‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 23 sur 263 · TT · texte numérisé non relu

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Turiassonensis signifie habitant de Turiaso. Zuriasso, aujourd'hui Tarazona en Aragon, était une ville de la province de Tarragonaise. C'était déjà un municipe de citoyens romains au temps de Titus, puisque Pline lui donne ce titre dans son /istoria naturalis (3, 24). Son nom est écrit par lui tantôt Z'uriaso (id.), tantôt T'uriasso (31, 144). Les manuscrits de l'Itinéraire Antonin (p. 211, éd. Parthey) donnent également les deux orthographes; de même, ceux de Ptolémée (2, 6, 17) portent à la fois Touprass& et Toumxs&. Les monnaies de la ville (Eckhel, I, p. 59) donnent) TVRIASO. — La ville de Turiasso, qui na fourni

que deux inscriptions au Corpus (II, p. 405), est rangée par Pline avec Bilbilis sa voisine parmi les cités riches en mines de fer: Æuec nobilitavit loca gloria ferri (34, 144). — Turiassonesis est pour -ensts: la chute de l'n dans la terminaison ensis est un des faits les plus répandus en épigraphie. Elle s'explique parce que l'r, dans le groupe -#s, se prononçait à peine : par suite, les suffixes en ensts (esis) ont pu donner « ois » en français, à l’aide de transformations régulières.

Sevtralis : Primulus a été, sans doute (!) dans la ville dont il était citoyen, à Turiasso, sevir, c'est-à-dire un des six prêtres consacrés au culte de l’empereur. Les sevirt étaient nommés par les décurions de la cité pour un an (Marquardt, I, p. 206) : leur année de charge expirée, ils devenaient «anciens sévirs », sevirales, de même que les prêtres de Rome et d Auguste devenaient, après l'exercice de leurs fonctions, sacerdotales. Les anciens seviri se réunissaient, semble-t-il, en corporation (ordo seviralium, Corpus, X, 5196). Cf. sur la question, encore obscure, des sevtri, la dissertation de M. J. Schmidt, De seviris Augustalibus, et l'analyse qu'en a donnée M. Hirschfeld, traduite par M. Allmer dans le Bulletin épigraphique de la Gaule, t. I, p. 282. |

Primulus, Censorina, sont des noms d'origine latine. Phæbe est grec : la personne qui le porte est une affranchie, et l'on aimait à donner des noms grecs à ses esclaves. Sacuro est au contraire d'origine barbare, j'imagine gauloise, et ne se trouve, à notre connaissance, nulle part ailleurs. On a souvent rencontré Suciro sur des marques de fabrique de poteries (Schuermans, 4858, 4859). Ausone nous fait connaître (Professores, 11, 15) le nom d'un grammairien qui s'appelait Sycuro, leçon que donnent tous les manuscrits : mais Vinet écrivait Sacuro.

M. Dezeimeris a consacré en partie à cette inscription son ingénieuse et savante étude sur es origines de Sulpice Sévère, dont nous nous faisons un devoir et un plaisir d'extraire ce qui suit : « Parmi les » problèmes de géographie ancienne restés sans solution définitive, il > faut compter la détermination de ce Primuliac, domaine de Sulpice > Sévère, où il fit construire deux basiliques (voyez saint Paulin, £yist., > XXXI, XXxXI1). Primuliac était le domaine de Primulus. Le Primu-

(9 Rien n'empéchait, toutefois, le citoyen d'une ville d'être serfr dans une ville étrangère. Voyez par exemple l'inscription do P. Sezttus Klorus, sevir Augustalis colonta Julia Aquis et colonia Arelate (Aix et Arles, Herzoz, 373). Mais le rapprochement du nom de la patrie et du titre de seriralis et La nature de ce titre, « ancien sevér », me font préférer Turiasso.

> lus possesseur de Primuliac devait être lui-même un Sulpicius. Eh »bien! ce Su/picius Primulus auquel nous remontons par induction, » nest point un personnage purement imaginaire. Il a vécu, et vécu à » Bordeaux, vers la fin du ri° ou le commencement du zrrr° siècle. Un » autel domestique nous offre les diverses dédicaces de membres de » la famile Sulpicia, et, parmi elles, au premier rang, celle faite par le » chef de la maison, M. Suzpricius PrimuLus. N'y a-t-il pas de très-fortes » raisons de croire que ce S'ulpicius Primulus tient de très-près aux >» possesseurs de Primuliac et aux ancêtres de Sulpicius Severus? » L'affirmative en de telles conditions doit paraître infiniment plus » probable que la négative. »

Primulus a associé ses deux enfants et son affranchie au présent fait à la déesse. — De sua pecunia, formule qui rappelle celle de sumptibus suis, de l'autel élevé par Martialis; cf. n° 4.

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