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Assemblée générale des 25 et 26 juillet

l’institut catholique de paris

évêques, réunis en assemblée générale le 1er août suivant, et la majorité se prononça pour l’expectative. L’expectative, hélas ! allait durer longtemps !

La démission du Président de la République, l’avènement de Jules Grévy à la présidence, la nomination de Jules Ferry au ministère de l’Instruction publique ne permirent plus de conserver aucun espoir. Jules Ferry ne put contenir la haine qu’il nourrissait contre tout enseignement chrétien et, à peine au pouvoir, il mit toute sa clairvoyance et toute son activité h préparer les mesures les plus capables de lui nuire.

Le projet de loi qu’il se hâta de proposer, qu’il réussit à faire voter par les deux Chambres, le 18 mars 1880, et dont nous aurons à parler plus longuement, réservait désormais au pouvoir législatif, entre autres mesures hostiles, le droit de conférer aux établissements libres d’enseignement supérieur la personnalité civile ; or, cette personnalité se conférait précédemment par un simple décret. C’était fermer la porte à toute mesure favorable à la liberté. Force fut donc de renvoyer à des temps meilleurs le projet de reconnaissance légale (1).

Projet d'institution canonique. — L’échec de ce premier projet en entraîna un autre, celui de l’Institution canonique de l’Université catholique.

Cette institution, qui relève de l’autorité exclusive du Saint-Siège, était l’objet de l’ambition des évêques fondateurs ; aussi fut-elle poursuivie de bonne heure. Elle est considérée à Rome comme la garantie indispensable de l’esprit vraiment catholique des Universités libres. L’expérience montre, en effet, que les meilleures intentions, la foi et le dévouement des maîtres ne suffisent

1. Assemblée générale des 31 juillet et 1er août 1878. — Paguelle de Follenay, Vie du cardinal Guibert , t. II, p. 622.

ORGANISATION ET ADMINISTRATION

pas sans ce lien avec le centre de la vérité religieuse. En retour, Rome y met comme condition l’existence d’une Faculté de Théologie' (1).

Pour préparer un accord avec le Saint-Siège, Mgr le Coadjuteur de Paris, se rendant à Rome au printemps de 1877, traita la question avec le préfet de la Sacrée Congrégation des Etudes, l’Eminence Martinelli, et le secrétaire, Mgr Czacki.

Le cardinal Guibert, de son côté, dans un rapide passage à Rome, à l’occasion d’un consistoire, s’entretint de l’affaire avec presque tous les cardinaux qu’il rencontra et en conféra avec le Pape lui-même.

Il fit ressortir dans ses entretiens la nécessité où l’on était en France, surtout à Paris, d’aller au plus pressé, c’est-à-dire de sauvegarder les intérêts religieux et moraux de la jeunesse qui se préparait dans les Ecoles supérieures aux carrières libérales. Il montra que le grand objet qn’on s’était proposé en réclamant la liberté de l’enseignement supérieur, était de compléter le bien déjà produit par la loi de 1850, et de faire, dans l’ordre des connaissances plus élevées et des études professionnelles, ce que les collèges catholiques avaient fait pour la formation première des jeunes générations.

Tout le monde, à Rome, se montra très convaincu de l’excellence du but poursuivi ; seulement on persista à penser que l’enseignement de la théologie est le sel nécessaire pour empêcher l’enseignement du droit, des sciences et des lettres de se corrompre.

Devant les impossibilités matérielles que le cardinal fit valoir, Pie IX lui répondit : Nous tenons beaucoup à la Faculté de théologie; mais , après tout , vous êtes sur les lieux, vous êtes à même de voir ce qui presse le plus et ce qui est possible.

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