‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 17 sur 263 · NS À · texte numérisé non relu

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Neuve-de-l’Intendance (rue Guillaume-Brochon) et non pas petite rue de l’Intendance (rue Saige) qu'a été trouvée l'inscription. A cette date et à aucune autre du reste on n’a fait de fouilles dans cette dernière rue. La maison qui fut construite alors et d'où proviennent une douzaine d'inscriptions, y compris celle d'Onuava, est marquée n° 4 sur l'ancien cadastre : c'est aujourd’hui le n° 6 de la rue Guillaume-Brochon. — Nous joiguons ici un extrait de l'ancien cadastre, dressé précisément vers la fin du règne de Charles X. — Jouannet ajoute dans le ms. des Archives : « Copiée sur le chantier... le cippe a été détruit depuis ». — C'est à tort que DE BELLOGUET Ja place dans le « musée de Bordeaux ».

Bibl. — JouANNET: 1° notes ms. [IV, n° 5]; 2° notes ms. [V, n° 1]; 3° Acad., 1829, pl. [III], n° 52; 4° Inscriptions [ms. des Arch. dép.], n° 112. — D'après lui, SANSAS : 1° Notice, p. 36 (Congrès, p. 494) ; 29 L’Ami des champs, t. XLI (1863), p. 152 (réimp. Société archéologique, 11, p. 182); 3° Revue d'Aquitaine, XIV® année, n. 8., t. I, p. 578. — D'apres Sansas, Notice, DE BELLOGUET, Glossaire, 2° éd., p. 379. — D'après Jouannet, JULLIAN, Société archéologique, t. VIII, p. 199.

Caius) Julius Floru[s] Onuavae.

Le témoignage de Jouannet, qui a laissé à Bordeaux un renom mérité de sincérité et de droiture, ne peut permettre de douter en aucune manière de l'authenticité de l'inscription. Du reste, d’autres indices viennent corroborer le témoignage de Jouannet. Ce nom d'Onuava ne se retrouve que dans une inscription de Bordeaux (la suivante, n° 18), que Jouannet n a jamais connue. Cette dernière nous apprend qu'Onuava était une déesse : Jouannet l’a toujours considérée comme une femme, et l'autel élevé par Florus, comme un « monument funéraire ». Les deux inscriptions, celle-ci et la suivante, se confirment donc l’une par l’autre.

Il n'en est pas moins vrai que ce nom d'Onuava est étrange et que l'existence d'une divinité ainsi appelée est encore assez problématique. La terminaison avus, ava, se rencontre dans des mots d’origine celtique, surtout dans des noms géographiques: Andecavus, Ausata, Batavus, Genava, Nava, Suravus, Sequsiava, Vellavus (Vellavius?), etc. (cf. Zeuss, p. 129 et 783). Dans la haute Italie, où elle se rencontre plus souvent dans les noms de personne, on trouve à la fois Dugius et Dugiavus (Corpus, V, ‘1306 et 4883). Onuava supposerait donc un radical onu. Il serait périlleux et puéril d'en dire davantage sur ce mot.

Le caractère de cette divinité est encore plus incertain. Sur la foi, j'tmagine, de l'inscription d'Apianus (n° 18), Scaliger place Onuava dans le panthéon gaulois (Zectiones, 1588, p. 28) : Alios Deos Galli praeter

LETPET

Hesum, et Taranem Lucant habebant, nempe Abcllionem, et Onuavam ; Bochart, lisant mal Scaliger, écrit, au lieu d'Onuava, Onuana, et identifie cette déesse avec Minerve, parce que la Minerve des Phéniciens s’appelait Onca ou Onga (Geographiae sacrae pars allera sive Chanaan, p.131). Dom Martin lui consacre un chapitre entier, ne connaissant d'elle, d'ailleurs, que son nom, et encore seulement par Scaliger : pour lui, Onuava est l’'Oannès des Babyloniens; c'est la Vénus Céleste, l’Astarté de l'écriture; c'est Adergatis, Dercé, Diane la Persienne, etc., etc. (Religion, t. IT, p. 110 ets.). Sansas, dans son explication, reproduit dom Martin, tout en se demandant si Onuava n'est pas simplement, comme le voulait Jouannet, un nom de femme. De Belloguet reconnaît dans On-uava la finale on de Sirona, Fpona, Damona, Divona, à laquelle il donne la signification de «puissance divine». Mais o est bref dans Divona (cf. n° 19), et long dans onüäva (cf. n° 18) (1). — Tout cela, d’ailleurs, n'est qu'une série d'hypothèses des plus hasardées. Nous ne savons sur Onuava qu'une seule chose qui soit probable : c'est qu'elle est une divinité essentiellement biturige et bordelaise.

SVM VAGVS ASSIDVE TOTO CIRCV NVMINIS ONVAVAE

NEC MEDIVERSI COGIT DISTANCIA

MVNDI ALTERIVSTITVLO SVBDERE VOTA RFVM

VERI CEA FIDES TIBVRNI VEXITIN ARCE ETIAM ONVAVAE NVMEN

OE RIT QVARE O DIVA PARENS AVSONIA INTERRA

D'après APIANUS.

Var.— MALvaAsiA, à la 6 L., imprime TIBVRI; à la 8°, supprime les deux premières lettres O E.

Voici le texte mutilé donné par GEORGES FABRICIUS et reproduit, d’après lui, par tous

(1) Remarquez que, dans les noms du panthéon romain, o est lonz dans ona: par exemple, Bellôna, Bubôna, Meliôna, Pomüna: dans ceux du panthéon gaulois, il est bref : Ep0na, Divona.

les éditeurs de l’Anthologie; on voit que Fabricius méritait le nom qu'on lui a donné de « corrupteur des ouvrages anciens » :

Magnao Matri.

Sum uagus assiduè, toto circumferor orbe, Nec me diuersi cogit distantia mundi, Alterius titulo subdere uota reum.

Veri certa fides, Tiburni uexit in arcem Et iam* Quare Ô diua parens* Ausonia in terra*

Hoc in fine mulilum est. — HEINSITS (je ne sais où), au second vers, supposait cohibet au lieu de cogit; BücueLer (apud Riese), haeC au lieu de nec.

Descr. et hist. — APIANUS est le seul qui nous ait conservé cette inscription: il la fait précéder de cette mention, transcrite intégralement des notes qu'il avait recues : Que legi in reiecttio quodam lapide in aedibus Ar, Bur, videtur elementis sequentem in modum figuralis scriptus. L'abréviation Ar, Bur, doit s'interpréter Ar[chiepiscopi] Bur{digalensis]. L'Archevêché se trouvait, au temps où fut imprimé le livre d’Apianus, en 1534, au nord de la Cathédrale, entre la rue Saint-André (rue des Trois-Conils), et la place actuelle de l'Hôtel-de-Ville (Drouyn, p. 417). Une partie du rempart romain (ligne occidentale) était donc comprise dans les constructions de l’Archevêché : l'inscription en avait été sans doute extraite lorsque fut bâti le monument. — Voici ce qu'écrit à son sujet DE LAMONTAIGNE : « Elle n'a été connuë ni de Vinet ni de Delurbe, les deux seuls auteurs qui aient recueilli dans notre ville, et qui nous aient transmis les anciens monumens qu'on y avoit découverts de leur tems, et qui étoient venus à leur connoissance. Elle n’y existoit sans doute plus alors: comment auroit-elle échappé aux recherches, surtout de Delurbe, dont l'attention s‘étendit jusques aux plus petits lopins de marbre, où pouvoient se trouver quelques lettres Romaines? Elle avoit déjà vraisemblablement péri sous le marteau de quelque maudit Tailleur de pierre, comme cette inscription de la ruë du Loup, dont nous parle Vinet. Eh! combien de nos jours même, à la honte de nos concitoyens, n’avons-nous pas vu d'anciens monumens, plus précieux encore, avoir le même sort! combien qui causent chaque jour nos regrets |! une Pierre mise au rebut auroit-elle trouvé plus de ménagemens ? »

Bibl. — D’après les notes, quas à secrelis Electoris Comitis Palatini Ludouici [HuBERT-THoMAS LEODIUS ?] nobis misit, APIANUS, p. CCCCLXXXIX. — D'après lui, MALVAstA, Aelia Laclia, p. 137 (Malvasia ajoute, ce qui montre qu’il avait une singulière façon de traduire le latin d’Apianus: Ex eodem Apiano, pag. 489, Inscript. 4, quam unterpretatur de elements, estque fere per totum vitiata). — (D'après eux, SÉGUIER, Index absolutissimus [ms. 16935], f° 846.) — D’après Apianus, DE LAMONTAIGNE, note ms. conservée à la Bibliothèque de la Ville (cf. Soc. arch. de Bord., VIII, p. 198).

GEORGES FABRICIUS, Antiquitatum libri III, p. 162 (cf. p. 233) donne une place à cette inscription dans son anthologie, mais sans citer sa source, qui est Apianus sans aucun doute et, qui plus est, en la mutilant, et en la placant sous la rubrique Magnae Matri (cf. supra): rubrique qui provient de ce que, dans le recueil d’Apianus, notre inscription suit une dédicace (ici, n° 9) portant ces deux mots et

trouvée aussi à Bordeaux, mais sur un autre point du sol. Depuis trois siecles que l'inscr. a paru sous cette forme bizarre dans le recueil de Fabricius, personne ne s'est avisé d'y reconnaitre le fragment publié par Apianus, aucun des éditeurs de l'Anthologie n'a songé à l’en faire disparaitre, mais elle se trouve, telle que dans Fabricius, chez ses successeurs : — PITHOU, Epigrammata et poemata velera, 1590, lib. ir, p. 146; — BURMANN, Anthologia, Lib. 1, ep. Lx, t. 1 (1759), p. 34; — MEeyEn, Anthologia, 1835, n° 628; — RIESE, Anth., t. II (1870), p. 311, n° 888 (parmi les CARMINA À G. FABRICIO PRIMUM EDITA); — BAEHRENS, Poetae lalini minores, t. V (1883), p. 405, n° LxxXV (parmi les DUBIA . SUSPECTA . FALSA).

Sum vagus : assidue toto circu[mferor orbe], [Cultor gentilis] numinis Onuavae; Nec me diversi cogit distancia mundi Alterius titulo subdere vota reum. Feri ce[rita fides Tiburni vexit in arce[m] : [Spes] etiam Onuavae numen o[ pemque gjerit.

Quare, o diva parens, [meritae tibi, cum procul absim] Ausonia in terra,[solvere vota decet].

Telle est la restitution ingénieuse que me propose mon ami et collègue Édouard Bourciez, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux.

Quel qu'ait été d'ailleurs le texte exact de l'inscription, le sens général n’est point douteux. Le dévot d'Onuava est censé l'avoir composée loin de Bordeaux, sa patrie et celle de sa déesse : « J'erre ; je ne cesse de courir le monde entier: mais je suis toujours l’adorateur fidèle d'Onuava. Je suis à l'extrémité de la terre : l'éloignement ne peut me décider à placer mes vœux sous l'invocation d’une autre déesse. L'amour du vrai m'a entraîné jusqu'à Tibur : mais Onuava m'a accompagné sans cesse de sa puissance favorable. Aussi, mère divine, loin de ma patrie, exilé en Italie, je ne t'en adresse pas moins mes vœux et mes prières. »

Subdere vota titulo, signifie « placer ses vœux sous une inscription », c'est-à-dire, sans doute, « graver une inscription au nom d'Onuava et portant l'expression de ses vœux», «promettre un autel avec une inscription portant le nom de la déesse ». On sait que fifulus était l'expression technique par laquelle les Romains désignaient une inscription.

Reus s'explique aisément : celui qui fait un vœu est considéré comme accusé; celui qui le tient, comme condamné (cf. n° 2). C'’étaient là,

dit Macrobe (3, 2, 6), des formules religieuses : Aaec vox propria sucrorum est, ut reus vocelur qui suscepto voto se numinibus obligat, damnatus aulem qui promissa vola jam solvit. — Apianus donne RFvM: mais la quantité de Æufum empêche de songer à ce mot.

Arz Tiburni, c'est la ville escarpée fondée par Tiburnus, c'est Tibur : là se trouvait le sanctuaire d'une sibylle renommée, qu'est allé consulter l’auteur de l'inscription.

Sur le mot numen, cf. inscr. 2; sur Onuava, cf. inscr. 17.

Si cette inscription était la seule qui mentionnât le nom de la divinité d'Onuava, on pourrait douter de son authenticité : mais nous avons vu qu'il se rencontre ailleurs, à Bordeaux même, et les deux inscriptions sont entièrement indépendantes l'une de l'autre. En outre, les particularités relatées par Apianus offrent d'assez nombreuses garanties : l'inscription était mutilée, la pierre se trouvait abandonnée : elle était jetée dans un coin de l'Archevêché, et les murs romains étaient compris dans les fondations de cet édifice. II n'y avait du reste alors, parmi les membres du chapitre ou les dignitaires de l’église de Bordeaux, ou parmi les personnages les plus lettrés de la ville, personne qui fût capable de fabriquer une telle inscription, ni qui même eût la moindre notion épigraphique. On connaît assez l'histoire de l'époque pour pouvoir l’affirmer à coup sûr.

Il n'en est pas moins vrai que cette poésie est étrange et que l’on est en droit de formuler quelques réserves, sinon pour l’ensemble de l'inscription, du moins pour certains détails qu'elle renferme.

SIRONAE :

ADB VCIE/TIS TOCETI:FIL V:S:L:M-:

D’après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 19).

Var. — 1r° 1.: S. SIRONAE dans JOUANNET, Statistique, DUCOURNEAU (I, p. 96), et dans BRUNET. — 2° 1. : DOM DEVIENNE, le ms. D, CAILA, JOUANNET, DUCOURNEAU (I, p. 96), O’REILLY, lisent ADBVCIER; D& CAUMONT, ADBVCIERVS; ARBELLOT, ADBVCIERY ; MiLLIN, ADBVCIEN. SANsAs lut d’abord (Ami des champs; Revue d'Aquitaine) ADBV-

CIERVS et présenta cette lecture dans la séance du 20 mars 1872 à la Société des Antiquaires de France (Bulletin de 1872, p. 83). Le général CREULY, qui avait lu ADBVCIE.TV (Dict. arch., t. I, p. 209; Revo. arch., n. s., XIX, p. 96; Revue celtique, III, p. 153), défendit vivement sa lecture dans lcs séances du 10 avril, du 9 octobre et du 11 décembre 1872 (Bulletin, p. 102, p. 139, p. 157). Sausas rectifla en partie la sienne d’après celle de Creuly, ce qui l’amena à la vraie lecture, ADBVCIETVS (1d., p. 157 et Bull. de 1873, p. 21). A Bordeaux, sur Ja prière de Sansas, alors député de la Gironde, et à la demande du maire, une commission fut réunie pour étudier le monument: elle était composée de MM. GASSiEs, DELFORTRIE, le marquis de PUIFFERRAT, ÉMILE LALANNE et DEZEIMERIS. Le monument fut examiné, estampé, moulé: M. Dezeimeris rédigea le rapport, en date du 24 mars 1873 (Soc. arch., 1); la lecture fut définitivement arrêtée : « La commission a été unanime à lire dans la seconde ligne ADBVCIET VS ». — Remarquons encore quORELLI (rectifiant ou Jisant mal MiLzix) écrit ABDVCIEN, et que ZEUSS, Granunalica celiica, 2° éd., p. 27, s’appuyant sur le texte fautif d'Orelli, cite ce mot comme exemple de l'élision, en celtique, de l’u entre le b et le d.: Abducien pour Abuducien. — 3° 1. : TOLETI chez BRUNET; CREULY lisait TOGETYVS, que CHABOUILLET reproduit en attribuant à tort cette lecture à la commission bordelaise.

Descr. — Hauteur des lettres : 0,015. — Belles lettres régulières. bien gravées, peutêtre du commencement du 1° siècle : les O ronds, le premier avec un point central (peut-être aussi le second). — L'inscription a été reproduite en héliogravure d’après une photographie, Soc. arch., t. I, pl. Xi.

Autel en pierre dure, avec base et corniche : volutes aux extrémités, cavité au centre. —L'autel a dû être longtemps exposé à l'air avant d'être enfoui dans la muraille, si l'on en juge par la belle patine de la face antérieure. — Hauteur du monument : 1,10. — Bien dessiné par DROUYN. Soc. arch., 1, p. 165. D'autres dessins chez DUCOURNEAU et Chez DE CAUMONT.

Hist. — Trouvé en 1756, d'après DOM DEVIENNE, dans les fondements de l’Intendance, lvrs de la reconstruction de l'hôtel, situé entre la rue Chaumet et la place Puy-Paulin. Le monument fut conservé dans l'Intendance et donné à l’Académie par DUPRÉ DE SAINT-MAUR en 1781 : « Joffre avec plaisir», écrit-il aux Jurats le 28 janvier 1781 (Soc. arch. de Bord., V, p. 120), « de poser pour ainsi dire la première pierre de cet édifice en disposant en faveur de cette collection d’une quantité assés considérable de mor- Ceaux antiques qui se sont trouvés dans mon hotel ». Conservé depuis dans l’hôtel J.-J. Bel, il est aujourd’hui au Dépôt d’Antiques, sous le n° 19.

Bibl. — [Dom DEVIENNE] : 1° Inscriptions [ms.], n° 4; 2° Eclaircissemens, p. 58. — Arch. départ., ms. D, n°4 (18).— MiLuiN, Voyage, IV, p. 650. — D'après lui, ORELLI, 2049. = CaILA, Explication [ms.], n° 9.== JouaANNeT : 1° Acad., 1829, p. 192 et pl. [II], n° 9; 29 Slatistique, I, p. 241. — DUCOURNEAU, Guyenne: 1° I, 1 p., p. 96; 29 IT, ri p., pl. de la p.13. — BRUNET, Revue archéologique, I s., X, p. 270. — O’REïiLLy, Histoire, Ie p., t. 1, p. 633. — ARBELLOT, Bulletin monumental, XXVII, p. 659. — SANSAS : 19 L'ami des Champs, XLIe an., p. 152 (réimpr. Soc. arch. de Bord., IN, p. 182); 2° Revue d'Aquilaine, XIV® an., n. 8.,t. 1, p.576; 3° Bulletin des Antiquaires de France de 1872, P. 124 (cf. Soc. arch. de Bord., 1, p. 163). — DE CAUMONT, Abécédaire, éd. de 1870, P. 255. — CREULY, Bulletin des Antiquaires de 1872, p. 123 (cf. Soc. arch., I, p. 163). — DEzEIMERIs, Soc. arch. de Bordeaux (cf. supra), 1, p. 165. — D'après lui, CHa-

BOUILLET, Sociétés savantes, VII® série, t. I, p. 370. — ROBERT, Revue celtique, IV, P. 134.

Sironae. Adbucietus, Toceti fil{ius), v(otum) s{olvit) l(ibens) m(erilo).

Aucun écrivain ancien n'a parlé de Sirona. Nous ne connaissons cette déesse que par les inscriptions et par les bas-reliefs qui les accompagnent.

l° Les inscriptions sont au nombre de treize, y compris celle de Bordeaux : cinq proviennent de Germanie (Brambach, 919, 1001, 1597, 1698; Zecue celtique, IV, p. 267); deux, de Trèves (Brambach, 814, 815); une, de Luxeuil (Reoue, p. 139); une, de Saint - Avold (24., p. 136); une, de Corseul (i4., p. 265); une, du Norique (Corpus, IIT, 5588); une enfin, de Rome (id., VI, 36). Aïnsi, Sirona semble une déesse gauloise. De plus, elle est le plus souvent associée, dans les dédicaces, à Apollon.

2 Les bas-reliefs, réunis et dessinés par M. Robert dans la Revue celtique, sont peu explicites: le seul qui représente véritablement Sirona nous la montre vêtue d'une ample tunique et d'un manteau, tenant de la main gauche une gerbe d'épis; de la main droite, des fruits, à ce quil semble.

La philologie fournit moins de solutions encore. La terminaison -ona, qui se retrouve dans Dicona et dans un grand nombre de noms de cours d’eau et de villes (cf. Zeuss, p. 772) n'a pu encore être interprétée. De toutes les explications, la moins invraisemblable est celle qui lui donne la signification d'eau, de source. Ausone désigne la déesse Divona (Ordo urbium, 160) de cette manière :

Divona, Celtarum linqua, fons addite divis;

si l'on songe aux habitudes de la langue d’Ausone et à son amour pour les jeux de mots, on sera tenté de faire de ons addite divis la traduction de Divona : or div- correspond au latin divus (cf. n° 2), -ona, par conséquent, répond à jons. — Du radical Sir, on ne sait rien.

Il est donc permis d'admettré, avec la majorité des érudits, que Sirona, déesse sœur et compagne de l’Apollon gaulois, protège les sources et guérit les malades. C'est la divinité des eaux thermales. Cf. Maury, Xevue archcologique, 1860, Ie sem., p. 58; de Belloguet, Glossaire, 2 6d., p. 377, et Ze Génie gaulois, p. 2711; Robert, Revre celtique, t. IV, p. 133. — Je ne connais que par l'analyse qu'en a donnée le Aagasin encyclopédique de 1807, t. IT, p. 215, la brochure De Sirona

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