CHAPITRE VII
L’École de Théologie
Développements de l’École. — Ses méthodes. — Mouvement du nombre des étudiants. — Bibliothèque. — Concours. — L’Académie de Saint- Thomas d’Àc|uin. — Nouvelles chaires. — Institution canonique de la Faculté de théologie, 1889. — Agitation au sujet des études historiques et scripturaires. — Bulle Providentissimus Deus. — Réforme des statuts, 1895. — Prix Hugues. — La chaire de patrologie. — Les langues sémitiques. — La chaire d’apologétique. — Revues et collections. — Création des Facultés de droit canonique et de philosophie scolastique. — Le baccalauréat dans les séminaires. — Grades conférés. — Jugement de Rome. — Tableau du personnel des maîtres des trois Facultés canoniques.
Nous avons déjà raconté plus haut les origines de l’École de théologie et ses premiers essais de 1878 à 1880 .
Nous allons exposer la suite de son développement, d’abord de 1880 à 1889, époque où elle fut canoniquement érigée en Faculté ; puis de 1889 à 1895, où elle donna naissance, par autorité de la Sacrée Congrégation des Études, aux deux Facultés de droit canonique et de philosophie, et enfin de 1895 à 1907, période pendant laquelle elle compléta son organisation.
En créant l’École de théologie, le conseil des évêques s’était tout d’abord demandé en quelles mains il convenait d’en remettre l’enseignement.
Le cardinal Guibert, plein d’une juste estime pour la Compagnie de Saint- Sulpice qui dirigeait depuis si longtemps le grand séminaire de Paris, insistait pour que tous
l’institut catholique de paris
les cours de théologie lui fussent confiés, dès qu’elle aurait elle-même des sujets formés en nombre suffisant. Il y voyait un moyen d’éviter un dualisme de méthodes et d’influence qui peut nôtre pas sans inconvénient; et puis, l’on « n’aurait plus à se préoccuper du recrutement des professeurs ». Mais d’autres évêques, particulièrement Mgr de Briey, évêque de Saint-Dié, se refusèrent à partager cette théorie qui eût privé à jamais l'École du concours des hommes éminents qui se rencontreraient dans le clergé séculier ou dans d’autres congrégations et ordres religieux (1 ) .
Ce dernier point de vue l’emporta. En conséquence, il fut admis par le Conseil supérieur qu’on ferait appel indistinctement à tous les savants d’une \Taleur éprouvée, qu’ils fussent séculiers ou réguliers.
Les différents systèmes d’enseignement théologique furent ensuite longuement discutés et soigneusement comparés entre eux.
Après mûr examen, les évêques écartèrent celui qui se réduit à un simple commentaire de saint Thomas ; ils s’arrêtèrent à l’idée d’un cours, développé sans doute et prenant les questions de haut, mais synthétique néanmoins, se composant de divers traités enseignés parallèlement par divers professeurs et embrassant tout le dogme dans une période de quatre ans (2).
Dès les débuts de l’École, les évêques, nous l’avons vu, s’étaient prononcés pour le système d’un enseignement à deux degrés : le premier degré, accompli dans les séminaires diocésains, et le second, à l’Université.
Des circonstances qu’il n’est pas sans intérêt de rapporter les amenèrent à se prononcer avec plus de netteté encore en faA^eur de cette méthode et à en demander la
1. Assemblée générale des évêques, séance du 21 juillet 1880.