‹ Insertion vicieuse du placenta et tamponnement vaginalChapitre 11 sur 49 · CHAPITRE III FU · texte numérisé non relu

CHAPITRE III FU

Anatomie pathologique. r. Ré

Que le placenta soit expulsé, comme on en a cité des.

exemples, avant le fœtus, en même temps que lui, ou,

. comme c’est la règle, après lui soit spontanément soit arti-

ficiellement, il présente le plus souvent un aspect ou des

lésions caractéristiques. Baudelocque fixa le premierl’atten-

- tion sur les caractères anatomiques du délivre anormale-

ment inséré ; il le trouva plus petit que d'habitude, sans

que cette petitesse pût être mise sur le compte de l’hémor-

rhagie. Il est aussi un peu moins pesant que le placenta normal.

Les recherches de Gendrin, confirmées depuis par Schrœæder, Hofmeier, Ahlfeld, ont montré qu’il présente des caractères macroscopiques particuliers : il n’a pas, sauf peut-être dans la variété totale, la forme régulière, arron- at

- die qu’il offre habituellement ; ses contours sont plus ou moins accidentés, souvent déchiquetés dans la variété cen-. trale quand on à été obligé de le décoller pour aller déchirer les membranes et quelquefois perforé en son centre, avant la naissance, par l’accoucheur, d’un orifice par où ge sont écoulées les eaux et a parfois passé l'enfant. Il est étalé, applati, allongé, bilobé ou en limande au lieu d’être discoïde. Les cotylédons différent de volume et d'épaisseur,

atrophiés en certains points, épaissis dans d’autres. Lepla- BOURDIER o

centa bilobé, par suite de l’atrophie des cotylédons répondant à l’orifice du col, remplacés par un pont de membranes, peut donner lieu à une erreur de diagnostic si l'on veut poser celui-ci avec le toucher pratiqué au début du travail. On évitera de commettre l'erreur si l'on veut bien se souvenir qu’il n’est possible de qualifier la variété d’insertion qu'avec une dilatation suffisante.

Depaul fait remarquer que la portion dont le décollement a été cause de la perte de sang offre une coloration plus foncée que le reste, présente des traces d'hémorrhagie ancienne ou récente et est souvent recouverte de caillots. Les membranes sont en général plus épaisses qu'à l'état normal, plus résistantes à mesure qu’on se rapproche davantage du placenta, aussi sont-elles parfois très difficiles à rompre et le doigt peut ne pas suffire à cette besogne. Il est possible de juger approximativement, après la délivrance, de la distance qui séparait Le bord placentaire de l'orifice interne du col, et de vérifier ainsi le diagnostic porté avant ou pendant le travail. L’effraction des membranes par où a passé l'enfant et qui est plus ou moins éloignée de ce bord, correspondait en effet, en général, avant l’accouchement, au col dilaté. Mettant le délivre à plat, reposant par sa face utérine sur un plan horizontal, on pénètre avec la main dans l’intérieur de l’œuf, on soulève les membranes, on les tend et l’on se rend compte de cette distance que l’on peut mesurer, qui sépare les bords de l'ouverture du bord placentaire le plus rapproché d’elle. On aura ainsi à peu près la distance qui séparait le placenta des bords de l’orifice utérin. Nous avons vu que pour Barnes, pour qu’il y ait placenta prœvia, il fallait que le

fe.

LÉ La AU du bre en Not soit distant 4 cet orifice <. de moins de 7,6 centimètres. M. Pinard admet qu'il ya in- = sertion viciense toutes les fois que dun côté de lorifice de : “rupture, les membranes tendues mesurent moins de : EM centimètres. Ce procédé, nous n'avons pas besoin dele | <> 44 | dire, n’est applicable qu'autant que la délivrance est nor- | male, les membranes intactes et complètes, ce qui est loin d’être ici la règle.

Le lieu d'insertion du cordon a aussi son importance ; si elle est en raquette et surtout vélamenteuse, on concoit avec quelle facilité se rompront les vaisseaux au moment 4’ une déchirure, d’une déchirure artificielle surtout; l’hé- 34 morrhagie qui en sera la conséquence se fera, elle, aux dépens du sang du fœtus qui ne tardera pas à succomber par anémie aiguë.

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