L-CILAE-:IVNONI Q 4 IÉTAE : N SACRVM y ITALIS : L
IOVI’/AVG ARVLA/DONAVII S,S MARIIALIS :EVM ÏJÉMPLO’ET-OSTIS
D'après l'original (Dépôt d'antiques J.-J. Bel, n° 17) [voyez planche II].
Var. — La barre placée sur l'O de la 1r° |. ne peut être un apex; c'est sans doute un coup donné à faux par le lapicide. — A la 39 1., JOUANXNET lie ensemble V et M, ce que font, après lui et sans doute d'après lui, DUCOURNEAU et O’REILLY. — A la 49 ]., JOUANNET (Acad., pl. II, n° 25) lit OSTICS; Saxsas, OSTI.S; DUCOURNEAU, OSTI-S; O’REILLY, OSTI S; ARBELLOT, . EMPLO.ET.OSTI.. — Quant aux aptces de cette dernière ligne, oubliés jusqu'ici, le second seul me paraît certain : le premier pourrait tout aussi bien être une cassure de la pierre.
Descr. — Hauteur des lettres : 1re 1., 0,062; 2°, 0.037 et 0,015; 3°, 023 et 0,032; 4°, 0,040 et 0,048. — Caractères réguliers, assez profondément gravés, et paraissant du commencement du premier siècle : O, C, G parfaitement ronds, et avec point au centre; la barre des T ne rejoignant pas la haste; la barre des A formée par un trait parallèle à la branche gauche. — ALLMER considère les lettres comme « de forme archaïque » : c'était aussi l'avis de JOUANNET (Acad.): « La forme des caractères nous parait appartenir aux premiers temps »; et de SANSAS (Acad.): «Ce monument... doit remonter au commen- .-cement du 1*r siècle, d'après la forme des lettres et le style de l'inscription ». — C’est sans contredit la plus ancienne inscription trouvée à Bordeaux.
Autel quadrangulaire sans ornement, en calcaire de la Charente-Inférieure, Au temps de JOUANNET, l'autel était encore intact, sauf le couronnement, et l'inscription était, dit-il (Acad., p. 121), « répétée dans les mêmes termes sur les deux grandes faces du monument »; ce que confirme SANSAs (Aquit.): «Petit autel portant une inscription pareille sur deux faces opposées ». Depuis, — Sansas écrivait en 1870, — la pierre a été fort inutilement encastrée dans le mur de la salle du Dépôt: on ne voit plus que l'inscription d'une des deux faces, et je me demande si l'autre face n’a pas été scice et supprimée [28 février 1885]. — Hauteur: 0,55 (0,62 d'après la Slatistique); largeur : 0,32; épaisseur (d’après Jouannet) : 0,23.
Hist. — JouANNET nous apprend, à la date de 1832, que la pierre a été trouvée « récemment [en 1832, d'après la Stalistique] dans les fondations de l’ancienne tour de Gassies, sur la ligne orientale de l'enceinte » [elle s'élevait à peu près au milieu (côté sud, à la hauteur du n° 6) de la rue de la Tour de Gassies, cf, Drouyn, Bordeaux vers 1450, p. 105]. — Le procès-verbal de la séance publique de l’Académie du 5 juillet 1832, p. 47, nous dit au contraire que l'autel a été trouvé dans la maison de M. JANNESSE, « près de l’ancienne tour de Gassies », et que le propriétaire en a fait don au musée de la Ville. Si ce dernier renseignement est plus exact, ce que nous croyons, c'est dans les fondements de la maison n° 5, maison bâtie au-dessus du mur romain, qu'a été trouvé l'autel de Jupiter : là existait en effet une maison appartenant aux Jannesse. — Aujourd’hui au Dépôt J.-J, Bel, n° 17, encastré dans le mur de droite.
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BibL — JouANNET : lv Académie, 1832, p. 121, et pl. II, n° 25; 2 Statistique, ], p. 237. — DUCOURNEAU, Guyenne, t. Il, mn p., p. 14. — O'REILLY, Histoire, Ir p., I, p. 632. — ARBELLOT, Bulletin monumental, XXVII, p. 660. — Sansas : 10 L’Ascia, p. 3 (Académie, Actes, 1866, p. 411); 2° Revue d'Aquitaine, XIV® année, n. 8., t. I, p. 602. — ALLMER, Rcouc épigraphique, n° 353, I, p. 321.
Jovi Aug(usto)."Arula(m) donavit s(umptibus) s(uis) Marlialis, cum templo et ostis.
S. S. peut aussi s'interpréter par Sextus suivi d'un gentilicium comme Servilius, Sextilius. — Sumpiibus suis ou sumplu suo, comme pecuntia sua où peculio suo, est une mention destinée à distinguer les monuments élevés aux frais des particuliers de ceux qui ont été construits par la Ville, pecunia publica. — Nous ne citons que pour mémoire l’explication de Jouannet et de Sansas : sanctus (ou sacer où summus) sacerdos.
Martialis a fait don à Jupiter auguste :
1° D'une arula. C'est le petit autel sur lequel est gravée l'inscription. Arula, diminutif d'ara, est rarement employé ou par les écrivains ou dans les inscriptions, et semble archaïque; cf. Cicéron, De signis, 3, 5; Macrobe, 3, 11; Corpus, V, 6000 a; VIII, 2601, 2602, 6945. — L'omission de l’= est très fréquente à l'accusatif dans les inscriptions, et je ne pense pas qu'elle soit un signe ni d’archaïsme ni de basse latinité. Corssen (Aussprache, 2° éd., I, p. 271) dit à ce sujet : « Même à la belle époque de la littérature romaine, # n'était qu’un son bien effacé.…, comme le montrent les inscriptions murales griffonnées ou barbouillées à la hâte où se répandait l'esprit du peuple de Pompéi ». Cf. l'Zndez grammaticus des volumes du Corpus.
2 D'un templum. Templum désignait à l'origine un emplacement consacré; plus tard, le mot s'appliqua au monument élevé sur cet emplacement, quelles qu'en fussent les dimensions. Ici il ne peut s'agir que d'un tout petit édifice, servant seulement à abriter l'autel et le sacrificateur, d'un sacellum. On peut rappeler à ce sujet le vers d'Ovide (Fasti, 1, 275):
Ara mihi posita est parvo conjuncta sacello.
3° De victimes, hostiae. Il s'agit ici des victimes immolées le jour de
la dédicace de l'autel, c’est-à-dire le jour où le vœu s’accomplit. On
sait que la victime préférée de Jupiter était un jeune taureau blanc, juvencus niveus. — La chute de l’4 au commencement des mots est un
fait aussi fréquent que celle de l'# à la fin. Là encore, il n'y a pas de périodes à distinguer. « Déjà, sous la république, 4 devant les voyelles, au commencement d'un certain nombre de mots, se prononçait si faiblement, qu'on ne l'écrivait plus. Puis, sous l'empire, cet affaiblissement de l'aspiration s étendit peu à peu à un plus grand nombre de mots » (Antoine, Manuel d'orthographe, p. 29).
artialis est un des trente surnoms latins les plus répandus dans l'empire. Il semble avoir été un des premiers adoptés en Gaule. On le trouve dans l'inscription celto-romaine d’Alise (de Belloguet, Glossatire, p. 281). | |
Jupiter est, avec Mercure, le dieu le plus adoré en Gaule : on a souvent fait remarquer, et avec raison, que les Gaulois adoraient, sous ce nom, moins la divinité romaine du Capitole, qu'une de leurs divinités nationales. M. Héron de Villefosse a noté (Rev. arch., janv. 1881) que les représentations qui accompagnaient la dédicace 1ovr AvGvsTo figuraient le plus souvent un personnage nu, tenant à la main une roue de quatre à dix rayons; si la figure du dieu a été omise, la roue est toujours sculptée sur l'autel : nous voilà bien loin du Jupiter de Rome! L'opinion générale est que les Gaulois adoraient, sous le nom de Jupiter, leur dieu national Zaranus ou Zaranis, lequel n'est d'ailleurs connu que par un vers insignifiant de Lucain (1,446): Zaranis [var. Tharanus, Taramis] scythicae non mitior ara Dianae. Les Gaulois ont imité César, identifiant, le premier, Jupiter et Taranis (De bello gallico, 6, 17, 2). Taranis serait, selon Zeuss (p. 81), le même mot que le gallois taran, tonnerre. La roue qui accompagne les représentations de Jupiter est interprétée par M. Mowat (Bullelin épigraphique, 1, p. 57), comme «le symbole caractéristique du chariot de voyage, et, par suite, le symbole du voyage lui-même », dont Jupiter, dieu du tonnerre, est « le régulateur souverain ». Voyez un article de M. Gaidoz sur /e Dieu gaulois du soleil dans la Revue archéologique de 1884, dont les conclusions sont un peu différentes.
Quant à l'épithète d'augustus, elle est donnée à tous les dieux sans exception. Mais il faut remarquer, à ce sujet : 1° que les inscriptions antérieures à l'empereur Auguste ne la mentionnent pas; 2 que Jupiter, Mercure, ou les autres grands dieux la reçoivent bien plus rarement que les divinités secondaires, et, en particulier, que les génies locaux, ou les vertus divinisées, ou les déesses comme Victoria,
Salus, Fortuna; 3 enfin, que nulle part cette épithète n'est plus répandue que dans la Gaule; partout ailleurs, surtout dans les dédicaces à Jupiter, elle est l'exception: or, la Gaule est le pays par excellence des divinités topiques; 4° par conséquent, que cette épithète semble s'adresser principalement à des divinités indigènes, adorées sous des noms romains, comme Taranis, devenu Jupiter augustus. |
« L'établissement de l'empire », fait justement remarquer M. Léon Renier (Acad. des insc. [comptes-rendus de 1872], p. 410), « est l’époque »où l'administration romaine prend le plus d'extension; elle veut > s'appliquer à tout, et la matière la plus difficile à réglementer était > la religion. Il y avait peu de difficulté pour la Grèce, car les divinités » grecques, étant depuis longtemps assimilées aux divinités romaines, >» trouvaient leur place marquée dans le panthéon romain. Il n’en était » pas de même des autres provinces. Quel rang donner à leurs divi- » ntés? On en fit des dieux Lares, des dieux protecteurs des popula- »tions de la contrée. Le nom d’Augustus avait été donné aux dieux » Lares (Zaribus Augustis, c'est le terme constamment employé)... »[l fut donné de même à ces divinités locales qui leur, étaient > assimilées. »
ESCIN GV£ BASSIaF IOVI:AVGVS PRO:F-E-WRN V/S L:M
D'après l'original (Dépôt d'antiques du Colisée). Var. — Sansas lisait ainsi les trois lignes du milieu :
Le Progrès, III, p. 499 : Revue d'Aquitaine, XIV® an., p. 603 BASSINI F BASSIN. F.
IOVI AVG IOVI.AVGUS.
PRO.P.F.VRB PRO.PF.VRB
Il interprétait : pro p(erpetua) f(elicitate) urb(is). — 11 ne peut y avoir de doute que Pour cette 4e 1, que je lisais tout d’abord PRO. F.E. VRB, lecture justifiée : 1° parce que
la barre du T dans ET liés n’a point laissé de traces visibles ; 2° parce que la ligne de cassure de la pierre après VRI semble suivre les panses d’un B; 3° parce que les barres de l'E dans VE liés sont obliques à l'alignement des lettres de l'inscription, alignement qui est toujours respecté dans les lettres liées de nos monuments. — Après avoir longtemps hésité, j'ai fini par adopter cette lecture, qui m'a été indiquée et conseillée par mon cher maitre ALLMER.
Descr. — Hauteur des lettres : 0,057 et 0,047. — Caractères allongés et irréguliers; le crochet inférieur du G incliné sur la panse; faute de place, le lapicide a resserré et étréci les lettres de la fin des lignes.
Autel en pierre bâtarde, à base et corniche; l'entablement est surmonté de deux volutes : entre les deux, la cavité circulaire destinée à recevoir le sang des victimes, qui s’écoulait par un canal dont on voit la trace sur la face postérieure du monument. Pas d'ornements sur les faces. La base manque, et le monument est tres délabré.— Hauteur du fragment : 0,60 ; largeur du dé : 0,30. — Voyez le dessin qui en a été donné dans le Progrès, III, pl. 1, 5, et dû, dit Sansas, « au bienveillant concours d’un artiste de mérite, M. BERNÈDE, peintre d’histoire ».
Hist. — Trouvé, nous dit SANsAs, en juillet ou en août 1865, dans la muraille romuine, entre la place Rohan et la rue Duffour-Dubergier [le long de la cathédrale]; déposé à l'hôtel Fieffé; en 1870 (sous le n° 7) au Musée de la rue des Facultés; en 1883, au Dépôt du Colisée.
Bibl. — Saxsas: 1° Le Progrès, III, p. 499, et pl. 1, 5 (réimpr. Soc. arch. de Bord. V, p. 179); 2° Revue d'Aquitaine, XIVe année, n. 8., t. I, p. 603.
Escingus, Bassi fli(lius)], Jovi Augus(to), pro filio) elt] vern(a). V{otum) s(olvit) l{(ibens) mierito).
Escinqus (cf. Æscingos dans le Bulletin épigraphique, I, p. 302), est un nom d'origine celtique : on le trouve, le plus souvent, sous la forme Excingus, s et x n'étant, dit Zeuss (Gramm. celtica, 2° 6d., p. 47), que « deux degrés différents de l'aspiration dans l'ancienne langue gauloise ». Ce nom a formé les dérivés Zscinga et Ercinga (ECKETTAI au datif, dans une inscription gauloise gravée en caractères grecs, Bull. ép., 1, p. 194), Excingilla et Excingillus, rscENGoLATIS (au nominatif? Statist. des B.-du-Rhône, I], p. 402, inscr. corrigée d'après ma copie), ECKITTOPEIZ KOÏNAIAAE]OC (inscr. gauloise qui existait, dit Séguier, ms. 16930, f 1453, 2n vinea hacredum Matthaci medici ultra Turren Magnam Nemausensem ; cf. Germer-Durand, Bull. &p., I. c.), Excingomarus, et, comme nom de lieu, Ærcingomagus.
Bassus doit être considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme un nom romain; cf. les dérivés PBassinus, Bassillus, Bassilla, Bassianus.
On interprète en général pro fo et les formules analogues comme s'il y avait pro salute filu, etc.