Rapport de Mgr d’Hulst, 7 février
2 II était de 39 en 1890, de 31 en 1892, de 22 en 1895.
l’institut catholique de paris
Chaque semaine, le P. Jovene y faisait une solide et lumineuse exposition des idées du docteur angélique. Les élèves s’appliquaient eux-mêmes à relever l’intérêt des séances en y lisant des travaux de leur composition sur quelque point de métaphysique ou de théologie. Dans la séance de fin d’année 1881, le recteur faisait remarquer que l’Académie avait toujours le privilège d’attirer un plus grand nombre d’auditeurs étrangers que les autres cours de l’Ecole.
Le P. Jovene s’apprêtait à en compléter l’organisation et à en demander l’affiliation à l’Académie romaine, lorsqu’il tomba gravement malade. Sa maladie et son départ qui en fut la suite obligèrent l’Académie à fermer provisoirement ses portes et à ajourner ses projets d’ave-^ nir (1883).
Depuis lors, l’Académie de Saint-Thomas n’a cessé de vivre à l'Institut où elle a son siège. Mais elle a complètement changé d’allure ; elle forme une institution indépendante, qui tient des réunions mensuelles et qui est fréquentée surtout par des philosophes étrangers.
Dès 1881, l’Institut installa une bibliothèque spéciale de théologie. Grâce à un premier fonds d’ouvrages qui provenait des débris de la bibliothèque de l’archevêché sauvés du sac de 1830, et à une assez importante dépense faite à cette occasion, la bibliothèque offrit tout de suite un outillage scientifique aux travailleurs qui s’y donnèrent rendez-vous soit de l’Institut, soit du dehors.
L’École établit aussi de bonne heure entre ses élèves des concours sur la théologie dogmatique et l’Écriture sainte, puis sur l’histoire ecclésiastique et les langues orientales ; et elle les obligea à participer à ces concours, sinon à tous, du moins à quelques-uns.
Elle voulait accoutumer par là les étudiants à la composition personnelle, exercer leur intelligence sur les
l’école de théologie
notions accumulées dans leur mémoire et leur faire acquérir plus de clarté et de précision dans les idées.
Les efforts teïrtés pour répondre aux besoins de la situation attirèrent bien vite sur l’École l’attention et la bieiweillance du public. Ses premiers succès, en donnant satisfaction aux évêques, les engagèrent à compléter le personnel enseignant et à créer de nouvelles chaires.
Elle avait débuté, comme nous l’avons déjà dit, avec quatre cours : le cours de théologie dogmatique, professé parle P. Jovene; le cours d’histoire ecclésiastique, par M. l’abbé Duchesne ; le cours d’Écriture sainte, par l’abbé Paulin Martin, qui donnait aussi aux étudiants des notions de syriaque et d’hébreu; et le cours de philosophie, parle P. Bayonne.
Nous pourrions y rattacher le cours d’apologétique, fait par l’abbé Paul de Broglie, qui était alors compris parmi les cours de l’enseignement littéraire.
Dans leur réunion générale du 2 aAuil 1880, les éA^êques fondateurs avaient décidé la création d’une deuxième chaire d’Écriture sainte, création qui fut cependant ajournée, faute de maître compétent, et celle d’une chaire de droit canonique. A la rentrée d’octobre, ce dernier enseignement était inauguré par M. l’abbé Gasparri, jeune prêtre romain, docteur en théologie, en droit canonique et en droit civil, auparaArant professeur de théologie sacramentaire à l’Apollinaire et de droit canonique à la Propagande. Il allait rester titulaire de cette chaire, et y professer, aA^ec une rare distinction, pendant dixseptans, pour être ensuite appelé, grâce à son mérite, aux situations les plus éminentes près du Vatican.
En octobre 1881, le R. P. Largent, de l’Oratoire, aussi bon théologien qu’érudit et fin lettré, ouvrait un cours de patrologie ; et M. l’abbé d’Hulst, devenu recteur, inaugurait un cours libre de philosophie, destiné aux
l’institut CATHOLIQUE DE PARIS
étudiants de toute catégorie et aux hommes du monde.
On voyait donc déjà poindre, dans cette Ecole naissante, comme sous une poussée naturelle, tous les éléments embryonnaires, qui devaient se transformer, avec le temps, en un enseignement complet dans toutes les branches de la philosophie, de la théologie et du droit canonique.
Après la démission du P. Bayonne (1879) et le court passage de son successeur, l’abbé Galtier, le vaillant P. Jovene partagea avec son confrère, le P. Le Tallec, religieux de la môme Société, l’enseignement delà théologie dogmatique, qui se trouva ainsi dédoublé. Lorsqu’il succomba sous le poids du travail (1882), il fut remplacé sur la brèche par un autre membre de sa Compagnie, le P. Baudier. Le P. Le Tallec fut lui-même relevé en 1886, par son confrère, le savant P. Auriault ; et le P. Baudier céda sa chaire, en 1891, au P. Terrien. En de telles mains l’orthodoxie était en sûreté.
Tandis que la théologie prenait son essor dans des cours aussi brillants que solides, le besoin d’un enseignement de droit canonique se faisait de plus en plus sentir, et Rome ne manquait aucune occasion de le réclamer. Le recteur demanda donc au Conseil des évêques, au mois de juillet 1881, de constituer une Ecole de droit canonique, distincte et détachée de l’Ecole de théologie.
Cette demande ne put être accueillie à ce moment ; mais, dès le mois de novembre 1882, les évêques autorisèrent dans la Faculté de droit l’ouverture d’un cours mixte de droit romain et français, à l’usage des étudiants en droit canonique. Ce cours fut confié au doyen de la Faculté, M. Connelly.
L’enseignement canonique se rapprochait ainsi du type traditionnel des Universités romaines, où l’on a
l’école de théologie
toujours enseigné la législation Justinienne, à côté du Corpus juris ecclesiastici ; il prenait en même temps un caractère spécial, approprié aux besoins de la France du xixe siècle (1).
Bien que cette section de droit canonique continuât à n’avoir qu’un seul maître, la pensée de constituer une école distincte n’était pourtant pas abandonnée.
On préparait à Rome un second professeur, M. l’abbé Boudinhon, français, docteur en théologie et en droit canonique, qui s’adonnait aux recherches de l’érudition et à la pratique des affaires au Studio de la Congrégation du Concile (2).
M. l’abbé Loisy, hébraïsant précoce, qui, étant encore assis lui-même sur les bancs, avait fait en 1881 à ses confrères, à défaut de professeur, le cours d’hébreu, et l’avait ensuite continué comme maître de conférences, commença en 1883 un cours d’exégèse de l’Ancien Testament, sur le texte hébreu, et y ajouta, en 1886, un cours d’assyriologie .
L’abbé Paulin Martin, dont la santé fléchissait sous le poids des fatigues, dut renoncer en 1886 à son cours de syriaque. L’École de théologie s’adjoignit, pour le remplacer dans cet enseignement, M. l’abbé Graffin, docteur en philosophie et en théologie, diplômé de l’Université dTnsprück pour les langues orientales. Le jeune maître soutint la réputation de son prédécesseur, en donnant au public, quelques années plus tard, le premier volume d’une patrologie syriaque qui fit grand honneur à la science française.
Enfin l’histoire ecclésiastique, déjà si brillamment représentée par M. l’abbé Duchesne, qui tournait l’effort de son activité vers l’étude des antiquités chrétiennes,