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Rapport de Mgr d’Hulst, janvier

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s’était aussi accrue, depuis 1882, d’un second cours, professé par le R. P. Largent, en remplacement de son cours de patrologie.

Ainsi l’enseignement s’était rapidement développé, sur un plan méthodique ; en moins de dix ans, il formait un tout assez complet pour que l’Ecole pût, sans présomption, se présenter à Rome et solliciter sa consécration officielle.

En raison du trouble profond apporté à l’Université naissante par la loi du 18 mars 1880, les évêques avaient cru devoir abandonner, pour un temps, la poursuite de son institution canonique, et celle même de l’Ecole de théologie. Mais en attendant qu’on pût reprendre la question, ils avaient sollicité de la Congrégation des Études plusieurs permissions relatives à la collation des grades.

Pour la théologie, ils avaient obtenu deux rescrits datés du 9 juin 1879 et du 15 avril 1880, qui permettaient, pour un an, de conférer le baccalauréat et la licence ; puis un autre rescrit, du 7 juin 1881, qui renouvelait la même permission pour dix ans et y ajoutait celle de conférer le doctorat ;

Pour le droit canon, un décret du 7 juin 1881, qui accordait, pour deux ans, la permission de conférer le baccalauréat et la licence ; puis un rescrit du 21 juin 1884, renouvelant la même permission pour dix ans avec la faculté de conférer même le doctorat.

Quant aux grades de philosophie, l’École, avant d’obtenir le pouvoir de les conférer, rencontra à Rome beaucoup de résistance.

Le conseil des évêques avait décidé, dans sa session de juillet 1882, de solliciter du Saint-Siège, en sa faveur, la permission de conférer au moins le baccalauréat en philosophie. L’École ne comprenant encore aucun enseignement philosophique selon l’esprit et les principes

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scolastiques, la demande n’aboutit pas. En novembre 1887, les évêques la renouvelèrent, mais sans plus de succès, et toujours pour le même motif. Ce fut seulement en 1889, après la création d’une chaire spéciale de philosophie, que la Congrégation des Etudes consentit à accorder cette permission, et seulement en 1895, comme nous le dirons plus tard, que furent conférés les premiers diplômes d’auditeur en philosophie.

Ces induits de Rome pour la collation des grades devaient s’appliquer exclusivement aux étudiants résidants et suivant assidûment les cours.

Sur les instances de plusieurs de ses membres, l’assemblée des évêques avait adopté, en 1881, le principe de la dispense de l’assiduité aux cours, et, comme conséquence, l’admissibilité aux grades sans autre condition que l’examen. Elle se proposait par là de favoriser le travail individuel d’un certain nombre de prêtres laborieux, qui désiraient occuper leurs loisirs à de sérieuses études. Une commission prise dans son sein avait été chargée de préparer un programme dans ce sens. Elle y fit entrer, pour le grade de lectorat, deux examens et une série de compositions écrites, faites à l’avance et de distance en distance, sur des sujets dogmatiques, scripturaires ou historiques désignés par l’Ecole.

Mais jamais Rome ne consentit à se prêter à ce genre de combinaisons et elle exigea invariablement l’assiduité aux cours pour la licence et le doctorat. La Congrégation des Études ne cessa de maintenir que le but d’une Université devait être de donner un enseignement et non point de décerner ni d’enregistrer plus ou moins de diplômes.

A mesure que l’enseignement s’organisait et que les chaires se complétaient, le désir d’obtenir l’institution canonique renaissait toujours plus vif.

Lorsque les évêques, au début de l’École, avaient sollicité cette institution en sa faveur, Rome avait répondu que la théologie ne devait pas être séparée des autres Facultés, et que c’était à l’Université tout entière que devait s’adresser l’institution canonique. Un peu plus tard cependant, en face de la difficulté des temps, Rome consentit à séparer pour Lyon le sort de la Faculté de théologie de celui des autres Facultés. C’est alors que les évêques fondateurs de l’Institut de Paris songèrent à solliciter de leur côté la même faveur.

On était en novembre 1886. La Faculté officielle de la Sorbonne n’existait plus. Elle avait été supprimée sinon en droit, du moins en fait, par voie budgétaire. Au mois de janvier 1887, les évêques s’adressèrent donc à Rome par le ministère de Mgr Richard, archevêque de Paris. Ce prélat remit aux mains du Préfet de la Congrégation des Études la demande d’institution canonique, avec un mémoire latin, où étaient résumés l’histoire de la création de l’École, ses statuts, son organisation actuelle et la statistique des grades déjà conférés par elle.

On ne doutait pas du succès. Cependant la réponse envoyée le 2 juillet suivant fut encore négative.

Le secrétaire de la Congrégation s’exprimait d’ailleurs en termes très flatteurs pour l’École. Il était persuadé qu’elle était appelée à devenir la grande École théologique de France. Mais pour la mettre à même de rendre les services qu’on en attendait, il formulait une série de desiderata , qui semblaient moins des amendements aux statuts qu’une conception toute différente de celle qui avait présidé à son organisation. Elle proposait comme type les études philosophiques telles qu’on les fait à la Minerve, avec Aristote et saint Thomas pour textes. La principale préoccupation de Léon XIII et du Saint-Siège, à ce moment, paraissait se tourner du côté de l’ensei-

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gnement de la philosophie, envisagée comme base de l’enseignement théologique.

Toutefois le système de l’enseignement à deux degrés n’était plus combattu comme dans les documents antérieurs venus de la même source, et l’on pouvait dès lors le considérer comme accepté (1).

Sans se rallier entièrement aux vues du secrétaire de la Congrégation, rassemblée des évêques décida que les études philosophiques seraient poussées avec vigueur à l’Institut, qu’on établirait tout d’abord un baccalauréat de philosophie et qu’on y créerait ensuite une Faculté spéciale ; puis elle renouvela sa demande d’institution (2).

Les négociations entamées avec le cardinal Zigliara, préfet de la Congrégation des Études, se poursuivirent pendant toute l’année 1888.

En janvier, Son Éminence le cardinal Richard et le recteur, Mgr d’Hulst, se rendirent à Rome.

Les évêques persistaient à demander le maintien de l’École en la forme primitivement adoptée : la Congrégation, au contraire, revenant sur la concession faite à Lyon, insistait pour que l’enseignement du dogme eût la forme d’un commentaire de saint Thomas, comme à la Minerve.

Pour donner satisfaction à certaines observations de la Congrégation, les évêques acceptèrent de créer une chaire de philosophie scolastique ; et, en effet, à la rentrée d’octobre, le cours fut inauguré par le R. P. Rulliot, de la Société de Marie, dont Mgr d’Hulst avait constaté les remarquables aptitudes.

Ils décidèrent aussi qu’un programme de philosophie serait rédigé, qui permettrait aux élèves des grands

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