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D'après l'original (Dépôt d’Antiques du Colisée).
Var. — °° 1.: ROBERT écrit MATER.
Descr. — Hauteur des lettres : 0,06 et 0,02. — Caractères légèrement allongés (les T à barres obliques et sinueuses), mais fort bien gravés, et semblant appartenir. malgré des bizarreries paléographiques, à une assez bonne époque.
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L'inscription se lit dans un encadrement formé en bas par des marches, des deux côtés par des pilastres. La partie supérieure du monument a été sciée. — Largeur du monument : 0,55; hauteur du fragment : 0,69. — Voyez le dessin de ROBERT, Soc. arch.
Hist. — Provenance inconnue : mais il n’est pas possible de douter que le monument ne vienne des fouilles faites sur la ligne méridionale du mur romain, en 1865-1871], pour Ja construction de la voie du Peugue (cours d’Alsace-et-Lorraine). Il était, dès 1871, et sans doute dès 1870, au Musée lapidaire de la rue des Facultés (sous le n° 35); transporté en 1883 au Dépôt d’Antiques de la rue du Colisée.
Bibl. — ROBERT : 1° Acad. des Inscr., comptes-rendus de 1872, p. 55; 2 Socuété archéologique, IV, p. 221 et pl. xxx. = JULLIAN, Thenae, p. 12 (Bulletin épigraphique, IV, p. 177).
Diis) M{anibus). Memoriae An(niae) Laviniae : Veran(ius) Verus, marit(us), et An(nia) Augusta matr(i) pient(issimae), d{ono) d(ederunt).
M. Robert a fait justement remarquer les singulières coïncidences que présentent les noms des personnages inscrits sur ce monument, et qui sembleraient faire croire qu'ils étaient unis par quelques liens à la famille de Marc-Aurèle. La défunte et sa fille portent le même gentilice que cet empereur : on sait qu'avant son adoption par Antonin, il s'appelait Annius Verus. Le cognomen de la première femme, Larinia, qui se trouve d'ailieurs chez des personnes qui ne tiennent en rien à ce prince, ajoute ici cependant à la singularité de tous ces noms. S'il s'agit d'affranchis de la famille de Marc-Aurèle, voici comment ils s'expliqueraient: Anxia Lavinia serait une esclave affranchie par le père de Marc-Aurèle, ou par ce dernier avant son adoption, elle serait néc dans les domaines que les Annii possédaient à Lavinium; sa fille, née après l'avènement de Marc-Aurèle, a pris le surnom d'Augusta; son mari, esclave d'un Verus, soit du père de Marc-Aurèle, soit de son frère adoptif Zucius Verus, aura pris, en passant au service de l’empereur, le nom de Veranus, qu'il aura transformé en nom de famille, Veranius. Ce ne sont là d'ailleurs que des hypothèses, peutêtre plus que hasardées, et la présence à Bordeaux d'affranchis de Marc-Aurèle n'est rien moins que certaine. — Cf. Verania Vera à Vérone, Corpus, V, 3181.
Le redoublement du pp dans les abréviations Z(oxo) D(ederunt) prouve que le monument a été donné et dédié par deux personnes. Le nombre d'exemples de ces sortes de redoublement donnés dans le Bulletin épigr., t. IV, p. 176-177, pourrait être aisément augmenté.
Remarquons encore jcf. l'inscr. n° 60] le changement de tournure dans la rédaction, la différence que présentent les formules suivant le degré de parenté : le mari indique sa qualité, maritus; la fille, celle de
sa mère, natri. |
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