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C'est une des habitudes de la bonne épigraphie latine de ne point donner aux lignes d'une même inscription une égale hauteur ou une égale largeur : en cela les Eomains avaient une préoccupation artistique que les lapicides grecs ont moins souvent connue. En règle générale les lignes vont en diminuant de hauteur, parfois aussi de
(*) Comparez la disposilion de l'inscription n» )7i, où les letlres d'un même mol sont placée» les unes sous les autres.
460 INSClîIPTIONS ROMAINES DE BORDEAUX.
largeur : nos belles dédicaces et quelques épitaphes mouumeutales se conforment à ces traditions (n»^ 1, 7, 24, 30, 66, 72, 86, 93, 115, 276, etc.). Un usage assez répandu, même dans les textes d'une assez bonne allure, est d'augmenter à la fois la hauteur de la première et de la dernière ligne, comme pour encadrer le reste de l'inscription (n°^ 4, 111, 126). Il est à remarquer que l'inscription présente parfois comme une reprise de lignes hautes au milieu du texte, reprise correspondant d'ordinaire à la présence d'une formule nouvelle dans la rédaction (cf. 11° 274). Mais le plus souvent les lignes ont ici la même hauteur et la même longueur, ou leurs .dimensions varient d'une façon arbitraire.
Les mots sont assez souvent accotés l'un à l'autre sans intervalles et sans points. Toutefois l'usage des points est aussi répandu que possible sur nos inscriptions et peut donner lieu aux diiférentes remarques suivantes.
La ponctuation (les latins disaient interjmngere, interpunctio) est de règle après les mots abrégés, à moins qu'ils ne terminent une Hgne (p. ex. voyez \\°' 19, 20, 23, 29, 109, 117, etc.) : la forme normale pour Diis 3Ianibîis doit être d.m et non d.m. ou dm. — Il va sans dire que cette règle souffre, dans ce volume, un nombre infini d'exceptions, et que l'on trouve aussi souvent d.m. ou dm que d.m, forme classique.
Les points se placent également entre les mots pour les distinguer et les séparer, et c'est surtout ainsi qu'ils se trouvent employés sur nos inscriptions, quoiqu'il ne soit pas rare de rencontrer des inscriptions entières, et bien gravées, sans un seul point (n°' 57, 62, 150, 178, etc.). Il semble qu'il fût d'usage, en bonne paléographie, de ne point mettre de point après les conjonctions ou les prépositions, comme ex, de ou et (n»' 7, 30, 43, 44, 68, 76, 89, 90, 115, 120, 122, etc.) : il ne paraît pas en effet que sur ces textes, bons pour la plupart et suffisamment pourvus de points, l'absence de signe de ponctuation après et ou ex soit l'effet du hasard.
Le point est presque toujours à sa place normale, le milieu de la hauteur de la ligne. Il est extrêmement rare de le trouver au bas (n''^ 14, 45), ou en haut (n°^ 180, 181, 209, 222). Nous avons déjà dit pourquoi on le mettait quelquefois au mifieu des lettres (p. 416).
LA PALEOGRAPHIE.
Contrairement à toute règle, il arrive que le lapicide place des points à la fin des lignes, qu'elles se terminent par des mots abrégés (n" 1, etc.) ou non (n"' 227, 324, etc.). d. si. est aussi fréquent que D.M, la forme normale. Maffei (Ars critica, p. 212) regardait les points placés à la fin des lignes comme des indices d'inscriptions fausses : il eût condamné un bon tiers de nos inscriptions bordelaises. Souvent du reste ce point final sert à compléter la ligne et à donner à l'inscriptioii un aspect plus plein (n°' 111, 252).
Plus étrangement placés encore, certains points coupent les syllabes ou les lettres d'un mot ou même d'un chiffre (') :
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