RE CL.VVDIMVR MISERI AMANTES
QVl ET VNDE PROFECTI QVANDO HIC MEVS NON VOLT FAXO SCIERITIS. MIHI AFRICA HVIC ROMA PATRIA, CVIVS IN AMO- REM INLECTA VRENTYR [O SI NON FVISSEJX] UVM IVVENEM ROMAM CVII YICTORE EXERCITV SEQVOR REDEVNTEM TEM- PESTATE ACTI S.-E Y A I N P I R AT AS INCIDIMYSHEI MISELLE VAE- NIMYS AMBO NEGOTIATORI QYOIDAM : EGO GALLO QVI ME NO- VIOMAGVM TRANSTYLIT : HIC NAVCLERO LVSITANO REMEX VT FVAT : QVO MINISTERIO ! AH SCELVS! VNDECIM ANNOS APVD HOS ILLOSQVE FVNCTYS DYM PER MANYS [CEDO LVCI, SICCINE est] DYM INQYAM PER MANYS TRADITVS MVLTIS IN OBSEQYIVM
CEDIT MISERRIME RYPTYSDEMYM NOCTE CONCVBIA AS-
SVLA CLAM EXIT IN LITTVS : TANTISPER PER SALTVS ET SYLVAS LIBER DONEC YAGVM IN YIA LATRONES CAPIYNT : A QVEIS POST DIVTIN.'E LATROCINALIS SERVITVTIS LABORES EXANTHLA- TOS HERI ilEI FILIO YEH DISTRAHITYR PER QRAM DALMATI.E FORTE TYNC NAYIGANTI. El FILIO CONIYX A PATRE DESTI- NABAR. QYOI REYERSO IPSA [YT FIT] OCCYRRENS BASIOLVM iMPRESSYRA : atat! LYCIOLYM MEYM PONE CYM SARCINVLîS SEQYENTEM INTYEOR, H.-EREO C0GITABYNDA SICVBI HOMO- NEM NORAM [eRAT ENIM YYLTV SQYALIDO CONTRACTOQVE MACIE] 0 DILECTAM MI QYONDAM FACIEM! MINIMO MINYS IN HVMVM l-î:titia CONCIDI EXANIMIS. ATQVI retinere la- BENTEM FESTINANS CORCVLYM INFIT MEYM. PAPE! QY,ï MO- MENTO TYNC ADMIRATI0 OMNIBVS! IYSSA AB HERO CVNCTA RETEXO ORDINE ANNORYM NOSTRORYM. EVAX, 0 PLAYDITE. MISERETYR HERYS. ET MEYM LYCIOLYM VOLT PATREM MI FAMILIAS DARIER. NYPTIIS DICTVS ESTDIES. ADYORTITE. DYM ACCYMBITYR, PYER E PROXYMA YICINIA ARYNDINE [QVA IN AD lACENTIS HORTVLI ARBORE CONSIDENTEM AVEM INDIPI- SCERETYR] PER FENESTRAM INTRORSYM ARCY AD ACTA MA- LE DESTINATO ICTY[pROH DOLOR] MIHIESTMISELLO HYIC [e- HODYM LYCI ADESTO NARRANTi] LACRYM.-E VERRA SORBIL- LANT] NOBIS IN ALTERIVS CONSPECTY VTROQYE CONVIYANTI VITAM PECTORIBYS TRANSFIXIS AVFERT.
Hoc PYTO ME YOBIS SARDICA VOLEBAT PARIER. ABITE.
D'après le texte imprimé par Boissard, reproduction d'une copie envoyée par
COLADOX.
IV Var. — Le texte imprimé par de Lurbe, le seul que nous possédions avec celui de
Coladon, donne l'inscription eu caractères minuscules et sans distinction de lignes. Voici sur quels points le texte de de Lurbe, éd. de 1589, diffère de la copie précédente :
— Eu tête, il ajoute D. M. — 2« I.: HVC— 4«: CLAVDVNTVR. — 7" : ILLECTA VREN- TER OH. — i}': MISELLAE. — 10«: ME omis. — ll-^: TRANSFERT et LVSITANICO. — 13e et 14": après FVNCTVS : CEDO LVCI ADESTO : DVM PER MANVS. - 15« 1. : DEMVM NOCTE VINCVLIS ASSVLA. — 17«: ARRIPIVNT au lieu de CAPIVNT. — IS": DIVTIM et EXANTLATOS. — 20«: TVNC FORTE, et: CONIVNX A PATRE HERO DESTINABAR.
— -n": ITA VT FIT. — 22« : LVCIVM MEVM. — 23«: SICVTI HVMONEM. — 24«: SCAL- LIDO CONTRACTAQVE. — 25": AGNOSCO après MACIE. — 25c et 20^: MINVS LAETI- TLA IN HVMVM. — 26': ATQVE. — 27^: LADANTEM. Après MEVM : VIVIN'. PAPAE. — 29" : TEXO ORDINE AMORVM NOSTRORVM OH PLAVDITE. — 30« : VOLT MlHI PATREM. — 32«: PROXIMA. —33": ARBORES et INDISPICERETVR. — 34': ADACTO.
— 35« : MIHI ET MISELLO. — 3G«: LACHRYMAE. — 37": VTRIQVE. — 39»: MEÂ VOBIS.
— 406; ABITE omis par de Lurbe.
Hist. et bibl. — L'inscription de Soulac est mentionnée pour la première fois par ViXET en lûSO, Connu, in Ausonium, s. 208 E; Vinet en parle, mais sans en donner le texte et sans se faire la moindre illusion sur son authenticité : Quod circumfertur Lucij et Sardicac vctus, ut infcribitw, Epiiaphium Solaci rcpertum. Nouionuuji istius mentionein halcns, hoc nuper à quodam effictum fait, et in viilgus emissitm. Ce qui n'empêche pas de Lurbe de la donner comme peut-être authentique en 1589 (Chronicon, éd. de 1589, p. 3 V; éd. de 1594, p. 5 v»; éd. de 1619, p. 4 y°; éd. de 1672 et de 1703, p. 2 r°) : Circumfertur cetits Epitaphium, paucis ante annis, ut dicitur, Solaci rcpertuni. Sitne ccruni an fictitium non liquct : quia tanien antiquiiatcni rcdolct, et Nooiomagi meminit, insérera libuit: « Il j' a ja long temps qu'on a fait courir certain epitaphe trouué, comme on dict, audict Soulac, et de tant qu'il ressent l'antiquité Romaine, et qu'il faict mention de Nouiomag-us, i'ay estimé deuoir cstre mis en mesmes termes qu'il a esté trouué, comme ne pouuant auoir le langage François si bonne grâce. » — D'après de Lurbe: Siscebcs, p. 19 (1316), p. 373 (1627); Chroniques historiques [Tillet], p. 11.
BuissARD la donna en 1598 d'après une copie envoyée par Clacde Coladon de Bourges (quod inihi communicatuni est olini à doctissimo ciro Claudio Coladonio Biluricensi) ; il la regarde comme authentique et trouvée à Soulac [Solignac?] dans le Limousin (superioribus annis incentum est in Gallia ad Soliaciim oppidum LemouicensiuniJ (Aniiquitatuni Romanarum pars IJII, p. 48). — Gruter reproduit le texte de Boissard, p. XV, 8 (parmi les spuria ac supposititia), en reconnaissant la fausseté de l'inscription.
— De Beacmesn'il [ms. de Chasteiurner] a connu l'inscription par Boissard et la reproduit en lui donnant un beau cadre et eu fixant les dimensions du monument :
«liauteur... 3 pieds 5 poulces 8 lignes longueur.. 1 pied 10 poulces 2 lignes épaisseur. . 1 pied 9 poulces. >
De Beaumesnil complétait ainsi après tieux siècles l'œuvre de l'aimable faussaire qui imagina cette inscription; cf., sur cet homme, ici, p. 254.
L'inscription, qui a pu n'être jamais gravée, et dont la copie seule semble avoir circulé, est le produit fantaisiste d'un érudit bordelais du XVI* siècle. Elle a dû être composée peu avant 1580, puisqu'à cette date,
Viuet, qui en connaissait sans doute l'auteur, écrit qu'elle Tenait d'être |Y fabriquée, miper. Il serait intéressant de savoir à qui elle est due, et, si on pouvait refaire son histoire, ce serait un chapitre fort curieux de la Eenaissance à Bordeaux. Mais il est aussi diflBcile de retrouver l'érudit qui la composa que l'auteur des épitaphes de Montaigne. Peut-être cette inscription et l'épitaphe latine sont-elles de la même main : c'est la même facture archaïque, la même prétention, le même mouvement de la phrase. Ces deux morceaux sont à cet égard si semblables qu'il importe de les mettre à côté l'un de l'autre. Voici l'épitaphe latine de Slontaigne (tombeau de Montaigne, au Palais des Facultés):
MiCHAELI • MONTANO ■ PETROCORENSI • PETRI • F ■ GRIMVND- DIX-REMVNDI-PRON- EQVITI- TORQVATG- CIVI • ROMANO • CIVITATIS • BITVRIGVM- VIVISCORVM-EXMAIORI-VIRO-AD ■ NATVR^ • G LORIAM- NATO • QVOIVS • MORVil • SVAVITVDO ■ INGENU • ACVJIEN- EXTEM MPORALIS ■ FACVNDIA • ET IXCOMPARABILE ■ IVDICIVM • SVPRA • HVMANAM • SORTEJI • ^STIMATA ■ SVNT • QVI • AJIICOS ■ VSVS • REGES ■ MAXVMOS • ET ■ TERRvE ■ GALLLE- PRIMORES • VIROS • IPSOS • ETIAM • SEQVIORVM • PARTIVM • PR^ESTITES • TAMENETSI • PATIUARVM • IPSE • LEGVM • ET • SACRORVM • AVITORVM • RETINENTI- SSIMVS ■ SINE • QVOIVSQVAM • OFFENSA • SINE • PALPO • AVT • PIPVLO • VNIVERSIS- POPVLATIM • GRATVS • VTQVE • ANTIDHAC • SEMPER • ADVORSVS • OMNIS • DOLO- RVM • MINACIAS • MOENITAM • SAPIENTIAM • LABRIS • ET ■ LIBRIS • PROFESSVS ■ ITA- IN • PROCINCTV • FATI • CVM • MORBO • PERTINACITER • INIMICO • DIVTIM • VA- LIDISSVilE • CONLVCTATVS • TANDEM • DICTA • FACTIS • EX.€;QVAND0 • POLCR^- VIT.E ■ POLCRAM ■ PAVSAM • CVJI • DEO • VOLENTE • FECIT
On sait que Lapaume {Le toralraii, de Micliel Montaigne, Rennes, in-S", 1859) attribue l'inscription à Emmanuel du Mirail et M. Dezeimeris (Recherches sur Vaiiteur des éfifaphes de Montaigne, Paris, in-8°, 1861), à Jean de Saint -Martin. — Il suiEt de parcourir les Inscrijptiones faïsae du Corjnis pour reconnaître que ces fantaisies archaïques ont été à la mode chez tous les érudits du xv° et du xvi" siècle et qu'elles se ressemblent toutes infiniment. Voyez notamment t. VI, V^ partie, n" 5, les inscriptions empruntées à Y Hyfnerotomachia (1477), recueil italien fort célèbre en son temps et qui semble avoir été le point de départ de cette fabrication de pastiches épigraphiques.