminaison -atis, p. 167) est sans aucun doute Coutras {Cortrac, Corterac dans les documents du xiv siècle). Coutras étant à 22 kilomètres, X lieues gauloises, de Vayres, il faut ne pas tenir compte du chiffre de la Table (cf. p. 224).

Une question intéressante est celle de savoir si la route suivait la rive gauche ou la rive droite de l'Isle. Jouannet pense que, franchissant la Dordogne à Vayres, elle demeurait constamment sur ces hauteurs qui bordent la rive droite de l'Isle, où l'on parle encore, dit-il, d'un « chemin de Charlemagne ». Elle passerait près de Froyiciacus (p. 158) et franchirait la Dronne en face de Coutras. Nous croyons comme lui qu'il

INSCH., T. H. 29

y a eu en effet une route romaine sur ces hauteurs, mais il nous semble impossible, étant données les habitudes des ingénieurs romains, qu'il n'y ait pas eu une grande voie, toute directe, par la rive gauche, laquelle aurait franchi la Dordogne à Saint-Pardon (cf. p. 225) et l'Isle àFronsac et passerait par Saint-Denis de Piles (p. 166). Il peut se faire que cette voie ait été, comme la voie riveraine de la Garonne (p. 205), abandonnée au m" siècle et remplacée par une route plus sûre, suivant les hauteurs de la rive droite, route qu'a dû plus tard utiliser Charlemagne.

Jouannet (Siaiistique, II, ii, p. 432) dit en parlant des ruines romaines rencontrées en face de Coutras, de l'autre côté de la Dronne : « On » cite même une borne romaine trouvée près de là». Personne n'en a jamais rien su.

Quant à la station dont M. von Schneider vient de retrouver le nom, Calamhrio, elle désigne évidemment l'endroit oîi la route franchit le Salembre, affluent de la rive droite de l'Islc : il ne me paraît point douteux que le nom français ne vienne du nom latin.

Bibl. — D'Anville, p. 197. = Jouannet : 1" Musée d'Aquitaine, t. III, p. 16; 2" Statistique, l, p. 225; II, II, p. 432. = Guinodie, Histoire de Libourne, III, p. 159, 287 et 310. = Fellonneau, Histoire de Coutras, p. 3. = Walckenaer, t. III, p. 98 (place C.nnaco îi S. -Vincent de Conozat). = Lapie, p. 235 (place C.nacco à Neuvic). = DESJAnoiNS, Table de Pcutingcr, p. 39 (place Ca...nauni vers Neuvic). = Longnon, Atlas historique, texte, p. 27 (place Cunnacum au passage du Salembre).

6" ROUTE DE SAINTES ET DES GAULES [De Aqiiitania in Gallias].

A Biirdigala.

Blaiito Tatnnuni Novioregum

mpm XVIIII mpm X VI mpm XII

Mediolanum Santonum mpm X V

Itinéraire Antonin, p. -lôS, éd. Wesseling ; p. 219, èJ. Partuey et Pindeh.

Var. — 2® ligne : 2 mss. portent BlanutOj xm Blauito : il faut évidemment corriger enBlavio.

ml Samnû.

ml '^éïohm ^ ^muat;

Taile de Peutin^er, segment I, a et p. 38, éd. Desjardins.

Var. — A la 3« ligne, il faut, je suppose, corriger LainnU en Taninum.

De BurdigalaàBlavia :XÎX1. [XXVIÎÎ m. |,42kil.], d'après l'Itinéraire. » » ÏX » [XIII m. ^20kil.], d'après la Table.

Blcmtum, que donne l'Itinéraire, est sans aucun doute pour Blavium ou mieux Blavia, Blaye (cf. plus haut, p. 161). De Bordeaux à Blaye par Saint-André et Bourg-, on compte 45 kilomètres. La distance donnée par l'Itinéraire Antonin est la seule qui se puisse accepter : il est permis de rectifier celle de la l'àbJe de Peutinger en lisant XIX au lieu de IX.

On peut conclure du chiffre de 42 kilomètres donné par l'Itinéraire que la voie romaine, étant plus courte que la route actuelle, passait en deçà de celle-ci vers l'ouest, évitant le coude que cette dernière fait à Saint-André. Ce que confirment les observations faites par Jouannet et par M. Drouyn, qui ont reconnu, au temps où ils étaient encore entièrement visibles, les restes très intéressants et très bien conservés de la voie dans le « Chemin de la Vie » {via : le nom est d'ailleurs signi-

ficatif) à travers les marais de Montfcrraiid, depuis le village de la Crope (ou la Gorpe dans les plus anciennes cartes) dans la commune d'Ambarès. La route traverserait la Dordog-ne, d'après Jouannet, au pont de la Peyre (pont de Pierre sur la carte du Conseil général, rive gauche) :

La Carte de la Guyenne de de Belleyme, n" 20, et la carte de Cassini marquent co <i Chemin de la Vie » jusqu'au « Pout de la Peyre >•.

«(Cet alignement nous est fourni par une portion de la voie romaine subsistant encore, sur une longueur d'environ 1,000 t., dans les marais de Montfcrraud; elle y est connue sous le nom de chemin de la Vie (Via). Ce chemin nous conduit au pont de la Peyre, rive gauche de la Dordogne » (Jouannet).

Voici la description détaillée que Drouyn donna en 18ij1-G2 du Chemin de la Vie {Arch. hist.,Ul, p. 477; voyez la planche qui accompagne l'article et due il l'habile crayon de notre collègue) :

« Lorsqu'on a fait, récemment, une nouvelle route sur l'emplacement de l'ancienne voie, depuis La Crope jusqu'au village de Terray-d'Aillabeau, les travaux modernes ont suivi exactement le tracé de l'ancienne voie, et l'ont simplement recouvert de mac-adam : arrivé sur le bord du marais, l'ingénieur moderne a jugé à propos de suivre une autre ligne, mais elle longe la vieille route, et se sert même d'un morceau de sa largeur dans presque tout son parcours. Cette circonstance empêche de mesurer la largeur de l'ancienne voie, qui paraît avoir été de 8 à 10 mètres.

>• Des fossés ont été creusés de chaque côté du chemin, et des canaux d'écoulement ont été pratiqués perpendiculairement aux premiers. Ainsi, le fossé longitudinal de l'est et les fossés d'écoulement du même côté ont coupé en long et en large la voie romaine, ce qui permet de voir que, sur un banc très épais de tourbe, qui forme le sol du marais, les Romains avaient enfoncé, de distance en distance, des pilotis de chêne sur lesquels ils avaient couché, perpendiculairement à la voie, des troncs de chêne brut de moyenne grosseur (15 à 20 centimètres de diamètre); que, sur cette espèce de plancher, ils avaient étendu une couche de gravier, épaisse au milieu d'un mt'tre environ, ainsi que l'indiquent les n"^ 1 et 5 du dessin ci-joint, et dont l'épaisseur diminue insensiblement jusqu'aux bords où elle est à peu près nulle.

)■ On trouve quelques variétés dans l'ensemblo de la couslruction. Ainsi, dans certains endroits, il y a deux couches superposées de troncs d'arbres {n"^ 2 et 3); ailleurs, ils sont couchés dans le même sens (n° 3); là, une couche est perpendiculaire à l'autre (n" 2) ; enfin, au point où la voie entre dans les marais, près du village de Terray-d'Aillabeau, on s'était contenté d'enfoncer les pilotis assez rapprochés les uns des autres et de remplir les intervalles avec du gravier qui s'appuie directement sui' le sol (n" 4).

>• Les pilotis sont assez rares, irrégulièrement placés, et pourraient même n'avoir été employés que pour indiquer le niveau du plancher».

Il paraît probable qu'au delà de la Dordogne la route de Blaye suivait de très près le fleuve et desservait concurremment à lui les villas célèbres du bas-empire dont nous avons déjà si souvent parlé, Burgus (cf. p. 158), Gaviriacus (p. 160) et Blacciacus (p. 1(54). C'est

cette route que le poète Ausone mentionne ainsi dans sa lettre à Paulus (cf. p. 208; Epistoïae, 10, 15-16) :

.... Itérât arum qua glarea trita vianim Fert milttarem ad Blaviam.

Glarea, c'est, dit avec raison Bergier, Histoire des grands chemins de l'empire romain (1728, in-4°), p. 132, « un ramas de petits cailloux, tant » entiers que rompus, et autres pierrailles qui se voyent encore jusques » aujourd'huy en la surface et plus haute couche des Grands Chemins » de la Gaule. » Cette route de Bordeaux à Blaye et de là à Poitiers est véritablement la grande voie historique du Sud-Ouest pendant le moyen âge, avant la réorganisation carolingienne (cf. p. 211). C'est par là que les Francs sont arrivés dans leurs deux invasions ; c'est par là que la légende fait passer Charlemagne à son retour d'Espagne, lorsqu'il va déposer à Blaye le corps de son neveu (cf. p. 163; voyez la Chanson de Roland, vers 3684 et 3689 et Gaston Paris dans la Revue critiqy.e de 1869, t. II, n° 37, p. 175).

Bibl. — Cf., sur cette portion de la route : d'Anville, p. 165 (il corrige le XIX de l'Itinéraire en XVII); = Bounic.NON, Recherches topographiques sur les antiquités de la Province de Saintongo (Saintes, in-4'', an IX), p. 288; = Jouannet, Statistique, t. l^ p. 221; = DucouRNEAU, Guyenne monumentale, introduction, p. 43; = Lagurie, Notice sur le pays des Santones (Saintes, in-8°, 1851), p. 24; = Drouyn : 1" Arcli. hist., t. III, p. 477; 2» L'Enfre-deux-Mers dans les Actes de l'Académie, 1870, p. 329; = Desjardins, Table de Pcutingcr, p. 38; = Bellemer, Histoire de Blaye, p. 7.

II — m

De Blavia à Tamnum: XVI lieues [XXÏV m.,35kii.i],d'aprèsrîtinéraire. 971

» » : XXII » [XXXIIIm.,48kil.], d'après la Table.

DeTamnumàNovioregum: XIII. [XVÎII m. , 26 kil. |], d'après l'It in ér aire. De » àSantones: XIIIl. [XIX m. f 29 kil.], d'après la Table.

DeNovioregum àSantones: XV l.[XXIIm.i- 33 kil.J, d'après l'Itinéraire.

Oii est l'ammim'i II n'y a dans le Sud-Ouest aucune localité dont le nom corresponde à Tamnum. On est donc réduit à s'aider, pour le retrouver, uniquement des données des Itinéraires. Faut-il le chercher sur une ligne directe de Blaye à Saintes ? ou faut-il admettre que la route faisait un détour à droite ou à gauche ?

971 De Blaye à Saintes par Tamnum et Novioregum l'Itinéraire compte

XLIII lieues, 94 kilomètres. De Blaye à Saintes par Tamnum seulement la Table compte XXXV lieues, 77 kilomètres, distance qui est à peu près celle de la grande route actuelle. Eien n'empêche donc de placer Tamnum sur la droite voie de Blaye à Saintes.

Mais ici se présente une nouvelle difficulté. De Blaye à Tamnum, l'Itinéraire donne XVI, la Table, XXII lieues? Quel est le chiffre qu'on doit accepter? Il semble que ce doive être celui de la Table, car, si l'on acceptait celui de l'Itinéraire, inférieur de VI lieues, la distance totale entre Blaye et Saintes, diminuée d'autant et réduite à XXIX lieues, serait beaucoup trop faible.

Je chercherai donc Tamnum à XXII lieues, 49 kilomètres environ de Blaye, sur la route directe de cette ville à Saintes, entre Saint-Genis et Pons dans la Charente-Inférieure.

Pour Novioregum, on peut accepter, mais jusqu'à nouvel ordre, Royan (nom qui a pu venir de Novioregum par l'intermédiaire de Regianum) et supposer que la route indiquée par l'Itinéraire faisait un crochet pour desservir cette ville.

Cette voie passait à Saint-Ciers-la-Lande (c'était d'ailleurs sa direction naturelle), comme le montre la borne milliaire suivante trouvée près de cette localité :

TRAIANVS-DIV///

NERVAE-FIL-CAE/// AVG•GER^AÎ3CVS•P0N/// MAXIM VS • TR 11- POT-/////

D'après l'original {Dépôt du Colisée) [la borne est trop défigurée et les lettres trop peu visibles pour qu'il ait été possible d'en faire prendre une bonne photographie].

Var. — XXVI chez Léo.n Renier. 971

Descr. — Hauteur des lettres : 2" 1. : 0,09; 3" 1. : 0,07; 4° et 5" 1. : 0,06; 6" 1. ; 0,12. — L'inscription est fort endommagée et presque effacée par endroits.

Borne cylindrique en pierre; le sommet manque et a été sans doute enlevé a dessein : le reste a été scié dans le sens de la longueur et la moitié subsistante a été creusée pour servir de sarcophage (on trouva à côté des débris d'ossements qui ne laissaient aucun doute sur l'usage auquel elle avait servi); « c'est le sort qu'ont eu, dans diverses parties de la France, un' grand nombre de bornes milliaires (Renies) ». — Hauteur: 2,12; diamètre ; 0,60.

Hist. — Trouvée en janvier 1855 près de Saint-Ciers-la-Lande et transportée plus tard au Musée de Bordeaux (Musée des Facultés; au Dépôt du Colisée depuis 1883).

Bibl. — D'après une communication de de La Grange, Renier, Bulletin du Comité, t. Il, 1853-55, p. 649 et p. 675. — Inde, Revue archéologique, t. XII, 1855-6, p. 312. = Allmer, Revue épigraphiqne, t. I, p. 182.

Imp(erator) Nerva Trajanus,div[i] Nervae fil(ius),Cae[s(ar)] Augfustus) Germanicus, pon[t(ifex)] maximus, tri\b(iin%tia)] pot(estate), [co(n)sful] H (?)] . — XXVII.

La borne semble bien avoir été dressée la première année du règne de Trajan, en 98 (voyez Wilmanns, t. I, p. 302, et t. II, p. 509).

Cette borne porte XXVII comme chiffre de distance : on doit croire que ce sont des milles (40 kilomètres et demi), car on comptait encore par milles en Gaule, et non par lieues^ au temps de Trajan, l'empereur auquel est due cette borne et aussi sans doute la réfection, sinon la construction de cette route.

La distance marquée, XXVII milles, ne peut convenir à aucune des stations de la route de Saintes à Bordeaux : Bordeaux est trop loin (environ XL milles), Saintes de même (XL milles), Blaye trop près (XII à XIII), Tamnum de même (XX milles). J'avoue que la distance conviendrait à Bordeaux ou à Saintes, villes situées également à une soixantaine de kilomètres, à XXVII lieues de Saint-Ciers, si, au lieu de milles nous avions des lieues; c'est ce qu'admet Léon Eenier et ce que j'acceptai d'abord d'après lui (*). Mais il ne semble pas que l'on ait compté en lieues avant Septime Sévère. On pourrait croire que le chiflfre a été corrigé sur la borne quand les lieues ont été substituées aux milles, par exemple XXXX ou XXXVIIII en XXVII, mais la pierre n'indique pas la moindre trace de correction. Reste à supposer qu'il

('; Cf. ma note, Rôvus épijraphi'iue, II, p. 28, oii il faut substituer partout liaues i milles et milles à lieues.

97 1 s'agit d'une route venant de Novioregum (Royan), ou encore que la borne milliaire a été déplacée : de fait, elle a servi de sarcophage et nous ne savons pas exactement le point où elle a été trouvée, encore moins celui où on la dressa jadis.

Bibl. — Voyez, sur cette portion de la voie : d'Anville. p. C30 {Tamnum à Talmont); = BouBiGNON, Antiquités de Saintongc, p. 290 (place Tamnum à Talmont et NooiorcQum à Toulon); = Walckenaeh, t. III, p. 97 (qui place Noviorer/um à Royan et distingue le Tamnum de la Table, '•.< Talmont, à la vieille ville », de celui de l'Itinéraire, * Valeyrat ou le banc vis-à-vis S. Romans »); = Jouannet, Statistique, I, p. 222 (il accepte l'orthograplie Lamnum pour la Table, le place à Barzan, et le distingue du Tamnum de l'Itinéraire qu'il met à Saint-Ciers-du-Taillon): = Lapie, p. 138 et 232 {Tamnum à Talmont; Novioregum à Saujon); := Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. I, p. 59 (place Tamnum à Talmont, canton de Coze, et Novioregum « sur le coteau de Saint-Romain de Benêt près du village deTouloni.); = LACUHiE, Noh'ce sur /c/jo^s des Saniones, p. 'i2-2i{pla,ce Novioregum àlaVieille Ville, entre Talmont et Barsan, et Tamnum au village de Fonclair);^ Blondier et Bertrand, Bu//, de la Soc. des Antiquaires de France, 1866, p. 134-135 (Blondier distingue, comme Jouannet, Tamnum, * rivière du Taillon dans le voisinage de Saiut-Romain-de- Beaumont», et Lamnum, « la Laigne entre Mosnae et Fiéac »; il place Novioregum li Paint-Georges-de-Didonne; Bertrand n'admet qu'un seul Tamnum, croit que le copiste de la Table a omis par mégarde Novioregum, qu'il met à Royan); ^= Longnon, Atlas historique, texte, p. 31 (place au contraire des autres Novioregum à l'est, « a 1 kil. N. E. d'Antignac», et Tamnum, « à 2 kil. N.-E. de Mérignac », sans doute sur la route de Blaye à Angoulême par Cartelègue, cf. p. 237); = Desjardiks, Table de Peutinger, p. 38 (Talmont).

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