‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 62 sur 263 · CV RAVIT · texte numérisé non relu

CV RAVIT

D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 131). Var. — Voici comment JOUANNET et SANSAS lisaient le milieu de l'inscription:

JOUANNET : SANSAS :

MO.DEFVNCT. MO. DEFVNCT ANNORV.XXXXI ANNORVM XXXXI I.LICINIA.CORTA I. LICINIA. CORTA THRA.CONIVX TRA. CONIVX

C'est conformément à cette lecture que les lettres de l'inscription ont été, fort à tort, repeintes au minium, ce qui a entraîné ARBELLOT et RENIER à lire à leur tour CORTAT. HRACONIVX.—G de CONIVGI à peine distinct d’un C.

Descr. — Lettres point trop laides, hautes de 0,032, 0,025 et 0,019. — Elles ont été jadis peintes au minium, et repeintes de nos jours.

Autel quadrangulaire en pierre : la base enlevée, le couronnement abîimé. — Hauteur : 1,19; largeur du dé : 0,34.

Hist. — Trouvé, suivant JOUANNET, en septembre 1828, derrière l’ancien Lycée, dans le mur de l'antique enceinte. Donné par BROWN, propriétaire du terrain, et transporté au Dépôt d’Antiques de l'hôtel J.-J. Bel, où il se trouve sous le n° 131.

B1b1. — Jouanner : 1° Acad., 1827, pl. [II], n° xix, et p. 135; 20 Znscr. [ms.], n° 47. — SANsAS, Notice, p. 31 (Congrès, p. 489). — ARBELLOT, Bulletin monumental, t. XXVII, p. 657. — RENIER, fiches ms. — ROBERT, Soc. arch., VIII, p. 108.

Diis) M(anibus). L{ucio Cosconio Jucundo, conjugi dulcissimo, defuncti annorun xxxxi. Licinia Corinthia, conjux dulcissima, pone(n)dum curavit.

La lecture LICINIA cORTA, THRAX, ayant été définitivement écartée par M. Robert, l'inscription ne présente aucune particularité digne de remarque. « Si le mot Corinthius », dit M. Robert, «est employé comme » ethnique dans Térence (Æeautont., 3, 3, 39) et dans d’autres auteurs,

» ce mot ne se rencontre, si je ne me trompe, dans les textes épigraphi- » ques, que comme surnom en général servile ».

T-C:- CINTONIS-:

D'apres la copie que nous en a conservée DE LURBE dans son Discours.

Descr. hist. — « Trouvée en 1564», dit DE LURBE en 1594, «aux ruynes de la maison ancienne du sieur de Duras, près ladite petite Observance. » La maison de Duras était située dans la partie haute de la rue de Grassi, vers les n°5 9 ou 7 actuels, et ses fondements étaient voisins de la muraille romaine {cf. Drouyn, p. 445].

Bibl. — DE LURBE, Discours, éd. de 1595, p. 67; de: 1619, p. 64 r° (recopiée par SÉGUIER, /nd. ant. inscr. [ms. 16933], f° 255); de 1672 et de 1743, p. 46 r°. — Tous ceux qui ont cité cette inscription l'ont empruntée à de Lurbe : BOUHIER [ms. 20317], f° 409, n° MCCCCXIX ; — VENUTI, p. 42; — (SÉGUIER, /ndezx absolutissimus [ms. 16935], f° 819, qui la donne deux fois, d’après de Lurbe et d'après Venuti). — JOUANNET : 1° Acad., 1829, pl. [11], n° 3; 2° Znscr. [ms.], n° 6; — Saxsas, Notice, p. 27 (Congrès, p. 485); — DEZEIMERIS, Remarques, p. 4 et 7 (Soc. arch., VI, p. 50 et 53). D'après ce dernier, ALLMER, Revue épigraphique, t. I, p. 163.

Diiis) M{anibus) Titi) C(laudii?) Cintonis.

Le gentilice Claudius étant le plus répandu de tous ceux qui ont un c pour initiale, on ne peut guère songer ici à un autre nom. Du reste il se trouve souvent abrégé de cette manière, surtout en Gaule.

Cinto est un nom celtique. Zeuss (p. 307) le dérive du même radical que l'irlandais céf ou le breton cint, correspondant au latin primus ou prior. C'est le radical celtique qui a fourni le plus de noms à l'épigraphie bordelaise : on trouve Cinto, Cintus et Cinta, Cintugenus et Cintugena, Cintusma ct Cintusinus, Cintugnatus et Cintugnata. On trouve ailleurs le gentilice Cratugnatius et les diminutifs Céntullus et Cintulla (Corpus, III, 4934, 4944). Évidemment ces noms correspondent aux noms latins Primus, Primulus, Primigenius, Primianus, Primio. Les noms formés de c?at- étaient assez fréquents dans ce pays pour qu'ils aient pu donner naissance à des noms de lieux qui sont encore en usage aujourd'hui. Ainsi Centujean, nom actucl d’un quartier de Bègles, vient évidemment de Cintugenus: «Il existoit dans la Paroisse de » Becgle », dit à ce propos l'abbé Baurein, Varictés bordelaises, IV (éd.

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