Réunion préparatoire des évêques du 11 août
ORGANISATION ET ADMINISTRATION
1880, ce conseil supérieur cessa de se réunir, ou se confondit avec l’assemblée générale. Puis, en 1893, il fut rétabli sous le nom de Commission de permanence , qu’il porte encore aujourd’hui.
Cette commission de permanence se compose de sept archevêques ou évêques, élus pour trois ans en assemblée générale, et se réunit en juillet sous la présidence de l’archevêque de Paris. Elle est chargée de prendre les mesures urgentes pour la reprise des cours et de préparer les travaux de l’assemblée générale. Le nombre de ses membres a été quelquefois porté à huit, et il est, en effet, de huit depuis 1907.
En retenant pour eux l’autorité principale sur l’Université naissante et la haute direction du personnel et des études, les évêques assumèrent aussi, comme il est naturel, l’obligation de la faire vivre et de lui procurer régulièrement les ressources financières dont elle a besoin. C’était prendre une lourde responsabilité, trop lourde peut-être, comme l’expérience le démontra depuis ; il eût été plus sûr de faire reposer le côté financier de l’entreprise sur une plus large base, en y intéressant les laïques.
L’assemblée générale, tenue le 11 août 1875, décida que, pour couvrir les frais de première installation, les évêques feraient un appel collectif h leurs diocésains ; et que, pour assurer l’entretien annuel et le fonctionnement de l’œuvre dans l’avenir, ils auraient recours à des quêtes diocésaines annuelles et à des souscriptions particulières et permanentes.
Une lettre collective fut à cet effet adressée, le 8 septembre suivant, aux fidèles de tous les diocèses engagés dans le projet de' fondation. « Les dépenses à faire, y était-il dit, sont de deux sortes : les frais de premier établissement et ceux que comporte l’entretien annuel,
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notamment la juste rémunération des nombreux et éminents professeurs qui voudront bien se dévouer avec nous à cette grande œuvre. Il sera pourvu à l’entretien annuel au moyen de souscriptions permanentes et de quêtes diocésaines renouvelées chaque année, comme cela se pratique dans un Etat voisin, qui nous offre sur ce point un bon exemple à suivre... Pour faire face aux premières dépenses, les évêques ouvrent, dès ce moment, une souscription et convient à y concourir tous ceux qui s’intéressent à la haute éducation scientifique, morale et religieuse de la jeunesse française (1). »
Après l’élan de la première heure, qui avait pourvu largement à tous les besoins, les évêques, ne voulant rien laisser à l’imprévu, déterminèrent la part précise qui deA^ait revenir à chacun d’eux dans l’effort commun. Un tableau de répartition fut dressé et accepté par tous les évêques présents à la séance du 22 juillet 1880, qui déterminait le minimum des apports annuels de chaque diocèse. Ces engagements épiscopaux, modifiés en 1898 quant à la quotité respective, forment la principale assise sur laquelle continue à reposer l’existence de l’Institut catholique de Paris.
Les Administrateurs . — L’article 4 de la loi du 12 juillet 1875 statue que « les établissements libres d’enseignement supérieur deArront être administrés par trois personnes au moins » .
Conformément à cette prescription légale, les évêques firent choix de trois administrateurs, qui furent investis de la mission de représenter l’Université dans tous les actes officiels.
Ainsi fut constitué, sous l’autorité des évêques, le Conseil d’ administration .
\. Lettre pastorale des cardinaux, archevêques et évêques, du 8 septembre 1875.
ORGANISATION ET ADMINISTRATION
Ce Conseil se compose des trois administrateurs, assistés du recteur et du AÛce-recteur ; il a pour secrétaire le secrétaire général de l’Université.
Outre ses attributions légales, il est chargé de surveiller le côté matériel de l’Université et d’assurer la bonne gestion de ses finances. Chaque année il présente son rapport à l’assemblée générale des évêques.
Les trois premiers administrateurs nommés par les évêques, le 10 novembre 1875, furent :
M. Charles Hamel, avocat, docteur en droit, commandeur du Saint- Sépulcre et de Saint-Grégoire-le-Grand, administrateur-trésorier et président du Conseil.
M. Ferdinand Riant, ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines, membre du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
M. le comte Eugène de Germiny, docteur en droit, qui ne fit que passer et fut remplacé, dès le 24 janvier 1877, par M. Octave Depeyre, sénateur, ancien garde des sceaux.
Le 7 février 1882, M. Depeyre ayant prié les évêques d’accepter sa démission, ils lui donnèrent pour successeur M. Àntonin Pagès, docteur en droit, chevalier de la Légion d’honneur, ancien substitut du Procureur général près la Cour de Paris, démissionnaire, et depuis lors, président général des Conférences de Saint-Vincent de Paul (1).
Les Autorités universitaires . — L’administration du dehors ainsi déterminée, il fallait établir celle du dedans et créer des Autorités universitaires , qui pussent faire face aux exigences quotidiennes d’un corps vivant toujours en exercice.
1. Voir les noms de ceux qui furent depuis lors administrateurs de l’Institut, page 301.
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Le Chancelier. — Rome désirait voir constituer d’abord une autorité supérieure, celle d’un Chancelier , nommé par le Pape, qui aurait les attributions d’un légat du Saint-Siège près de l’ Université. Ce Chancelier serait obligatoirement, ou du moins ordinairement (nisi aliter sanctæ Sedi visum fuerit), l'évêque dans le diocèse duquel se trouverait le siège de l’Université, afin d’éviter les conflits de juridiction (1).
Les difficultés que rencontra plus tard, comme nous le dirons bientôt, le projet d’institution canonique de l’ Université ne permirent pas la réalisation complète de ce projet.
Toutefois, en 1895, quand les trois Facultés de Théologie, de Droit ecclésiastique et de Philosophie furent érigées canoniquement, les statuts de ces Facultés, revus et approuvés par le Saint-Siège, attribuèrent à l’archevêque de Paris le titre et les pouvoirs de Grand Chancelier sur ces trois Facultés. Auctoritate et nomine Summi P^ntificis Facultatibus præest , utpote Episcopos Instituti fundatores repræsentans , Archiepiscopus pro tempore Parisiensis, ceu Magnus Cancellarius (2).
Si quid opportune constituendum sït, fiat consilio collegiorum, Rectoris assensu, et Magni Cancellarii auctoritate (3).
Les autorités intérieures furent constituées par les évêques dans l’ordre de préséance surfant :
Le Recteur. — « Le Recteur est toujours un ecclésiastique. » Il est nommé et peut être révoqué par l’assemblée des évêques; sa nomination est soumise à l’agrément du Saint-Siège. Il est la première autorité
1. Procès-verbal de l’Assemblée générale des évêques du 26 juillet 1877.