ET MEMOX PO MP MENR .DF AN XXXVIII
PONP IVNIVS OB MERITISCO N + CJUIIIINÆ:
D'après Ja copie prise par SANSAS.
Descr. — « L'écriture très régulière offre des liaisons assez nombreuses... [Le monument est] un cippe avec fronton et oreilles... Sur un des côtés du cippe se trouvait une grande ascia en relief » (SANSAS).
Hist. — Trouvé en 1868, d’après SANSsAS, dans les fouilles de la rue des Trois-Canards (partie du cours d’Alsace-et-Lorraine comprise entre la rue Porte-Basse et la rue Sainte- Catherine). N'a pu être conservé pour le Musée.
Bibl. — SaAnsas, Le Progrès, VI, p. 579 (réimpr. Soc. arch., VII, p. 223). — D'après lui, RoBERT, Soc. arch., VIII, p. 76.
[D{iis) M{anibus)] et memor(iae) Pomp(...iae), Menapi(iae), d{e)f{unctae) an(nos) xrxovitii. Pomp{....ius) Junius,ob meritis, con(jugi) carissi]mae.
L'épitaphe ayant été trouvée en même temps et au même lieu (rue des Trois-Canards) que d'autres monuments consacrés à des étrangers, il est assez probable qu'il faut regarder Menapiae comme l'indication de la patrie de la défunte. Les Wenapii, qui faisaient partie de la province de Germanie inférieure, s'étendaient vers les bouches de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin (Desjardins, II, p. 450). Ils ont donné naissance à une cohors Menapiorum, dont un vétéran est venu mourir à Paris (Mowat, Znscr. de Paris, p. 58).
Sur la forme irrégulière ob mertitis pour ob merita, cf. Neue, Formen- 64 lehre der Lateinischen Sprache, I[° partie, 2° édit., 1875, p. 784.
IVNI#REGVLI//// DEFVNCTI////// ANNOR W//// XXVI:NATI/// ONEGER W///// NVS IVLI/////// THAISCON//// IVX-K:POSVI///
D'après l'original (Dépôt du Colisée),
Var.—A la7eligne, SANsAs et ROBERT écrivent seulement IVL; — à la dernière ligne, Robert lie les deux dernières lignes de POSVIT; Sansas donne seulement POSVI.
Descr. — Lettres de hauteur variant entre 0,06 et 0,05, d'assez bonne époque.
Autel quadrangulaire en pierre, dont le couronnement a été enlevé. — Hauteur : 1,14; largeur du dé : 0,49. — Dessiné par ROBERT.
Hist. — Trouvé en janvier ou février 1867, d'après SANsAS, dans la muraille romaine, lors de la démolition de la maison située au nord de la porte Toscanan (cette maison faisait l'angle nord-ouest du cours d’Alsace-et-Lorraine et de la rue Porte-Basse; cf. ici hist. du n° 58). — Était en avril 1870 au Musée des Facultés, sous le n° 89 (cf. La Gironde du 13 avril); transporté en 1883 au Dépôt du Colisée.
Bibl. — Sansas: 19 la Gironde du 21 février 1867, n° 5661 (réimpr. Soc. arch., IV, p. 186); 20 Le Progrès, V, p. 174 (réimpr. Soc. arch., VII, p. 165). — ROBERT, Soc. arch. VIL, p. 87.
Dfiis) M(anibus) Juni{i) Reguli, defuncti annorum xxvi: nalione Germ{a]nus. Julila] Thais, conjux k(arissima), posuilt].
Natione Germanus ne veut nullement dire que le défunt était né dans la Germanie indépendante, qu'il appartenait à une nation germaine. Il était bien citoyen romain : naftione Germanus ne peut signifier qu'originaire d'une des deux provinces de Germanie. Watio, dans les inscriptions latines, correspond en règle générale à provincia, quoiqu'il ne soit pas rare de le voir devant les noms de cité ou de ville (cf. n° 70). Cela s'explique parce que les provinces de l'empire représentaient les
anciennes nations soumises par Rome. — On disait quelquefois nafus ia (Corpus, VI, 3198, 3290), ou natus ex (id., 3266), natus provinciu (Notizie degli scavi, 1881, p. 372), oriundus ex (Corpus, VI, 3204; Ephemerts, V, p. 234), ortundus procincia (Corpus, VI, 3293), eæ provincia (id., 3312, 3308, 3297), mais la forme nativne (ermanus ou Britannus, etc., est de beaucoup la plus usitée. Mentionnons encore, comme particulière au bas empire, la forme civis Germanus, civis (rraecus, civis Mensiacus (cf. ici n°‘ 69 et 44).
G:l; signifie en grec « gracieuse ».
us
LANONQE AN 10:
EEE ï
D’après l'original (Dépôt d’antiques de l'hôte] J.-J. Bel, n° 13).
Var. — 5° ligne : nous avons inséré dans le second O du dessin une hedera, qu'avait omise ROBERT.
Descr.— Hauteur des lettres : 1r° ]., 0,08; 2e, 0,055 et 0,085; 8° et 4°, 0,055. — « Belles lettres onciales », dit JOUANNET; « lettres de bonne forme », dit ALLMER; « les caractères en sont beaux et anciens », dit RoBERT. Aefatis fortasse Neronianae, dit HüBNER, dont on peut voir l’exact fac-simile. — Entre les deux mots de la dernière ligne, un petit oiseau sur une branche.
Plaque (brisée en cinq fragments) de beau marbre blanc, fortement jauni par le temps et l’action de l'air. — Elle est quadrangulaire et mesure, en largeur, 0,62; en hauteur, 0,40. — M. ROBERT nous a autorisé à reproduire ici son dessin, qui donne une excellente idée de la forme des lettres.
Hist.— JouANNET écrit, à la date de 1837 : « L'année dernière, au mois de septembre, en travaillant à un aqueduc, ruette Saubat, on déterra une plaque de marbre blanc ». D'après mes renseignements, la découverte aurait été faite à l’extrémité de la rue Saubat qui touche la rue Saint-Genès. Aujourd’hui au Dépôt d'antiques J.-J. Bel, n° 18. La présence d’un monument funéraire dans la rue Saubat ne laisse pas de paraître surprenante : c'est une des deux ou trois inscriptions trouvées dans la partie de Bordeaux comprise au midi de la ligne des Fossés.
Bibl. — JouANNET, Statistique, 1, p. 418. — RENIER, fiches ms. — ALLMER, Revue épigraphique, n° 332, t. I, p. 305. — RoBERT (dessin): 1° Société archéologique, VIII, p. 89; 2° Bulletin épigraphique, t. V,p. 207. = Les deux premières lignes en facsimile, le reste en italiques : HÜBNER, Exempla scriplurae, n° 194; cf. p. 60 et aux errala, P. LXXXIV.
L{ucio) Antonio, L(ucii) f(ilio), Gal(eria), Statuto, domo Bilbilfitano): Ocellio, lfibertus).
Les noms du défunt indiquent qu'il est citoyen romain. Aussi son inscription porte qu'il est, non pas «citoyen de Bilbilis », mais « origi- > naire de Bilbilis » : Bilbilis n’est pas sa patrie, sa cité, mais seulement son domicile légal ; l'exactitude de cette formule suffit à indiquer une inscription de la meilleure époque; au rrr siècle, on eût dit couramment ciois Bilbilitanus. |
Bilbilis, comme Turiasso, dont on retrouve un habitant à Bordeaux (n° 23), était célèbre par son acier, dont la trempe était due, suivant Pline l'Ancien (34, 144), à la qualité de ses eaux. J'imagine que c'est le commerce de l'acier qui aura décidé ces deux Espagnols à venir s'établir à Bordeaux. Bilbilis, — illustrée aussi par Martial, qui y est né, — était située dans la province espagnole de Zarraconensis, à l'emplacement aujourd’hui indiqué par le Cerro de Bambola à 3 kil. de Calatayud, par conséquent dans la même région que Turiasso. L'orthographe Bilbilis est donnée par Martial, Pline, Strabon et la très grande majorité des textes : deux inscriptions portent Birbilis, l'une de Rome : T.ACILIVS.T.F CAPITO GALERIA. BIRBILI (Corpus, VI, 2728), l'autre de la voie Latine : Q. ACILIVS.T.F.GALER. SEPTIMINVS. NAT. BIBBILI (Kellermann, p. 37, n° 45). — Pline nous apprend que Bilbilis était un municipe de citoyens romains (3,24); notre inscription et les deux autres que nous avons citées nous montrent qu'en cette qualité Bilbilis était inscrite dans la tribu Ga/eria, à laquelle appartenait le plus grand nombre des villes de l'Espagne Tarragonaise (Grotefend, Zmperium romanum, p. 96).
« Les hommes et les femmes portant le nom de la gens Antonia », dit M. Robert, « étaient extrêmement nombreux en Espagne, si on en > juge par les inscriptions déjà retrouvées » (cf. le commentaire du n°43).
À côté du nom de l’affranchi se trouve gravé un petit oiseau. Je ne doute pas qu'il ne faille accepter l'explication de M. Allmer, et voir dans cette image un rébus, reproduisant le nom d'’Ocellio. Ocellio, qui
+ x r SE
est un nom d'esclave ou d'affranchi, est le même mot qu'aucellio (aucellio ne se trouve nulle part ailleurs; Ocellio se rencontre à Narbonne, Revue épigr., n° 539), et aucellio est un diminutif d'avis, comme aucella et auccllus, et signifie « oisillon ». La présence du petit oiseau prouve précisément qu'Ocellio ne vient pas d'ocellus, « petit œil». « On prononçait le ax presque comme o», fait justement remarquer M. Hirschfeld à propos de cette inscription (Revue d'Allmer, I, p. 384), « on disait Claudius et Clodius, plaustrum et plostrum (voy. Suétone, » V. Vespas., ch. 22), claudicat et ciodicat, Aulus et Olus et cent autres. » Un grammairien du 1v° siècle, Diomedes, dit : au sy/laba cum 0 »commercium habet, ut cum dicimus claustra et clostra, cauda » et coda et similia ». On peut ajouter à ce texte celui de Priscien, 1, 9, relatif également à la permutation, dans aw, de © consonne et d'u voyelle : Au quoque videtur quasi pati divisionem, cum 1 post u addita, transit eadem vw în consonantium potcestatem, ut gaudeo, gavi- SUS; — vairrs, NADILA; — vaës, navis….. E contrario quoque frequenter solet jieri, ut, anteccdente À, et v loco consonantis sequente, si abjicriatur cocalis posita post eam, — 14 est, post v consonantem, — AU diphihongus
fiat, v redeunte in vocalem, ut lavor, lautus; — faveco, fautor; —
avis, auceps, [et ici aucellio], augurium, augustus..…. M. Robert est revenu, dans le Pullelin cpigraphique de 1885, sur
‘cette inscription, pour maintenir la dérivation d'ocellus « petit œil », et
faire de l'oiseau non un rébus, mais un simple signe de ponctuation.
L. HOSTILIO SATVR NINO:HISPAN:CVR NONENSI:L:HOSTILIVS LIBERALIS-LIB:ET HER-EX.TEST F.CVR
Cepie conservée par DE LURSE et l’'anonyme de BOUHIER. Var. — VENUTI écrit à la fin seulement F. C. — GRUTER met des points partout. —
TES chez pe LURBE. — Voyez au supplément (n° 67) la lecture de l’anonyme de BOURHIER. Descr. et hist. — L'inscription se trouvait, au temps de DE LURBE, dans le jarind
RO one ne ÿ re #1
de Florimond de Raymond (rue de Grassi, cf. n° 3). C’est la seule notice qu'on possède sur le monument. — GRUTER dit à tort : Burdegalae inventum 1594. |
Bibl. — DE LURBE, Discours, éd. de 1595, p. 71; de 1619, p. 65 v° (recopiée par SÉGUIER, {nd. ant. inscr. [ms. 16933], f° 256); de 1672 et de 1703, p. 47 v°. — D'après de Lurbe (E libello Gallico Antigq. Burdegal.), GRUTER, p. CCCCXX, 1.— D'après Gruter, VENUTI, Dissertations, p. 31; RENIER, fiches ms. — (D'après ces trois auteurs, SÉGUIER, Index absolutissimus [ms. 16934], f° 424.) — D'après Venuti, JOUANNET, /nscriplions [ms.], n° 15. — D’après de Lurbe, Sansas, Notice, p. 51 (Congrès, p. 509). — D'après Venuti, ROBERT, Soc. arch., VIII, p. 91. — Anonyme de BOUHIER [ms. latin 17575], f° 353rc.
Diis) M(anibus). Lucio) Hostilio Saturnino, Hispan(o), Curnoniensi. L(ucius) Hostilius Liberalis, lib{ertus) et her(es), ex test(amento) f(aciendum) cur(avit).
Le défunt était originaire de Curnonium, ville de l'Espagne Tarragonaise : cette ville, dont la situation est encore inconnue, n’est mentionnée que par deux textes: notre inscription, et Ptolémée (2, 6, 66), qui l'appelle Koupvéwov.
La mention de la province (cf. p. 182) est faite ici sous la forme de l'adjectif.
Tous les noms sont d’origine romaine.
[11 [1/1] ETMEMOR
JAEHEVPL Dr F'AN/XXX/ NAT ? GRAE CrPrGrC'GrE
D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 21).
Var. — À la première ligne, eur le bandeau de l’entablement, on aperçoit la place dés lettres D et M: mais, fait assez bizarre! elles ont été mutilées et martelées à des- Sein. — JOUANNET et SANSAS ajoutaient une ligne à l'inscription en écrivant II sous la dernière, prenant pour des 1 les coups de ciseau donnés sur la base du monument afin de la briser.
Descr. — Lettres hautes de 0,065 et 0,06, et d'assez bonne époque. Les E et les F
présentent cette particularité que la barre supérieure est prolongée sur la gauche, de manière à faire croire que ces lettres soient liées avec des T.
Autel quadrangulaire en pierre : le couronnement est mutilé ainsi que la base. — Hauteur : 0,72; largeur du dé : 0,44. — Dessiné par ROBERT.
Hist. — Trouvé en octobre 1831, d'apres JOUANNET, dans les fondements de la muraille romaine, «petite rue de l'Intendance, maison Faget ». Ce que Jouannet appelle ici, comme partout, « petite rue de l'Intendance », n’est pas celle qui portait en réalité ce nom et qui est aujourd’hui la rue Sairre : c'est la rue Neuve-de-l’Intendance, devenue depuis la rue Guillaume-Brochon. La maison Faget portait alors le n° 8 (cf. le plan de la p. 51); c’est aujourd'hui la maison n° 7. — Donné par FAGET à la Ville, et conservé au Dépôt d’antiques de l'hôtel Jean-Jacques Bel, n° 21.
Bibl. — Jouanner : 1° Académie, 1832, p. 131 et pl. II, n° 17; 2° Inscriptions [ms.], n°0 87. — SAansAS, Notice, p. 37 (Congrès, p. 495). — RENIER, fiches ms. — ROBERT, Soc. arch. de Bord., VIII, p. 103.
[D(iis) M{anibus)] et memoriae Heupli, d{e)f{uncti) anfnos) xxx, nat(ione) Graefci) : C(aius) P(.....ius) G...., c{ivi) g(ratissimo?).
Heuplus est un nom grec venant de eïrhsue, « heureux navigateur ». La lapicide a fait à tort commencer le mot par un n: erreur, remarque justement M. Robert, que l'on rencontre assez souvent dans les noms latins transcrits du grec, comme Æeuschius (Corpus, III, 2315), de Edsééroc. |
Dans l'expression de natione Graecus, Graccus ne désigne pas nécessairement, malgré la règle, du reste très générale, que nous avons posée plus haut (n° 65), l'habitant d'une province, puisque le nom officiel de la province de Grèce était Achaia. Il arrive qu’on appelle Graecus, dans les inscriptions, une personne originaire de Syrie ou d'Asie Mineure, de n'importe quel pays de langue grecque : dans un monument célèbre de Lyon (de Boissieu, p. 322), une femme, originaire de la ville de Nicomédie dans la province de Bithynie, est dite natione Graeca. Il semble, toutefois, que le plus souvent natione ou ciois Graecus (cf. l'inscr. suivante) se rapporte plus particulièrement aux habitants de la province d'Achaie : car, dans une inscription de Naples (Corpus, X, 3116), natione Graecus s'oppose à nafione Nicacnsis (de Nicée, qui est précisément une autre ville de Bithynie).
L'explication suivante de la dernière ligne c. P. @. c. @. est proposée par M. Robert: « On peut, par exemple, supposer qu'il s'agit d'un collège » d'ouvriers grecs, dont le nom de profession, comme purpurarius, » commençait par la lettre P. On aurait ainsi colcgium purpurariorum
» Graecorum, de même qu on connaît à Naples [?] un colleqrium fidicinuim > Romanorum (Znscr. regnr Neap., n° 6845). Les deux dernières lettres » sont plus embarrassantes encore. Peut-être faut-il les développer en »Civi gralissimo, expression qui se trouve dans une inscription d'Es- » pagne où le monument est élevé par deux collèges (Corpus, IT, » n° 4168). »
M é PDIOIANTVS CIVISGRAECVS
Ds ANNO P é PRI MITIVA
Var. — SansaAs omet la première ligne; écrit, à la Sscoide: DIOIANIVS, ce que justifie la petitesse de la barre qui surmonte le T; à la troisième, CRAECVS, ce que rien ne justifie, et ce qu'ont corrigé les éditeurs de la Société archéologique en réimprimant l'article de Sansas.
Descr. — Hauteur des lettres : 1re ligne : 0,03; 26, 0,045; 39, 0,045; 49, 0,06; 59, 0.05; 6e, 0,06; 7e, 0,07. — Lettres de très basse époque, grêles et mal gravées, voisines de l'écriture cursive.
Autel en pierre: la 1'6 ligne sur le bandeau de l'entablement, les autres sur le dé; l'autel est surmonté de volutes et présente une cavité centrale. — Largeur du dé : 0,4]; hauteur du monument : 1,11. — Voyez le dessin de ROBERT.
Hist. — Trouvé en 1868, d’après SANSAS, maison Souleau, rue des Trois-Canards, n° 9: cette maison correspond au n° 62 de la rue du Loup. — Était en avril 1870 (cf. la Gironde du 13) au Musée des Facultés, n° 27; depuis 1883, au Dépôt du Colisée.
Bibl. — Sansas, Le Progrès, VI, p. 574 (Soc. arch., VII, p. 218). — ROBERT, Soc. arch. de Bord., VIII, p. 105. — D'après sa copie, RENIER, fiches ms. — JULLIAN, Bulletin trimestriel des Antiquités africaines, I1I° année, fasc. 1x, juillet 1884, p. 274.
D{iis)M{(anibus). M(arcus)P(...ius) Dioiantus, civis Graecus, d{e)f(unctus) annof(s) li. P(...ia) Primitiva, c(onjux), p{osuit).
Dioiantus est sans doute ici pour Diopantus où Diophantus, équivalent latin du mot grec bien connu Atésavres. :
Sur l'expression civis précédant le nom d'une province, cf. p. 146; sur l'extension du mot Graecus, cf. 186. — On connaît les expressions de ciois Afer, Bithynus, Britannus, Dacus, Dalmatus, Gallus, Graecus, Hispanus, Jtalicus, Alocsiacus (n° 44), Noricus, Pannonius, Raetus, SUTUS.
M. Robert lit la dernière ligne c(onjugi) p(iissimo), lecture aussi plausible que la nôtre.
NICOMD EVSDÆ VC ANNXXXX MLRASECV NNwWXŒR P à C
D'après l'original (Dépôt du Colisée).
Var. — SANnsas omet la première ligne et lit à la 5° et à la 6° VALERIP SECVNDINA (Pest sans doute une faute d'impression); ROBERT lit de même SECVNDINA : ce nom, dit-il, « renferme une ligature de trois lettres dans laquelle devait se trouver un I que l'estampage ne fait pas ressortir ». 11 ne me semble pas que cette lettre ait été indiquée sur la pierre.
Descr. — Lettres’hautes de 0,04, assez laides.
L'inscription 8e lit sur le dé d’un autel rectangulaire, en pierre, dont le couronnement et la base ont été abattus. — Largeur du dé : 0,37. — Cf. le dessin de ROBERT.
Hist. — Trouvé en 1868, d'après SANSAS, « maison Béchade, rue des Trois-Canards », n° 3, c’est-à-dire devant la maison n° 99 du cours d’Alsace-et-Lorraine. — Était en avril 1870 (cf. La Gironde du 13) au Musée des Facultés, sous le n° 156; depuis 1883 au Dépôt du Colisée.
Bibl. — SAnsAs, Le Progrès, VI, p. 583 (réimpr. Soc. arch., VIIL, p. 127). = ROBERT, Soc. arch., VIII, p. 109.
.... natione Nicomedeus, defu{n)c(tus) ann(os) xxxx. Valeria Secund(ijna, uxor, p{onendum) c(uravit).
Ici natione détermine le nom d’une ville et non pas celui d’une
province : Vicomedeus est l'adjectif formé de Wicomedia (Nrxcurèeux), nom de la ville grecque de Nicomédie en Bithynie, l’une des plus
importantes cités de l'empire. La forme Wicomedensis se rencontre à côté de celle de Vicomedeus, mais, comme le remarque M. Robert, cette dernière répond à l'adjectif grec, qui est NixcutBeroc.
MEMORIAE Q BSELSYRI IJEIAN-LXXX CONIVX-P
D'après l'original (collection Dubois), et à l’aide de la copie d’ALLMER.
Var. — Seconde ligne, seconde lettre : nous avions lu LI liés; ALLMER (Revue épigr., 1, p. 180; Soc. arch., VIII, p. 111) a lu L3 liés; SANsSAS (apud RoBERT), L seulement.
L'état actuel du monument ne nous permettant pas, pour le moment, de retrouver, sur les lieux, la vraie lecture, nous adoptons celle d’Allmer, d’ailleurs en toute confiance: et nous sommes assuré que nous n’aurons, dans notre supplément, qu’à en reconnaître l'exactitude.
Descr. — Très mauvaises lettres, hautes de 0,033 à 0,045.
Autel quadrangulaire à base et couronnement. — Largeur du dé: 0,33; hauteur du monument : 0,80. |
Hist. — Provenance inconnue. — Il est probable que le monument provient du même endroit que les pierres qui l’avoisinent dans le jardin de Dubois, c’est-à-dire des fouilles faites vers 1848 dans la muraille romaine, sur l’emplacement du Temple (situé au milieu de la partie haute de la rue du Temple, côté oriental); cf., sur ces fouilles, la Commission des monuments historiques, 1848-1849, p. 7. Dans une lettre écrite le 4 août 1849 au Maire de Bordeaux et conservée aux Archives municipales, SANSAS dit: «Il y a quelques mois qu'on a découvert rue du Temple une grande quantité de cippes dont quelques amateurs se sont emparés ». Sansas vise entre autres COUDERT, qui se fit donner ou acquit sans doute le monument qui nous occupe et le fit transporter dans son jardin (aujourd'hui propriété Dubois), ruse Ségalier, 27. Le cippe est dans l'allée du fond du bois. — DuBois l'a légué à la Ville en janvier 1885.
Bibl. — D'après une copie envoyée par SANSAS, ROBERT, Société archéologique de Bordeaux, VIII, p. 110.
Memoriae Q{uinti) L(ijb{erii??) Sel(euci), Syri, [d\e{functi) an(nos) lxxx. Conjux p(osuit).
Ï n'y a rien d'étonnant à ce que le gentilice du défunt ait été abrégé, même par son initiale : seulement, j'ignore au juste comment il faut interpréter le monogramme qui semble reproduire un 8 (peutêtre un x) et un L liés. — De même, que le cognomen Seleucus ait été
abrégé sEL, cela n’a rien qui doive surprendre, puisque, le défunt étant Syrien, le sens de ces trois lettres ne pouvait être douteux : y avait-il en Syrie un surnom plus fréquent et un nom plus connu que celui de Seleucus? — M. Allmer (cf. Revue, I, p. 180 et Soc. arch., VIII, p. 111) lit seL() [gentilice] syrr [surnom], Q(uinti) L(i)B(ertt) [interprétant ainsi le monogramme et supposant une inversion].
M’ IVLIO*C*F-VoLr SEVERO EX TESTAMENTO
D'après l'original (jardin du Rectorat).
Var.— EX perdu aujourd’hui et conserve par SINCERUS et l’anonyme de BOUHIER. Lecture de SINCERUS : M. IVLIO CAES. F. VoIT SEVERO EX TESTAMENTO.
Descr.— Belles lettres, hautes, à la 1re ligne, de 0,12, 0,14 et 0,09; à la 2°, de 0,9; à la 86, de 0,7.
Plaque de marbre qui devait mesurer 1 mètre en largeur et 0,50 en hauteur.
Hist. — La première mention de cette inscription se trouve chez SINCERUS qui la vit en 1612 dans le jardin (in horto, dit l’anonyme) de Florimond de Raymond [rue de Grassi] : Inscriptiones omnes, una excepta, edidit Lurbœus: Ea fuit, si recte memini, etc. De toutes les inscriptions de ce musée, c'est la seule omise par de Lurbe, et la seule aussi qui nous soit parvenue. Elle est aujourd’hui encastrée dans le mur de droite du jardin du Rectorat, rue du Temple, n° 28, à l'endroit même où était le jardin de Raymond : c'est là que la retrouva DEZEIMERIS en 1880.
Bibl. — SINCERUS, éd. de 1616, p. 40; de 1627, p. 392. — D'après lui, mais en figurant le monument à sa manière, DE BEAUMESKNIL [ms.]. — Anonyme de BoUHIER [17575], f 352. — DEZEIMERIS : 1° Soc. arch. de Bord., séance du 11 juin 1880 (t. VII, p. x); 20 Sulpice Sévère, p. 20 (Soc. arch., VI, p. 128). — D'après cette dernière étude, ALLMER, Revue épigraphique, n° 190, t. I, p. 162. — JuLLIAN, Bulletin épigraphique, IV, p. 195.
M{arco) Julio, C{at) f(ilio), Volt{inia), Severo, ex testamento.
C'est un des deux seuls monuments de Bordeaux où tous les noms et la tribu du défunt se trouvent indiqués à la manière romaine (cf. n° 66).
La mention de la tribu Voltinia indique que le défunt n’était pas
originaire de Bordeaux. Nous savons en effet que cette ville était inscrite, comme Périgueux sa voisine, dans la. tribu Quirina (cf. Soc. arch. de Bord., VIII, p. 165).
Il est au. moins douteux que les deux fragments qui suivent concernent des étrangers, la copie qu’a donnée de l'un et de l'autre dom Devienne étant fort sujette à caution.