‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 22 sur 263 · DR AT · texte numérisé non relu

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Le nom de la déesse à qui le monument était destiné, a été mutilé dans sa partie la plus importante: mais trois ou quatre lettres seulement ont disparu. On peut suppléer Zponae, Bellonae, Divonae, Sironae. Sirona était l'hypothèse de Sansas, hypothèse que M. Dezeimeris juge “admissible et même probable ». — Ce dernier songeait aussi à Bellona, à cause de la lance que tient une des divinités figurées sur le monu- Ment. « Si l’on doit objecter à M. Dezeimeris », dit M. Robert (Revue cellique, IV,p. 267), « que les autels de Bellona sont fort rares, en de- > hors de Rome où son culte avait des fanatiques, il est une remarque

» qui vient jusqu à un certain point à l'appui de son opinion. Sulpicius » Primulus était en effet d'une ville renommée pour la fabrication du » fer et des armes, et Bellona semble de nature à avoir été invoquée, » dans un intérêt professionnel, par un marchand d'armes, plutôt que

» Sirona. » — Epona doit être écartée, « car elle est représentée d'ordi-

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naire », dit également M. Robert (Société, VIII, p. 95), « à cheval, ou » avec un cheval auprès d'elle » : cependant, remarquons qu'Epona est parfois associée à Hercule (Corpus, VI, 293), et qu'Hercule est figuré sur notre autel. Nous avons un monument d'Epona à Bordeaux (Dépôt J.-J. Bel, n° 175). — Je ne sais si l'on ne doit pas préférer Divona, cette fontaine divinisée dont parle Ausone (Ordo urbium, 160), qu'il appelle urbis genius, et qui ne devait point jaillir loin de l’endroit où le monument a été découvert : il me semble apercevoir avant oNAE comme l’'amorce d'un V. |

Quel que soit le nom que l'on adopte pour la divinité à qui l'autel était dédié, il ne correspond certainement à aucun des dieux figurés sur la pierre. De même, sur un autel récemment découvert à Mayence et semblable au nôtre, on voit les représentations de Junon, Mercure,

Minerve et Hercule, et on lit pour seule dédicace : 1. o. m (Æorrespon-

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denzblatt der Westdeutschen Zeitschrift, III, c. 147). Sur un autel trouvé à Rome en 1876 et consacré à Jupiter, ce dieu est sculpté sur la face antérieure: mais à droite et à gauche sont les figures d’Apollon et de Diane (Corpus, VI, 3671). A Cora, Magia Prisca donne à la Mater Matuta une statue de Jupiter : MATRI M@TVTAE.... SIGNVM IOVIS DD (Corpus, X, 8416). |

Les donateurs appartiennent à la gens Sulpicia : cette famille avait Un grand nombre de représentants dans la Gaule Aquitaine et dans l'Espagne Tarragonaise, dont les personnes mentionnées sur cet autel

sont originaires. La fréquence de ce nom de Sulpicius dans ces deux provinces s'explique parce que Galba, qui était un Sulpicius, fut tour à tour gouverneur de l'Aquitaine et de l'Espagne Tarragonaise : par flatterie ou reconnaissance, beaucoup d'habitants ont dû prendre son nom en recevant le droit de cité au temps où il était gouverneur.

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