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VAL. VICTORI NAE:CIV:AQV
NA tt CONIVNX PYCTET + SVB'+ASC DEDICAVTF
D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 146).
Var. — COIVNX chez MILLIN.
Descr.— Lettres d'une meilleure époque que celles de l'autre inscr., hautes de 0,065 et de 0,04.
Autel en pierre dure, avec dé, base et couronnement : le couronnement en forme de couvercle de sarcophage, avec fronton, et oreillettes aux quatre angles. — Hauteur : 1,20; largeur du dé : 0,55. — Dessin chez ROBERT.
DEF.ANN:LXx FILI - EÏVS. Y/C-ET SVB : ASCIA : DED
D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 143).
Descr.— Lettres assez bonnes, hautes de 0,055, 0,05 et 0,04.
Autel en même pierre et de même forme que le précédent, un peu moins dégradé toutefois. Entre les deux oreillettes de devant,un croissant, figurant sans doute une patella.— Haut. :1,03; larg. du dé : 0.61.— Un croquis se trouve dans le Bull. mon.
et dans l’Abécédaire de DE CAUMONT,; un excellent dessin a été donné par ROBERT.
Hist.—La Bibliothèque de la Ville possède une notice ms. de DE MONBALON commencant ainsi: « Cippes sépulchraux trouvés dans les fondemens du palais de l’'Ombriere à Bordeaux le 29 floreal an 10 [18 mai 1802]. En creusant sous les murailles qui formaient l'enceinte de l’ancien chateau de l'Ombriere pour assoir les fondemeus d’une maison particuliere qu'on battit, on a retiré de la profondeur de... pieds de grandes masses de pierre, la plupart travaillées, et quelques unes ayant formé des parties d’architraves, de corniches, etc. — Parmi ces pierres il s’est trouvé deux cippes sepulchraux bien conserves qui ont été recueillis et transportés au depot du museum du département ». De même, BERNADAU écrit dans ses Tablelles [ms., t. VII, fo 620], à la date du 1°r fioréal an X, 21 avril 1802 : « Le chincaiïiller Darle, en fesant construire une maison derrière la sienne sur le terrein de l’ancien Palais de Lombriere, a découvert à 20 pieds sous terre deux pierres sépulchrales »; et dans ses Antiques : « En avril 1802, lorsqu'on fouillait les fondemens de la maison de M. Dardes, sur la place du Palais, on découvrit, à 30 pieds de profondeur, les deux cyppes sépulchraux que j'ai dessinés ci-contre. Ils étaient renversés, & paraissaient avoir été jetés dans les fondemens de l'ancien Palais de l'Ombrière, comme pour en faciliter la construction ». Le même Bernadau donne des renseignements concordants dans le Bull. pol. et dans le Mag. enc., ajoutant seulement que les deux cippes « étaient renversés l’un sur l’autre ». — Le château ou palais de l'Ombrière, dit Drouyn, p. 422, « était bâti sur le mur romain, à l’angle sud-est de la première enceinte. Son plan formait un poiygone irrégulier se rapprochant de
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l'ovale... Il était borné, au sud, par la rue Poitevine {cours d’Alsace-et-Lorraine], à l’est, par la place de l'Ombrière [du Palais], au nord-est, par la rue des Argentiers et l'impasse de la Comptablerie, à l’ouest, par la rue d'Enfer, et, au nord-ouest, par la rue du Puits-des-Juifs ». La maison Dardes semble avoir été, d’après les anciens Almanachs, au n° 17 de la place du Palais, qui correspondait, comme nous l’a appris la comparaison des deux plans cadastraux, au n° 16 actuel de la même place. La maison située derri:re, où auraient été trouvés les cippes, serait l'ancien n° 3 de la rue du Palais de l'Ombrière, dont l'emplacement est aujourd’hui occupé par les moitiés contigues des n°8 3 et 4. Il semble que la partie du sol fouillée en 1802 fût occupée par l’ancienne tour du Roy, tor deu Rey (Drouyn, p. 100), élevée sur un soubassement romain. — Dépôt d'antiques J.-J, Bel, n°8 143 et 146.
Bibl. — [DE MONBALON], Cippes sépulchraux [ms.]. — BERNADAU : 19 Antiques [ms., t. XLII1], $ 8; 2° Magasin encyclopédique de l'an X (1802), t. II, p. 871; 30 Bulletin polymathique, an XI, t.1, pl. de la p. 10; 4° Tableties [ms.,t. VII], f° 639; 59 Viograpkhe, p. 191. — CaiLA, Explication [ms.], n°5 28 et 29. — MiLLiN, Voyage, 1V, p. 647 et 648. — JOuANNET : 1° Acad., 1829, pl. [111], n°® 41 et 42; 2° Znscr. [ms.], n°® 106 et 105. — DE CAUMONXT : 19 Bulletin monumental, XXVIII, p. 4149; 20 Abécédaire, éd. de 1870, p. 449, ne publie que la seconde inscr. — SANsas: 19 Notice, p. 58 et 57 (Congrès, p. 515 et 516); 2 Ascia, p. 32 (Acad., 1866, Actes, p. 410). — RENIER, fiches ms. — ROBERT, Soc. | arch. de Bord., VIII, p. 50 et 51. — BLADÉ, Epigraphie antique de la Gascogne (Soc. d’'Agriculiure, Lettres, Sciences et Arts d'Agen, 1883), n°5 93 et 92.
Diiis) M{anibus) Val(erii) D(iis) [M{anibus})] et m{emo- Felicis, c(ivis) Ag(uensis), de- | riae) Val(eriae) Victorinae, f{uncti) ann(os) xxxx. Vic- | civ{is) Aqu(ensis), def{unctae) torina, conjunx, p{onendum) | ann(os) lx. Fili(i) ejus p{onenc(uravit), et sub asc(ia) dedi- | dum)c(uraverunt), et sub ascia cavit. ded{(icaverunt).
Le premier monument a été élevé à Valerius Felix par sa femme Valeria Victorina; le second à sa veuve, Valeria Victorina, par leurs enfants. Le mari est mort à 40 ans, la femme à 60 ans, sans doute une trentaine d'années après lui, ce qui explique pourquoi les lettres de la seconde inscription sont sensiblement moins belles que celles de la première.
Nous souscrivons pleinement au commentaire de M. Robert :
« Millin développait c. AQ. en crois Aquifanus, ce qui est inadmis- » sible [au moins pour l'époque de nos inscriptions, qu'on ne saurait placer au 1° siècle, au temps où l'on se disait « citoyen d'une province »], l'Aqutaine étant une province et non une cité. Il faut lire » civis Aquensis. Les Aquac étaient fréquentes en Gaule ; les auteurs ou » les inscriptions mentionnent Aquae Alisinciue, Aquae Borvonis, Aquae
» Calidae, Aquae Convenarum, Aquae Hclveticae, Aquae Neriomagenses, » Aquae Onesiorum, Aquae Segeste, Aquae Sextiae, Aquac Tarbellicae. » Mais ce n’est qu'entre les deux dernières localités que le choix peut » porter, car Aquae Sextiae (Aix en Provence), colonisée dès le début » de l'empire, et Aquae Tarbellicae (Dax) avaient seules le titre de cité » si l'on s'en rapporte à la MVofice des Provinces. Un habitant de l'une »et de l’autre de ces villes pouvait donc se qualifier de civis. Dax » étant près de Bordeaux, on peut supposer que Félix en était origi- » naire », — à moins qu'il ne s'agisse d'une ville située hors de Gaule. M. Allmer (Revue, I, p. 180) et M. Bladé partagent l'avis de M. Robert.
Nous ne dirons rien ici, et pour cause, de la formule sub ascia dedicare, ne voulant pas ajouter une interprétation nouvelle à la demicentaine d'explications qui en ont déjà été données et étant fort en peine, pour le moment, de choisir entre un aussi grand nombre. Qu'il nous suffise de repousser complètement celle de toutes qu'on accepte le plus volontiers, et qu'a développée Sansas dans son étude sur l’'Ascia, que c'est un symbole de christianisme. — En tout cas, la signification du mot ascia n'est point douteuse : c'est l'instrument sculpté sur l'autel funéraire, instrument fort connu, grâce à ces représentations, grâce à ceux qui nous ont été conservés (cf. les asciae du Musée départemental de Périgueux), grâce enfin aux textes des anciens : c'est une petite hache en fer, dont les charpentiers ou les lapicides se servalent pour racler et polir le bois ou la pierre; cf. saint Jérôme, £#p., 106, fin : Azxéeucieuv, pro quo latinus asciam vertit, nos genus ferramenti interpretamur, quo lapides dolantur.