Assemblée générale, séance du 21 juillet
l’école de théologie
ratification à Rome, qui, tout d’abord, ne la comprenait guère et ne la goûtait pas, parce que, sans doute, elle est en dehors de la tradition des Universités romaines.
Il était survenu en 1880 des divergences de vues entre l’Ordinaire de Cambrai et l’Université catholique de Lille au sujet du recrutement des élèves de théologie.
Au mois de juin 1881, les Ordinaires de Cambrai et d’Arras furent officiellement invités par Rome à assurer le recrutement de la Faculté théologique de Lille, par l’envoi annuel d’un nombre convenable de sujets choisis dans leur diocèse respectif au sortir des études classiques, post liumanarum litterarum studium. Ces élèA^es devaient faire deux ans d’études philosophiques et quatre ans d’études théologiques à la Faculté, et suivre dans le séminaire universitaire de Lille les exercices ordinaires de la préparation aux saints ordres (1).
Ce système est conforme au type des Universités romaines, qui donnent un enseignement supérieur à un seul degré, et ne traitent les mêmes matières qu’une seule fois, mais d’une façon plus releA^ée que dans les séminaires diocésains.
En se prononçant dans le sens des demandes de l’Université lilloise, la Congrégation aAmt adopté comme fondés les motifs que celle-ci avait fait valoir en faA^eur de sa thèse, notamment certaines critiques dirigées contre l’enseignement des grands séminaires de France, que l’on considérait comme trop faible et insuffisant. Ces critiques pomment être Arraies vis-à-vis de tel séminaire en particulier; mais il n’eût pas été juste de les appliquer à tous les grands séminaires français, ni d’en faire le point de départ d’une mesure générale ; il eût été moins juste encore d’astreindre les autres Universités libres à adop-
1. Archives de l’Institut. Lettre de Mgr d’Hulst, du 3 décembre 1882, à Mgr Panicci, secrétaire de la Congrégation des Études.
l’institut catholique de paris
ter, pour ce motif, le mode de recrutement et l’organisation des études de celle de Lille (1).
Aussi ne fut-ce pas sans une vive émotion que les évêques fondateurs de l’Université de Paris apprirent que la Congrégation des Etudes se préparait à généraliser la mesure prise au sujet de l’Université de Lille. Ils avaient adopté, pour F Université de Paris, une organisation différente qui leur semblait mieux répondre aux besoins du clergé, et ils étaient unanimes à désirer qu’on n’y changeât ricn„ et qu’on maintint le fonctionnement de leurs séminaires diocésains tel qu’il existait.
Leur émotion fut partagée par les évêques protecteurs des autres Universités françaises. En janvier 1882, le recteur de Lyon, Mgr Guyol, en avertit le Saint-Père, qui lui donna l’assurance que toute innovation serait ajournée.
Mgr d’Hulst était à Rome au mois de juin. Il développa les raisons de maintenir le système préféré par les évêques français, et il obtint des Eminences Parocchi, Bilio, Franzelin et Ledochowski la promesse que rien ne serait décidé sur ce point avant que les évêques n’eussent été entendus (2).
Au mois de janvier suivant, les évêques fondateurs réunis à Paris en assemblée générale se préoccupèrent en effet de cette question.
Après mûre délibération, ils s’arrêtèrent à une décision mixte, qui donnait satisfaction aux deux opinions. Afin de ne pas toucher au fonctionnement de leurs séminaires et de ne pas nuire à la formation spirituelle des clercs, les évêques n’enverraient d’ordinaire à l’École supérieure de théologie que des élèves qui auraient déjà terminé