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Elle peut présenter toutes sortes de degrés, depuis la perte de sang légère qui ne donne pas même lieu à un affaiblissement général passager et à laquelle la femme ne prend pas garde, l’attribuant à quelque fatigue, jusqu’à celle qui plonge la malheureuse dans le coma ou provoque une syncope fatale. Mais il est rare, bien qu’on en ait cité des exemples, que cette première hémorrhagie soit assez grave pour devenir mortelle, c’est encore un de ses caractères.
C'est de plus une hémorrhagie à répétition.
- « Au bout de quelques jours, dit Depaul, quinze jours, ou davantage, une deuxième hémorrhagie survient dans les même conditions, plus abondante, d'une durée plus longue, avec expulsion de caillots. Celle-ci s'arrête encore spontanément, et la femme reprend encore son travail. Puis, après un intervalle plus court que le premier, une troisième hémorrhagie se montre, plus abondante encore ; alors, la femme s'inquiète, demande du secours et, sous l'influence de traitements divers, on voit la perte s'arrêter de nouveau et le travail se déclarer. Ou bien encore, c’est 4, 5 pertes successives qui se font, de plus en plus rapprochées, avant le travail. Habituellement, c'est à la 2° ou 3° hémorrhagie que les douleurs s’éveillent, et, sous l'influence des contractions utérines, celle-ci cesse ou plus souvent augmente d'intensité. Il faut alors qu'un traitement approprié soit mis en œuvre pour la diminuer en favorisant l’accouchement spontané ou en permettant d’attendre l'intervention de l’accoucheur jusqu'au moment où la dilatation sera suffisante ».
Nous avons dit que, dans certaines circonstances, l’hémorrhagie ne se montre pour la première fois qu'au moment
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du travail ; en tout cas, qu’elle ait ou non apparu auparavant quand celui-ci se déclare, elle est généralement abondante et augmente d'intensité, ainsi que l'avaient remarqué Levret, Mme Lachapelle et quelques autres, sous l'influence des contractions utérines. Elle peut réapparaitre après l'expulsion du fœtus, se continuer pendant et après la délivrance, et c’est dans ces cas surtout qu’elle crée un danger immédiat pour la vie de la femme. Le segment inférieur, très vasculaire en raison même de la présence du placenta, plus mince que le reste de la paroi utérine et moins riche qu’elle en fibres musculaires contractiles, n’est par suite en état de fournir que d’une façon très atténuée cette contractilité qui, dans l'insertion normale, est l’agent ordinaire de l’hémostase. « Après l’accouchement, le col restera mou, même quand le corps de l’utérus forme à l’épigastre un corps dur; c’est pourquoi les hémorrhagies consécutives à l'accouchement, et même à la délivrance ne sont jamais plus à craindre que lorsque le placenta s’insère sur le segment inférieur » (Tarnier, loc. cit.). Dans la variété totale en particulier, ces hémorrhagies, que le délivre soit ou non complètement décollé, sont quelquefois d’une excessive gravité: elles se font en nappe, le sang s'écoulant des sinus restés héants, à cause de l’inertie utérine au lieu d'implantation et amènent trop souvent, quoiqu'on fasse, la mort rapide de l’accouchée (obs. VIII). Parmi les accidents auxquels donne lieu la présence du placenta sur le segment inférieur de l’utérus, et qui sont en même temps les symptômes qui trahissent cette anomalie, l’hémorrhagie est donc, comme le disait Peu : « le plus universel, le plus dangereux, le plus pressant de
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na tous ». nt le professeur Pajot avait-il coutume de dire L que si quelque motif avait dû le détourner de la pratiq que des accouchements, c’eût été la crainte de l'hémorrha- gie. Elle est, en effet, parmi les dangers liés à la pratique : N des accouchements, le plus justement redouté, et il n’en AT #1 est aucun qui préoccupe au plus haut point le praticien, 3 dont le perpétuel souci est d'arrêter ces pertes si terribles Has Das leur fréquence, leur intensité, leur répétition, et d’en prévenir le retour autant qu’il est en son pouvoir.