‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 154 sur 263 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

Deux ans de recherches et de travaux plus dispendieux que la sagesse ne les eût conseillés m'ont rendu dépositaire d'une collection très intéressante d’antiquités funéraires appartenant aux premiers temps de cette ville. J'ai cru, Monsieur, que je reconnoîtrois mal les témoignages particuliers d'estime que vous m'avez donnés, si dans l'intérêt de cette cité et de l'établissement confié à vos soins, je ne vous offrois pas

les moyens de conserver à vos concitoyens des objets qui tiennent de si pres à l’anti-

quité de Bordeaux. Si j'étois riche, Monsieur, je les donnerois et je m'en trouverois plus heureux; mais je suis forcé de désirer la rentrée de mes fonds, ce que je possède m’a coûté à peu près 400 fr. J'ai donc l'honneur, Monsieur, de vous proposer de les acquérir à ce prix. Le désir bien sincère de vous être agréable et d'être utile à la ville de Bordeaux m’engagent à prendre pour valeur au comptant les livres du dépôt qui me resteront à la chaleur des enchères. Vous n'’ignorez pas, Monsieur, que les meilleurs livres sont déjà écoulés; ainsi, vous trouverez dans ma proposition, outre l’avantage d'enrichir la Ville d’une colletion très interessante pour elle le moyen d’ajouter quelque valeur à des livres qui n'en ont plus. Ma collection consiste en vases funéraires, urnes, Lacrymatoires, préféricules, Guttules, médailles, phallus, d'autres objets trop longs à détailler, mais dont je vous invite à prendre une connoissance plus intime.

Je vous invite, Monsieur, à me faire connaître au plus tôt votre détermination. J’avois besoin des ouvertures que vous m'avez faites à ce sujet pour vous faire cette proposition et céder aussi franchement au désir de voir conserver à Bordeaux des richesses antiques que le temps n'aura pas respectées pour qu'il en soit fait un autre usage.

Je vous salue et j'ai l'honneur d’être votre dévoué serviteur.

Signé : JOUANNET.

Grâce à l'acquisition par la Ville de la collection Jouannet, notre Musée s'est trouvé enfin possesseur d'un fonds, sinon considérable, du moins très suffisant, d'antiquités gallo-romaines tirées du pays. Je ne

(4) Archives départementales (Museum).

sais ce que sont devenues les autres collections mentionnées par Jouannet, non plus que les objets romains donnés en 1836 à l'Académie par les Laporte et trouvés cours de l'Intendance, sur l'emplacement de l'hôtel Vertamon (Acad., 1836). Nous avons quelques renseignements sur ces derniers, grâce à Jouannet. Quelques objets faisant partie des collections Petit et Caiïla se trouvent décrits dans une note manuscrite de la main de Caïla, conservée à la Bibliothèque de la Ville parmi les papiers de Jouannet. Je ne connais pas les autres.

Depuis Jouannet (mort en 1845), et sans doute gräce à l'impulsion donnée par lui, on a continué à recueillir ot à conserver les moindres objets trouvés dans les fouilles. Par malheur, on s’est moins inquiété du devoir de les publier. Ce qui a paru depuis 1836, sur nos marques et nos cachets bordelais, ajoute relativement peu de choses à ce que nous a fait connaître Jouannet. M. Gustave Brunet a donné en 1853, dans un article de la Xevue archéologique (t. X, p. 278) un certain nombre de marques de potiers. Mais il les a visiblement empruntées à Jouannet (cf. Acad., 1831, p. 173); par malheur encore, M. Brunet, au licu d'imprimer les marques telles qu'elles se lisent sur les objets, par exemple sous la forme du génitif, a rétabli les noms au nominatif, et donné, au lieu de NEPOTIS, I.EPPI, 1.ALBI, /Vepos, Æppius, I. Albus, etc. Il en est résulté que ces dernières formes et quelques autres qui ne se trouvent pas à Bordeaux, ont recu droit de cité dans les recueils classiques de marques de potiers. En effet, les travaux de Jouannet, aussi bien que les objets originaux, sont toujours demeurés inconnus des auteurs de ces recueils: ils n’ont connu que l'article de M. Brunet; c'est par l'intermédiaire de cet article que les inscriptions de Bordeaux ont pris place dans leurs catalogues, où elles sont par suite arrivées légèrement défigurées. C'est ainsi qu'on trouve ces formes de Wepos, Epmnus, J. Abus, indiquées comme lues à Bordeaux, soit dans un article des Jahrbücher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rheinlande (t. XX VIT, p. 114), soit dans l'ouvrage si connu de Schuermans, Sigles fiqulins (1867, Bruxelles, in-8), extrait du tome XXIII des Annales de l’Académie d'archéologie de Belgique.

En 1872, Sansas présenta à la Socicéé des Antiquaires de France, dans la séance du 13 novembre (Bulletin, p. 152), « des marques de fabrique de potiers gallo-romains » qu'il avait lues au Musée de Bordeaux. Ce sont les marques provenant de Terre-Nègre, conser-

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vées au Dépôt, rue J.-J. Bel, et déjà publiées, sauf une douzaine, par Jouannet; Sansas y ajouta quelques indications relatives à nos briques.

Enfin le cachet d'oculiste de P. Vindex, les briques, les anses d'amphores, les statuettes et figurines trouvées depuis 1865 jusqu'à nos jours, les poteries, les marques gravées sur les blocs du mur romain de la voie du Peugue, ont donné lieu à un certain nombre d'articles et de notes, de MM. Delfortrie, Allmer, de Villefosse et Thédenat (cachet d'oculiste), Drouyn, Bernède et Farine (statuettes), Sansas (briques, poteries et marques de blocs), de Mensignac (anses et statucttes), articles qu'on trouvera indiqués en leur lieu et place. Personne, depuis Sansas, n'a publié autrement qu'une à une des marques de potiers proprement dites, si ce n'est M. Girault dans sa Wofice sur des Poteries noires à emblèmes chrétiens (Soc. arch., t. IIT). Enfin, on mentionne souvent, dans les actes et les mémoires de notre Société archéologique, des découvertes de poteries estampillées : mais ces indications ne sont malheureusement jamais accompagnées de la copie de la marque, ce qui les rend inutiles. Nous transcrivons ces notes à la fin de ce préambule.

En revanche, on a mis autant de soin à les recueillir que de réserve à les publier. Depuis 1845, Bordeaux a possédé un très grand nombre d'amateurs qui ont surveillé de près les fouilles, et nous ont conservé de précieux débris. Ils ont pu constater que la quantité de poteries romaines que renferme le sous-sol de la ville est inimaginable, si bien que faire l'histoire de leurs découvertes serait refaire celle du bâtiment à Bordeaux. Que de richesses nous possèderions, si ces débris avaient toujours été recueillis et réunis avec le même soin! Durand et Coudert ont acquis ou trouvé d'importants objets qui ont formé deux collections considérables : celle de Durand fut acquise par la Ville en 1859 (1), et placée au Ausce d'armes; malheureusement elle contient

(4) Rerue archéologique, 1. XVI, p. 316 [août 59):

a Le Conseil municipal de Bordeaux vient de voter une somine de 10,000 francs pour l'acquisition du cabinet de feu M. Durand, membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres ct Arts de cette ville, et longtemps architecte de la cité en question. Cette collection est composée de 350 articles environ. La plupart sont des meubles, des armes anciennes ou étrangères. L'arrhéologie peut aussi revendiquer un certain nombre d'objets, quelques-uns sont d'origine égyptienne. On distingue un cippe grec en marbre blanc de un mètre de hauteur et portant une inscriplion. A l’époque romaine ou gallo-romaine remontent des haches, des pointes de flèches et de javelots en bronze, des fibules, crochets et agrafes, des anneaux, des bracelets el des aiguilles à cheveux. Il y a une dizaine de fisurines, masques et bustes; on remarque un masque de salyre el uuc jolie statuelte d'environ 15 centimètres; elle représente un guerrier coiffé d’un casque et appuyé sur un bouclier. Des lampes, des poteries, quelques sceaux du moyen äxe font aussi partie de celte collection, qui sera annexée au cabinet des antiques que possede la ville de Bordeaux »,

un Certain nombre de pièces étrangères à Bordeaux et dont les provenances ne sont pas soigneusement indiquées; celle de Coudert passa aux mains de Dubois, son beau-fils et son héritier, et les destinées en demeurent incertaines depuis la mort de Dubois (janvier 1885). Sansas a retiré un très grand nombre d'objets du cours d'Alsace-et- Lorraine, lors des travaux faits pour le percement de la voie du Peugue: ils sont devenus la propriété de la Ville et se trouvent aujourd'hui au Dépôt du Colisée. Après lui, M. le marquis de Puifferrat, notre cher et gracieux collègue, M. Braquehaye, directeur de l'École des Beaux-Arts, M. Combes, M. Delfortrie, tous quatre pour leur propre compte, et M. de Mensignac, pour le compte de la Ville, ont pu sauver dans les fouilles bon nombre d'objets, tous curieux et quelques-uns remarquables. À certains égards, les collections de MM. Combes, Braquehaye, de Puifferrat et Delfortrie ont une très grande valeur pour nos antiquités bordelaises. La collection Delfortrie va être achetée par la Ville. D'autres objets, mais en plus petit nombre, appartiennent à MM. Amtmann, rAQNOre, Durand, Mialhe, Petit et à la Faculté des Lettres.

Il doit y avoir à Bordeaux d'autres collections particulières. Si je ne les connais pas, je demande que l’on croie qu'il n'y va pas de ma faute. Je remercie tous les amateurs qui ont mis leurs richesses à notre disposition, et tout particulièrement M. de Puifferrat, qui a bien voulu m'aider à étudier les siennes, et M. Braquehaye, qui a pris à cœur d'enrichir sans cesse ce catalogue. Je souhaite que notre essai ne soit qu'un point de départ pour de plus importantes découvertes et une invitation à de plus savants travaux.

Les objets dont il va être question dans cette troisième partie, peuvent être répartis en trois groupes si on les étudie au point de vue de leur provenance.

En première ligne, 1l faut mettre ceux qui ont été trouvés dans les cimetières de la période païenne. C'est d'abord celui de Terre-Nègre, dont nous n avons plus à parler ici : nous en avons assez dit (cf. p. 419), et nous y reviendrons (plus loin, V). C’est ensuite celui de Saint- Michel, qui a fourni un très petit nombre d'objets, tuiles, vases et sta-

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tuettes, et sur lequel M. de Mensignac a donné tous les renseignements que nous possédions (Société archcologique, t. VII, p. l41ets.; t. VIIL, p. 11 et s.). Le cimetière de Terre-Nègre a été en usage depuis le temps d'Auguste jusqu'à celui de Marc-Aurèle, et c'est entre ces deux dates qu'il faut placer tous les objets qui en proviennent. Celui de Saint-Michel paraît avoir servi encore au temps de Valérien et de Tétricus (74., VII, p. 142).

En seconde ligne, nous mettrons tous les objets trouvés dans les ruines d'habitations gallo-romaines. Ces habitations, dont les unes sont en decà, les autres au delà de l'enceinte de la fin du troisième siècle, sont évidemment de diverses époques, et beaucoup de débris qui accompagnent leurs ruines ne sont certainement pas romains. Mais dans l'ensemble, j incline à les croire toutes antérieures à la construction de cette muraille. Leur démolition a été peut-être causée par les mêmes désastres et les mêmes invasions qui ont amené, à la fin du troisième siècle, la construction de l'enceinte fortifiée : la plupart des débris, en effet, comme on l’a souvent remarqué, portent la trace d’un violent incendie. La presque totalité des médailles trouvées au milieu des décombres sont des trois premiers siècles : les dernières qu'on remarque sont de Constantin; les pièces de Tétricus, de Gallien, de Claude II, dominent de beaucoup. Celles de Constantin sont très rares, et à peu près introuvables dans les ruines situées au delà de l'enceinte. Je crois donc antérieurs à Constantin les objets qui proviennent de ces fouilles. Nous transcrivons ici les principales indications relatives à ces vestiges d'habitations romaines : elles serviront à retrouver l’origine et les destinées des objets dont nous aurons à donner le catalogue, à montrer les circonstances qui en ont accompagné la découverte, à reconstituer pour ainsi dire le milieu où ils étaient placés du temps des Romains. Nous regrettons seulement de ne point posséder les plans des plus importantes de ces fouilles.

A ÆRue ESprit-des-Lois, 31 (juillet 1876).

« M. Charles Braquehaye, membre de la Société archéologique de Bordeaux, nous a communique les renseignements suivants sur cette fouille :

» Les fouilles exécutées au mois de juillet 1876, dans la rue Esprit-des-Lois, lors de la reconstruction de l'immeuble portant le n° 31, furent poussées jusqu’à 7M30 de profondeur, c'est-à-dire jusqu'à 8230 au-dessous du niveau du sol du quai vertical, ou mieux encore, au-dessous des grandes marées ; or on ne rencontra ni le sol vierge ni la nappe

d'eau. La surface fouillée, 25210 sur 1050, soit 263 mètres carrés, a fourni de curieux renseignements : des fondations de constructions diverses la plupart romaines, entr’autres un reste de canal voñûté, les débris de plus de 300 vases en terre dite samienne, dont 30 morceaux présentant des marques de potier ont été conservés, des restes de vases de toutes sortes et de toutes les époques, une petite applique en bronze représentant une tête de Gaulois, plusieurs petits et moyens bronzes romains.

» Une particularité curieuse mérite d’être signalée : une couche d’huîtres valvées de Om40 d'épaisseur semblait avoir rempli un bas-fond vers 5"M80 de profondeur; deux autres couches semblables mais moins épaisses allaient en s'inclinant de 6m à 7m50 et plus ; enfin on trouvait à 660 une couche de petits coquillages : palourdes, petoncles, bigarneaux, clovisses, etc., mélangés à du sable, des cailloux roulés, des poteries romaines et des ossements ».

(BRAQUEHAYE apud DE MENSIGNAC, Société archéologique de Bordeaux, t. VII, p. 87.) Cf. Soc. arch., t. III, p. vin (séance du 14 juillet 1876), et p. x (séance du 11 août).

B Porte Médoc, rue Sainte-Catherine, 1-3 (1778).

« En fouillant les fondemens de la porte Médoc, tout auprès des tourelles du côté occidental, on trouva beaucoup de poteries et de petites statues » (BERNADAU, Annales, p. 234).

C Rue Saige, 14, et rue Combes, maison Vène (1851).

On découvrit des poteries et des fragments de statuettes en bronze et en terre cuite, au milieu des ruines d’une maison romaine incendiée (cf. Comnussion des monuments, 1850-1, p. 14).

J'ai tout lieu de croire que ces fouilles sont celles qu’on a décrites dans les Archives historiques de la Gironde (t. 1, p. 421), en les plaçant petite rue de l'Intendance, n° 14. Cette rue est aujourd'hui la rue Saige. Ce qui est le plus à noter, à propos des objets qu'ont fournis les ruines de cette maison romaine, c’est le caractère des poteries : « Tous ces vases, de formes et d'épaisseurs diverses, d’une pâte très fine, étaient pour la plupart décorés de lignes horizontales, de couleurs blanche. jaune et rouge. Ces vases, assemblés l’un dans l’autre d'après leur forme, avaient été séparés entre eux par de la paille dont les cendres carbonisées étaient très facilement reconnaissables ». Toutes ces poteries étaient entierement neuves.

<MM. VÈèNE, COUDERT, MIALHE, SANSAS, etc., emportèrent plusieurs de ces débris ».

C’ Rue Saige, 11 (1878).

M. GIRAULT a signalé la découverte de tuiles à rebords, de fragments de poteries samiennes, et d’un mur en petit appareil (Soc. arch., IV, p. 28).

Il semble que les fouilles de la maison Vène et de la rue Saige, n° 11, aient mis en présence des ruines d’une seule habitation romaine, qui devait être considérable et qui était une manufacture de poteries, comme celle de la porte Médoc.

D Cours de l’Intendance, 2-4, hôtel Vertamon (1836).

JouANNET a décrit avec soin (Acad., 1836, p. 181 et s.) les fouilles faites sur cet emplacement, qui ont amené la découverte d'une habitation romaine; au milieu des ruines on a retrouvé les enduits qui décoraient les appartements, des vases, des poteries

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samiennes, 26 poids de tisserands, une Minerve en beau marbre blanc, et des médailles des trois premiers siècles, depuis Auguste jusqu'à Constance-Chlore.

E {ôtel de Bayonne (1874).

<M. Vauclaire met sous les yeux de l’assemblée un grand nombre d'objets: petits vases, style en os, fragments de poterie rouge et noire, trouvés dans les fondations de l'hôtel de Bayonne... Avec ces débris... on a trouvé, sur une longueur de 20 mètres et largeur 16, une couche épaisse de 10 à 15 centimètres de détritus que M. Delfortrie reconnait être composée de restes de poissons » (Soc. arch., 1, p. XXII, séance du 4 déc. 1874). — « M. Vauclaire montre un peson en terre cuite et une monnaie de Domitien, trouvés dans les fondations de l’hôtel » (/d., II, p. 11, 8 janvier 1835).

F Cours de l'Jntendance, 1 9, et passage Sarget (1876).

« En creusant les fondations de la nouvelle galerie qui joint le cours de l’Intendance à la place du Chapelet (passage Sarget) on a trouvé un certain nombre d'objets romains, tels que : charnières en os, vases en terre cuite, hochet d'enfant, boule gauloise, monhaies de Faustine, d’Antonin, d’Adrien, etc., ainsi qu'un grand nombre de vases de toutes formes et de toutes grandeurs en poterie rouge dite samienne, et en poterie ordinaire rouge, noire, grise, etc.

«< On y a aussi recueilli plusieurs fonds de vases en poterie samienne portant la marque du potier, et quelques fragments de bronze » (DE MENSIGNAC, Socicté archéologique, t. VII, p. 94, et t. III, p. 193 et 194).

La plupart de ces objets font aujourd’hui partie de la collection de M. BRAQUEHAYE.

G Æue Porte-Dijeaux, 51 (1878).

« On a constaté à 3 mètres de profondeur les ruines d’une habitation gallo-romaine, détruite par un violent incendie. Dans les déblais remplis de cendres et de charbons, on a recueilli les objets suivants :... le {orse d’une statuetle...; nombreux fragments de cases de toutes formes et de toutes grandeurs en poterie rouge, noire, grise, etc... Le sol vierge a été rencontré à 5 mètres de profondeur » (DE MENSIGNAC, Soc. arch., t.IV, p.55).

Ces objets appartiennent à MM. COMBES et BRAQUEHAYE.

H Rue de Grassi, 9 (1880 et 1884).

La construction de la maison Petit a fait découvrir, outre quelques inscriptions lapidaires, une grande quantité de poteries, figurines, vaisselles, briques, des bronzes, notamment la soi-disant Artémis si bien décrite par M. Collignon (Soc., VII, p. 55).

Beaucoup de ces poteries et de ces bronzes appartiennent à M. COMBES.

I Rue de Grassi, 12 ct 14 (1877).

« Les fouilles ont été poussées jusqu'a la profondeur de 430. Au milieu de terres rapportées et de débris d'incendie, on a recueilli un faureau en bronze; hauteur : 0Om04; quelques petits bronses: Helena, Constantin, Tétricus; des fragments de bronze, de verre, de poteries samtennes, marbrées, noires. etc., etc. » (DE MENsiGNAC, Soc. arch., II,

La plupart de ces objets appartiennent à M. BRAQUEHAYE.

J Rue Vital-Carles, en face de l'Archevéché (1863).

SANSAS signale la découverte de poteries de toutes sortes, des ruines d'habitations gallo-romaines, rue Vital-Carles, en face de l’Archevêché, dans le n° 4435 de la Gironde, le 13 juillet 1863 (Soc. arch., III, p. 187). La plupart des poteries conservées au Dépôt J.-J. Bel, non publiées par JOUANNET et données par SANsAs dans le Bulletin des Anti. quaires de France de 1872, doivent venir de ces fouilles.

K Prison municipale (1867).

« Dans la rue Saint-Paul, le long de la prison municipale, on à découvert les restes d'un vaite établissement. Les murs très épais, et d'une construction parfaite, portaient le cachet de la belle époque romaine. Des pavages en marbre, d'autres en petites briques d'environ 10 centimètres, posées de champ et formant des dessins en feuille de fougère, des marbres de placage, de fortes moulures en marbre, etc., etc., tout indiquait l'emplacement d’un palais ou d’un établissement de bains. Des découvertes avaient eu lieu lors de la construction de la caserne municipale. Dans toutes ces fouilles, on a trouvé des débris de poterie samienne, des os sciés, des cornes de cerfs, des fragments de bronze, etc., etc.»

(SANSAS, Progrès, t. V, p. 750; Soc. arch., t. VII, p. 201).

L Rue de Cheverus, 43 (1878).

M. Comes a trouvé, dans des décombres remontant à l’époque gallo-romaine, un assez grand nombre de poteries samiennes (Soc. arch., IV, p. 127; V, p. vin).

M Cours d’Alsace-ct-Lorraine, 81 (1880).

Une maison romaine assez étendue a été rencontrée à cet endroit par M. DE MENSIGNAC : les ruines ont livré un bon nombre de tessons de poteries et de briques (Soc., VI, p. 94).

N Rue du Loup, 68-74 (1868).

SANSAS signale, sur l'emplacement attenant aujourd'hui à ces maisons (immeuble Beauvallon), en dedans et au nord du mur romain, deux couches superposées d'habitations gallo-romaines, avec de nombreux débris de toutes sortes (Progrés, VI, p. 566; Soc. arch., VII, p. 210).

O Cours d’Alsace-et-Lorraine, 193, maison Marly (1873).

«Tout auprès de cette ancienne muraille de ville, on a trouvé, à la profondeur de 2 mètres, les restes d’une habitation romaine, détruite par un violent incendie, ainsi que le prouve une quantité considérable de débris calcinés au milieu desquels on a trouvé les objets suivants : BRONZE...; — MONNAIES ROMAINES: deux Balbin, moyen argent... Marius, moyen bronze; — TERRE CUITE ROMAINE : vase en forme d’urne, terre noire, hauteur : 0mM20; buste d'homme...; nombreux débris de poterie samienne et de poterie romaine de deuxième et de troisième sorte... Les fouilles ont été poussées jusqu'à la profondeur de 620 environ » (DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. III, p. 157).

Ces objets appartiennent à M. Compes (cf. Soc. arch., t. IV, p. x).

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O' Cours d’Alsace-et-Lorraine, 1925 (1880).

« Les ruines romaines que nous découvrons aujourd’hui, par suite des fouilles que nécessite l'édification de la maison Camau, n° 125 du cours d’Alsace-et-Lorraine, nous permettent de croire que nous sommes en présence de la continuation des restes de l'habitation gallo-romaine, qu’en 1876 nous découvrimes à côté, au n° 123... C'est à environ un mètre en contre-bas du sol actuel du cours que se rencontrent les débris romains ». M. de Mensignac énumère ces débris: coquilles en très grand nombre (ostrea, cardium, pecten, helix, tous coquillages comestibles), fragments de bronze, clefs, couteau, pièces de ferronnerie, six statuettes de « déesses-mères », briques marquées au nom d’Octavius, poteries samiennes et noires, débris de stuc [cf. ici XIV]. M. de Mensignac essaie enfin de reconstituer les principales pièces de l'habitation, et nous regrettons vivement qu'il n’ait pas accompagné d’un plan son exacte description : car je crois que la maison romaine du cours d’Alsace-et-Lorraine, n°5 125 et 123, est, avec celle de la rue Saige [C], la moins ruinée et la plus considérable qu’on ait trouvée à Bordeaux (Soc. arch., VI, p. 89 et 8.).

La plupart des pièces trouvées en cet endroit appartiennent à M. CoMBEs ; un certain nombre, à M. le marquis DE PUIFFERRAT.

P Rue du Pas-Saint-Georges, 41 (1877).

« A l'angle de la rue du Pas-Saint-Georges et de la rue Bergère, les terrassements ont amené la découverte d'une mosaïque romaine à la profondeur de 333 ». En même temps on a recueilli une quantité de débris de vases de toutes formes et de toutes grandeurs en poterie rouge dite samienne. Les fouilles ont été poussées jusqu’à la profondeur de 5 mètres sans rencontrer le sol vierge (DE MENSIGNAC, Soc. arckh., t. III, p. 159; cf. t. IV, p. x).

« Les poteries et bronzes divers ont été recueillis par M. le marquis DE PUIFFERRAT et par M. A. COMBES ».

Q Rue des Ayres et rue Ravez (18179).

< M. de Mensignac signale la découverte d’un mur gallo-romain de 1°20 d'épaisseur à l'angle des rues Ravez et des Ayres, à côté duquel on a trouvé des briques à rebords, un petit vase de 0m05 de hauteur, des fragments de poteries romaines» (Soc. arch., VI, p. vit, séance du 11 juillet 1879).

R Faculté des Sciences et Lettres, cours des F'ossés (1881).

« Les fondations de la façade des nouvelles Facultés de Théologie, des Sciences et des Lettres ont permis de reconnaître à une profondeur de 3 mètres, sur une longueur de 80 mètres et une largeur de 2 mètres, différentes aires en béton, plusieurs petits murs et un four de l’époque gallo-romaine.

» Au-dessus de ces divers pavages régnait une couche, assez épaisse, de déblais d’incendie, composée de cendres, de charbons, de fragments de briques à rebords, de tessons de poteries romaines noire, grise, rouge, mordorée et rouge dite samienne, ainsi que de nombreux morceaux de peintures à fresque.

» Ces différents sols en béton ainsi que les petits murs se continuaient sous le sol du cours des Fossés.

» Sur un espace de 800 mètres carrés, et à toucher les découvertes citées plus haut, on a trouvé des débris de la même époque.

»> On a recueilli aussi sur cette superficie deux monnaies romaines, l’une de Trajan et l’autre de Tétricus > (DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. VII, p. 135).

S Cours des F'ossés (1878).

« Au milieu du cours des Fossés, on a rencontré à 2m35 de profondeur, un sol en béton de 3 mètres de large... Au-dessous... [on a retrouvé des] fragments divers de poterie noire, rouze, mordorée, etc.., quelques monnaies romaines, Tétricus, Faustine, etc. » (DE MENSIGNAC, Soc. arch., IV, p. 126).

Ces objets appartiennent à M. COMBES.

T Rue. Pélegrin, 11, ct rue du Hä, 37 et 39 (1881).

<En établissant les fondations des maisons qu’on a édifiées, dans le courant de l’année 1881, au coin des rues du Hâ et Pelegrin, sur l’emplacement des anciens immeubles n°6 87 et 89 de la rue du Hâ, les terrassiers ont mis à jour, à 250 de profondeur, une couche d’un mètre environ d'épaisseur, composée de débris romains complètement calcinés.

» L'incendie avait dû être tellement intense que les moellons et les tuiles à recouvrement avaient été réduits à l’état de cendre.

»> L'enlèvement de ces déblais d'incendie a permis de reconnaitre le soubassement de trois murs de même époque, dont deux avec rangées de briques et l'autre construit en moellons.

» Malgré cette forte calcination, on a pu recueillir deux fragments de style en os; quelques vases en terre cuite de formes et de grandeurs diverses ; de nombreux poids de tisserand (?) en poterie rouge et jaune; un petit croissant en bronze ainsi que plusieurs morceaux de même métal; différentes monnaies parmi lesquelles un quinaire en argent de la famille Egnatuleia (monnaie consulaire), un Auguste en bronze (colonie espagnole de Saragosse), un Tibère moyen bronze, un Tétricus, quelques monnaies de Nimes, ainsi que plusieurs autres pièces trop calcinées pour pouvoir les reconnaitre.

> On a ramassé aussi un col d'amphore portant la marque du potier, ainsi que de nombreux tessons de poterie, rouge, noire, grise et de poterie samienne à engobe rouge et à dessins en relief représentant des palmes, des écailles, des figures géométriques et d’autres des effigies d'animaux et d'oiseaux. Plusieurs fonds de vases de cette dernière poterie portent la marque de fabrique. | ;

» L'emplacement fouillé est de 340 mètres carrés environ » (DE MEXSIGNAC, Soc. arch., t. VII, p. 127 et 128).

T' Rue Pélegrin, 7 et 9.

« En creusant les fondements des maisons 7 et 9 de la rue Pelegrin, les ouvriers ont rencontré, sur la plus grande étendue de la partie fouillée, à 4 mètres de profondeur, plusieurs murs en moellons de l'époque gallo-romaine.

»> Non loin de ces murailles, ils ont découvert une citerne de 1"50 carré et de 2 mètres de profondeur, dont les murs construits avec de larges briques romaines avaient une épaisseur de 080. Ce bassin pourrait bien être l’ëmpluvium de l'habitation dont nous retrouvons une partie des murailles.

J04 tt5.

» Dans le fond de cette petite citerne on a recueilli quatre ou cinq vases de la mème époque.

» Sur toute la superficie fouillée on a ramassé de nombreux fragments de poterie rouge dite samienne dont quelques fonds de vases portent des marques de fabrique » (DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. VII, p. 128).

U Presbytère de Sainte-Eulalie (1875).

« En creusant les fondements du presbytère de la paroisse Sainte-Eulalie, sur la place du même nom, on a trouvé plusieurs vases en poterie romaine, ainsi qu’un grand nombre de fragments de vases de toutes formes et de toutes grandeurs, en terre cuite de même époque, de couleur noire, grise, rouge et rouge dite sarnienne avec dessins en relief et marques de fabrique » (DE PUIFFERRAT, apud DE MENSIGNAC, Soc. arch., VII, p. 131).

Cf. Soc. arch., t. II, p. iv (séance du 12 mars 1875); p. vi (séance du 9 avril 1875).

V Rue Saint-Sernin, 71 (juillet 1876).

« M. Charles Braquehaye parle des fouilles faites rue Saint-Sernin, dans lesquelles il a recueilli une quantité considérable de débris de poteries antiques (romaines) noires, grises, brunes, roues, blanches, mordorées, à vernis métallique, etc. Les nombreux types rencontrés dans les différents quartiers de la ville et la diversité des marques de potier qu'on y relève permettent de croire que Bordeaux est une des cités qui présentent le plus d'échantillons de la poterie de luxe de l’époque romaine...

« En juillet 1876, rue Saint-Sernin, n° 71, les fouilles ont été faites à la profondeur de 2"50 environ. On a trouvé divers objets romains tels que: une épingle en os, divers ustensiles, quelques petits bronzes de Tétricus et une grande quantité de vases romains, notamment des poteries à couverte rouge, dites samiennes, dont le nombre peut être évalué, sans exagération, à 200 au moins. Huit marques de potier ont été recueillies, ainsi que divers vases entiers; M. Augier en conserve quelques-uns » (BRAQUEHAYE, Soc. arch.,t. VII, p. 105, et t. III, p. x (séance du 11 août 1876).

Presque tous ces objets appartiennent aujourd’hui à M. BRAQUEHAYE.

X Rue Thiac et rue Saint-Sernin (1881).

« Les fouilles exécutées à l’encoignure sud-est des rues Thiac et Saint-<Sernin pour l'édification de la maison Poincot, ont mis à découvert, entre 3m et 3"50 de profondeur, quinze à vingt squelettes, ainsi que de nombreux débris de l’époque romaine.

» La plupart de ces squelettes avaient le crâne reposant sur un moellon.

» Les objets romains se composaient de nombreux tessons de briques à rebords, ainsi que d’un vase entier, de 14 centimètres de haut, à goulot étroit, panse large, muni d’une anse sur le côté, et d’une quantité de fragments de vases de toutes formes et de toutes grandeurs en poterie rouge, jaune, noire, grise, et en poterie rouge dite samienne; parmi ces derniers un certain nombre avec dessins en relief et marques de fabrique.

>» On a recueilli aussi un certain nombre d'objets en bronze composés de la moitié d'un anneau cylindrique, de plusieurs fibules, d’un style et d’un petit objet de forme rectangulaire, mesurant 0m019 de long sur 0"014 de large et 0m001 d'épaisseur. Cet ustensile, qu’on croit être un instrument de potier, est muni de six petites dents de 00015 de longueur, régulièrement espacées.

» On a ramassé aussi plusieurs monnaies romaines, parmi lesquelles des Trajan, des Adrien, des Marc-Aurèle et des Claude-le-Gothique » (AMTMANN, apud DE MENSIGNAC, Soc. arch., t. VII. p. 104).

En troisième lieu, enfin, on a souvent trouvé, dans ce qui fut l'emplacement du port romain, au milieu de débris de tous les âges, des poteries samiennes et noires, beaucoup avec estampilles ou grafiti, par exemple, en 1880, à l'angle S.-0. de Saint-Pierre, avec des monnaies de Tétricus (de Mensignac, Soc., VI, p. 104-105); en novembre 1884, à l'angle de la rue du Pas-Saint-Georges et de la place du Parlement. C'est également dans le port romain, à l'entrée de l'impasse Saint- Pierre, qu'on trouva en 1832 la célèbre statue d'Hercule (Statistique, I, p. 243).

3954 «ts.

Les médicaments dont se servaient les anciens contre les maladies d'yeux étaient vendus sous la forme de bâtonnets, qui devaient à leur aspect le nom de collyres, collyria, du grec x:AMpz, « gâteau, tartelette ». La pâte qui composait ces collyres était dissoute dans de l’eau ou dans du vin, pour être ensuite apphquée en cataplasme sur l'œil malade.

Ces bâtonnets ou collyres étaient toujours estampillés : 1ls portaient le nom du fabricant et celui du remède, souvent aussi de courtes notices relatives à la manière de s'en servir et aux affections dont ils guérissaient. Galien (‘) ne recommande jamais un collyre sans ajouter qu'on le reconnaît à ce quil est gravé (ërrysxsémeves) à telle marque, par exemple « à la Reine », ou à tel nom de médecin connu. Ces indications étaient gravées en relief sur la pâte à l'aide d'un moule ou d'un cachet en pierre. Nous avons conservé un grand nombre de ces moules ou de ces cachets, qu'on est convenu d'appeler « cachets d'oculistes ».

Ces cachets sont d'ordinaire des parallélipipèdes en picrre tendre, dont les faccttes ou petits côtés portent, en lettres creuses et rétrogrades, l'inscription destinée à être reproduite en relief sur les collyres. Il y a le plus souvent quatre inscriptions, une par facette, chacune concernant un remède différent : car le même spécialiste pouvait fabriquer et vendre plusieurs sortes de collyres.

Les noms gravés sont, croit-on avec raison, ceux des pharmaciens ou des empiriques qui fabriquaient et vendaient les médicaments. Il est

(1) Voyez surtout le De Compgositione medicamentorum (Alept ouvhéceus qapuaixwv Tv xata TOROUS), livres IV et V. Un des cachets de Aelius Fotinus (bE ViLLErossE et THÉDENAT, Cachets d'oculistes romains, t. I, p. 45) donne le nom du fabricant, celui du remède, son mode d'emploi et la maladie dont il guérit :

AËL. FOTINI NAR Aclii Fotini nardinum, « Collyre au nard, de Aelius Fotinus, à appliquer

DIN. EXOVOADIMP 6x oro, ad inipetuni. dans du blanc d'œuf, pour la période aiguë de

l’ophtalmie ».

inutile, comme on le fait parfois. de chercher à distinguer entre le médecin qui l'inventait et le pharmacien qui le débitait: un même spécialiste devait imaginer, fabriquer et vendre le remède, ce qui est aujourd'hui encore le cas de tous les inventeurs de lunettes, de pastilles ou de denüfrices. « Il n'y avait pas dans l'antiquité comme de nos jours », a dit justement Marquardt (Handbuch, VII, p.757), « de pharmaciens prépa- »rant des médicaments sur une ordonnance de médecin ct sous le » contrôle des magistrats. C'étaient les médecins qui devaient livrer » eux-mêmes les remèdes: ce dont ils profitaient pour spéculer, vantant » comme les meilleurs les plus coûteux, en gardant d'ailleurs secrète » la composition, et vendant à côté de médicaments des recettes pour » la beauté et des objets de toilette ».

Les seuls cachets qu'on ait conservés sont ceux de médecins oculistes. Il est probable que ces derniers surtout avaient besoin de ces objets, ayant plus souvent recours que les médecins ordinaires à des médicaments solides. Pour les médicaments liquides, on se servait d'étiquettes (irz7:%{2), sur lesquelles on écrivait les indications nécessaires, et que l’on collait sur le flacon contenant le remède, comme cela se pratique de nos jours.

On a souvent remarqué que presque tous ces cachets d'oculistes ont été trouvés en Gaule ou en Germanie. Je ne sais trop que penser de ce fait, mais je suis disposé à n'y voir que l'effet du hasard, du même hasard qui a conservé en Gaule infiniment plus de marques de potiers et autres inscriptions industrielles que dans n'importe quelle province de l'empire romain. Peut-être ce hasard n'est-il que le soin tout particulier avec lequel on réunit ct on collectionne chez nous ces menus objets, ailleurs trop négligés.

Les cachets d’oculistes trouvés jusqu’à ces dernières années ont été publiés par Grotefend, Die Stempel der rœmischen Augenærite (1867, Hanovre, in-8), recueil qui a été continué par M. Klein, Sfempel rœnischer Augenæer:te (1874, Bonn, in-1). MM. Héron de Villefosse et Thédenat ont donné et continuent à donner dans le ÆPulletin monumental des études très soignées des cachets nouvellement trouvés ou peu connus, études dont un premier tirage à part a été publié (Cachets d'oculistes romains, 1882, Paris et Tours, in-8). On peut encore lire, à ce sujet, les excellentes pages que consacre à la matière M. Robert dans ses Mélanges d'archéologie et d'histoire (1835, Paris, in-8, p. 5 et s.).

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