Séance du Conseil rectoral, 29 décembre
l’école de théologie
Les statuts de la Faculté de théologie exigeaient, dès la fondation de l’Ecole, l’assiduité absolue aux cours pour être admis à recevoir le lectorat et la maîtrise ; seul l’auditorat n’était soumis qu’à l’épreuve de l’examen.
Bien souvent des demandes de dispense d’assiduité avaient été adressées à la Faculté par des candidats studieux, retenus au loin pour les besoins de leur ministère, ou par des supérieurs de séminaires, ou même par des évêques en faveur de clients auxquels ils s’intéressaient.
La Faculté n’avait cessé de résister à ce courant. Elle n’avait pas oublié que le principe qui avait présidé à son organisation lui imposait la mission de donner un enseignement et non pas d’être un bureau d’examens pour des autodidactes ; elle avait fait remarquer aux intéressés que cette pratique, qui ne manquerait pas de s’étendre, peut-être de se généraliser, viderait ses amphithéâtres déjà peu fréquentés, ferait baisser le niveau des épreuves, et déprécierait la valeur des diplômes ainsi obtenus. Enfin elle s’était toujours réfugiée derrière les statuts édictés par Rome, qui exigeaient l’assiduité aux leçons sous peine de nullité des grades.
Dans le cours de 1894, M. Captier, supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice, dans le but de favoriser le recrutement des élèves de la Faculté, demanda aux évêques une modification des statuts, consistant principalement à rendre la maîtrise plus accessible, et à faire des deux autres grades, le lectorat et l’auditorat, un moyen d’émulation destiné à stimuler le zèle des séminaristes pour l’étude.
L’assemblée des évêques, du 28 novembre, entra d’abord dans ses vues, et fit proposer au Saint-Siège un remaniement des statuts dans le sens proposé.
1° Tous les séminaires des diocèses agrégés à l’Uni-
versité de Paris recevraient du Saint-Siège, à la demande et par l’entremise de la Faculté, le pouvoir de conférer le baccalauréat en théologie au cours des études ordinaires, et le baccalauréat de philosophie et en droit canon à la fin des études en philosophie et de droit canonique, conformément à un programme élaboré par la Faculté.
2° La Faculté recevrait le pouvoir de conférer la licence en théologie, comme condition d’accès à ses cours, et sur un programme dressé par elle et communiqué à tous les séminaires.
3° La Faculté conférerait le grade de docteur en théologie à ceux qui auraient suivi ses cours pendant deux ans. La matière de l’examen serait fournie par les deux années de cours. Le candidat cleA7rait en outre soutenir une thèse de sa composition.
4° Enfin le doctorat ancien serait maintenu, comme grade supérieur, ou doctorat d’agrégation , avec toutes ses exigences, et ne serait accessible qu’aux sujets d’élite, surtout à ceux qui se destineraient à l’enseignement. Il n’exigerait aucune condition de scolarité.
Telle était l’économie du projet.
En somme, le fond de ce nouveau plan d’études consistait à rendre plus abordables les deux grades supérieurs, et à reporter dans les séminaires la préparation à la licence, c’est-à-dire au grade académique proprement dit.
Ces propositions transmises à Rome y furent sérieusement examinées par la Congrégation des Études, qui avait alors pour préfet le cardinal Mazella, et, de cet examen, sortit une refonte complète des statuts de la Faculté.
Un décret du 5 juillet 1895 en fixa le texte pour une période d’essai de dix ans avant de leur accorder l’approbation définitive.
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Les études dont s’était jusque-là composé le programme de la Faculté de théologie seraient désormais réparties en trois Facultés distinctes, celle de théologie proprement dite, celle de droit canonique et celle de philosophie.
Chacune des Facultés jouirait de son autonomie ; elle serait régie par un collège doctoral composé de huit docteurs au moins et de douze au plus, présidée par un doyen électif, et conférerait en son nom propre les grades académiques.
La Congrégation des Etudes accordait aux évêques de la circonscription universitaire la permission de faire passer les examens pour le baccalauréat en philosophie, en théologie et en droit canonique dans leurs séminaires respectifs, suivant des programmes et des règlements dressés par les Facultés, auxquelles revenait le droit exclusif de contrôler la valeur des épreuves et de décerner les diplômes.
Elle se refusait à laisser passer les examens de licence après les études faites dans les séminaires, et continuait à exiger pour ce grade l’assiduité aux cours de la Faculté.
Toutefois elle modifiait assez gravement certains points des règlements antérieurs ; elle n’exigeait plus qu’un an d’assiduité pour la licence, et une seconde année pour le doctorat. Elle supposait même que la thèse, qui fait partie nécessaire de l’examen doctoral, pourrait être soutenue dans cet espace de temps. Mais la pratique démontre qu’il est très difficile de mener de front avec succès les travaux qu’impose le programme de l’année et la préparation sérieuse d’une thèse. Enfin la Congrégation consacrait le doctorat ancien comme grade d’ordre supérieur, ou doctorat dy agrégation, sans condition de scolarité. L’examen requis se composait de
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la soutenance de quarante propositions et d une thèse importante.
Les résultats que produisirent ces statuts donnaient lieu de penser qu’ils seraient maintenus dans leurs points essentiels après leur épreuve décennale.
Et, en effet, la Congrégation des Études, appelée à se prononcer de nouveau, les a confirmés par décret du mois de mars 1906, d’une façon définitive et sans limites de temps.
Depuis que ces statuts sont la règle des Facultés, les séminaires de la circonscription se sont peu à peu affiliés à l’Institut et bénéficient de la permission de Rome relative au baccalauréat. Dès aujourd’hui, trente grands séminaires admettent chaque année àl’examenun groupe choisi de leurs élèves, et il est permis d’espérer que le jour est proche où plus un seul d’entre eux ne restera en dehors de ce concert.
L’évêque de Southwarck, en Angleterre, Mgr Burne, qui entretient toujours quelques étudiants a l’Institut catholique, obtint lui-même de Rome, en 1898, défaire participer son séminaire aux mêmes avantages que ceux de la circonscription universitaire de Paris ; et l’année suivante, le Collège des Irlandais à Paris suivait son exemple.
Ces examens forment ainsi une première sélection qui fait espérer aux Facultés des recrues bien préparées et de plus en plus nombreuses.
Déjà le nombre total des étudiants s’est sensiblement relevé ; il est actuellement de 35 pour les seuls cours de théologie, sans compter quelques auditeurs libres. Il continuera, selon toute apparence, à suivre une progression normale, un peu lente, il est vrai, mais ininterrompue.
Les grades qui peuvent être considérés comme l’étiage
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du travail s’accroissent d’année en année. Au moment où nous publions ces pages, la Faculté de théologie a déjàconféré, à elle seule, 32 diplômes de docteur, 175 diplômes de licencié et près de 1.153 diplômes de bachelier, tant dans son sein que dans les séminaires affiliés.
Pour répondre à des besoins toujours croissants, les évêques continuèrent, après l’érection des trois Facultés, à étendre peu à peu les cadres de l’enseignement.
La Faculté de théologie avait subi, durant cette année 1895, de rudes épreuves. L’abbé de Broglie était tombé, au sortir de l’église où il venait d’exercer son ministère, victime d’un lâche attentat. La chaire d’apologétique, où il avait déployé tant de science et de dialectique, fut reprise par le R. P. Largent, qui renonça, pour ce motif, à son enseignement historique. En même temps, M. l’abbé Duchesne était enlevé à la Faculté et porté par les suffrages de ses collègues de l’Institut de France au poste éminent de Directeur de l’École française de Rome.
Pour combler d’aussi grands vides, on fit appel à plusieurs nouveaux maîtres qui se partagèrent les matières historiques. M. l’abbé Beurlier, docteur ès lettres, qui enseignait déjà à l’École des lettres les Antiquités grecques et romaines, fut chargé de l’enseignement des Premiers siècles de l’Eglise; M. l’abbé Glerval, docteur ès lettres, supérieur de la maîtrise de Chartres, lauréat de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, prit le Mogen âge; le R. P. Baudrillart, prêtre de l’Oratoire, docteur ès lettres et en théologie, et lauréat de l’Académie française, fut chargé des Temps modernes; enfin M. l’abbé Pisani, docteur ès lettres et professeur de géographie à l’École des lettres, ouvrit un cours d’ Histoire ecclésiastique contemporaine.
La théologie déjà enseignée parles RR. PP. Auriault
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et de la Barre, s’adjoignit encore un troisième professeur dans la personne du R. P. Gaudeau, docteur ès lettres, en philosophie et en théologie, ancien professeur au Collège romain. Grâce à cet accroissement de personnel, les évêques purent créer, en 1898, la chaire depuis longtemps désirée et imposée par les statuts, de théologie morale. Depuis lors, l’enseignement théologique se partage entrois branches : la dogmatique générale, la dogmatique spéciale et la morale fondamentale.
Le R. P. Gaudeau, trop vite enlevé à la Faculté, céda sa place au R. P. de la Broise, dont les forces trahirent bientôt le talent et la bonne volonté, et qui fut remplacé, à son tour, parle R. P. Bainvel.
M. le baron Carra de Vaux ouvrait, en 1893, un cours de langue et de philosophie arabes ; et enfin renaissait, en 1899, la chaire d’assyrien, confiée à M. l’abbé François Martin, et complétée en 1903 par la création d’un cours d'éthiopien dont il fut aussi chargé.
La retraite du P . Largent, en 1901, permit de faire entrer dans la Faculté un jeune docteur, l’abbé Morel, qui en avait d’abord été l’élève, et qui fut chargé du cours de patrologie. De brillantes études en lettres, en philosophie, en sciences mathématiques et physiques et en théologie, et des voyages d’observation en Allemagne, en Angleterre et à Rome l’avaient préparé d’une façon exceptionnelle à remplir sa tâche. Il s’en acquittait à la satisfaction générale et faisait concevoir les plus belles espérances, lorsqu’il fut enlevé accidentellement dans un voyage en Russie, où il s’était rendu pour la troisième fois dans le but d’y étudier les doctrines de l’Eglise orthodoxe et de travailler plus tard à un rapprochement avec l’Église catholique.
La faveur que trouvèrent les nouveaux cours de langues sémitiques, surtout celui d’assyrien, près d’un cer-
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tain nombre d’étudiants sérieux, et l’espoir fondé des grands services que ce genre d’études pourrait rendre un jour à la religion, soit pour une connaissance plus approfondie des Saintes Ecritures, soit pour la publication des littératures chrétiennes des premiers siècles, amenèrent la Faculté de théologie à leur donner une organisation spéciale.
Elle créa donc, en 1904, une Section de langues Sémitiques, comprenant l’hébreu, le syriaque, l’assyrien, l’éthiopien et l’arabe, et dont les élèves furent soumis à un ensemble de règles particulières. Elle institua deux diplômes spéciaux, l'un pour trois langues et l’autre pour cinq, qui ne devaient être délivrés qu’après deux ans d’assiduité et de sérieuses épreuves écrites et orales. Dès l’année 1906, vingt candidats, tant ecclésiastiques que laïques, recherchaient ces diplômes et suivaient assidûment les cours.
Avertie de cette innovation, par la relation triennale du Recteur, la Congrégation des Etudes en exprima sa haute satisfaction, s’en remit à la Faculté du soin d’organiser les cours et les examens, et la confirma en ces termes :
« Parmi les innovations que vous avez faites, nous écrivait S. Em. le Cardinal Satolli, préfet de la Congrégation des Etudes, il faut signaler au premier rang la création d’une section de langues sémitiques, qui comprend les plusimpor tantes des langues orientales, l’assyrien, l’hébreu, le syriaque, l’éthiopien et l’arabe. Car le Saint- Siège n’ayant rien de plus à cœur que de voir fleurir au sein des Universités catholiques l’étude des Saintes Écritures, puisqu’elles sont le réservoir de la foi catholique, qui ne sait que la connaissance intime et approfondie des langues sémitiques est un chemin qui conduit à leur bonne interprétation et à leur bonne exposition, aussi
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bien qu’à l’explication et à la solution des questions relatives aux décrets de l’Eglise du Christ et aux dogmes, aujourd’hui surtout que les ennemis de la loi chrétienne s’acharnent à battre en brèche l’Eglise du Christ à l’aide de ces langues? Vous avez donc sagement fait d’établir pour ces langues deux diplômes spéciaux, afin d’exciter l’ardeur des jeunes étudiants, en les décernant à ceux qui, après épreuve, seraient reconnus les plus capables en cette matière (1). »
Dès leç premières années, plusieurs candidats obtinrent l’un ou l’autre de ces diplômes très appréciés du monde savant.
Ces efforts do la Faculté pour se compléter et pour étendre son action avaient commencé depuis quelque temps à tromper de l’écho au dehors et à susciter quelques bonnes volontés.
Après plusieurs libéralités successives, faites en vue de provoquer des études scientifiques en faAreur de la défense religieuse, le vicomte et la vicomtesse Hugues de Verdalles fondèrent, en 1895, un prix biennal de 2.000 francs, destiné à récompenser le meilleur mémoire qui se produirait sur un sujet de concours apologétique au choix de la Faculté. Le concours fut établi suivant les intentions des donateurs, et il a donné lieu, presque chaque fois, à des travaux importants et d’une vraie portée scientifique.
Le jury de l’Exposition universelle de 1900 rendit luimême hommage à la Faculté de théologie en attribuant deux médailles d’argent, l’une à M. l’abbé Yigouroux, pour l’ensemble de ses travaux sur les Saintes Écritures, l’autre à MgrGraffin, pour ses publications syriaques, les seules qu’il ait décernées dans cette catégorie d’études.
1. Voir aux pièces justificatives, n° 1, cette lettre latine de la S. Congrégation des Etudes à Mgr Péchenard, recteur, du 25 juillet 1905.
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Vers le meme temps, un ami de l’Institut, l’abbé Marcel Guérin, prêtre aussi intelligent que pieux, avait conçu le projet d’y donner un enseignement apologétique, pour lequel il se sentait plein d’attrait. Une mort prématurée ne lui permit pas de mettre lui-même son projet à exécution. Mais la générosité de son cœur y avait pourvu et son respectable père, confident et interprète de ses désirs, prit soin d’en assurer la réalisation. Une chaire d’apologétique fut donc créée, en mémoire de l’abbé Marcel Guérin. Elle fut établie sur des bases exceptionnelles. Elle n’a point de titulaire fixe. L’apologétique étant une application de toutes les sciences humaines à la défense de la foi, chaque année trois professeurs spécialistes, d’une compétence reconnue, sont appelés à l’occuper à tour de rôle, et à y défendre le point de vue pour lequel ils sont préparés. De cette façon, l’auditoire se renouvelle sans cesse, l’attention est toujours soutenue, et le savoir des maîtres ne s’épuise jamais. Toutes les sciences, théologie, philosophie, linguistique, histoire, archéologie, science de la nature, viennent déposer successivement en faveur des croyances chrétiennes, et, en peu d’années, la série de ces leçons formera toute une bibliothèque très originale d’apologétique, s’il est permis d’en juger par les travaux déjà parus de M. Baudrillart, sur le Catholicisme , Renaissance et Protestantisme; deM. Paul Allard, sur le Martyre pendant les trois premiers siècles; de M. de Lapparent, sur la Science dans ses rapports avec V Apologétique; du R. P. dom Gabrol, sur /’ Archéologie liturgique ; de M. Sertillanges, sur V Apologétique et l’Art ; de M. Peillaube, sur la Vie intérieure en face du matérialisme contemporain. Les leçons de l’année 1907, de M. Bernard Gaudeau, sur la Théorie scientifique de la foi catholique ; deM. Delarue, sur les Catacombes romaines; et de M. Gui-
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bert, sur les Croyances religieuses et les Sciences de la nature, auront encore aidé à augmenter, vers l’Institut, le courant du public de plus en plus avide de clartés sur les problèmes religieux.
Ce serait ici le lieu, si nous voulions ne rien laisser dans l’ombre, de présenter le tableau des travaux scientifiques publiés par les professeurs de nos Facultés, dans toutes les branches des sciences sacrées : exégèse, patrologie, linguistique, épigraphie, théologie, apologétique, histoire critique, éloquence sacrée, philosophie, droit canonique. Mais l’abondance des matières nous entraînerait dans des développements que ne comporte pas le cadre restreint de cette vue d’ensemble, et qui méritent de devenir l’objet d’une étude spéciale.
Nous ne pouvons pourtant omettre de signaler au lecteur les Revues périodiques etles Collections savantes créées par les professeurs de ces Facultés, rédigées ou dirigées par eux avec la collaboration d’autres écrivains :
La Sainte Bible 'polyglotte, textes hébreu, grec, latin et français, par M. l’abbé Yigouroux, avec le concours de M. l’abbé Nau.
Le Dictionnaire de la Bible, par M. l’abbé Yigouroux.
La Bibliothèque de Théologie positive, parles professeurs de théologie.
Patrologie orientale, par Mgr Graf fin et M. l’abbé Nau.
Le Canoniste contemporain, par M. l’abbé Boudinhon.
La Bevue de Philosophie, par M. l’abbé Peillaube.
La Bibliothèque de philosophie experimentale, et V Index Philosophique, par M. l’abbé Peillaube.
La Bevue pratique dé Apologétique , sous la direction de MM. Baudrillart, Guibert et Lesêtre.
La collection de Documents pour l’étude de la Bible, par M. François Martin, et la Collection des Textes et
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documents pour l’étude historique du Christianisme, par MM. Lejay etHemmer.
Si l’on ajoute à ces Revues et Collections savantes les quelques autres auxquelles collaborent activement des professeurs de l’École des lettres, et notamment la collection des Grands Philosophes, de M. l’abbé Piat, on pourra se former quelque idée de la merveilleuse fécondité de la jeune Université catholique de Paris, et de l’influence considérable qu’elle exerce sur la formation du clergé et sur le mouvement intellectuel de la génération contemporaine.
Il est permis, en particulier, d’attendre les plus heureux résultats de l’entreprise de la Bibliothèque de Théologie positive, faite sous la direction des professeurs de théologie.
« En entreprenant une œuvre d’aussi grandes proportions qui ne comprendra pas moins de soixante-dix à quatre - vingts volumes , ces maîtres ont eu conscience qu’ils répondaient à un besoin profond et qu’ils allaient combler une lacune considérable dans le domaine des sciences théologiques. Le vent est, en effet, aux grandes collections et aux vastes synthèses ; il est à la collaboration, qui, seule, permet d’unir des choses jadis dissociables, la compétence du spécialiste et la vue large de l’ensemble ; il est à l’étude historique des idées et des systèmes pour en voir la suite, pour en saisir le développement, et pour faire la part des influences multiples.
« Cet ouvrage comprend trois sortes d’études : d’abord la théologie des maîtres, puis le mouvement théologique de chaque époque, et enfin l’histoire des questions les plus importantes. Ces diverses études, strictement objectives et critiques, tendent à un but commun : donner une vue nette et compréhensive de l’histoire et du développement des idées théologiques, et montrer com-
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ment la pensée théologique est essentiellement une pensée traditionnelle (1). »
Nous avons vu jusqu’ici nos trois Facultés canoniques si intimement unies et même si complètement fondues entre elles, qu’il serait superflu de consacrer de longs détails particuliers à celle de droit canonique et à celle de philosophie. Car c’est à peine si la date beaucoup plus récente de leur constitution a permis à quelques événements particulièrement intéressants pour elles de se produire. Tout ce qui les concerne avant la date de 1895, se trouve relaté dans l’exposé que nous avons fait des développements successifs de l’École de théologie. Nées dans un même berceau, les trois Facultés ont continué à coexister dans une étroite union, traitant de leurs affaires dans un conseil commun, présidé jusqu’ici par le recteur de l’Institut, qui remplit, avec l’agrément de ses collègues et l’assentiment de Rome, les fonctions de doyen des trois Facultés. Cette communauté d’intérêts et de vie peut se prolonger, au grand profit do l’unité de vues, tant que de plus grands développements n’amèneront pas chacune des Facultés à vivre de sa vie propre.
Il nous suffira donc, pour ne rien omettre et pour donner satisfaction aux lecteurs, de grouper en quelques pages les faits principaux qui forment la trame de la vie particulière des deux Facultés de droit canonique et de philosophie. Peut-être quelques-uns de ces faits ont-ils déjà été mentionnés dans le cours de notre récit : ils ne seront rappelés que pour la clarté de l’exposé, et seront en tout cas présentés à un autre point de vue.
L’enseignement du droit canonique, inauguré en 1880 par M. l’abbé Gasparri, s’était accru en 1882 d’un cours de droit romain et français, professé par M. le doyen