TON
Voyons quels sont les caractères de cette hémorrhagie.
Tous les accoucheurs admettent depuis Duparcque, que la perte débute ordinairement d’une façon spontanée, bien que son apparition soit parfois précédée de prodromes (douleurs de reins, etc.), ou provoquée par l’abus de l'acte conjugal, sur lequel a insisté Mme Boivin, ainsi que par les coups, les chutes, etc.) (obs. XX VIII).
Ces notions, quelqu'utiles qu’elles soient à connaître pour expliquer et prévenir l’hémorrhagie utérine, dans certaines circonstances considérées d’ailleurs, par la célèbre accoucheuse elle-même, comme exceptionnelles, n’enlèvent pas à l'hémorrhagie son caractère de spontanéité, qui.est la règle. Elle apparaît, en effet, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte par la lecture des observations, le plus souvent sans cause appréciable ; c’est, non pas à l’occasion d'un travail fatigant, mais alors que la femme est tranquillement assise, au milieu d’une occupation peu pénible comme la couture, ou même lorsqu'elle est couchée et profondément endormie que la perte survient, etce n’est pas alors la douleur qui la réveille, car celle-ci fait Le plus souvent défaut : la femme se sent mouillée, croit seulement avoir perdu de l’eau, regarde et constate non sans effroi que c’est du sang. L’hémorrhagie est donc insidieuse, silencieuse.
Elle est de plus, en général, assez considérable d'emblée.
Elle dure quelques heures, un jour, deux jours, ou quelquefois persiste « plusieurs jours sous forme d’un suintement qui n'empêche pas la femme de vaquer sans inquiétude à ses occupations » (Depaul).
D’ordinaire, elle s'arrête spontanément.