‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 95 sur 263 · SIBI ET CONIVGI. VIV. SIBI ET CONJU · texte numérisé non relu

SIBI ET CONIVGI. VIV. SIBI ET CONJU

188 Voici le dessin et le texte que donne deux fois Viner (2° édition du Discours et Commentari):

FAROVR IAEFAS Ï!

NAEMCALVEN!

SABINIANVS "VI SIBI ET CONIVG

Le dessin que donne VENUTI, sur une échelle double, mérite beaucoup moins de confiance. 11 est visible que le monument est embelli, tandis que Vinet s’est plus directement inspiré de l’antique. C’est ainsi que l’homme, chauve chez Vinet, porte, chez Venuti, une magnifique chevelure bouclée, qu’au lieu de la fiole figurée ci-dessus. il tient une coupe d’une facture toute moderne, et que le panier de fruits de la femme est transformé par Venuti en couronne de laurier. Voici le texte de Venuti :

D. M TARQVINIAE.FASTI Remarquez la forme mé- NAE.M.CALVENT diévale À que Venutidonne SABINIANVS.VIV aux À et qu'ils n'avaient SEIBI.ET.CONIVGI. certainement pas.

« La hauteur de la pierre », dit-il, « est de quatre pieds, sa largeur de deux pieds ». Hist. — DE LurBe fait précéder dans sa Chronique, à la date de 1590, le récit de l'installation de l’autel du génie (vide n° 1, hust.), de ce qui suit : Cum in memorium

nominis Vivisci, mullis ante annis Jurati Burdigalenses in Vestibulo Basilicae municipalis locandam curassent antiqui operuis staluarn, cui haec inscriptio inest, etc. : «Comme les devanciers Jurats eussent, en mémoire du nom ancien des Bourdelois, appelez Vivisces, faict dresser à l'entrée de la maison de ville une ancienne statuë ou ces mots sont escrits, etc. » Nous voyons par APIANUS que Cette installation remonte au commencement du xvi® siècle: Burdugalae in pu. aed. lapis sequentem in modum effigiatus oisitur. — La place où se trouvait le monument nous est indiquée par VINET (1re éd.) : « Ainsi qu’on est entré en la maison commune de la ville de Bourdeaus, par-deuant l'église Saint Eleige, on uoit ung puïs dedans une muraille à main gauche, un peu pardelà ce puis en mesme muraille i a une piere, qui desia long tems a, quelque studieux d'antiquité fit apporter de quelque part, et mettre là pour estre gardée en ueuë de tout le monde». C’est à cette place que l'ont également vue HENTZNER en 1597 (ad portam curiae) et SINCERUS en 1612 féntranti vestibulum Basilicae statim ad laevam conspicitur in pariele) et qu'elle se trouvait toujours en 1718, au dire de TILLET : «On void aussi dans le même Hôtel de ville, à l’entrée sur la main gauche, prez du Puis, une pierre d'environ un pied et demi de diamettre, enchassée dans la muraille » (1). — « A l'entrée de l'Hôtel de Ville », dit encore VENUTI en 1744. C’est la dernière trace que nous possédions de l'inscription, qui existe peut-être encore à Bordeaux.

Bibl. — D'après les notes quas à secrelis Electoris Comitis Palatini Ludouici nobis misit [HUBERT-THOMAS LEODIUS?], APIANUS, p. CCCCLXXXVIN, — VINET : 1° Anéiquilé de Bourdeaus, 1r° éd., de 1565, p. C [1] r° (réimpression de [1718], p. 416) (inde, ms. anonyme 733 de la bibliothèque de la Ville, f 8 ve), 20 2e édition, de 1574 (réimpr. par RIBADIEU en 1860), $ 26 (avec dessin) (transcrite par SÉGUIER, ms. de Nimes 13803, fo 317), 39 Commentari in Ausonium, 8. 25 A (avec dessin) (note réimpr. par SCALIGER, à la suite de ses Lectiones, éd. de 1588, p. 218). — D'après Vinet, GRUTER, p. DCCCXX XII, 1. — D'après le même Vinet: BELLET, L'antiquité de la ville de Bordeaux [ms. de l'Académie, t. V], f9 4; — JouanNer : 19 Acad., 1827, pl. [111]; 2° Znscr. [ms.], n° 1; — SANSAS, Notice, p. 55 (Congrès, p. 513). — DE LURBE, Chronique, à l’année 1590 : éd. de 1590, p. 28 r° (recopiée dans SÉGUIER, ms. de Nimes 13814, f0 42 ro; cf. 42 vo); éd. de 1594, p. 51; éd. de 1619, p. 49 v° (recopiée dans SÉGUIER, /rd. ant. inscr. [ms. 16933], f° 255); éd. de 1672 et de 1703, p. 35 v°. — D'après lui, MERULA, Cosmographia, II, Il, p. 550. — HENTZNER, l{inerarium, p. 89. — SiNCERUS, Llinerarium, p. 36 de l'éd. de 1616; p. 388 de celle de 1625. — (D’après ces auteurs, SÉGUIER, {ndex absolutissimus, t. II, [ms. 16935], fo 851.) — [TizzuT], Chronique historique [1718], p. 7. — VEXUTI, p. 30 et planche I.

Dis) M(anibus) Tarquiniae Fa(us)tinae : M{arcus) Calventifus) Sabinianus, viv(us), sibi et conjugi.

Les Bordelais de la Renaissance, entre autres de Lurbe, interprétaient VIV par Viviscus, ce qui leur attira l'aimable rectification que voici de la part de Merula: Viv. entin ibi, non Viviscus, sed, ut in

(1) L'endroit où était le puits de l'Hôtel-de-Ville n’est pas indiqué dans le plan donné par la Commission des monuments, 1818-1849, p. 14. Mais il ne me semble pas douteux qu'il ne faille l'identifier avec le cercle indiqué, sur ce plan, au sud et à gauche du passage marqué H, entre ce passage et la chambre du guet, marqués B. C'est un peu plus loin que le puits, toujours du même côté, et sous le passage Il, que devait ètre enclavée l'inscription.

infinitis aliis Marmoribus, Vivens. Zgnoscent miki, spero, optimri Cives. Non enim hacec ego, ut viviscoruM (qui aliunde satis nobiles) memoriain obscurem, sed ut veram 1stius Sabiniant apcriam mentem et quasi scitum.

On pouvait dire F'astina pour Faustina comme on disait Cladia pour Claudia (n° 100).

D M ARPRISCILLAE.

D li!e AN XVI PERPETVI FIL CALVISINVS SERD//S S D

D'après l'original (collection Dubois).

Var. — JouANNET lisait : AR PRISCILLA | D AN XVI | etc. | CALVICINVS. SERDVS. S. D. — ROBERT, à la 2° ligne, donne VIR PRISCILLAE, à la 5°, CALVIONVS.SER. D.P.S.D. '

Descr. — Lettres extrêmement petites, mesurant à peine un centimètre à un centimètre et demi; caractères grêles, à peine gravés et voisins de l'écriture cursive.

Monument en pierre bâtarde : au sommet, un fronton avec acrotères, sur lequel 8e lit l'inscription; au-dessous, dans une niche, la figure en pied de la défunte : « Priscilla est représentée coiffée comme Faustine jeune l’est sur les médailles; elle est vêtue de la stola, et par dessous d’une tunique à longs plis tombant jusqu'à la pointe des pieds. Ses bras sont nuds; elle tient de la main gauche un miroir rond à long pied, et de la droite un peigne, comme si l'amour de la parure l’eût suivie jusqu’au tombeau. Malheureusement le visage a été un peu dégradé; le reste est très bien conservé » (JOUANNET). — Largeur : 0,37. — Voyez le dessin de LACOUR.

Hist. — Trouvé vers août 1828, suivant Jouannet, dans la rue Neuve de l'Intendance (rue Guillaume-Brochon, au n° 6, cf. n° 20, his{t.). Devenu alors la propriété de COUDERT, il est demeuré depuis rue Ségalier, n° 27, dans le vestibule de la maison appartenant aujourd'hui à M. DuBois. — Légué à la Ville par Dubois (janvier 1885).

Bibl. — JOUANNET : 1° notes ms. [II, 1], 2° Académie, 1829, pl. [V] (dessin de LACOUR); n° 49, p. 182,30 Inscriptions [ms.], n° 137. — Le dessin de LACOUR a été reproduit par Du MÈGEe, Archéologie pyrénéenne, atlas, t. II, pl. 13-14, n° 4. — SAnsas, Notice, p. 47 (Congrès, p. 505). — D’après ROBERT, RENIER, fiches ms.

D{iis) M(anibus). Tarfquiniae?) Priscillae, die]f(unctae) an(norum) œvi, Perpetui fil(iae). Calvisinus Serdus (dé) s(uo) d(edit).

Nous avons rencontré ailleurs (n° 55) le surnom Serdus. Calvisinus, formé du gentilice Calvisius, est un surnom en -inus employé ici comme gentilice ; nous avons déjà parlé de ces gentilices en -fnus; cf. p. 40.

| 187 TATINIYANAXA |

D NC N GORASY+MA

TriTvs v |

Var. — D M chez JOUANNET et RENIER; D omis par SANSAS et DE CAUMONT. — TATINIE Chez JOUANNET, TATINE chez SANSAS.

Descr. — Lettres de 2 à 3 centimètres, élégantes, très soigneusement gravées.

Monument quadrangulaire en pierre. Dans une niche cintrée, le buste d’une femme : au-dessous, sur un cartouche en saillie, l'inscription. — Hauteur : 0,70; largeur : 0,41. — Voyez le dessin de DROUYN.

Hist. — Trouvé, d'après JOUANNET, en sept. 1826, dans le mur romain, derrière le vieux Lycée (dont l'emplacement est aujourd’hui celui des n° 22 et 24 du cours de l’Intendance). — Donné par BROWN à la Ville. — N° 92 du Dépôt Bel.

Bibl. — JoUuANNET : 1° Académie, 1827, planche [11], n° xxix; cf. p. 137; 2° Inscriptions [ms.l, n° 43. — Sansas, Notice, p. 19 (Congrès, p. 477). — DE CAUMONT: 1° Bull. mon., XXVIII, p. 440 (dessin de DROUYN, p. 441); 2° Abécédaire, éd. de 1870, p. 482 (dessin de DROUYN, p. 483). — RENIER, fiches ms.

D{iis){[M{(anibus)].Tatini(us) Anaxagoras,maritus, p(osuit).

Le donateur n'’a-t:il pas fait graver le nom de la défunte (bizarrerie qui se rencontre ailleurs à Bordeaux)? ou faut-il supposer Zafini(ae)? C'est ce qu'on ne peut décider. La première hypothèse est peut-être préférable, parce que d'ordinaire l'on abrège les gentilices, en supprimant seulement la terminaison us.

HN ANTIA NL D A7 188 D Ÿ+ av ,

Var. — Lecture de JOUANNET : VIATO.... DF.AN.XXI.

Descr. — Lettres de 0,03, assez élégantes ct bien gravées, mais voisines de la cursive.

L'inscription est sur l'arc d’une niche cintrée: au-dessous, le buste d’une JARE fille. Le monument est très dégradé. — Largeur du fragment : 0,40.

Hist. — 11 semble, d’après la place que JOUANNET donne à l'inscription dans son ms.. qu'elle ait été trouvée en 1840, sur l'emplacement du fort du Hà. — Dépôt J.-J. Bel, n° 77. Bibl. — JOUANNET, /nscriptions [ms.], n° 128. — RENIER, fiches ms.

Ulatila Vjenantia, d{efuncta) an{norum) xxvi.

Ulatius, connu d’ailleurs, me paraît un gentilice d'origine celtique. Voyez VLATOS sur les monnaies gauloises (Duchalais, n° 364), vLATvS, VLLINYS, VLIVVS, VLIGGVS, Comme noms de potier (Schuermans, 5876-5881). Sur l'emploi du suffixe -af dans les langues celtiques, cf. Zeuss,p. 796.

Cal

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