‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 14 sur 263 · ANTINOVS.EX . VOTO . FECIT · texte numérisé non relu

ANTINOVS.EX . VOTO . FECIT

AC.1I0. OPT. MAX. D.D.*

Eiusdemque saxo stellulam eo modo perspicuè incisam obsercare est, idque in eum forlassis finem ab antiquarijs reique Romanæ perilis postmodüm factum coniecerim ol intelligeretur hunc esse Antinoum qui in delitiys & amoribus Hadriano Cæsari fuerit; quemque immutatu in stellam, quæ tunc apparuisset, idem Hadrianus & credidit & ab alijs serid credi voluit. — Pontanus vit l'inscription à Bordeaux vers 1604, SINCERUS en 1612, in oiridibus Remondi, loco Musis amato. On ne sait ce qu’elle est devenue depuis.

Bibl. — DE LuRBE, Discours, éd. de 1595, p. 69; éd. de 1619, p. 64 v° (copiée par SÉGUIER, Index antiquarum inscriptionum [ms. 16933], f 255); éd. de 1672 et 1703, p. 46 vo. — D'après lui, VENUTI, Dissertations, p. 3. — D'après Venuti, DUCOURNEAU, Guyenne, I, me p., p. 16. O’REILLY, Histoire, 1re p., 1, p. 631. — E VERDERIL schedis [copiées sur de Lurbe?], GRUTER, p. XIV, 15. — PONTANUS, Llinerarium, p. 100. — SINCE- RUS, Appendix, éd. de 1616, p. 40; éd. de 1627, p. 391. — D’après lui, JOUANXNET : 1° Académie, 1832, p. 123, n. 1; 2° Statistique, 1, p. 237. — (D’après tous ses prédéces- Seurs, SÉGUIER, /ndex absolutissimus [ms. 16934], f° 58). — Dans un dessin conservé pat M. Delpit, LACOUR a reproduit cette inscription, en lui donnant un cadre supposé.

Antinous ex voto fecit ac Jolvi] opt(imo) max(imo) d(e)d(icavit).

D'après une remarque faite par M. Mommsen (Corpus, VIII, p. 1105), il faut traduire l’abréviation D. p. par dedicavit, lorsqu'elle est précédée

de la mention FEcIT ou posviT; dans le cas contraire, par dono dedit, donum dedit.

L'inscription est-elle vraie? De Lurbe, Pontanus et Sincerus l'ont vue, et l’on doit se fier entièrement à leur bonne foi. Mais elle était placée, dans le musée de FI. de Raymond, trop près d'une inscription (n° 28) où l’on croyait lire le nom d'Hadrien, pour qu'on n'ait pas lieu de s'étonner de cette coïncidence. De Lurbe ne manque pas de dire : «Il est à presumer que c’est [sic] Antinous soit ce beau mignon de l'Empereur Adrian». Bien entendu, il ne peut s'agir dans notre inscription, comme l'a fait déjà remarquer Venuti, que d'un autre Antinous : mais ce surnom était très rare dans l'empire, ainsi qu'on peut s’en rendre compte en parcourant les tables du Corpus, où on ne le trouve guère plus d’une demi-douzaine de fois. Enfin la conjonction ac apparaît fort peu en épigraphie. — Ce qui cependant nous ferait accepter cette inscription, c'est, avec le témoignage de de Lurbe, la remarque de Pontanus, qui fut un meilleur épigraphiste, et qui distingua fort bien entre les lettres de l'inscription, qu'il jugeait authentiques, et l'étoile, ajoutée après coup par un amateur érudit.

Optimus mazximus sont les épithètes traditionnelles du Jupiter capitolin. Elles caractérisent la divinité nationale du peuple romain : elles en indiquent les attributs officiels. Selon Preller (1, p. 206), « oplimus ne signifiait certainement, à l'origine, que le premier des dieux en puissance et en dignité; marimus, au contraire, désigne la majestas dans le sens politique du mot, la plénitude de la puissance et de la grandeur ». Au temps de Cicéron (De natura deorum, 2, 25, 64) on expliquait différemment ces épithètes : « Jupiter.…, a majoribus nostris dicitur oplimus mazimus, el quidem ante optimus, 14 est beneficentissimus, quam mazimus, quia marus est cerleque gratius prodesse omnibus quam opes magnas habere ».

Il est assez rare que le nom du Dieu auquel on élève un autel soit placé, comme ici, après celui du donateur. £'x voto fecit ac dedicavit est une formule fréquente. Æacere, c’est élever, sur un emplacement consacré, un temple ou un autel, dedicare, c'est remettre le temple au représentant de Jupiter, à son prêtre, c'est, par suite, l’assigner au culte de cette divinité, le lui dédier. A la suite de la dedicatio, faite par la personne qui a promis le temple, votif, ou par ses représentants ou ses héritiers, a lieu la consecratio, acte religieux que ne peut accomplir

que le prêtre du dieu; cf. van Dale, De consecrationibus Ethnicis (à la suite de son De oraculis veterum Ethnicorum, 1700, in-4°, p. 624); Marquardt, Siaatscermaltung, III, p. 259 et s.

Je: O M BOI-ERVS-vVN AGI-F-EX-EST PON:IVSSIT- MTV GENVS:TMTV TO:F:CVRAVER

D'après l'original (Dépôt d'antiques du Colisée).

Var. — A la 2° 1., TETRVS dans SANsas et CREULY (voyez les lectures de ce dernier mentionnées Dict. arch. de la Gaule, I, p. 173 et 209; Reco. arch., n. 8., XIX, p. 98; Rec. celt., III, p. 308). RoBERT a le premier lu TERTIVS, qui est certain; —3e1., VNACI dans Sansas; dans la copie imprimée par Le Progrès, MATVCENVS est une faute d’impression, comme le montre la traduction donnée par Sansas ; — 4 ]., on a lu jusqu'ici PON; — 6° 1., on a lu jusqu'ici TO.

Descr. — Hauteur des lettres : 1r° ]., 0,055; 22, 0,042 et 0,038; 39 etc., 0,042; dernière, 0,04. — Caractères réguliers, un peu allongés et grêles. — O et M, de la première ligne, écartés pour faire place aux lettres liées de la seconde : cette première ligne semble donc avoir été gravée après coup.

Autel quadrangulaire dont la base a été enlevée et la corniche à demi brisée. Pierre bâtarde, Sur la face de gauche, un vase à sacrifices. — Hauteur du dé : 0,62; largeur, 0,45. — ROBERT a publié deux fac-simile du monument dans les mémoires de la Soc. arch. de Bordeaux: 19 t. IV, pl. xxvut; 20 t. VIII, p. 41.

Hist. — Sansas nous apprend, dans Le Progrès, que la pierre a été trouvée en 1868, lors des fouilles faites pour la construction de la voie du Peugue, aujourd’hui cours d'Alsace-et-Lorraine, dans les fondements de la maison Béchade, rue des Trois-Canards. La rue des Trois-Canards correspondait à la partie du cours comprise entre la rue Sainte-Catherine et la rue Porte-Basse, et suivait la ligne méridionale du mur romain; la maison Béchade portait le n° 8 de cette rue; elle a été enlevée par l'élargissement de la voie, et son emplacement correspondait à la partie du trottoir du cours actuel d'Alsaceet-Lorraine comprise devant le n° 99. — Transportée au commencement de 1870 (cf. Revo. d’Aquit., XIV, p. 599) au Musée lapidaire (sous le n° 5) de la rue des Facultés, elle est depuis 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Saxsas: 1° Le Progrès, VI (1868), p. 584 ; 2° Reoue d’Aquilaine, XIV® année, D, 8.,t. I, p. 602. — D'après la copie de CREULY, Dictionnaire archéologique de la Gaule, I, p. 173. — RoBerr, Société archéologique de Bord.: 1° t. IV, p.200 et pl. xxvin; 2 t. VIII, p. 41. — D'après la copie communiquée par Robert, DESJARDINS, Gaule romaine, II, p. 374. — BLADÉ, Epigraphic antique de la Gascogne, n° 139.

J(ovi) O(ptimo) M{(aximo). Boifcus?) Tertius, Unagi f(ilius), ex test(amento) poni jussit : Matugenus et Matutio fil) curaver(unt).

Les lettres Bor ont donné lieu à trois interprétations différentes :

Sansas expliquait Boius, et semblait voir dans ce nom le gentilice du premier personnage.

Le général Creuly (Revo. arch., n. s., XIX, p. 98; Rev. celtique, IT, p. 161, au mot Bot), M. Allmer ct, d'après lui, M. Bladé pensent qu'il faut lire ZBoë(i), « les Boiens » : Boï serait un nominatif pluriel, indiquant le peuple auquel appartenaient Zerfius et ses deux fils. À ce titre, M. Bladé a donné place à cette inscription parmi celles qui concernent la civcitas Boatium ou Boiorum (le pays de Buch, près d'Arcachon).

M. Robert, suivi par M. Desjardins, regarde Bor, qu'il lit Boio ou Boiorum, comme l’épithète topique du Jupiter adoré par Z'ertius, «le Jupiter des Boiens ». S

L'idée de Sansas, qui était la plus simple, me paraît aussi la plus juste : Bot est l’abréviation d'un gentilice. On sait que, dans la Gaule surtout, les noms de famille s’abrègent souvent sur les inscriptions. Seulement, au lieu de ZBoëus, qui n'existe que comme surnom, nous préfèrerions ÆBoionius, ou mieux encore Boicus, gentilice d'origine celtique (Corpus, V, 433) et dont la terminaison icus se retrouve dans un certain nombre de noms de famille gallo-romains : cf., parmi ceux qui sont cités dans le Corpus, V, p. 44, Veronicus (n° 461), formé comme £Zoicus d'un nom géographique; cf. encore, si du moins l'inscription est exactement donnée, le Bifhinicus de Gruter, DCLXXIIL, 3.

Unagus est remarquable par sa terminaison, que l'on retrouve dans les noms Comagus, Coinagus. Creuly écrivait L'aagius : mais l'inscription du musée de Milan dédiée Comago, Demincacvi jilio, montre que la terminaison de cette classe de mots est us et non 2us (Corpus, V, 5340). C'est du reste un nom à physionomie celtique, comme les deux autres, Matutio et Malugenus : je rapprocherai le radical #atu-, de ces derniers, non pas de celui des noms de Matutus et Matutinus, qui paraissent latins d'origine, mais de celui des noms, que l'on rencontre

dans les inscriptions des pays celtiques, de Matua, Matuus, Matucus

(d'où vient sans doute le gentilice Aatucius ou Hatuccius), Matugius, Matumarus. On trouve encore Aatugentus (Corpus, III, 4962 a),

Matugena, Matugenia. — La lecture Matutio est certaine, quoique la forme Aatuto ne présente rien d'irrégulier: cf. Bito et Bitio (Corpus, V, 6913 et 4924), Maro et Mario, Zeno et Zenio, etc.

Nous ferons remarquer encore que la dédicace à Jupiter a été inscrite, sur la pierre, après que l'on a eu gravé le nom de ceux qui ont fait élever l'autel; il faut rapprocher ce détail du fait que nous avons noté plus haut (n° 6): on distinguait nettement la construction du monument de sa remise à une divinité : j'ecit ac dedicavit. Peut-être est-ce au moment de la dedicatio de cet autel que l'on a gravé sur la pierre le nom du dieu auquel on le consacrait.

1 Ly 7 $ LIVIA # DIVOGEN

PONI # IVSSIT

XCLS HwcC

D'après l'original (Dépôt d’antiques du Colisée).

Var. — 3° 1.: XCL. H. C. dans SAnsAs, X dans ROBERT.

Descr. — Hauteur des lettres : 0,050 et 0,075. — Caractères réguliers, gros, légèrement aplatis et renflés.

Bloc de pierre dure qui a été retaillé. — Hauteur, 0,655; largeur, 0,80, — Fac-simile publié par ROBERT.

Hist. — Saxsas écrit dans le n° du 15 mai 1870 de la Revue d'Aquitaine: « Cette pierre a été trouvée [sans doute dans le courant de 1869} sous le sol de la rue du Pas- Saint-Georges, dans la substruction de la muraille du quatrième siècle »: comme la ligne du mur romain suit le côté nord du cours d’Alsace-et-Lorraine, c'est dans la partie de la rue du Pas-Saint-Georges (n°5 65 et 80) comprise entre le cours et la rue du Loup que l'inscription a été trouvée. Elle était en 1870 dans le Musée (sous le n° 8) de la rue des Facultés. Depuis 1883, au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Sansas, Revue d'Aquitaine, XIVe année, n. 8., t. I, p. 601. — ROBERT, Bulletin épigraphique de la Gaule, 1, p. 150.

I(oviy ofptimo) m(aximo). Livia Divogen[a] pont jussit denariis centum quinquaginta, dupondiis centum.

Sansas interprétait et traduisait la dernière ligne : « dix mille cent cinquante sesterces ». — M. Robert y lit à la fin: A(eres) c(uravit). —

Les en To ES En

Denariis et dupondiis sont à l'ablatif: « au prix de 150 deniers et de 100 dupondii » ; cf. Madvig, Gramm. lat., $S 259.

L'abréviation X, qu'on ne retrouve, à ma connaissance, que dans la lex metalli Vipascensis (Eph. epigr., III, p.167, I, lignes 11, 13, 15, 17,45, 51; II, 3, 8, 34, 37, 43), est celle du mot denarius, denier ; la forme ordinaire est X (X complètement barré). L'origine de cette abréviation est dans la valeur primitive du denier, qui était de 10 as : même lorsqu'il fut porté à 16 as (l'ancienne valeur du denier ne fut conservée que pour le paiement de la solde), il continua à être indiqué par le signe numérique X. — Quant à H, et, bien plus fréquemment, H, c'est l'abréviation du dupondius, qui vaut 2 as. — Dans l’un et l’autre signe, la barre horizontale qui coupe X et 11 est simplement destinée à indiquer qu'il s'agit d’une valeur monétaire, d’une somme d'argent. Le métrologue Volusius Maecianus, Distributio, 45, dit à ce sujet: Denartus, cujus est nola X; quinarius, cujus est nota N [le quinarius vaut 5 as]; sestertius, cujus nota est HS [le sesterce vaut 2 as 1, et est indiqué par 11 (duo asses) + S (abréviation de semis, À)].

Le dupondius était une petite pièce formée d'un alliage de cuivre et

de zinc (aurichalcum), pesant : once (13 gr. ?), et valant à peu près, sous l'empire, un demi-sesterce. Le denier était une pièce d'argent dont le poids et l’alliage ont subi, sous l'empire, de nombreuses variations : sous Néron, il pesait à peu près ? d’once (3 gr. 41). La valeur officielle en était alors de 4 sesterces. — Cf. Marquardt, Sfuatsveriwvaltung, II (2° éd.), p. 13 et 29.

La somme léguée par Livia pour élever un monument à Jupiter se montait donc à 650 sesterces, à environ 140 francs, si on évalue le sesterce (valeur absolue) à O0 fr. 21.

C'était assez l'usage d'indiquer, sur les monuments élevés au nom d'une personne défunte, le chiffre des sommes qu'elle avait inscrites à cet effet dans son testament. Nous retrouvons cet usage dans l'inscription du préteur c. IVL. SECVNDVS; Cf. ce que nous disons à ce sujet.

Livius est un gentilicium romain. Les celtisants pensent que ce mot peut être aussi d'origine gauloise : «Livius, PLINIUS, nomina gallica Îtaliae superioris », dit Zeuss (p. 20), qui rapproche Livius du gallois LLIW, « color, Splendor » (p. 57). | :

Divogena appartient au même groupe de mots que Divixtos (cf. n° 2). La terminaison genus, gena, qui indique en tout cas la descendance,

est une terminaison latine : mais elle peut être aussi gauloise. On a même prétendu que genus est le même mot que le gaulois KNOC, placé à la fin de certains noms propres dans les inscriptions celtiques, et signifiant «fils de »; cf. de Belloguet, Glossaire, p. 366.

D'autres monuments relatifs au culte de Jupiter ont été trouvés à

Bordeaux : au seizième siècle, au coin S.-0. de la rue Porte-Dijeaux

et de la rue du Temple, une « Idole et statuë de Jupiter, d'environ quatre pieds de haut, ayant à costé l'aigle rompuë, dont les pates paroissent encore, et le foudre en la main gauche» (cf. n° 16; de Lurbe, Discours, éd. de 1595, p. 68; Sincerus, éd. de 1616, p. 38); — en juin 1804, dans les fondements de la maison n° 7 de la rue Guillaume-Brochon, une base avec bas-reliefs représentant trois aventures de la vie de Jupiter (Dépôt J.-J. Bel, n° 31: Millin, Voyage, IV, p. 644 et pl. zxxvur, n° 1; Bulletin polymathique, ‘IV, p. 42; Musée d'Aquitaine, Il, p. 169; Académie, 1829, p. 179), —en 1848, rue Combes, un bronze représentant Jupiter (collection Dubois : Soc. arch. de Bord., IT, p. 53 et pl. xvu, n° 8); — en 1865, entre la place Rohan et la rue Duffour-Dubergier, un bas-relief figurant l'aigle et d'autres attributs de Jupiter (2ép6t du Colisée, ancien n° 9 du Musée des Facultés : Ze Progrès, IIX, p. 590; Soc. arck., VI, p. 43), etc. — Sur

le prétendu temple de Jupiter du mont Judaïque, cf. la note jointe à l'Aîst. du n° 25.

MAGNAE MATRI C IVLIVS

D'après la copie imprimée par APIANUS.

Descr. et hist. — L'inscription ne nous est parvenue que par l'intermédiaire d'APIANUS, qui dit à son sujet: Velustissimae cuiusdam columnae Capitorium in Burdegalensis Decani Aedibus. 11 s'agit du Doyenné de Saint-André, Deanat de Sent- Andriu, qui était situé au nord de l’abside de la Cathédrale, dont il était séparé par une rue (sur l'emplacement de la place de l’Archevêché, Drouyn, p. 418). 11 fut construit, selon toute vraisemblance, au commencement du xvi° siècle, et c'est peut-être alors, dans les fondations, que fut trouvé le débris dont parle Apianus.

BibL. — D'après les notes quas à secretis Electoris Comitis Palatini Ludouict

[HUBERT-THOMAS-LEOGDITS?] nobis misil, APIANUS, p. CCCCLXXXIX. — D'après Apianus, dont il répète très exactement la notice, PiGxius, ms. de Berlin A 61 a, f° 45 [renseignement que je dois à mon ami Paolo Lantaret]. — D'après le même Apianus, GRUTER, p. XXXI, 7. — D’après Gruter, BoLponi, Epigraphica, p. 512. — (SÉGUIER, Index absolutissimus [ms. 16935], f° 576.)

VECCHIAZZANO, dans son livre La Verità difesa (1661), p. 7, publie, comme étant à Forlimpopoli, une inscription entièrement semblable [communication que je dois à M. Ch. Lécrivain]; MURATORI la reprend dans son Thesaurus, p. XXX, 5: Foropopilu. E Veccliassano :

MAGNAE MATRI C. IVLIVS

Je ne saurais décider si cette inscription a réellement existé à Forlimpopoli, ou si Vecchiazzano a voulu enrichir cette ville, qui était la sienne, d’une inscription dérobée à Bordeaux.

Magnae Matri. C(aius) Julius...

Les Romains appelaient Magna Mater où Mater Deorum Magna Zdaca, «la Déesse Mère de tous les Dieux », dont le sanctuaire se trouvait à Pessinonte, dans la grande Phrygie. On l’adorait sous la forme d’une pierre noirâtre, quadrangulaire, de dimensions moyennes. Elle fut apportée à Rome le 4 avril 204; on lui éleva un temple sur le mont Palatin; cf. le récit de Tite-Live, 29, 10-14. — On sait que l'introduction, à Rome, du culte de la Magna Mater fut le commencement de l'invasion des religions orientales, qui devait s’accentuer sous l'empire. Avec celle de Mithra et d'Isis, la religion de la Water fut la plus répandue : elle rencontra des adhérents, surtout, semblet-il, dans la Gaule méridionale, en Aquitaine, dans la Lyonnaise.

Il n’a encore paru aucun travail complet sur cette question, à tant

* d'égards cependant si intéressante; cf. surtout Preller, IT, p. 54 et s.;

Marquardt, Staatscermaltung, III, p. 352 et s., et ici n° 10.

NATALICI VIRIB; VALER:IVLINA ET:*IVL-SANCA

D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 201) et un estampage de JOUANNET.

Var. — 1re ].: sauf pour le dernier signe qui peut être un S, qui est plutôt un fragment de ®, la lecture est certaine. JOUANNET, et, sur sa foi, DUCOURNEAU et O’REILLY lisaient [CJATALICIVIRIBS (Catalicicir, Iberus). LBS de Ducourneau, I, p. 97, est une

faute d’impression; de même, chez O’Reilly, l'omission de IBs. J'avais, avant de consulter l’estampage de Jouannet, apercu seulement la courbure d’un C et le bas des deux premiers jambages de l’N, ce qui me faisait songer à un A (cf. Revue d'Allmer, Il, p. 21). — À la 2e L., JOUANNET, DUCOURNEAU et O'RelLy lisent IVLINA. O’REILLY

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donne SANCA. SANGA partout ailleurs : mais si le C peut être aisément pris pour un G, la barre de T couronnant l’A est aussi certaine que possible.

Il peut se faire qu’il y ait une lacune dans l'inscription et que le commencement s’en trouvât sur le bandeau de l’entablement. Mais cela n'est nullement certain, bien qu'O’REILLY dise : « Outre ces caractères, il y en eut d'autres entre le dé et le bassin; ils sont effacés; c'était la consécration ordinaire MAGNÆ MATRI DEVM ».

Descr. — Lettres hautes de 0,033, de forme grèle, mais régulières, soigneusement espacées, peu profondément gravées.

Autel en pierre bâtarde, très friable. L'inscription au haut du dé: au-dessous, un

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bucrane enguirlandé. Sur la face de gauche, une tête de bélier. Sur la face de droite, un harpé (épée recourbée en forme de harpon : ensis hamatus dans Ovide, Met., 5, 8). L’autel, brisé en deux fragments, est surmonté d’un entablement à volutes. — Hauteur totale : 1,20. — Nous donnons ici les dessins publiés par JOUANNET, Ac., 1840, p. 298 :

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