‹ Insertion vicieuse du placenta et tamponnement vaginalChapitre 22 sur 49 · BE · texte numérisé non relu

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à laquelle le célèbre accoucheur anglais a donné son nom sicen’est pour l'avoir imaginée, tout au moins pour en avoir fait une heureuse application à l'insertion vicieuse du placenta.

Supposant un cas où la présentation est normale et l'orifice utérin assez dilaté pour admettre un où deux doigts, la poche des eaux étant ou non rompue, voici comment Braxton-Hicks décrit le manuel opératoire de sa méthode :

« La parturiente est placée dans la position obstétricale et un doigt d’une main introduit dans le col. Après avoir reconnu la tête et sa position, je place l’autre main sur l'abdomen au niveau du fond de l'utérus; je reconnais le siège et avec cette main, j’appuie sur lui doucement mais avec fermeté pour l’abaisser tandis qu’en même temps la main inférieure repousse la tête dans le sens opposé pour la faire remonter au-dessus du détroit supérieur. Au moment même où elle le dépasse, le siège est arrivé au niveau du diamètre transverse de l'utérus et l'épaule correspond à l’orifice utérin. On repousse cette dernière de la même façon qu’on a fait pour la tête, et, après une nouvelle et légère pression exercée à l’extérieur sur le siège, le genou touche le doigt et peut être saisi et attiré en bas ». L’auteur fait remarquer que, les membranes étant intactes, cette dernière partie de la manœuvre est beaucoup facilitée par la tendance qu’a l'utérus à faire coïncider le grand axe de l'enfant avec son grand diamètre, l’un et l’autre longitudinaux. Il recommande de n’agir que dans l'intervalle des contractions et considère comme un des principaux avantages de sa méthode de pouvoir être employée au début de la période de dilatation, c'est-à-dire à un moment où

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les contractions, qui sont une gêne pour la pratiquer, n'ont atteint encore ni leur plus grande fréquence ni toute leur énergie. Si les membranes sont rompues, la manœuvre, du moins d’après Braxton-Hicks est plus facile encore dans le cas de présentation du tronc, car, dit-il, « il suffit alors souvent de faire pénétrer deux doigts à travers l’orifice pour atteindre et accrocher le genou ».

Braxton-Hicks (1) s’est très bien trouvé de l’emploi de sa méthode en maintes circonstances et en particulier dans les cas de placenta prævia. Quand il constate une présentation du sommet ou de épaule, il procède comme il vient d’être dit. Quand c'est le siège qui se présente, il n’est pas besoin de manœuvre préalable. Dans tous les cas, une fois le pied à l'orifice du col, et les membranes rompues, il saisit ce pied et le fait doucement descendre ainsi que la jambe, sans effort, par la simple traction exercée par le poids du bras. Le tampon naturel ainsi obtenu arrête l’hémorrhagie. Peu à peu la jambe, maintenue au dehors, dilate le col grâce à sa forme conique puis le siège agit de même et s'engage à son tour, formant un nouveau tampon.

À cette intervention jusqu'alors active doit succéder, si l'hémorrhagie a cessé, une thérapeutique expectante. On consacre les quelques heures dont on dispose en attendant les contractions utérines à remonter les forces de la femme, et l’on se conduit comme dans toute présentation pelvienne, c’est-à-dire qu’on laisse la nature accomplir l’accouchement et qu’on ne l’aide, si besoin est, que par de douces et lentes tractions.

(1) BraxTON-Hicxs, On combined external and internal version. London, 1863,

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De plus, si le travail se fait trop attendre Braxton-Hicks donne de l'ergot de seigle et il n’hésite pas, pour calmer les douleurs de la parturiente, et amener la résolution musculaire quelquefois indispensable pour mener à bien la manœuvre, à faire usage de l’anesthésie chloroformique.

Cette méthode fut surtout bien accueillie en Allemagne, où Kuhn (1868), Martin (1876), Schræder (1872), Hofmeier (1882), Behm (1883), Lomer (1884), Wyder (1886), Negri (1887), Obermann (1888) et Nordmann la pratiquent avec succès et en rapportent de nombreuses observations, les uns laissant comme le maître l'accouchement se terminer par les seules forces de la nature, les autres intervenant pour hâter la sortie du fœtus.

mhcore de Matthews Duncan (1). — Cet accoucheur s’est spécialement occupé des questions pathogéniques ayant trait à l'insertion vicieuse du placenta. Disciple de Simpson, il ne suivit pas les idées de son maître, et se fit chef d’Ecole. Rejetant les théories de Robert Barnes qu'il considère comme des conceptions imaginaires en contradiction avec les faits cliniques, il étudie le processus

.hémorrhagique pendant la gestation et pendant la partu-

rition. Se basant sur ses observations personnelles, qui ne lui ont pas permis de constater sur la face utérine du délivre, les caractères pathologiques d’hémorrhagies anciennes ou récentes, il n’admet le décollement partiel que comme une cause exceptionnelle des pertes de sang. Il explique

(4) MarrHEwWS-DuNcaN, Sur le mécanisme de l’'acc. normal et pathologique et recherches sur l'insertion vicieuse du placenta. Traduit par P. Budin. Paris, 1876.

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leur production pendant la grossesse de quatre façons:

10 Par la rupture d'un vaisseau utéro-placentaire au niveau où au-dessus de l’orifice interne.

2° Par la rupture d’un sinus marginal utéro-placentaire dans la partie prématurément détachée, mais seulement dans le cas d'implantation latérale.

3° Par la séparation partielle du placenta consécutive à une cause accidentelle, à un choc ou à une chute.

4 Par la séparation partielle qui succède à des contractions utérines déterminant une légère dilatation de l’orifice interne, ces derniers faits pouvant être considérés comme un début de fausse-couche s’arrêtant de bonne heure.

Ces diverses conditions peuvent se rencontrer quel que soit le lieu d'implantation du délivre, et, si, d'ordinaire, elles ne donnent lieu à aucune hémorrhagie, c’est qu'il y a pour le segment inférieur une cause spéciale que Duncan trouve dans la tension plus considérable du liquide sanguin par suite de la situation déclive de l’arrière-faix.

L'auteur anglais, négligeant la contraction utérine, accorde une trop grande influence aux ruptures vasculaires et au traumatisme, et sa théorie est peu d'accord avec la symptomatologie de l’hémorrhagie, dont le caractère est d’être le plus souvent spontanée et insidieuse, ainsi que nous l'avons vu.

Pendant le travail, il invoque, pour expliquer le décollement, une sorte d'expansion de la surface sur laquelle s’insère le placenta, et du col qui, sous l'influence de la contraction des fibres longitudinales du segment inférieur, plus puissantes que les fibres circulaires, se laisse forcer, s’élargit et se transforme en un tube cylindrique. Le déli-

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