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Assemblée générale, séance du 24 janvier

l’école de théologie

Ce fut donc au système de renseignement à deux degrés que s’arrêtèrent définitivement les Ecoles ou Facultés de théologie fondées à Paris, à Lyon, à Angers et à Toulouse.

Les étudiants, déjà prêtres ou sur le point de le devenir, ayant parcouru, dans leurs séminaires respectifs, le cycle des études ordinaires, iraient ensuite à l’Université passer deux ans, pendant lesquels ils roA^crraient plus à fond une partie des matières déjà vues par eux, et surtout seraient initiés à des méthodes de travail plus scientifiques et plus personnelles.

La distribution de l’ensemble des études théologiques fut cependant maintenue pour une durée de quatre ans, conformément aux statuts édictés par Rome. Les étudiants qui fréquenteraient les cours avec la permission de leur évêque ou de leur supérieur et l’autorisation du recteur (1), sans avoir fait d’études préalables dans un séminaire, pourraient donc parcourir, en ce laps de temps, le cycle complet des grandes questions théologiques. Ils pourraient étudier en leur particulier les quelques traités de moindre importance. Quant à leur préparation spirituelle aux saints ordres, il appartiendrait aux directeurs des séminaires universitaires d’y pourvoir.

Il s’est trouvé, en effet, à l’Institut de Paris, quelques élèves de cette dernière catégorie, mais c’est le très petit nombre, et l’ enseignement à deux degrés, sans être exclusif, reste la règle commune.

Aux raisons qui avaient dicté ce choix aux fondateurs, et auxquelles les traditions suivies à Rome avaient peine à se plier, vinrent bientôt s’ajouter les encouragements d’hommes éminents de la France et de l’étranger. Ils se

1 . De speciali licentia sut Episcopi et expressa venta Rectoris Universitatis.

l’institut catholique de paris

trouvèrent d’accord pour louer dans cette conception un caractère d’opportunité répondant aux nécessités du temps et du pays.

Enfin une dernière confirmation vint du concert spontané des premiers professeurs de l’Ecole, qui, choisis dans des milieux fort différents, furent néanmoins, dès les premiers jours, unanimes sur le plan à suivre (1).

« Ce système d’ailleurs est-il si nouveau? Nous ne le croyons pas. Il paraît bien que c’était celui de l’ancienne Sorbonne. On n’arrivait à la Faculté de théologie qu’après trois années d’études préliminaires faites dans les collèges particuliers (2). »

Son champ d’action une fois délimité, l’Ecole théologique se mit à l’œuvre avec ardeur et confiance. Elle venait bien à son heure. Elle répondait à un besoin urgent, et elle avait conscience de sa mission.

Elle comprit quel rôle important la science sacrée est appelée à remplir dans une société où la science profane exerce sur les esprits un prestige fascinateur; et elle s’appliqua, dès le début, à accônunoder ses méthodes de recherche et d’exposition aux besoins de la pensée contemporaine.

Elle chercha à fondre dans une juste mesure la méthode scolastique, léguée par les anciennes Universités, dont la rigueur et la précision ne laissent pas de faux-fuyant aux subtilités de l’hérésie, et la méthode positive, enrichie de toutes les décomœrtes des sciences de la nature, des langues et de l’histoire, qu’elle fit servir à l’ornement et à la défense de la Aœrité chrétienne.

Elle s’attacha à établir que les vérités religieuses et les

1. Extrait d’un rapport du P. Jovene à la séance solennelle du 1" juillet 1882.

2. Paroles de Mgr Richard, archevêque de Larisse. Assemblée générale du 24 janvier 1883.

l’école de théologie

principes de la philosophie s’accordent avec les données positives de la science expérimentale.

Sur tous les terrains scientifiques elle se porta àudevant des objections, afin de les démasquer et de soustraire la jeunesse à la dangereuse fascination qu’elles exercent sur elle.

Sans négliger l’histoire et la critique des vieilles erreurs, elle réserva la plus large place aux erreurs modernes, persuadée que les ennemis les plus à craindre sont les ennemis vivants, et disposée à marcher sur les traces des Pères et des docteurs de l’Eglise, dont les écrits portent l’empreinte visible des luttes doctrinales particulières à leur temps.

Elle reprit l’étude de tout le dogme et de toute la morale, les examinant par leurs sommets et en approfondissant les sources.

Pour former les étudiants à des habitudes de travail personnel, elle les mit en contact direct avec les grands théologiens et leur apprit à chercher dans les saints Pères l’équivalent anticipé des formules scolastiques.

L’Ecole de Paris fut la première, en France, à rédiger un programme proprement dit pour la maîtrise ou doctorat en théologie. Les professeurs chargés de ce soin, le R. P. Jovene, l’abbé Paulin Martin, l’abbé Duchesne et l’abbé d’Hulst, apportèrent à cette rédaction l’attention la plus vigilante. Aussi recueillirent-ils tout de suite des témoignages de haute sympathie en Italie et en Allemagne, de la part des personnes les plus compétentes et des revues théologiques les plus estimées, celle de Tubingue, par exemple, et celle d’Insprück (1 ) .

Cependant l’expérience amena peu à peu à reconnaître que leur programme, conçu dans un généreux élan pour

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