Rapport de Mgr d’Hulst, janvier
2. Lettre de Mgr d’Hulst à Mgr Panieci, 3 décembre 1882. Archives de l’Institut.
l’école de théologie
leurs cours au séminaire diocésain, et qui iraient ensuite les perfectionner par un séjour de deux ans à T Université. Mais les matières de l’enseignement de l’Ecole théologique seraient distribuées de telle façon que les jeunes clercs qui y viendraient avec la permission de leur évêque ou de leur supérieur pour y faire leur cours complet, sans avoir passé précédemment par le séminaire, pussent voir l’ensemble de la théologie dans l’espace de quatre ans.
Les cardinaux Guibert et de Bonnechose furent priés de faire parvenir à Rome les observations de l’assemblée. Ils s’acquittèrent de leur mission par une lettre du 10 février suivant.
Ils établissaient devant la Sacrée Congrégation des Études que la solution donnée dans l’affaire de la Faculté théologique de Lille ne pourrait, sans de très graves inconvénients, se généraliser, les conditions des autres Universités n’étant point les mêmes que celles de l’Université de Lille, qui ne compte que deux diocèses dans sa circonscription. Ils se prononçaient ouvertement, au nom de leurs collègues, pour le système déjà pratiqué, de l’enseignement supérieur à deux degrés ; ils suppliaient enfin la Congrégation de laisser faire l’expérience des deux systèmes, et de ne point modifier celui qu’ils avaient adopté pour Paris (1).
La Congrégation des Études ne trouva rien à redire à cette façon d’agir et laissa, de bonne grâce, faire l’expérience demandée.
Nous verrons plus tard comment elle consacrera le système parisien dans le texte des nouveaux statuts qu’elle rédigera en 1895, lorsque l’École de théologie, ayant grandi, fera place à une triple Faculté.
1. Lettre de LL. EE. les cardinaux Guibert et de Bonnechose au Préfet de la S. Congrégation des Etudes, 10 février 1883.
l’institut catholique de paris
Leurs Éminences aA^aient profité de cette lettre, adressée au cardinal di Luca, pour justifier l’ensemble des séminaires français des reproches exagérés et immérités qui leur aA^aicnt été faits dans un des documents soumis à la Congrégation des Études à propos de l’affaire de Lille. Ces reproches, que la Congrégation avait crus fondés, avaient laissé en effet dans l’esprit des cardinaux une impression aussi fâcheuse qu’inexacte sur l’état des études de nos séminaires français, et il était important de la combattre et de la détruire (1).
La principale raison de la préférence des évêques pour l’enseignement à deux degrés était leur désir de ne pas toucher à l’organisation de leurs séminaires diocésains, et de ne modifier en rien, même pour un petit nombre de clercs, les conditions traditionnelles de la préparation aux saints ordres.
A Lille, il faut le reconnaître, le système d’un enseignement supérieur à un seul degré s’imposait. Jamais, en effet, la Faculté ne pouvait réunir un contingent suffisant d’élèves, si chacun des deux séminaires diocésains se bornait à lui envoyer quelques sujets après le cours ordinaire de leurs études. Or, une Faculté sans auditeurs, comme l’écrivait le secrétaire de la Congrégation des Études à l’évêque d’Arras, ne serait qu’un simulacre : facultas theologica remotis auditoribus non sit nisi nndum simulacrum. D’où la nécessité d’envoyer de chaque diocèse à la Faculté un nombre suffisant et régulier d’étudiants pris dans les séminaires.
Mais pour Angers, Toulouse, Lyon, qui comptaient respectivement douze, quinze et Aringt-six diocèses, et surtout pour Paris, qui en comptait trente-deux, il en allait tout autrement.