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CHAPITRE III

Ouverture de l’École de Théologie

7 novembre 1878

Les Facultés de Théologie de l’État. — Nécessité d’une Faculté canonique. — Désir formel du Pape. — Négociations avec Rome. — Délais. — Ouverture de l’École de théologie. — • L’enseignement à deux degrés. — Les premiers professeurs.

Toutes ces négociations avec Rome, si elles n’avaient pas abouti à l’institution canonique, avaient eu, du moins, pour résultat de hâter la création d’une Ecole de théologie à l’Université catholique .

Lorsque les évêques fondateurs avaient, comme nous l’avons dit, sollicité à plusieurs reprises le privilège de l’institution canonique, Rome, toujours prudente, ne voyant encore dans la jeune Université qu’une série d’enseignements d’un caractère profane, avait opposé des lenteurs et même laissé entrevoir un refus formel, tant que l’Université naissante ne serait pas pourvue d’un enseignement de théologie.

Depuis longtemps cette création s’imposait. Elle répondait à l’impérieux besoin de promouvoir l’étude des sciences sacrées et de relever le prestige scientifique du clergé français. L’opinion publique n’avait cessé de la réclamer, les autorités civiles et religieuses y avaient travaillé avec suite, quoique sans succès, et maintenant Rome l’exigeait comme couronnement indispensable d’une Université catholique.

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En dehors de la garantie d’orthodoxie que cette École donnerait à l’Université vis-à-vis du Saint-Siège, elle était indispensable pour compléter l’éducation intellectuelle des membres du clergé. Il arrive, en effet, un moment où les étudiants ecclésiastiques doivent passer des notions élémentaires, qui font l’objet des cours ordinaires, aux méthodes scientifiques, qui appartiennent à renseignement supérieur. C’est ce passage, où se décident les vocations scientifiques, qu’une Faculté de théologie est de nature à faciliter aux jeunes clercs désireux de' se perfectionner dans les différentes branches de la science sacrée.

Depuis la disparition de la vieille Sorbonne, de ce Concile 'permanent, des Gaules , un tel instrument de formation manquait totalement en France. L’État avait bien créé en 1808 plusieurs Facultés de théologie; mais ces Facultés n’avaient jamais reçu de Rome l’institution canonique, et, malgré la valeur incontestable d’un grand nombre de leurs professeurs, elles avaient attiré à elles peu d’élèves, délivré peu de diplômes, et n’avaient pu donner satisfaction au besoin scientifique qui se manifestait partout.

Ce n’était cependant pas la faute des évêques. Que de fois ils s’étaient préoccupés de fonder cet enseignement théologique supérieur, qu’ils regardaient comme la chose la plus utile à l’influence de l’Église de France !

Dès l’époque du baptême du roi de Rome, ils en avaient conféré entre eux, sans oser en introduire la demande devant l’empereur. La question fut reprise sous Charles X. Mgr Frayssinous y mit tout son zèle. Un projet officiel fut rédigé et parut au Moniteur ; des fonds furent même votés. Mais les tentatives faites près du Saint-Siège en vue d’obtenir un bref approbatif restèrent sans résultat. Des questions de juridiction survenues entre Mgr de

OUVERTURE DE L’ÉCOLE DE THÉOLOGIE

Quélen, archevêque de Paris, et la commission firent échouer le projet.

De nouveaux pourparlers eurent lieu sous le gouvernement de juillet, entre Mgr Affre et M. Cousin. Le projet n’aboutit pas davantage. Cependant Mgr Affre, toujours dévoué à l’idée d’élever le niveau des études cléricales, mit à profit ces pourparlers pour fonder, en 1845, l’Ecole des Hautes Etudes ecclésiastiques, connue sous le nom d’Ecole des Carmes. Cette école était purement littéraire et scientifique ; mais les lettres et les sciences ne devaient être, dans la pensée du prélat, qu’un acheminement vers l’enseignement supérieur de la théologie.

De 1848 à 1883, des négociations furent ouvertes, à maintes reprises, entre le Gouvernement français et le Saint-Siège en vue d’obtenir l’érection canonique, avec les effets qui en dérivent, en faveur des Facultés théologiques qui existaient à Paris, Rouen, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Aix. Jamais elles ne parvinrent à aboutir.

Mgr Sibour avait donné l’impulsion au projet en instituant une commission spéciale à l’archevêché de Paris. M. de Falloux fut saisi des résolutions prises, et, après étude, dressa un contre-projet. Un rapport fut présenté par J. Reynaud à l’Assemblée nationale, et, dans son message du 6 janvier 1849, le président de la République, le prince Louis-Napoléon, annonça solennellement la réorganisation des Facultés de théologie.

Les négociations avec Rome se poursuivirent, sous la direction de Mgr Maret, doyen de la Faculté théologique de la Sorbonne. En 1858, un projet de bulle, accepté par le Gouvernement français, allait accorder l’institution demandée, quand la guerre d’Italie vint en empêcher l’enregistrement (1).

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