‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 42 sur 263 · iabisss té he · texte numérisé non relu

iabisss té he

ÿ voir un nom d'origine celtique, dont on retrouverait la racine dans les diminutifs Curiéa et Curilla. — Palme (qui ne peut venir du grec zxkdun, à cause de la place de l'accent sur ce mot) est peut-être aussi celtique d'origine : Palma, cognomen d'homme, n'a sans doute rien à faire avec ce mot. — La terminaison -e représenterait-elle la première déclinaison féminine celtique de Zeuss (p. 247, series IV, divisio B)? C'est aux celtisants de profession à décider.

Nous supposons Ac{mi]lianti parce qu'il est nécessaire de combler Ja lacune laissée par la brisure de la pierre.

Adque pour atque est assez fréquent ; c'était l'ancienne orthographe. Quod olim scribebatur per d, adque conjunctio, nunc atque, dit le grammairien Apulée dans son De Orthographia, $ 13. Norisius, dans ses Cenotaphia Pisana, IV, 2, $ 2, a réuni un certain nombre d'exemples de adque pour atque tirés des inscriptions. — Si qv était d'une main moderne, on pourrait réunir AD à cvRE et faire un nom propre d'ADCVRE, analogue à Adbucietus, Adbogius, Adnametus, etc.

A B ETMEMOR HiICIACET DOMITIAE ee STE conrind XX LEOCON Un IVGIKA:RISS RES

POSVIT DEF.-VKFEBR POSTVMO cos

D'après l'original (Dépôt du Colisée) [ef. planche VII].

Var. — A ]a ge ligne de la’première inscription, SANsAs (Le Progrès) écrit TREV ; — àla 5e, CVN; — à la To ligne de la seconde inscription, le même Sansas (Le Progrés) “rit DEFA pour DEFV, etc. — CALLEN accepte la lecture de SaNsas.

Descr. — Les lettres de la première inscription sont hautes de 0,04, celles de la

+ =, — me me

seconde, de 0,08 et de 0,04. — Lettres assez bien gravées pour l’époque, suffisamment régulières, mais sans élégance.

Autel en pierre avec base et couronnement, haut de 0,75 et large au dé de 0,32. — La première inscription se lit sur la face de devant; la seconde, sur la face de droite. — Voyez les dessins de ROBERT, qu’on retrouve dans l'ouvrage de CALLEN; des croquis de BERNÈDE dans la Soc. arch., Il, p. 18.

Hist. — Trouvé en 1868, dans l'enceinte gallo - romaine, lors de la démolition de la maison de M. Lespéron (anciennement rue des Trois-Canards; correspondant au n° 58 de la rue du Loup et au n° 101 du cours d’Alsace-et-Lorraine); « lorsqu'on eut enlevé », dit SANSAS (Soc. arch., Il, p. 17), « plusieurs rangs de grosses pierres posées [à sec, sans liaison ni mortier], on trouva vers le milieu de la muraille ce cippe placé sur un autre monument du même genre, mais moins bien conservé; en sorte qu'on put lire et même transcrire l'inscription, lorsque le monument occupait encore la place où il avait été mis depuis plus de quatorze siècles ». — Musée de la rue des Facultés (n° 31); depuis 1883 au Dépôt d'antiques de la rue du Colisée.

Bibl. — Sansas : 1° Le Progrès, VI, p. 576 (Soc. arch., VII, p. 220 et 221); 20 Soc. arch., 11, p. 18. — D'après une copie de Sansas envoyée par Le Blant, LÉON RENIER: 1° fiches ms.; 2° Académie des Inscriptions, comptes-rendus de 1869, p. 100. = ROBERT, Soc. arch., VIII, p. 82. — CALLEN, L'Eglise métropolilaine, t. II, p. 82 et 83 (dessins à la p. 84).

A: ![D(iis) M(anibus)] et memor(iae) Domitiae, civis Trever(ae), d(e)f(unctae) an(nos) xx. Leo conjugi kariss(imae) posuil.

B: Hic jacel exanimen corpus Domitiae, civ(is) Treverae, def(unctae) (ante diem) quintum k(alendus) febr(uarias), Postumo co(n)s(ule).

Nous avons trop rarement l'occasion ici de citer des travaux du maître regretté de l'épigraphie en France, Léon Renier; pour ne pas transcrire tout au long le commentaire que lui a suggéré la date gravée sur notre inscription : .

« Ce qui fait le principal intérêt de cette inscription, c'est le consulat » dont elle est datée.

» On ne connaît que deux consuls qui aient porté le nom de Poséumus, » et ce sont deux consuls sufecti:

» C. Vibius Postumus,

> qui fut nommé consul sujfjectus avec C. Aterius Capito, aux calendes » de juillet de l'an 758 de Rome (5 de notre ère).

» I1 n'est pas nécessaire de démontrer que ce n'est pas de lui qu'il > est question dans notre inscription, qui, ainsi que le prouvent les

»> mots ctvis Z'reverae, qu'on y lit, est d'une époque où la Gaule était » déjà depuis longtemps divisée en cioitates. » Le second consul du nom de Postumus est

» M. Egnatius Postumus,

» qui fut aussi consul suffectus, en 936 de Rome (183 de notre ère), avec » M. Herennius Secundus.

» Ce n'est pas de lui non plus qu'il est question dans notre inscrip- » tion. On sait en effet qu'à la fin du premier siècle de notre ère, on >» avait cessé, non seulement dans les provinces, mais même à Rome, » de dater les monuments par les noms des consuls sufecti, et qu'on ne » se servait pour cela que des noms des consuls ordinaires.

» On remarquera d'ailleurs que notre monument est daté par le nom > d'un seul consul, Pos{umo consule. Or Borghesi a démontré (Œuvres, > V,p. 75) qu'on ne datait de cette manière que dans deux circons- > tances :

» 1° Quand la mémoire de l’autre consul avait été condamnée.

» Ce n'est pas le cas de notre inscription. La mémoire de Æ. Ateius » Capito et de M. Herennius Secundus n'a pas été condamnée; nous » avons des monuments postérieurs à leur consulat, qui le prouvent »dune manière irréfragable; et d'ailleurs j'ai donné une raison qui » suffit complètement pour démontrer que ce n’est pas d'un de ces > deux consuls qu'il est ici question.

> 2 Quand le consul par le nom duquel on voulait dater était un > empereur.

> C'est évidemment le cas de notre inscription, et le Posfumus qui y > est mentionné en qualité de consul ne peut être que l’empereur

» A1. Cassianius Latinius Postumus.

» Nous savons, en effet, par des médailles, qu’il prit le titre de > consul, et qu'il fut (Eckhel, VII, p. 457 et 8.)

COS en 258 COS. Il! . en 259 COS. Ill en 260 COS. ii en 265

COS. V en 267

—— Son

» Une inscription de Cadix (Corpus, II, n° 4943) et une inscription » de Quintanille (14., n° 4919) lui donnent le titre de cos. 1. Il ne porte > que celui de cos dans une inscription du Gévaudan, et cette inscrip- »tion est probablement de la même année que la nôtre, c'est-à-dire » de l’an 258 de notre ère. |

» Mais ce qui donne un grand intérêt à cette inscription, c'est que » c'est jusqu à présent la seule dans laquelle un consulat de Postumus » soit employé comme une date. Les autres inscriptions que j'ai citées, » sont des inscriptions de bornes milliaires et les mots cos ou cos. —11 » n y figurent que comme des titres, parmi ceux que portait Postumus » à l'époque où ces monuments ont été élevés. »

D'autres bornes milliaires portant le nom de l'empereur Postume ont été trouvées depuis l'étude de Léon Renier et ont formé le sujet d'un travail spécial de M. Héron de Villefosse, Revue archéologique, n. s., t. XXX VII.

La défunte était citoyenne de Trèves, civis Trevera. Le nominatif singulier est 77rerer, nom de la seconde déclinaison, comme #1ger, pulcher. Toutefois on trouve aussi, au lieu de 7rever, Trevir, au pluriel Treviri, notamment dans ce vers de Lucain (1, 441) :

Tu quoque luetatus converti prœlia, Trevir.

Glück (Æeltische Namen, p. 155) rappelle que les manuscrits de Tacite hésitent entre les formes Zreveri et Zreciri. Ce qui ne présente rien d'étonnant, lorsqu'on songe à l’alternance des sons ? et e bref en latin aussi bien que dans les langues celtiques (Zeuss, p. 85).

La seconde inscription présente plusieurs particularités intéressantes. D'abord la formule du début : Ac jacet exanimen corpus. Sansas y voit un indice de christianisme : c'est possible, sans être nullement certain. Hic jacet, tout au moins, se rencontre dans les inscriptions païennes. Eœanimen serait plus concluant, car l'expression implique la croyance à l'immortalité de l'âme et rappelle le vers d'une inscription chrétienne de Provence (Le Blant, n° 630):

Cum pia, jubente Deo, anima migravit ad astra.

Mais ces tendances spiritualistes et ces formules se rencontrent, dès le troisième siècle, un peu partout, chez les écrivains et dans les inscrip-

tions. C’est ainsi qu’on lit sur un monument du Vatican (Corpus, VI, 61 2160) :

D°:M:°IN-HOC:TVMVLO-:IACET :CORPVS EXANIMIS -CVIVS:SPIRITVS:INTER DE EOS:RECEPTVS-:EST:SIC ENIM MERVIT

et sur un autre du muste de Vérone, mais originaire de Rome (VI, 9663) :

D IN -HOC:TVMVLO-:IACET - CORPVS:EX:ANIMIS

CVIVS-SPIRITVS:-INTER:DEOS-RECEPTVS-EST SIC:ENIM:MERVIT:L-STATIVS-ONESIMVS

D'autres indices semblent toutefois confirmer l'hypothèse de Sansas. Sur l'inscription qui commence par ktc jacet, on ne trouve point le nom de celui qui à fait élever le tombeau, et c'était une habitude des chrétiens de ne point le graver sur leurs épitaphes (Le Blant, J/anuel, p. 9). En revanche on rencontre sur la même inscription la date de la mort de la défunte. Or les païens répugnaient à l’indiquer sur leurs tombes et le nombre de leurs monuments funéraires datés est extrêmement restreint. Les chrétiens au contraire ainmaient à graver la date du jour où le défunt était mort, c'est-à-dire arrivé à la vie éternelle (Le Blant,

Il semble donc que des deux épitaphes consacrées à la même femme, la première ait été rédigée conformément aux habitudes païennes, la seconde, conformément aux principes des chrétiens.

Toutefois, ces présomptions ne sont pas assez fortes pour qu'on considère, même comme probable, le christianisme de Domitia, et pour faire, par suite, de cette épitaphe, la plus ancienne inscription chrétienne datée qu'ait fournie la Gaule.

Remarquez exanimen pour exanime : est-ce une imitation du nominatif neutre grec en ev? est-ce un renforcement de l'e final devant l’x du mot suivant? En tout cas, le lapicide a tenu à graver cet N. puisque,

à cet effet, il a réuni en un monogramme l'u et l'E qui le précèdent.

Fe = ——

L SOLIMARIO:

SECVNDINO CIVI TREVERO NEG BRITAN

Descr. — Belles lettres, hautes, à la première ligne, de 0,06; aux autres, de 0,04.

Autel en pierre avec couronnement, la base a été abattue. — Hauteur du fragment : 0,65; largeur du dé: 0,56. — Dessiné par ROBERT.

Hist. — Trouvé en 1860, d’après SANsAS, dans la muraille romaine, « maison Boucaud (?), rue du Mù ». 11 s'agit de la maison Bourieaud, située rue du Loup et rue du Mû (partie du cours d'Alsace-et-Lorraine comprise entre la rue Sainte-Catherine et la rue du Pas-Saint-Georges) et dont l'emplacement correspond à celui du n° 79 du cours d’Alsace-et-Lorraine. — Était en avril 1870 au Musée de la rue des Facultés, sous le n° 48 (voyez la Gironde du 13 avril 1870); depuis 1883, au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Sansas, Le Progrés, VI, p. 588. = RoBerr, Soc. arch. de Bord., VIII, p. 79. — D'après sa copie, RENIER, fiches ms.

D(iis) M(anibus). L(ucio) Solimario Secundino, civi Trevero, neg(otiatori) Britan(niciano).

Solimarius est un gentilice formé du cognomen très répandu Solimarus, nom essentiellement gaulois. On retrouve ce même nom comme celui d'une déesse adorée à Bourges : 8s0LIMARAE 8AcRvM, donne une inscription de cette ville (Congrès de 1873, p. 195, n° 9); on le retrouve comme nom d'un vicus des Zeuci, Solimariaca (Jlinéraire Antonin, p.185, Parthey, Revue archéologique, n. 8., XX XIV, p. 129), aujourd'hui, dit-on, Soulosse dans les Vosges; on le retrouve enfin comme légende sur des monnaies gauloises, sous les formes abrégées SOLIM et SOLIMA (Duchalais, n°° 531-533). — Zeuss (p. 16) rapproche marus de l'irlandais #4r, « grand », et donne la liste des noms gaulois terminés en -Marus.

M. Robert complète avec raison le dernier mot de l'inscription en Brilannicianus, s'appuyant sur un monument (Brambach, 43), qui parle

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d'un negotiator cretarius Britannicianus; cf. un negotiator Gallicanus

dans Orelli, 4246. — Le défunt faisait sans doute le commerce d'importation et d'exportation entre l'île de Bretagne et la Gaule; cf. Lafaye, Bull. épigr., 1885, p. 117.

M VILDICI C:TREV ANXXV

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