‹ Institut catholique de ParisChapitre 23 sur 106 · Assemblée des évêques des 31 juillet et 1er août · texte numérisé non relu

Assemblée des évêques des 31 juillet et 1er août

OUVERTURE DE L’ÉCOLE DE THÉOLOGIE

nateurs gradués devant le Saint-Siège donnerait une valeur canonique aux grades de la Sorbonne.

L’examen de cette proposition fut renvoyé à rassemblée générale : et celle-ci, réunie à la fin de janvier 1879, crut devoir l’écarter (1).

Trop pressés par le temps pour arrêter un règlement formel de l’École avant son om^eTture, les évêques décidèrent seulement les deux points suivants :

Les clercs feraient d’abord, dans le grand séminaire de leur diocèse respectif, le cours complet de leurs études.

Ensuite quelques-uns d’entre eux, choisis parmi les plus distingués, seraient envoyés chaque année par leurs évêques à l’École de théologie de Paris, pour y suivre, pendant deux ans, un enseignement supérieur et y prendre les grades canoniques.

C’était poser le principe de renseignement supérieur à deux degrés.

Comme 1 Université comptait dans sa circonscription trente et un diocèses, et bientôt après, trente-deux, ce mode de recrutement parut devoir suffire pour assurer à l’École un personnel convenable d’étudiants.

L’École ouvrit donc ses cours à la rentrée suivante. Le 7 novembre 1878, le P. Charles-Marie Jovene prononça le discours inaugural, auspicalis oratio, dans lequel il rappela les grands exemples des antiques Facultés françaises et traça d’une main ferme les lignes principales des méthodes que l’on se proposait d’appliquer (2).

Se tenant dans le rôle modeste de son titre, l’École théologique n’affecta point les allures d’une Faculté.

1. Assemblées des é-véq>ues des 31 juillet et 1er août 1878 et du 29 janvier 1879.

2. R. P. Ch.-M. Jovene, Theologicae Facultalis in catholica Parisiensi üniversitate cm&picalis oratio, m~8°, Lahure, 1878.

l’institut catholique de paris

Elle offrit seulement une direction pour le dogme, l’Écriture sainte, la philosophie et l’histoire ecclésiastique, aux clercs qui, ayant achevé le cours normal d’études du grand séminaire, désireraient s’initier aux recherches plus approfondies, aux méthodes propres à préparer le professeur, l’apologiste ou le prédicateur.

« Nous ne prétendons pas donner à nos élèves la science sacrée ; nous nous proposons de leur mettre en mains les méthodes indispensables pour y parvenir, de leur apprendre à étudier les sources, à consulter, dans chaque partie de l’enseignement, les auteurs qui font autorité, des documents que l’on ne puisse récuser, et à fournir les preuves qui défient l’épreuve d’une discussion scientifique (1). »

L’École débuta avec quatre cours seulement. Le R. Père Jovene, de la Compagnie de Jésus, théologien de haute valeur et d’une rare éloquence, fut choisi par les évêques pour professer le cours de théologie dogmatique.

M. l’abbé Duchesne, l’élève et l’émule du commandeur de Rossi, qui professait déjà à la Faculté des lettres, prit l’histoire ecclésiastique à ses origines et l’étudia en faisant surtout appel aux ressources de la philologie, de l’épigraphie et de l’archéologie.

Un prêtre du clergé de Paris, M. l’abbé Paulin Martin, versé dans la connaissance des langues hébraïque et syriaque, capable de rivaliser avec les érudits allemands dans la critique des manuscrits, inaugurale cours d’Écriture sainte et donna aux étudiants les premières notions de syriaque et d’hébreu.

Enfin, le P. Ceslas Bayonne, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, déjà professeur de philosophie à la Faculté des lettres, transféra ses leçons à l’École de théologie, et

1. R. P. Le Tallec. Séance solennelle de théologie, 29 juin 1883.

OUVERTURE DE u’ÉCOLE DE THÉOLOGIE

fit de son nouvel enseignement une sorte d’introduction à l’étude de saint Thomas, afin de familiariser les étudiants au langage de l’École (1 ) .

L’Université catholique de Paris s’accroissait ainsi d’un organe essentiel, et l’œuvre de défense religieuse faisait un pas décisif.

« Quand on a réclamé et obtenu la liberté de l’enseignement supérieur, dira un peu plus tard Mgr d’Hulst, devenu recteur, on ne pensait guère à la théologie, et c’est avec un mélange de prudence discrète et d’indifférence que les promoteurs de la loi, pour indiquer la possibilité de fonder des Facultés sacrées, se sont contentés d’ajouter à l’énumération des Facultés profanes un mystérieux et caetera (2). Mais il est arrivé ce qui arrive souvent aux hommes : ils ne vont pas où ils pensaient aller, ils A7ont où Dieu les mène.

« Et c’est bien Dieu qui nous a menés à cette création, car elle répond à des nécessités moins apparentes, mais plus profondes que les autres. Le plus grand besoin de ce temps, ce sont des prêtres saints et des prêtres savants ; il faut au peuple des apôtres, il ne comprend que la charité ; il faut à la société orgueilleuse et enivrée de saAmir, des docteurs. Et il ne suffit pas que les représentants de la doctrine sacrée se montrent les émules des laïques dans la culture du savoir profane, il est plus nécessaire encore qu’ils soient en état de rendre compte avec avantage des fondements de la foi. C’est là surtout ce que les gens du monde nous demandent. Ils entendent contester tout ce que nous enseignons, et ils veulent nous trouver prêts à le défendre. Pour cela deux choses sont nécessaires : une connaissance approfondie du dogme et une initiation chaque jour plus complète aux sciences historiques qui

Page 1