Projet de Bulle. Archives de l’Institut catholique
l’institut catholique de paris.
De nouveaux efforts furent encore tentés plus tard, en 1873 et 1875. « Le Gouvernement, écrivait M. Wallon, ministre de l'Instruction publique, au cardinal Guibert, a. repris lies négociations entamées depuis longtemps avec, le Saint-Siège pour obtenir l'institution canonique des Facultés de théologie. Il n’a plus aujourd’hui à solliciter cette institution; il accepte en effet la bulle de 1858 qui la confère. Toutefois avant de faire enregistrer et publier cette bulle, il a cru devoir demander au Souverain Pontife quelques modifications déformé qui ne sauraient soulever d’objections sérieuses (1). »
Pourquoi la Providence ne permit-elle pas qu’aucun de ces projets aboutit T Qu’il nous soit permis d’y voir une marque de sa protection sur l’Église de France.
« La société était alors comme imprégnée de doctrines qui renfermaient en elles-mêmes une secrète opposition à l’égard du Saint-Siège. Les amis de la royauté les re^ gardaient comme la conséquence de leurs principes politiques, la magistrature comme un héritage de corps, les légistes et les incrédules comme une arme honnête et reçue pour attaquer l'Église, des évêques, des prêtres vénérables par leur âge et par leurs vertus les- professaient avec une bonne foi si parfaite qu’elle enlevait à l’erreur son veniot.
« Gomment l’institution nouvelle: n’aurait-elle pas • subi l’influence d’un pareil milieu? Son enseignement aurait-il eu toute sa liberté ? aurait-il été conf orme aux vraies traditions de l’Église?. .. Au lieu d’être un principe de paix pour l’Église et pour l’État, n’auraiMl pas été un principe- de lutte et de discorde? (2) »
1. Lettre de M. Wallon, ministre de l’Instruction publique, au cardinal Guibert, archevêque de Paris, 27. décembre 1875. Archives de l’Institut catholique.
2. M. l’abbé Conil. Discours prononcé à la séance annuelle de l’Institut catholique, 29 janvier 1879.
OUVERTURE DE L’ÉCOLE DE THÉOLOGIE
Depuis lors les événements ont marché ; la lumière s’est faite dans les esprits, les yeux et les cœurs se sont retournés vers Rome comme vers l’arche du salut, et le concile du Vatican a mis en un puissant relief les prérogatives du Saint-Siège et du chef de l’Eglise. L'heure prédestinée était donc venue de reconstituer dans des Universités créées sous le bénéfice d’une loi de liberté, les hautes écoles de théologie.
Non seulement le législateur français de 1875 n’y était pas opposé, mais il s’y montrait favorable; on peut même dire qu’il y encourageait l’épiscopat et qu’il promettait à l’enseignement théologique la protection ou au moins la bienveillance des pouAroirs publics.
« Il est bien entendu, disait à la tribune de la Chambre, l’éminent rapporteur du projet de loi sur la liberté de renseignement supérieur, M. Laboulaye, qu’en parlant des trois Facultés (exigées pour le fonctionnement du jury mixte), nous avons en vue les lettres, les sciences, le droit et la médecine. Nous avons tenu tout à fait en dehors de nos considérations la théologie.
« La théologie, en effet, figure bien sur nos programmes ; il y a bien une Faculté de théologie : et dans celle de Paris, notamment, ont passé les hommes les plus éminents de l’épiscopat ; mais nos Facultés de théologie ne donnent pas de grades. Qu’il se fonde des Facultés sous la direction des évêques, avec V institution, canonique, nous y applaudirons. Mais, en vérité, quand on supprimerait les Facultés de théologie de l’État, je crois que cette réforme n’exciterait pas de grandes réclamations (1). »
On avait surtout remarqué que le texte même de la loi, se conformant à ces déclarations du rapporteur, et