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Assemblée générale du 26 janvier

RÉORGANISATION DE L’INSTITUT CATHOLIQUE

pouvoir compter sur les libéralités des catholiques français. Dans la nouvelle situation où les plaçait la loi du 18 mars 1880, l’établissement ne pouvant plus, dans aucune hypothèse, porter le nom d’Université, ils estimèrent qu’il y avait lieu de réduire les charges assumées en vue de posséder ce titre, et qu’on pouvait, sans ébranler l’œuvre, supprimer les deux Facultés des lettres et des sciences, en les ramenant au rang plus modeste d’Écoles.

Ils décidèrent donc tout d’abord que le séminaire de l’Université, qui renfermait des étudiants tout à la fois pour la théologie, les lettres et les sciences, serait conservé et continuerait à être subventionné par la caisse de l’Institut catholique; ensuite, que l’Institut ne conserverait, dans l’ordre des lettres et des sciences, que les cours les plus suivis, les plus utiles et les mieux faits, et que les deux Facultés, dont le nombre des professeurs-docteurs se trouverait notablement réduit, perdraient leur titre pour prendre celui d'Ecole de Hautes Etudes littéraires et scientifiques .

Et ce fut, en effet, sous ce titre, qu’on fit agréer cette transformation par l’autorité académique.

Sept professeurs de la Faculté des lettres, un professeur de mathématiques, deux de sciences naturelles, un de droit et deux maîtres de conférences, consentirent généreusement au sacrifice qui leur était demandé et se retirèrent. Ils reçurent, comme indemnité, une année de traitement, ce qui leur laissait le temps de se pourvoir d’autres occupations ; et ceux d’entre eux qui étaient titulaires de leur chaire furent nommés professeurs honoraires.

Mutilation profonde, jugée sans doute nécessaire à ce moment, mais combien dommageable! L’avenir seul pouvait en montrer toute la gravité.

Ges nouvelles dispositions tendaient surtout à alléger les charges d’un budget qui ne se soutient que par la charité publique. De fait, ces charges furent pour un moment ramenées à des proportions plus supportables. Mais, en réalité, ce soulagement ne fut et ne pouvait être que transitoire, la force des choses devant bientôt imposer le rétablissement des chaires supprimées.

Les résultats les plus clairs de ces réductions furent : la perte inappréciable de leur titre pour deux Facultés, ramenées au rôle d’écoles de préparation aux diverses licences, sans caractère défini devant le public et sans aucun droit vis-à-vis de l’État; le préjudice moral qui en rejaillit sur l’établissement tout entier; la porte ouverte à un recrutement de personnel pour lequel le grade de docteur ne serait plus exigible ; et la diminution des ressources matérielles qui cessèrent de se porter avec le même entrain qu’auparavant vers un centre d’études atteint dans son prestige et sa considération.

Hâtons-nous d’ajouter qu’en sacrifiant à de pénibles nécessités, les évêques ne renonçaient pas à la pensée de relever un jour la Faculté des lettres et des sciences. Aussi rencontrerons-nous, chemin faisant, des manifestations réitérées de leurs regrets et de leurs espérances.

Amenés à battre en retraite sur le terrain des études littéraires et scientifiques, ils crurent un moment qu’ils pourraient se dédommager sur le terrain des études médicales, dont la création ne cessait d’être réclamée par l’opinion publique.

Les administrateurs, dans leur projet de réorganisation, avaient demandé que l’on commençât le plus tôt possible renseignement de la médecine, soit en ouvrant tout de suite des cours et des conférences préparatoires aux concours de l’internat et de l’externat des hôpitaux,

CH. POUSSIELGUE Edit.

Imp . L arivi ère

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soit en hâtant la construction de l’hôpital Saint-Joseph comme condition préalable de l’ouverture des cours.

Mgr l’archevêque de Larisse, de son côté, avait aussi réclamé, dans son rapport, la prochaine inauguration d’un enseignement médical.

La question mise en délibération n’aboutit à aucune conclusion. Mais dans l’assemblée du 21 juillet suivant, il fut décidé que la création d’une école de médecine serait ajournée après la construction de l’hôpital qui venait d’être commencée (1).

Quand vint la rentrée de 1880, l’École des lettres se rouvrit avec trois cours isolés, ceux de philosophie, d’archéologie et d’apologétique chrétienne (2).

N’étant plus dans l’obligation de remplir les cadres d’une Faculté, on estima qu’il fallait viser au plus pratique. On se préoccupa donc moins de créer des cours analogues à ceux de la Sorbonne et du Collège de France que d’assurer une formation littéraire vigoureuse et méthodique aux futurs professeurs des collèges libres et des petits séminaires. Les besoins de l’enseignement catholique réclamaient surtout une école normale ou de haute pédagogie. C’était dans cet esprit que les évêques avaient demandé la réorganisation de l’enseignement des belles-lettres ; c’est principalement dans ce sens que seront dirigés les efforts dont nous aurons à parler dans la suite.

En même temps, l’École des sciences, dont le personnel avait eu moins à souffrir que celui des lettres, reprit ses cours avec cinq professeurs et deux maîtres de conférences (3).

1. Assemblée générale des évêques des 1er et 2 avril et des 21 et 22 juillet 1880.

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